
GEVREY-CHAMBERTIN AOP


L’APPELLATION
L’appellation Gevrey-Chambertin est réservée aux vins secs tranquilles rouges élaborés sur le territoire des communes suivantes du département de la Côte-d’Or : Brochon et Gevrey-Chambertin en Bourgogne.
HISTOIRE
L’histoire viticole du village de Gevrey débute il y a près de 2 000 ans. Les traces d’une vigne du Ier siècle après Jésus-Christ sont découvertes, en 2008, à Gevrey- Chambertin, sur une parcelle présentant des sols graveleux du piémont.
Un clos de vigne appartenant à l’abbaye de Bèze est attesté en 640.
Les évêchés d’Autun, de Langres, les Ducs de Bourgogne et d’autres seigneuries locales, ainsi que les abbayes de Cluny et Saint-Bénigne, de Dijon, ont des domaines sur le territoire de Gevrey.
De nombreux textes attestent de la haute valeur pécuniaire des vignes au Moyen- Âge.
Au XIIème siècle, l’abbaye de Cluny possède, à Gevrey, un domaine considérable. L’abbé de Cluny fait construire, en 1257, un château qui fait aussi fonction de chai, pour la récolte clunisienne.
En 1219, le Chapitre de Langres achète aux religieux de l’abbaye de Bèze une pièce de vigne qui deviendra par la suite le « Clos de Bèze », puis le revend au XVIIème siècle.
A partir du XVème siècle, les vins dits « de Beaune », produits en fait sur l’ensemble de la « Côte », sont commercialisés dans toute l’Europe. Ils sont l’image de marque du Duché de Bourgogne, à son apogée. Ce sont des vins rouges, les « pinots vermeils », peu tanniques et capiteux, les seuls capables de voyager.
Au XVIIIème siècle, le négoce-éleveur se développe dans la région, donne aux vins de Bourgogne une image nouvelle et organise leur large diffusion à l’échelle européenne.
Un personnage haut en couleurs apparaît, à cette époque, à Gevrey, Claude Jobert. Négociant avisé et propriétaire à « Chambertin », il contribue efficacement à la notoriété des vins de « Gevrey » dans toute l’Europe. Il finit par adjoindre, à son nom, celui de son « cru » préféré, se nommant désormais JOBERT DE CHAMBERTIN. La dynastie s’éteint rapidement et le domaine est confisqué à la révolution française de 1789, puis vendu aux enchères, et progressivement morcelé. L’action de JOBERT DE CHAMBERTIN fut néanmoins décisive pour la renommée du « cru ».
Les limites géographiques de l’appellation d’origine « Gevrey-Chambertin » sont définies par un jugement du tribunal de Dijon, le 18 juin 1929, et confirmées en appel le 20 mai 1930. L’appellation d’origine contrôlée « Gevrey-Chambertin », quant à elle, est reconnue par décret, en 1937.
En 1943, une liste de « climats » pouvant bénéficier de la mention « premier cru » est reconnue. Il s’agit des « crus » les plus réputés, identifiés en particulier en 1860. En effet, depuis le XVIIIème siècle, les vignobles et les fondements de leur qualité sont largement étudiés et nombre d’auteurs fournissent pour la Bourgogne des classifications de « crus ». Le classement effectué par le Comité de viticulture de l’arrondissement de Beaune, en 1860, en constitue un aboutissement. Pour chaque commune étudiée, chaque « climat » (nom d’usage, le plus souvent un nom de lieudit) planté en « cépage fin » est classé sur une échelle de qualité.
Les vignes sont conduites selon les usages en vigueur dans toute la « Côte de Nuits » avec des densités de plantation supérieures à 9000 pieds par hectare et un encépagement dominé par le cépage pinot noir N. Conscients de la valeur du patrimoine que constituent les sols, les producteurs prennent un soin particulier à la préservation de leur intégrité.
L’usage est d’élever les vins plusieurs mois, ce qui leur confère une grande aptitude à la conservation.
Le vignoble couvre, en 2008, une superficie de près de 410 hectares (1 310 po) pour une production annuelle moyenne d’environ 17000 hectolitres (449 090 US gallons).

CLIMAT ET SOLS
La zone géographique se situe dans le vignoble de la « Côte de Nuits », relief rectiligne s’allongeant sur environ 25 kilomètres (15 mi) selon une direction générale nord/sud. Ce relief d’origine tectonique sépare les plateaux calcaires des « Hautes Côtes », à l’ouest, d’une altitude comprise entre 400 mètres et 500 mètres (1310 et 1 640 pi), et la plaine de Bresse, à l’est, fossé d’effondrement tertiaire dont l’altitude, au droit de la « Côte », avoisine 250 mètres (820 pi).
Le climat est océanique frais, perturbé par des influences continentales ou méridionales conduites par l’axe Rhône-Saône. Le caractère océanique régional se manifeste par un régime pluviométrique modéré et régulier (environ 750 millimètres / 29,5 po par an), sans sécheresse estivale affirmée. Les températures témoignent d’une certaine fraîcheur avec une moyenne annuelle de 10,5°C (50,9 oF). La « Côte », à l’est du massif du Morvan et des plateaux de Bourgogne, bénéficie d’un abri climatique lui assurant un avantage thermique ainsi qu’un déficit pluviométrique notable pour la région.
La zone géographique s’étend ainsi sur le territoire des communes de Gevrey- Chambertin et Brochon, au sud de Dijon, dans le département de la Côte-d’Or, en Bourgogne.
Le front de la « Côte », d’environ 150 mètres (490 pi) de dénivelé, est constitué d’une série de calcaires du Bajocien et Bathonien (Jurassique moyen), dont le « calcaire de Comblanchien », particulièrement compact, forme l’ossature du relief. Un niveau de marnes (calcaires argileux) du Bajocien s’intercale dans la série calcaire dans la partie basse du versant, se marquant, dans la topographie, par un léger replat. Entre les villages de Gevrey-Chambertin et Brochon, un petit compartiment, tectoniquement surélevé, fait affleurer des marnes du Lias (Jurassique inférieur) en bas de versant, surmonté par les calcaires du Bajocien, jadis exploités en carrières, et enfin un petit niveau marneux formant le sommet du versant.
Le relief est interrompu par une vallée sèche encaissée drainant l’arrière-pays, la « Combe Lavaux ». A son débouché, un large cône de déjections, s’avance sur 2 kilomètres à 3 kilomètres, en plaine.
Le substrat calcaire des versants est souvent masqué par des épandages mêlant des éboulis à des argiles et limons, issus de l’altération du sous-sol et des reliefs sus-jacents. La nature des épandages dépend de leur position sur le talus. Très pierreux et peu épais, en haut de versant, ils sont plus riches en particules fines, en piémont, et plus épais (quelques décimètres à 1 mètre). Le cône de déjection de la « Combe Lavaux » est constitué de formations alluviales graveleuses, calcaires et bien drainées.
Les parcelles délimitées pour la récolte des raisins sont situées sur le front de
« Côte », de part et d’autre de la « Combe Lavaux », quand les formations superficielles sont suffisamment développées pour permettre à la fois l’enracinement et un drainage satisfaisant, ainsi que sur le cône de déjection, dans sa partie amont.
Les sols sont peu évolués, généralement carbonatés et peu épais, bien drainants, malgré une forte teneur en argile, en particulier sur le substrat calcaire. Sur le coteau, ils s’organisent en topo-séquences, allant de sols maigres très calcaires, en haut de versant, s’enrichissant en argile, en allant vers le bas, jusqu’à des sols relativement profonds (0,50 mètre /1,6 pi) et décarbonatés, en surface, sur les épandages de piémont. Les sols du cône sont très filtrants, peu argileux et riches en galets calcaires.
DÉLIMITATION DE L’APPELLATION
La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins sont assurés sur le territoire des communes suivantes du département de la Côte-d’Or : Brochon et Gevrey-Chambertin.

DÉROGATION SUR LA DÉLIMITATION DE L’APPELLATION
L’aire de proximité immédiate, définie par dérogation pour la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins, est constituée par le territoire de certaine communes des département suivants: département de la Côte-d’Or, département du Rhône, département de Saône-et-Loire et département de l’Yonne.
CÉPAGE PRINCIPAL
pinot noir N,
AUTRES CÉPAGES AUTORISÉS
chardonnay B, pinot gris G, pinot blanc B
RENDEMENTS MAXIMAUX
Le rendement est fixé à 50 hectolitres par hectare.
Le rendement butoir est fixé à 58 hectolitres par hectare.
VINS ET CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES

– Les techniques soustractives d’enrichissement (TSE) sont autorisées dans la limite d’un taux de concentration de 10 % ;
– L’utilisation de copeaux de bois est interdite ;
– Après enrichissement, les vins ne dépassent pas le titre alcoométrique volumique total de 13,5 %.
Outre les dispositions ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques œnologiques, les obligations figurant au niveau communautaire et dans le code rural et de la pêche maritime.
CARACTÉRISTIQUES VITICOLES
a) – Densité de plantation
– Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 9000 pieds par hectare, avec un écartement, entre les rangs, qui ne peut être supérieur à 1,25 mètre et un écartement, entre les pieds sur un même rang, qui ne peut être inférieur à 0,50 mètre ;
– Les vignes peuvent être plantées en foule sous réserve de respecter la densité minimale à la plantation, et un écartement, entre les pieds, supérieur à 0,50 mètre.
b) – Règles de taille
Les vins proviennent des vignes taillées selon les dispositions suivantes
Les vignes sont taillées, avec un maximum de 8 yeux francs par pied :
– soit en taille courte (vignes conduites en cordon de Royat, cordon bilatéral, gobelet et éventail) ; – soit en taille longue Guyot simple.
La période d’établissement du cordon est limitée à 2 ans. Durant cette période, la taille Guyot double avec un maximum de 5 yeux francs sur chaque long bois, est autorisée.
La taille Guyot simple peut être adaptée :
– avec un 2ème courson permettant d’alterner d’une année à l’autre la position de la baguette ; – avec une baguette raccourcie à 3 yeux francs maximum et un courson limité à 2 yeux francs.
Quel que soit le mode de taille, les vignes peuvent être taillées avec des yeux francs supplémentaires sous réserve qu’au stade phénologique correspondant à 11 ou 12 feuilles, le nombre de rameaux fructifères de l’année par pied soit inférieur ou égal au nombre d’yeux francs défini pour les règles de taille.
AUTRES CARACTÉRISTIQUES
a) – Le nom de l’appellation d’origine contrôlée peut être complété par la mention traditionnelle « premier cru ».
Le nom de l’appellation d’origine contrôlée peut être complété des dénominations géographiques complémentaires (climats) suivantes selon les dispositions fixées dans le cahier des charges pour les vins susceptibles de bénéficier de la mention traditionnelle « premier cru » :
« Au Closeau » ;
« Aux Combottes » ;
« Bel Air » ;
« Champeaux » ;
« Champonnet » ;
« Cherbaudes » ;
« Clos des Varoilles » ;
« Clos du Chapitre » ;
« Clos Prieur » ;
« Clos Saint-Jacques » ;
« Combe au Moine » ;
« Craipillot » ;
« En Ergot » ;
– « Estournelles-Saint-Jacques » ;
– « Fonteny » ;
– « Issarts » ;
– « La Bossière » ;
– « La Perrière » ;
– « La Romanée » ;
– « Lavaut Saint-Jacques » ;
– « Les Cazetiers » ;
– « Les Corbeaux » ;
– « Les Goulots » ;
– « Petite Chapelle » ;
– « Petits Cazetiers » ;
– « Poissenot
Le nom d’un climat pouvant être associé à la mention traditionnelle « premier cru » est porté immédiatement après le nom de l’appellation d’origine contrôlée et imprimé en caractères dont les dimensions ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, à celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.
b) – L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser le nom d’une unité géographique plus petite sous réserve :
– qu’il s’agisse du nom d’un lieux-dit cadastré ;
– et que celui-figure sur la déclaration de récolte.
Le nom du lieu-dit cadastré est inscrit immédiatement après le nom de l’appellation d’origine contrôlée et imprimé en caractères dont les dimensions ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, à la moitié de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.
c) – L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser l’unité géographique plus grande « Vin de Bourgogne » ou « Grand vin de Bourgogne ».
d) – Lorsque l’indication du cépage est précisée sur l’étiquetage, cette indication ne figure pas dans le même champ visuel que les indications obligatoires, et est imprimée en caractères dont les dimensions ne dépassent pas 2 millimètres.
Dernière modification du cahier des charges : 05 décembre 2011

