CHÂTILLON-EN-DIOIS AOP

Source: https://www.vins-rhone.com/

L’APPELLATION

L’appellation Châtillon-en-Diois est réservée aux vins tranquilles rouges, rosés et blancs élaborés sur le territoire de certaines communes  du département de la Drôme dans la vallée du Rhône. 

HISTOIRE

La plupart des écrits concordent pour dater l’installation de la vigne via le couloir rhodanien, dans les vallées proches, au moment de la conquête romaine c’est-à-dire au cours du II ème siècle avant JC.

A cette époque, l’actuelle frange méridionale du département de la Drôme appartient au territoire des Voconces, peuple gaulois, dont Luc-en-Diois ( Lucus Augusti ), situé au cœur du vignoble, fut longtemps la capitale.

A partir du I er siècle après JC, des traces écrites corroborent la production de vin dans le Diois. PLINE L’ANCIEN (77 après JC) offre, dans son « Histoire Naturelle », une preuve historique de premier choix sur l’existence d’au moins deux vins réputés produits dans ce pays de Voconces. D’autres preuves de l’antériorité de la culture de la vigne et du vin abondent aussi sous forme de vestiges archéologiques. Citons notamment, des dolias (jarres de vin) provenant d’un cellier d’une villa Augustéenne découverte à Pontaix.

Au XII ème et XIII ème siècle, le vin du Diois apparaît sur plusieurs chartes qui ont trait au droit de « banvin » (impôt payé au seigneur pour pouvoir vendre du vin sur ses terres).

La plus ancienne référence au vin du vignoble de Chatillon-en-Diois remonte au début du XIV ème siècle. Il s’agit d’une Charte, datée du 26 Février 1303, précisant notamment l’interdiction d’introduire du vin pour le vendre à Chatillon-en-Diois, à moins que les vins du lieu ne soient pas suffisants.

Dés le XVI ème siècle, apparaît dans les écrits un vin « Claret », qui est probablement un vin rouge très clair ou rosé et un vin « blanc », comme en témoignent les 2 tonneaux de ces vins reçus par l’évêque Jean de Montluc,en 1577.

Entre le XV ème et le XVIII ème siècle, le vin produit est essentiellement consommé sur place et dans les montagnes proches (Diois, Dévoluy, Trièves, Vercors) desservies par les voituriers.

Au XVIII ème siècle, les producteurs du « Haut-Diois » font de « Châtillon-en-Diois » un vignoble important puisque sur cette seule commune, sont recensés « 61 hectares de vignes pour une production d’environ 1800 hectos » (Correspondance des notaires Accarias de Châtillon entre 1657 et 1743).

La révision des feux de 1700 (Recensement basé sur une unité fictive représentant une fraction déterminée de l’impôt) nous apprend que « Châtillon-en-Diois » est un pays miséreux « où le vin est la seule récolte surabondante ». Cette même source confirme la vocation vinicole des autres communes du « Haut-Diois » notamment celle de Menglon dont les habitant « n’ont de ressources que la vente de leurs vins »

Au XIX ème , les vins portent le nom de « Côtes du Bez », en référence à la rivière torrentielle traversant le territoire de Châtillon-en- Diois. Cette dénomination perdure au moins jusqu’au XX ème siècle. En outre, en 1945 est créé un « syndicat des vignerons des Côtes du Bez » qui est à l’origine d’une demande de reconnaissance en appellation d’origine contrôlée. L’utilisation de cette dénomination,

CLIMAT ET SOLS

Le lien entre le vin et sa provenance, est avéré comme en témoignent des étiquettes portant le nom de « Côtes du Bez » et datées du millésime 1948.

La cave coopérative de Die est créée en 1950 et joue un rôle moteur dans le développement économique de la région et dans la diffusion de la renommée des vins de ce territoire. Cette renommée est consacrée par l’arrêté du 18 mai 1955 qui reconnaît l’appellation d’origine vin délimité de qualité supérieure, en abandonnant le nom de « Cotes du Bez » au profit du nom de la commune traversée par cet affluent : « Châtillon-en-Diois ».

Vingt ans après, ces vins sont reconnus en appellation d’origine contrôlée « Châtillon-en-Diois » par le décret du 3 Mars 1975.

Cette étape va accélérer le développement de la viticulture et cristalliser les agriculteurs autour d’un produit.

Par son encépagement, ce vignoble se rapproche des vignobles septentrionaux. D’une part, le vignoble bourguignon, d’où proviennent les cépages gamay N, pinot noir N, aligoté B et chardonnay B et d’autre part, le vignoble des appellations d’origine contrôlées dites des « Côtes du Rhône septentrionales » avec le cépage syrah N, plus anecdotique dans le Diois.

Le cépage gamay N, présent historiquement dans tout le Châtillonais, demeure le cépage principal et majoritaire pour l’élaboration des vins rouges (il doit être présent dans une proportion d’au moins 75% dans l’encépagement de l’exploitation). Il est surtout implanté sur le coteau de Châtillon-en-Diois et sur quelques terrasses de la commune de Menglon, seules situations sur lesquelles sont classées des parcelles destinées à la production de vins rouges.

La production, en 2009, est d’environ 1 300 hectolitres dont une large majorité vinifiée par la cave coopérative de Die, le reste étant récolté et vinifié par trois caves particulières. L’appellation d’origine contrôlée « Châtillon en Diois » peut se décliner en vins rouges et blancs, et plus confidentiellement en vins rosés.

Les vins blancs, élaborés à partir des cépages aligoté B et chardonnay B, sont secs, frais, avec généralement des arômes de fleur blanche et d’agrumes.

Les vins rouges, essentiellement élaborés à partir du cépage gamay N, offrent ici une expression particulière. S’ils restent très fruités, d’autres notes plus végétales (garrigue…) peuvent s’exprimer. Par ailleurs, la rondeur habituelle de ces vins est complétée ici par une structure plus tannique et une minéralité en bouche apportés par l’assemblage du gamay N à d’autres cépages (pinot noir N et éventuellement syrah N).

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DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration des vins sont assurés sur le territoire des communes suivantes du département de la Drôme : Aix-en-Diois, Barnave, Châtillon-en-Diois, Laval-d’Aix, Luc-en-Diois, Menglon, Molières-Glandaz, Montlaur-en-Diois, Montmaur-en- Diois, Poyols, Recoubeau-Jansac, Saint-Roman.

DÉROGATION SUR LA DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

L’aire de proximité immédiate définie par dérogation pour la vinification et l’élaboration des vins est constituée par le territoire des communes suivantes du département de la Drôme : Aubenasson, Aurel, Barsac, Chamaloc, Chastel-Arnaud, La Chaudière, Die, Espenel, Eygluy- Escoulin, Marignac-en-Diois, Ponet-Saint-Auban, Pontaix, Rimon-et-Savel, Romeyer, Saillans, Saint-Andéol, Saint-Benoit-en-Diois, Sainte-Croix, Saint-Julien-en-Quint, Saint-Sauveur-en- Diois, Vachères-en-Quint, Vercheny, Véronne.

CÉPAGES PRINCIPAUX

aligoté B, gamay N, chardonnay B

a) – Les vins rouges et rosés sont issus des cépages suivants :

– cépage principal : gamay N ;
– cépages accessoires : pinot noir N et syrah N.

b) – Les vins blancs sont issus des cépages aligoté B et chardonnay B.

Les vins rouges et rosés proviennent de l’assemblage de raisins ou de vins dans lequel la proportion du cépage principal est supérieure ou égale à 60 %.

RENDEMENTS MAXIMUM

60 hectolitres par hectare

VINS ET CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES

Pour l’élaboration des vins rosés, l’utilisation de charbons à usage œnologique, seuls ou en mélange dans des préparations, est interdite.

Outre la disposition ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques oenologiques, les obligations figurant au niveau communautaire ( UE) et dans le code rural et de la pêche maritime.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

Chaque pied dispose d’une superficie maximum de 2,20 mètres carrés. Cette superficie est obtenue en multipliant les distances d’interrang et d’espacement entre les pieds.
Les vignes présentent un écartement entre les rangs inférieur ou égal à 2,50 mètres. L’écartement entre les pieds sur un même rang ne peut être inférieur à 0,80 mètre et supérieur à 1,50 mètre.

Les vignes sont taillées soit en taille Guyot, soit en taille courte (conduite en cordon de Royat), avec un maximum de 12 yeux francs par pied.

L’irrigation peut être autorisée.

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

a) – Toutes les indications facultatives sont inscrites, sur les étiquettes, en caractères dont les dimensions, aussi bien en hauteur qu’en largeur, ne sont pas supérieures au double de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

b) – L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser le nom d’une unité géographique plus petite, sous réserve :

– qu’il s’agisse d’un lieu-dit cadastré;
– et que celui-ci figure sur la déclaration de récolte.
Le nom du lieu-dit cadastré est inscrit immédiatement après le nom de l’appellation d’origine

contrôlée et imprimé en caractères dont les dimensions ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, à la moitié de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Dernière modification du cahier des charges : 09  décembre 2016