NAGANO KIKYOGAHARA

Carte: Jacqueline Uztarroz, collaboratrice de Terroirs du Monde Education terroirsdumondeeducation.com Inspiration de Wines of Japan.

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La région viticole de Nagano Kikyogahara dans ​la préfecture de Nagano se situe sur le plateau de Kikyogahara dans la partie sud du bassin de Matsumoto. L’attitude est d’environ 700 mètres et la région viticole est entourée par les Alpes du Nord à l’ouest et au nord, par le massif de Yatsugatake à l’est et les Alpes du Centre au sud. Ces massifs bloquent les nuages chargés de pluie et avec environ 1 000 mm de pluie par an, la pluviométrie est relativement faible et la région jouit d’un climat de type continental avec un ensoleillement abondant et des amplitudes de température entre le jour et la nuit élevées. Les hivers sont froids et les températures peuvent descendre jusqu’à – 12°C pendant 2 ou 3 semaines.
Les sols sont des alluvions déposées par la rivière Narai, un affluent du fleuve Shinano, le plus long du Japon. Aux alluvions, s’ajoutent des cendres éoliennes volcaniques et les sols donc parfaitement adaptés à culture de la vigne. Le plateau de Kikyogahara n’est traversé par aucun cours d’eau, ce qui l’a rendu impropre à la culture jusqu’au début de l’ère Meiji où la culture de la vigne, qui ne demande pas beaucoup d’eau, fut encouragée.
On date le début d’une activité viticole commerciale du tout début du XXe siècle à l’époque où la demande des clients s’orientait vers des vins doux et les variétés plantées, Concord et Niagara, étaient bien adaptées pour ce style de vin. En tout début des années cinquante, il y avait une centaine d’hectares de vignes plantées sur le plateau.
Quand la demande de vins liquoreux s’estompa, il y eut un surplus de raisins des variétés hybrides. Les producteurs se tournèrent alors vers les cépages Vitis, en particulier le merlot après que le groupe Mercian eut décidé de ne plus acheter des raisins d’hybrides américains en 1976.
​Après quelques péripéties (la galle du collet en particulier), une courbe d’apprentissage accélérée et le support du groupe Mercian, le merlot s’avéra être le cépage salvateur de la région et les vins de ce cépage raflèrent les médailles et les accolades dans de nombreux concours internationaux. Ce fut la preuve, tant attendue de l’industrie viticole japonaise, que l’on pouvait vaincre l’adversité des conditions climatiques défavorables et réussir là où l’on pensait que c’était impossible. Le réchauffement climatique affecte le merlot comme nul autre cépage car la chaleur produit vite un décalage entre la maturité en sucre et la maturité physiologique; l’Europe risque de souffrir avec la culture de ce cépage même dans sa région de prédilection de la rive droite bordelaise, et la décision de mettre le merlot en exergue au Japon pourrait bien s’avérer un choix judicieux, le merlot pourrait bien devenir le cépage signature du Japon. ​

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L’EMPEREUR MEIJI. SOURCE: Par 高木 背水 — Source inconnue, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/

Le plateau de Kikyogahara est truffé de petits vignerons et on en compte plus de 500 qui vendent une partie de leurs raisins aux importantes exploitations viticoles tout en conservant une quantité suffisante pour leur mise en bouteilles personnelle et avec l’expérience acquise ces cinquante dernières années, ils n’ont rien à envier aux larges domaines.
Les vignes sont majoritairement taillées en Pergola sur le plateau mais, dans la nouvelle région viticole de la vallée de Chikumagawa, elles sont taillées en Vertical Shoot Positionning (VSP).
En dépit de l’importance prise par le merlot dans la région, il existe toujours une proportion significative d’hybrides américains qui, s’ils donnent des goûts foxés et musqués aux vins, se vendent à des prix bien moins élevés (10-15 Euros) que les merlots (35-100 Euros) et ils sont prisés des marchés asiatiques. Les variétés rouges hybrides sont de plus en plus utilisées pour les rosés qui ne demandent que des extractions courtes, ce qui permet de réduire considérablement le gout foxé des vins de style.
Le chardonnay commence aussi à s’incruster dans le paysage viticole du plateau et il donne des vins de classe internationale. Le futur de la région semble aujourd’hui assuré.

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