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CABO VERDE (CAP-VERT)

DESCRIPTION DU PAYS

Source: By Drawn by User:SKopp – Own work, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/

Praia, la capitale de Cabo Verde. Source: wikipedia.org

CABO VERDE VU D’AILLEURS

 Dix îles volcaniques (quelques volcans en activité, dont le Pico do Fogo (Fogo) et un volcan sous-marin près de l’île de Brava)  situées dans l’Atlantique,  sur une surface d’environ 4 000 km² en deux séries d’îles : au sud, les îles de Sotavento (Brava, Fogo, Santiago et Maio) et au nord, les îles de Barlavento (Boa Vista, Sal, São Nicolau, Santa Luzia, São Vicente et Santo Antão). L’île de Santiago rassemble plus de la moitié de la population du pays qui compte 574 631 habitants. Praia, la capitale est à 644 km de la presqu’île du Cap-Vert, du Sénégal.

C’est une chanteuse Cesária Évora qui fit connaître aux Français ignorants l’existence des îles du Cap Vert. De sa voix grave et douce, dans sa langue maternelle, en créole capverdien, elle popularisa la morna, la musique capverdienne et ses différentes composantes (funaná, coladeira, morna, kizomba), elle se produisit dans les plus grandes salles du monde, dont l’Olympia à Paris. De 1992 à 1999 elle chanta avec Caetano Veloso, Marisa Monte, travailla pour Emir Kusturica, ou avec Linda Ronstadt.  Si Césaria Évora reste encore l’étendard du Cap-Vert, la jeune génération de chanteuses, avec Mayra Andrade, Elida Almeida, Nancy Vieira, Lura ou Sara Tavares, se fait connaître en Europe et dans le monde lusophone et le Festival de musique de Baía das Gatas a acquis une notoriété internationale. Apprécié plutôt par les jeunes, le colá-zouk, mélange de zouk avec la coladeira, se rapproche du zouk des Antilles françaises. Parmi ses représentants sont, entre autres, Gil Semedo Moreira et Suzanna.

             Les îles étaient inhabitées avant l’arrivée des premiers explorateurs portugais en 1456. Première colonie européenne sous les tropiques, elle va servir de tête de pont à la traite des esclaves, composante du commerce triangulaire. Le Cap-Vert attirait alors de nombreux corsaires et pirates, parmi lesquels le terrible Francis Drake vers 1580.  Charles Darwin, anglais lui aussi, mais beaucoup plus pacifique, visita l’archipel en 1832 qui devint au XIXe siècle une escale sur les routes maritimes menant aux Indes orientales et à l’Australie.  Au XIX° malgré la crise provoquée par l’abolition de l’esclavage, les îles demeurèrent une escale privilégiée grâce à leur position stratégique dans la traversée de l’Atlantique depuis l’Europe. Grâce à son port bien abrité, Mindelo (île de São Vicente) devint un important centre commercial de réapprovisionnement des navires.  

            Au XXe siècle, plusieurs famines décimèrent la population sur ces terres exiguës et peu fertiles, à cause des sécheresses chroniques dues à la déforestation, accentuées par l’absence d’aide alimentaire. Entre 1941 et 1948, en sont victimes plus du tiers de la population, dans l’indifférence des autorités portugaises. Le manque de ressources naturelles et d’investissements effectués par le gouvernement à Lisbonne provoque le mécontentement de la population et les colons refusent en outre toute velléité d’autonomie locale.

           Au cours du XXe siècle le mouvement nationaliste se développe. En 1951, pour apaiser la situation politique Lisbonne modifie le statut juridique du Cap-Vert, qui de colonie devient une province ultramarine. Mais à partir de 1956, les indépendantistes du Cap-Vert  et de la Guinée portugaise en Afrique de l’Ouest, s’allient pour former le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) avec son siège à Conakry. La rébellion armée du PAIGC soutenue par l’URSS commence en 1961 contre les 35 000 soldats portugais alliés à d’autres pays africains : elle se transforme peu à peu en véritable guerre. Les troupes du PAIGC contrôlent la Guinée portugaise mais ne parviennent pas à s’emparer des îles du Cap-Vert. Le leader nationaliste Amílcar Cabral est assassiné en 1973 à Conakry par des membres de son parti. La Guinée déclare son indépendance en 1973 et est reconnue indépendante de jure en 1974 par le Portugal, elle devient la Guinée-Bissau, avec son premier dirigeant Luís Cabral, demi-frère du leader indépendantiste capverdien. Ebranlé par la « Révolution des œillets » d’avril 1974, le Portugal ne peut s’opposer au retour en force du PAIGC au Cap-Vert, soutenu depuis la Guinée-Bissau. En décembre 1974, le PAIGC et le Portugal signent un accord. Le pays accède à l’indépendance en 1975.

Amílcar Cabral. Source: © Bruna Amico. https://afriquexxi.info/

À cette époque, de nombreux Cap-Verdiens émigrent, constituant une diaspora supérieure en nombre à la population résidente du pays.  Depuis – les environ 700 000 ressortissants à l’étranger ont un rôle économique capital par l’envoi des devises, bien que les migrations soient menacées en raison des contrôles renforcés aux frontières européennes le Cap-Vert reste une terre d’émigration que la pauvreté du pays explique sans mal.

               Le portugais est la langue officielle. Le créole (crioulo) est la langue nationale. La population est encore très rurale (70 %), mais l’exode rural a gonflé la population de Praia et Mindelo ( 30 % de la population ). La population résulte du métissage en particulier des Portugais des Açores et de Madère et des esclaves venant surtout de l’ouest africain. D’autres Européens s’installèrent également comme, des juifs espagnols et portugais fuyant l’Inquisition. Les Blancs n’étaient que 3 % à l’indépendance. Selon la CIA, en 2019 71 % des habitants sont des créoles (mulâtres), 28 % des Africains, 1% des Européens.  Les Cap-Verdiens sont en très grande majorité catholiques mais sans fusion avec des rituels animistes (vaudou, candomblé) comme à Cuba ou au Brésil. Le clergé a une grande influence sur la vie sociale et politique du pays. Il y a des églises partout, et à Cidade Velha, l’ancienne capitale sur l’île de Santiago, se trouvent les ruines de la première cathédrale africaine.  Les protestants sont 4-5 %. Le judaïsme est présent dès les origines du peuplement. L’islam est apparu avec l’arrivée des Sénégalais, Nigérians, Maliens et autres immigrants de la côte occidentale africaine.

Catedral, Cidade Velha. https://fr.m.wikipedia.org

                Si le secteur agricole ne représente encore, avec la pêche, que 10 % environ du PIB dans les années 2010, il emploie 50 % de la population active. Les activités de services et de tourisme se développent, représentent 3/4 du PIB. Le pays dépend de l’aide au développement, des investissements étrangers et des transferts de fonds.

Le tourisme véritable pilier de l’économie cap-verdienne -représente environ 22% du PIB et est première source de devises- ; Santo Antão, la grande île volcanique est réputée pour être le  paradis des randonneurs,   Sal ressemble à un désert avec ses étendues infinies de galets, un paysage lunaire, cependant, ce morceau de terre aride attire plus de touristes,  la magnifique plage de Santa Maria est un  véritable petit paradis balnéaire avec des eaux turquoises propices  au wind / kite surf. Le tourisme  comme ailleurs dégringola avec la pandémie due au corona virus.

             Les ressources naturelles sont maigres : le sel, la pouzzolane (utilisée dans la fabrication du ciment, dans les parpaings, permet à l’eau de s’écouler et d’évacuer très rapidement la pelouse, comme celle du  Stade de France).

Le sable lui, fournit aux touristes un décor mais c’est aussi une matière première indispensable dans la construction, dans l’électronique, puisque le silicium contenu dans la silice, est utilisé pour fabriquer des micro-processeurs, il est aussi la matière première du verre. Il peut être utilisé pour filtrer les liquides.  Le besoin en est croissant, les sables et graviers sont désormais extraits à un rythme plus élevé que leur régénération ; or le sable n’est pas une ressource infinie, son  renouvellement est très lent.  Malgré l’interdiction de l’extraction sauvage (1997), l’existence de gardes, le gouvernement ne peut l’empêcher et certaines plages de sable ont disparu.  Son extraction est la seule source de revenus pour des femmes, les hommes ayant souvent émigré ou se consacrent à la pêche ou à l’agriculture, des activités précaires. Le prélèvement de sable sur les plages est une activité dangereuse et peu rémunératrice les « voleuses de sable » sont obligées d’affronter la mer en bravant les vagues pour remplir un seau d’environ 50 kg de sable mouillé. Généralement de nuit, des camions des transporteurs ou des constructeurs passent. Le sable est ensuite revendu deux fois.

         Mais les conséquences environnementales et économiques sont catastrophiques. Le sable des plages protégeant le littoral de l’érosion, en filtrant également l’eau de mer, empêche la contamination des nappes phréatiques et ainsi l’assèchement des sols. Le sur-prélèvement a rendu incultes de nombreux sols, auparavant réservés à l’agriculture et  provoqué une forte pollution de l’eau potable. Sans plages de sable, les tortues marines ne peuvent se reproduire. Le secteur de la pêche est donc indirectement touché et devient de moins en moins rentable. L’activité touristique est compromise par le pillage de son capital principal : les plages  sont donc désertées. L’une des ressources économiques principales de l’archipel est mise en danger, malgré l’attrait du tourisme de randonnée.

Pour certains services consulaires européens le Cabo Verde semble connaître une certaine dégradation, bien que très limitée, des conditions de sécurité (vols à l’arraché, cambriolages, quelques homicides heureusement en nombre très réduit), notamment dans la capitale Praia et dans les lieux touristiques (Mindelo, Boa Vista, Sal). De manière générale, le pays n’est pas plus dangereux  que la plupart  de  presque toutes les régions du monde.

À la demande du gouvernement cap-verdien, le nom portugais Cabo Verde est désormais en usage officiel en français auprès de l’ONU. En revanche, aucune autorité francophone de toponymie ne le reconnaît et les noms Cap-Vert et République du Cap-Vert sont toujours ceux retenus par la Commission nationale de toponymie en France.

Cesária Évora

PRÉSENTATION DU PAYS

Le Cap-Vert est beaucoup plus proche de l’équateur que la plupart des principales régions viticoles du monde à 14°N (la Sicile, une autre région viticole chaude et volcanique, se situe à 37°N). Fogo est la seule île à produire du raisin en quantité suffisante pour élaborer des vins de qualité car elle enregistre les plus fortes précipitations. L’île de Fogo est un volcan escarpé recouvert de cendres où la végétation et la culture de la vigne sont extrêmement compliquées car en effet des éruptions volcaniques interviennent régulièrement. La dernière date de 2014. La viticulture se pratique à l’intérieur de la Caldera du volcan Fogo à une altitude moyenne de 1 500 m (5 000 pieds) ce qui aide à tempérer la chaleur généralement associée à ce type de latitude.  

La viticulture a été introduite par les colons portugais aux alentours des années 1500 et les cépages cultivés sur l’île viennent du Portugal.  

On estime actuellement à 500 hectares l’encépagement de la caldera de Fogo et les exploitations viticoles sont petites.  33,3% des agriculteurs ont une superficie entre 1-2 ha et 53,3% entre 2-3 ha.

Le pays a exporté des petites quantités de vin notamment vers la Belgique avant l’éruption volcanique de 2014 qui a considérablement réduit la production.

La consommation par capita par an est de 6 litres d’alcool pur.

HISTOIRE

Le côté est de Fogo s’est effondré dans l’océan il y a 73 000 ans, créant un tsunami de 170 mètres de haut qui a frappé l’île voisine de Santiago.

Fogo a été découverte en 1460 par le capitaine génois António de Noli pour le compte d’Henri le Navigateur et de la Couronne portugaise. Fogo a été la deuxième île du Cap-Vert qui a été colonisée par les Portugais, entre 1470 et 1490, faisant de São Filipe la deuxième plus ancienne ville du Cap-Vert après Cidade da Ribeira connu plus tard sous le nom de Cidade Velha. Initialement envisagée comme une base pour donner aux marins un accès direct au commerce ouest-africain, les îles de l’Atlantique central sont rapidement devenues une plaque tournante majeure de la traite négrière atlantique. Les esclaves étaient utilisés dans les plantations de canne à sucre des îles et vendus aux navires naviguant vers les Amériques.

La viticulture au Cap-Vert remonte au XVIe siècle et elle a été introduite principalement sur les îles de Santo Antão, São Nicolau, Santiago, Brava et Fogo. C’est sur l’île de Fogo qu’elle a connu le plus grand succès en raison du potentiel naturel du terroir. On pense que la colonisation à Fogo a eu lieu entre 1480 et 1493. Initialement, la culture et la production étaient destinées à l’autoconsommation, principalement par les résidents portugais. Tout au long du XVIIe siècle, la production de vin se développa et prospèra dans les principales régions viticoles (Santo Antão et Fogo). Au XVIIIe siècle, le vin était déjà exporté, principalement vers la Guinée et le Brésil via Santiago, mais il n’acquit jamais une grande renommée (Fonseca, 1967 et Ribeiro, 1960).

Au milieu du XVIIIe siècle, la culture de la vigne était considérée comme difficilement acceptable   par le Portugal qui voulait éviter la concurrence avec ses propres vins,. Afin de protéger les vignobles du Haut-Douro, le Premier ministre, le Marqués de Pombal (3 mai 1699 – 8 mai 1782) prit   une mesure protectionniste et ordonna,  dans un premier temps, l’interdiction de l’exportation du vin de Fogo vers le Brésil et d’autres régions puis  il ordonna l’arrachage  de toutes les vignes  sur l’île.

Un certain nombre de documents attribuent au comte de Montrond (1769-1843) l’établissement de la viticulture sur l’ile de Fogo. Rien n’indique que dans la vie tumultueuse de Casimir de Montrond, il ait été présent sur l’île. Par contre, il y a environ 150 ans, Armand Montrond, un noble français mit pour la première fois, les pieds sur l’île de Fogo, changeant son histoire pour toujours. En quête d’aventures, il quitte l’Europe et se met en route vers d’autres horizons. Il débarque à Mindelo , au nord de l’archipel, au début des années 1880, avant de rejoindre Praia puis Fogo au bout de trois ans. Ce n’est pas un hasard si « Montrond » est aujourd’hui l’un des noms de famille les plus courants de la région, le comte ayant eu au moins 12 enfants de femmes différentes. Sur le site geneablog.fr, on le décrit comme « gentleman-farmer, ingénieur, bâtisseur, philanthrope, médecin guérisseur des pauvres, engendreur prolifique, rebelle à l’ordre colonial établi et magicien ». Armand de Montrond décède en 1900.

Armand de Montrond. Source: http://www.fogo.cv/

Au début du XIXe siècle, les viticulteurs et vignerons, avec les quelques pieds qui existaient encore sur l’île, reprirent la culture de la vigne. Au début du XXe siècle, les premières vignes furent plantées dans région de Chã de Caldeiras après que les colons aient investi la région en 1917. Chã de Caldeiras    est rapidement devenue la principale région viticole du pays. La culture a également été étendue à la municipalité de Mosteiros et aux hautes terres d’Achada Grande, Corvo et Relva. Jusqu’alors, le vin rouge baptisé « Manecon » n’était produit que de manière traditionnelle.

Après l’indépendance en 1975, le pays s’ouvre et à partir de 1984, la coopération allemande fournit une assistance technique, construit et acquiert des équipements pour les deux caves de Fogo, Chã das Caldeiras (Boca Fonte) et Achada Grande, pour une première tentative de produire du vin avec la technologie moderne.

À l’origine, les viticulteurs étaient regroupés en association mais la loi capverdienne interdit aux associations de développer des activités à caractère commercial. Les producteurs se sont donc tournés vers le modèle coopératif avec l’aide du programme du Ministère de l’Agriculture (Programme de Développement de la production de fruits au Cap-Vert) qui a bénéficié de l’appui technique de la coopération italienne et de l’ONG, COSPE. Deux caves furent créées : en 1998, la coopérative de transformation de produits agricoles de Chã das Caldeiras (Agro-Coop) et en 2007 la coopérative de transformation de produits agricoles d’Achada Grande, Corvo et Relva (Sodade) (Caves et Coopératives désignent la même entité). Avant l’entrée en activité de ces deux établissements vinicoles, une grande partie des raisins produits étaient vendus pour la consommation fraîche dans certaines parties de l’île, notamment à Mosteiros et au marché de São Filipe. Le reste étant transformé en « Manecon », le vin traditionnel de l’île mais avec le manque de stockage et des conditions climatiques chaudes, une partie du raisin était perdue. Avec la création de la Chã das Caldeiras, la production de vin est passée de 4 000 litres (3 000 bouteilles) en 1998 à plus de 80 000 litres (100 000 bouteilles) en 2008. La Cooperativa Sodade  a assuré la production de 14 tonnes de raisins en 2007 (13 000 bouteilles), a produit 24 tonnes (16 tonnes de raisins noirs et 8 tonnes de raisins blancs) en 2010, soit 22 000 bouteilles. Quant au « Manecon », la coopérative cède aux producteurs les facilités de la cave pour la production de cette boisson traditionnelle qui doit être consommée sous deux mois et dont la production   ne dépasse pas 60 à 70 hl par an. L’industrie viticole de l’île était en marche. Les critiques des vignerons et d’autres spécialistes étaient bonnes et les vins demandés par les commerçants, les restaurateurs, les supermarchés et les hôtels du pays. La production était pratiquement consommée localement, et seules des   quantités faibles étaient exportées vers la Belgique, principale destination des exportations.

Vue aérienne de la Chã das Caldeiras avec le Pico do Fogo. Par Aldo Bien — The author himself gave me permission to publish here as freely distributable, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/

En 2010, la superficie occupée par la vigne était estimée à environ 500 hectares   sur l’île de Fogo, une progression par rapport aux 200 hectares en 2005. L’âge moyen des vignes depuis la replantation suite à l’éruption de 1995 était passé de 100 à 14 ans, une perte considérable, de diversité variétale et de vieilles vignes autocontrôlées et génératrices de raisins de grande qualité. La culture était limitée aux zones hautes des municipalités de Santa Catarina do Fogo et de la municipalité de Mosteiros. Les raisins de table, quant à eux étaient vendus par les propriétaires sur le marché de São Filipe ou par des intermédiaires qui vendaient également sur le marché de São Filipe et exportaient vers l’île de Santiago pour être consommés dans la capitale et vers l’île de São Vicente.

2012 voit la mise sur le marché des vins d’un nouveau domaine, « Vinha Maria Chaves» créé   10 ans auparavant. Le vignoble a une superficie d’environ 25 hectares et se situe juste en dessus du cratère. À côté, se trouve la nouvelle cave à vin « Adega de Monte Barro », pour la vinification, le vieillissement et la mise en bouteilles des vins.  4 lignes de vin sont produites : Santa Luzia (blanc), San Vicente (rosé), Santiago (rouge) et San Filipe (rouge). Ces vins sont produits avec des raisins du vignoble lui-même et avec des raisins de Chã das Caldeiras. Ils seront principalement exportés.

La dernière éruption du Fogo, commencée le 23 novembre 2014, s’est poursuivie jusqu’au 8 février 2015 et elle allait anéantir l’’industrie viticole naissante.  Depuis les annexes 1500, l’île de Fogo a enregistré 27 éruptions volcaniques dont la dernière en date fut celle de 2014 qui a dévasté le village de Chã das Caldeiras. Il s’agissait de la première éruption du Pico do Fogo en 19 ans et la plus longue depuis L’éruption de 1857. Elle a   détruit des vignes ainsi qu’un grand nombre d’espèces de plantes menacées à Chã das Caldeiras. La cave de la coopérative, en plein centre du village de Chā, n’a pas échappé à cette dernière éruption (ni à la précédente d’ailleurs).  Mais, elle a évité la relocalisation à São Filipe   la capitale de l’île, à une heure de voiture dU vignoble. Le gouvernent a jugé préférable de continuer à travailler à l’intérieur du cratère. La coopérative a rouvert ses portes en 2015 mais n’a produit que 20 000 litres de vin .  On atteint aujourd’hui 50 000 litres, soit encore environ la moitié de ce dont ils ont besoin pour répondre aux commandes, tant pour le marché intérieur que pour l’exportation.
La viticulture est-elle viable dans ces conditions ? Probablement pas, mais l’île de Fogo est pauvre et il existe peu d’alternatives agricoles à la viticulture et les vignerons n’ont sans doute pas d’autre choix que de continuer en dépit de l’adversité. Puis la viticulture sur des terroirs volcaniques a le vent en poupe avec l’Etna et l’île de Santorin et cela pourrait bien donner le coup de pouce nécessaire et contribuer à l’essor de celle du Cap Vert.

Source: https://www.capeverdeislands.org/

CLIMAT ET SOLS

Fogo est la plus chaude des îles du Cap-Vert. Les journées sont généralement chaudes et sèches, les nuits fraîches et humides. La température maximale est comprise entre 28°C en janvier et 32°C en septembre, la température minimale entre 20°C en janvier et 25°C en août. Le vent souffle du nord-est avec une vitesse de 5-10 m/s de décembre à mai et de 3-8 m/s le reste de l’année. La saison des pluies a lieu entre août et octobre. Les températures  élevées ne permettent pas de cycle dormant de la vigne qui doit être induit.

Le vignoble est planté sur un sol constitué de laves récentes. La structure du volcan a été constituée par l’accumulation de coulées de lave, téphras et/ou pyroclastiques au cours de ses différentes phases éruptives. Sa forme conique est due à sa lave pâteuse qui s’écoule difficilement, les pluies de cendres et de scories se produisant préférentiellement à proximité de la cheminée volcanique et les dépôts laissés par les coulées pyroclastiques de son sommet.

Ce sont des sols parfaitement adaptés à la culture de la vigne comme en témoigne la qualité des vins des vignobles de l’île de Santorin ou de l’Etna.

RÉGIONS VITICOLES

Les vignes sont plantées dans le cratère du volcan qui entre en éruption tous les 17 ans en moyenne et on peut qualifier la viticulture de Fogo comme l’une des plus extrêmes au monde. Pour en savoir plus sur la région viticole, cliquez sur le lien suivant: CABO VERDE (CAP VERT) RÉGIONS VITICOLES

CÉPAGES

Colonisée par la Portugais aux alentours de 1500, la viticulture de l’île se pratique essentiellement avec des cépages portugais. Pour en savoir plus sur les cépages de l’île, cliquez sur le lien suivant: CABO VERDE (CAP VERT) CÉPAGES

LÉGISLATION ET RÈGLEMENTATION

La production de vin et de l’alcool ne semble pas règlementée et seuls quelques articles législatifs sur la distribution des boissons alcoolisées sont en vigueur. Pour en savoir plus sur la législation et la règlementation de l’île. cliquez sur le lien suivant: CABO VERDE (CAP VERT) LÉGISLATION ET RÈGLEMENTATION