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CHYPRE

DESCRIPTION DU PAYS

Chypre flag
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LA DIVISION ADMINISTRATIVE DE CHYPRE EN DISTRICTS. SOURCE: Par Alexander-Michael Hadjilyra https://commons.wikimedia.org/
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LA CAPITALE, NICOSIE. SOURCE: Wikimedia Commons.

CHYPRE VUE D’AILLEURS

Chypre (dont le nom signifie cuivre) est un pays, ou plutôt deux, le sud  et le nord. Mesure  9 251 km² dont 3 355 km² = 38 % du territoire  dans le nord occupé par la Turquie.  L’île est située à 69 kilomètres des côtes d’Anatolie et à 104 kilomètres de la Syrie. Elle  compte 1 266 676 habitants.
L’île est divisée en trois grands ensembles de relief : au nord, la chaîne de Kyrenia, une arête montagneuse, d’orientation est/ouest, dont l’ouest porte le nom de massif du Pentadactylos ; au centre, la plaine de la Mésorée ; au sud, le massif du Troodos  culmine au  mont Olympe avec 1 951 m. Seulement 9% des terres sont arables.
Les Grecs faisaient naître Aphrodite dans l’île de Chypre qui  est peuplée depuis le VIIe millénaire. Mais l’histoire  n’a pas connu que de  l’amour (facile !). Son histoire est très mouvementée, elle a subi de nombreuses tutelles : hellénique, romaine, byzantine, arabe, franque, vénitienne, ottomane (possession turque jusqu’à la Première Guerre mondiale et la dislocation de l’Empire ottoman) et enfin colonie britannique en 1923. La population est alors constituée à 80 % de Grecs (orthodoxes) et à 20 % de Turcs (musulmans).
L’indépendance est acquise en 1960, mais la perfide Albion conserve jusqu’à aujourd’hui deux bases souveraines dans le sud : (utile pendant la guerre du Golfe), Akrotiri  et  à l’est Dhékélia,  avec près de 4 200 soldats).
En 1964, les frictions entre les deux communautés,  la mémoire des tragiques exodes des années 20 entre Turquie et Grèce, attisée par les paramilitaires des deux camps, sont telles que le Conseil de sécurité de l’ONU  crée une force de maintien de la paix (UNFICYP). Les milieux nationalistes grecs veulent la réunion de l’île à la Grèce (Énosis), mais la minorité turque (18 % de la population)  s’y oppose et les affrontements se multiplient pendant la décennie de 1960.
Sept ans après l’arrivée des  colonels à Athènes, la garde nationale dirigée par des officiers grecs lance une tentative de coup d’État  en juillet 1974 contre le président  de Chypre Makarios avec l’aide d’un groupe armé. Alors la Turquie intervient militairement au nom des intérêts de la minorité turque, c’est l’opération « Attila », elle  occupe le nord de la  « ligne verte » ; près de  33 000 soldats y stationneront  avec les deux aérodromes  de Pinarbasi (Krini) et  Geçitkale (Lefkoniko), s’assurant le contrôle de 38 % du territoire.
Conséquence : exode brutal dans les deux sens : de Grecs -200 000 – chassés du nord,  de Turcs forcés de s’installer au nord.
Depuis la partition, il ne reste en tout que deux villages mixtes dans toute l’île : Pyla dans l’enceinte de la base britannique de Dhekelia, et Agios Androlikos/Yeşilköy dans la « République Turque de Chypre du nord ».
Dans la partie contrôlée par le gouvernement, au sud, les Chypriotes sont orthodoxes à 89,1% et au nord, ils sont majoritairement musulmans sunnites.
Depuis, les deux Chypre divergent. La « République Turque de Chypre du nord » s’appauvrit en raison de l’embargo international, et la Turquie y  installe  des Turcs d’Anatolie.
En 2003, la perspective de l’entrée de Chypre dans l’Union européenne [UE) permet un premier dégel, avec l’ouverture de points de passage sur la ligne verte, et une mission de bons offices du secrétaire des Nations unies, Kofi Annan avec un  plan d’Etat confédéral est  finalement rejeté par référendum.
En mai 2004, la république de Chypre entre dans l’UE et depuis, l’inégalité économique entre les deux parties s’est aggravée.
La Turquie demeure toujours plus présente à Chypre. En 2014 une conduite d’eau souterraine venue de Turquie, doit permettre d’approvisionner le nord. Et  la Turquie doit fournir l’électricité à la RTCN. L’intégration de l’économie chypriote turque à l’économie anatolienne se poursuit. Et les tensions augmentent avec la Grèce après des prospections prometteuses d’hydrocarbures en mer dans la ZEE de l’île..
Dans la république de Chypre, le secteur des services est essentiel. Le secteur financier est hypertrophié (40 % du PIB). Le tourisme, qui ne représente plus que 12 % du PIB du pays est moins florissant.
Le produit intérieur brut (PIB) de Chypre est constitué à 85 % de revenus bancaires liés à une activité extraterritoriale qui permet notamment aux entreprises européennes d’échapper à leur fiscalité nationale.
« Depuis 1974, l’île est un paradis fiscal, une plaque tournante pour les capitaux légaux et illégaux. Les capitaux du Moyen-Orient y ont d’abord trouvé refuge, au moment de la guerre du Liban. Les armateurs grecs sont venus y cacher leurs richesses. Les oligarques russes ont choisi d’y abriter une partie de leur fortune, avant de la rediriger vers l’Europe ou le reste du monde. Selon l’agence Moody’s, les avoirs russes dans les banques chypriotes sont estimés à 23,8 milliards d’euros sur un total de 70 milliards. Les banques russes détiendraient à elles seules plus de 12 milliards d’euros. »
Depuis 2013, Chypre vend sa citoyenneté à de grosses fortunes non-européennes et à leurs familles, moyennant un investissement (fixé à 2,5 millions d’euros), dans l’immobilier principalement. Acquérir un bien offre donc l’opportunité, pour des non-Européens, d’obtenir un passeport valable dans toute l’UE et d’y développer leurs affaires. Le programme est quelquefois critiqué puisqu’il « présente un certain nombre de risques », « en termes de sécurité, de blanchiment d’argent ou encore d’évasion fiscale ». En octobre 2020 Bruxelles a lancé des procédures d’infraction contre Chypre et Malte pour que ces pays mettent un terme à leurs « passeports dorés », pratiques controversées visant à attirer de riches investisseurs et soupçonnées de favoriser la corruption et le blanchiment d’argent.
Trois Chypriotes  au moins sont célèbres, deux chanteurs : George Michael, qui s’appelait Georgios Kyriacos Panayiotou de son vrai nom ; et Mike Brant qui connut un franc succès en France,  et puis quand même  en plus prestigieux : l’impératrice Theodora au VI ° siècle, épouse de Justinien l’empereur byzantin.

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L’IMPÉRATRICCE THEODORA REPRÉSENTÉE SUR UNE MOSAÏQUE DE LA BASILIQUE SAINT-VITAL À RAVENNE DE  547. Par Petar Milošević. https://commons.wikimedia.org/

PRÉSENTATION DU PAYS VITICOLE

de Selon les données du ministère de l’Agriculture, il existe actuellement 103 établissements vinicoles en activité à Chypre, dont 56 à Limassol, 34 à Paphos, 10 à Nicosie et 3 à Larnaca. La superficie cultivée en vignobles s’élève à  7 677 hectares (2019), une importante diminution depuis 2006 où l’encépagement était de 9 350 hectares. Malgré une longue tradition vitivinicole, l’implication systématique dans la production de vins de haute qualité ne remonte qu’aux années 1990. L’industrie vinicole chypriote se classe au 50e rang mondial en termes de quantité totale de production,  10 302 tonnes, soit à 10 914 hectolitres.
La production se compose de 85% de raisins de cuve et 15% de raisins de table. Le Ministère du tourisme promeut le tourisme œnologique à Chypre, à travers 7 «routes du vin», qu’il propose aux amateurs. Au cours des trois années 2015-2017, les ventes de vin produit localement à Chypre ont enregistré une tendance à la hausse. En 2017, ils s’élevaient à 9 265 millions de litres, d’une valeur de 25,75 millions d’euros (2,77 euros / litre). En 2018, les importations de vins chypriotes  s’élevaient de 72%  (18,5 millions d’euros) de la consommation totale du pays. La Grèce tient fermement la position du principal fournisseur de vin à Chypre. En 2018, la part de la Grèce dans les importations totales de vin sur le marché chypriote s’élevait à 25%, suivie de la France avec 21%, de l’Italie avec 20%, du Royaume-Uni avec 8% et de l’Allemagne avec 5%.
La consommation d’alcool par habitant est  de 15 litres par capita mais le vin ne représente que 28%, derrière la bière (30%) et les spiritueux (Brandy), 40%.

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MUSÉE DE CHYPRE À NICOSIE. SOURCE: Par A.Savin (Wikimedia Commons · WikiPhotoSpace). https://commons.wikimedia.org/

HISTOIRE

 Chypre  a une longue histoire viticole, probablement vieille de plusieurs millénaires et peut s’enorgueillir de posséder un vin unique et distinctif, la Commandaria. Comme toujours, avec l’histoire ancienne, il est bien difficile de dater le début de la viticulture et de la production de vin sur l’île. Chypre a été  dès l’Antiquité au carrefour d’importants courants commerciaux, assimilant au fil des siècles différentes cultures provenant de la Crète minoenne (2700 à 1200 av. JC., de la Grèce mycénienne   (1650 à 1100 av. J. –C) et de tout le pourtour du bassin du Levant: romaine, byzantine, arabe,  franque, vénitienne, ottomane et  britannique). À cette époque, le vin était déjà largement commercialisé comme en témoigne la découverte en 1999  d’un navire naufragé 2300 avant J.C.,  qui transportait plus de 2 500 amphores. Son origine et sa destination sont inconnues, mais doivent avoir été situées le long de la route commerciale entre la Grèce et l’Egypte. Plus récemment, deux découvertes ont fait reculer cette date un peu plus. La première a été la découverte d’une parfumerie de l’Âge du bronze (3000 av. J.-C. – 1200 av. J.-C.)  près du village de Pyrgos. À côté de cette parfumerie, un pressoir à olives, une cave et une fonderie de cuivre ont également été découverts. Des contenants de vin et même des graines de raisin ont été mis à jour.
La deuxième découverte majeure a été faite par le Dr Porphyrios Dikaios, figure majeure de l’archéologie chypriote et ancien conservateur du musée de Chypre. Il avait effectué des fouilles à la périphérie du village d’Erimi entre 1932 et 1935. Au cours de ces fouilles, plusieurs fragments de flacons ronds (entre autres objets) avaient été mis à jour. Ils étaient datés de la période chalcolithique (entre 3 500 AV J.C. et 3000 AV J.C.). En 2005, bien après la mort du Dr Dikaios, des analyses chimiques de 18 d’entre eux effectuées par une équipe d’archéologues italiens dirigée par Maria-Rosaria Belgiorno ont conclu que  douze d’entre eux présentaient des traces d’acide tartrique.

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L’ABBAYE DE FRONTEVRAUD. DERNIÈRE DEMEURE DE RICHARD COEUR DE LION. SOURCE: pixabay.com

Comme partout où ils s’installèrent, les Romains développèrent la viticulture et le vin. Ils ont rédigé des manuels de production de vin et  ont diffusé la méthode de vinification à Chypre dans les pays qu’ils envahissaient. Cette période a constitué un développement important pour l’industrie du vin chypriote. On a retrouvé des tonneaux de vin et des amphores  à Kato Paphos dans les colonies romaines. De plus, dans la « maison de Dionysos » (dieu du vin), une merveilleuse mosaïque a été découverte en 1962. Elle  montre Dionysos avec Ikarios et Akmi (fille d’Ikarios) et les mots «ΟΙ ΠΡΩΤΟΙ ΟΙΝΟNΠΙΟΝΤΕC» qui se traduisent par «les premiers buveurs de vin».
La période médiévale de l’île est étroitement liée aux  Lusignan et aux Templiers.  Après avoir pris la décision de participer à la 3e croisade, Richard Cœur de Lion, devenu roi d’Angleterre, innova en choisissant d’emprunter la route maritime. Il s’empara au  passage de l’île de Chypre, alors aux mains d’un tyran, Isaac Comnène, membre dissident de la famille qui régnait alors sur l’Empire byzantin. Pendant la troisième  croisade, la Commandaria fut servie au mariage du roi Richard Cœur de Lion  à Berengaria de Navarre, dans la ville de Limassol; c’est lors du mariage que le roi Richard aurait énoncé que la Commandaria  était «le vin des rois et le roi des vins». Richard remit alors l’île aux Templiers avant de la vendre à Guy de Lusignan, son vassal en Poitou. Les Lusignan ont alors régné sur l’île de Chypre, carrefour géostratégique de la Méditerranée, pendant près de trois siècles, de 1192 à 1489.

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MOSAÏQUE DE NARCISSE, DE LA MAISON DE DIONYSOS, PARC ARCHÉOLOGIQUE DE PAPHOS (NEA PAPHOS), CHYPRE.  SOURCE: Wikimedia Commons

C’est durant cette période que le vin Commandaria se fit connaître  et acquit ses lettres de noblesse lors de la première compétition de dégustation organisée par le roi de France Philippe-Auguste au 13ème siècle. L’événement a été immortalisé dans un poème d’Henry d’Andeli en 1224 sous le titre « La Bataille des Vins (parfois appelé « Bataille des Assemblages ») dans lequel on peut lire : « Vin de Cypre fift apoftoile , Qui refplendift comme une eftoile », Même en vieux français, l’éloge est  indéniable .
Le poème  raconte l’histoire  de cette dégustation  où plus de 70 échantillons de France et de toute l’Europe, y compris de  Chypre, d’Espagne et de la région de la Moselle, ont été dégustés et jugés par un prêtre anglais.  Le prêtre a classé les vins  dégustés comme étant, soit célébrés pour ceux qui lui plaisaient, soit excommuniés pour ceux qui ne répondaient pas à ses critères. En fin de compte, un vin doux de Chypre (largement considéré comme de la  Commandaria)  remporta la dégustation globale et  reçut le titre suprême
​d ‘ »Apôtre ».

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LA BATAILLE DES VINS. POUR LIRE L’INTÉGRALITÉ DU  POÈME, CLIQUEZ SUR LE LINE SUIVANT: COMMANDARIA AOP, HISTOIRE

En 1571, Chypre tomba sous le joug de l’Empire ottoman,  après une période de  domination vénitienne, jusqu’en 1878. Les habitants non musulmans furent  soumis au haraç (double taxation sur les terres). Pendant l’occupation ottomane de l’île, la production de vin déclina à cause de la tradition islamique et les impôts  élevés. Cyrus Redding (1785–1870), un journaliste britannique et écrivain sur le vin, écrit en 1851: « le vigneron de Chypre cache à son voisin la quantité de sa vendange, et enterre toujours une partie de ses produits pour la dissimuler;  les impôts du gouvernement sont si importants, que son bénéfice sur ce qu’il laisse voir est trop peu pour le rémunérer de son travail donc de s’acquitter de l’impôt ». Les taxes n’empêchèrent cependant pas l’industrie viticole chypriote de se développer et 1844 vit  la fondation de l’un des plus grands vignobles à ce jour, celui d’ETKO par la famille Hadjipavlou.  Au début des années 1870,  le phylloxéra frappa et dévasta la grande majorité  des régions viticoles d’Europe à l’exception de Chypre. Les Français, et d’autres achetèrent  des milliers de barriques de vin  de Chypre pour répondre à la demande. Mais le boom ne fut que de courte durée  car la solution fut vite trouvée et  l’essor de Chypre s’estompa rapidement. En 1878, les Anglais occupèrent l’île et   les règles fiscales ne furent pas particulièrement  assouplies mais l’industrie viticole continua de se développer à marche forcée.  La famille Chaplin (à Pera Pedhi) était le principal concurrent d’Hadjipavlou jusqu’à l’arrivée de KEO, une société formée par un groupe  d’éminents  hommes d’affaires locaux. KEO racheta la cave Chaplin en 1928. En 1943, à la suite d’une grève, des syndicalistes d’ETKO créèrent  une coopérative, LOEL. En 1947, les vignerons créent eux-mêmes la SODAP, coopérative de « protection des droits des vignerons ».  Ces «quatre grands» producteurs de vin (terme largement utilisé pour désigner KEO, ETKO, SODAP et LOEL) ont dominé la scène de l’industrie et ont survécu jusqu’à présent.

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LOGO DU DOMAINE KEO. SOURCE: SOURCE: https://keogroup.com/

Au début de l’occupation, les Anglais ne prêtèrent guère attention à la Commandaria et ils se concentrèrent  plutôt  sur la production de Sherry qui était exportée vers la Grande-Bretagne. Samuel Baker (8 juin 1821 – 30 décembre 1893), écrivain qui a également obtenu les titres de pacha et de major-général dans l’Empire ottoman et d’Égypte, faisant référence aux vins chypriotes en 1879  déclare : « Il faut comprendre qu’aucune qualité des vins chypriotes ne convient au palais anglais ».
Les Anglais développèrent le Sherry vendu sous les  Sherry de Chypre et principalement exporté  vers l’Europe du Nord. Dans les années 1960, la Grande-Bretagne consommait 13,6 millions de litres de vins chypriotes, la moitié de la production de l’île, principalement sous forme de Sherry doux et l’île était devenue le troisième fournisseur de vin du Royaume-Uni derrière la France et l’Espagne.
Le marché des vins mutés a également commencé à se contracter dans son ensemble en raison du changement de goût des consommateurs pour des vins plus secs. Par conséquent, les ventes de Sherry chypriote au Royaume-Uni ont chuté d’environ 65% au milieu des années 1980 par rapport à leur pic du début des années 1970. C’est à l’époque du boom que l’Institut de la vigne et du vin fut créé à Limassol en 1971.
​Le coup de grâce  final est venu lorsque l’Union Européenne  a  décidé qu’à partir de janvier 1996, seul le vin muté de Jerez pouvait prétende au  titre de Sherry. L’autre grand marché pour le vin chypriote pendant la même période était l’ancien bloc soviétique. De gros volumes de vins d’assemblage de faibles qualités, produits en masse, ont été vendus au bloc de l’Est, les producteurs coopératifs de vin (LOEL et SODAP) se taillant la part du lion. Ce marché a commencé à se tarir dans les années 1980 et a complètement disparu avec la chute de l’URSS.  Un rapport du Times de 1968 commentait « la fin d’un pipeline sous-marin au large de Limassol reliant des pétroliers ne prenant pas de gaz ou de pétrole mais du vin – 100 tonnes à l’heure – à destination pour environ 40 pays à travers le monde ».

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SOURCE: Inconnue

À partir de 1980,  en réponse aux défis auxquels l’activité  était  confrontée, la Commission chypriote des produits viticoles a concentré ses efforts pour réorganiser le secteur afin de l’aider à survivre dans les nouvelles conditions. Les réformes visaient à améliorer la qualité plutôt que la quantité du vin. Trois initiatives ont été lancées:
Premièrement, de nouvelles variétés de raisins ont été introduites et des incitations (financières) ont été accordées pour leur culture. Les variétés introduites, le cabernet sauvignon, le cabernet franc, le carignan noir et le palomino étaient jugées plus adaptées à la production de vins de qualité que les raisins locaux. Deuxièmement, des incitations ont été données pour la création de petits établissements vinicoles régionaux d’une capacité de production de 50 000 à 300 000 bouteilles par an. Cela visait à promouvoir des vins de meilleure qualité en réduisant la distance parcourue par les raisins d’un vignoble à l’autre. Les quatre grands établissements vinicoles étaient situés dans les grandes villes portuaires de Limassol et de Paphos, de sorte qu’ils  étaient obligés de transporter leur récolte sur des kilomètres dans la chaleur estivale. Cela avait un effet négatif  sur la qualité du vin car le processus de fermentation avait déjà commencé pendant le transport. Les retombées de cette incitation ont également contribué au maintien de la population villageoise dans les régions viticoles. En 1999, la résolution du problème de réunification de Chypre n’étant  finalement plus considérée comme un préalable à son adhésion,  Chypre adhère à l’Union européenne en tant que territoire divisé le 1er mai 2004. C’est toutefois l’ensemble de l’île qui fait partie de l’Union Européenne.
La réglementation de Chypre s’aligne alors sur celle de l’Union qui reconnaît 7 AOPs en 2007.

CLIMAT ET SOLS

 Chypre a un climat subtropical – type méditerranéen et semi-aride (dans la partie nord-est de l’île) – selon la classification climatique de Köppen signes Csa et BSh, avec des hivers très doux (sur la côte) et chauds aux étés chauds.La neige n’est possible que dans les montagnes du Troodos dans la partie centrale de l’île. La pluie se produit principalement en hiver, l’été étant généralement sec. Chypre a l’un des climats les plus chauds et des hivers les plus chauds de la partie méditerranéenne de l’Union européenne. La température annuelle moyenne sur la côte est d’environ 24°C le jour et 14°C la nuit. En général, la saison chaude dure environ huit mois. Elle  commence en avril, avec des températures moyennes de 21 à 23°C (70 à 73°F) le jour et de 11 à 13°C (52 à 55°  F) la nuit, et se termine en novembre, avec des températures moyennes de 22 –23°C (72–73°F) le jour et 12–14°C (54–57°F) la nuit. Au cours des quatre mois restants de l’année, les températures ont tendance à rester douces, tout en dépassant parfois 20°C (68 °F) pendant la journée. Chypre reçoit en moyenne de 2 700 à 3 500 heures de soleil par an.En hiver, Chypre reçoit en moyenne 5 à 6 heures d’ensoleillement par jour et 12 à 13 heures au plus fort de l’été. Le climat méditerranéen, chaud et plutôt sec, avec des précipitations principalement entre novembre et mars, favorise l’agriculture.En général, l’île connaît des hivers doux et humides et des étés chauds et secs.Les variations de température et de précipitations sont régies par l’altitude et, dans une moindre mesure, par la distance par rapport à  la côte.Les étés chauds et secs de la mi-mai à la mi-septembre et les hivers pluvieux plutôt changeants de novembre à la mi-mars sont séparés par de courtes saisons d’automne et de printemps.

Climat actuel

Climat futur

CARTE DE L’ENSOLEILLEMENT À CHYPRE. SOURCE: By SolarGIS © 2011 GeoModel Solar s.r.o., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/

Les sols à Chypre varient entre leptosols, régosols, solonchaks, solonetz, vertisols, luvisols, fluvisols et cambisols basés sur la base de référence mondiale du système de classification des sols de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) (IUSS, 2015).

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CARTE DE SOLS. SOURCE: FAO.org

RÉGIONS VITICOLES

Il existe sept itinéraires, qui correspondent grosso modo aux régions viticoles de l’île. Ils  sont  balisés par des panneaux routiers spéciaux, tous dans le sud-ouest de Chypre. Chaque itinéraire met en valeur une facette différente de l’île, de ses montagnes à ses routes côtières. Les visiteurs ayant un goût pour le vin doux peuvent  choisir la route de la Commandaria, centrée autour de la boisson la plus célèbre de l’île. L’Union Européenne a ratifié 7 AOPs toutes enregistrées le 17 février 2007. Il existe aussi 4 IGPs enregistrées le 26 janvier 2006. Pour consulter le détail des régions viticoles et les cartes, cliquez sur le lien suivant: RÉGIONS VITICOLES CHYPRE

CÉPAGES

Les cépages les plus cultivés à Chypre sont le mavro (rouge) et le xynisteri (blanc), qui rentrent dans l’assemblage de la célèbre Commandaria et le Zivania[1], considéré comme la boisson nationale de Chypre. Sont également cultivées les anciennes variétés maratheftiko et ofthalmo. Les cépages internationaux sont aussi bien représentés avec : chardonnay, moschato Alexandria, palomino, riesling, sauvignon blanc, sémillon, alicante bouschet, cabernet franc, cabernet sauvignon, cinsaut, grenache noir, monastrell (mataro). Pour plus de détails sur les cépages, cliquez sur le lien suivant : CÉPAGES CHYPRE
[1]Zivania ou Zivana (grec: ζιβανία, ζιβάνα) est une eau-de-vie chypriote produite à partir de la distillation d’un mélange de marc de raisin et de vins secs locaux à base de raisins secs xynisteri et mavro.

LÉGISLATION ET RÉGLEMENTATION

La première législation de l’ère moderne date de 1950 et est reproduit dans « the Cyprus gazette No. 3478 du 19 janvier 1950 ». ) Elle définit le cadre juridique de la législation et décrit les principaux types de vin de l’île. Aujourd’hui la législation des vins  de Chypre est alignée sur celle de l’Union Européenne. Pour consulter les details de la législation et de la règlementation, cliquez sur le lien suivant:LÉGISLATION ET RÈGLEMENTATION CHYPRE

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