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MADAGASCAR

DESCRIPTION DU PAYS

Source: wikipedia.org

Lac Anosy au centre d’Antananarivo, capitale de Madagascar. Source: By Sascha Grabow www.saschagrabow.com – Own work, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/

MADAGASCAR VU D’AILLEURS

MADAGASCAR EST UN PAYS qui est aussi vaste que : France métropolitaine + Belgique + Luxembourg réunis.

             La grande île au sud du sud, 587 041 km² – 1 600 km du nord au sud et 600 km d’ouest en est – est située dans l’océan Indien à 400 km à l’est des côtes africaines dont le canal du Mozambique la sépare  depuis il y a environ 120 millions d’années, quand en raison de la dérive des continents elle se détacha du supercontinent Gondwana auquel elle avait été  précédemment rattachée.  Madagascar est un monde à part, de nombreuses espèces animales et végétales de l’île sont uniques et rares.  Elles reflètent les origines de l’île qui vécut isolée depuis plusieurs millions d’années du continent, par exemple l’arbre du voyageur se rencontre à Madagascar et en Amérique du Sud, mais pas en Afrique.  Et à l’inverse, de nombreuses espèces typiquement africaines sont inconnues dans l’île, en particulier les grands mammifères (éléphant, rhinocéros, girafe, zèbre et antilope, ou encore les fauves comme lion et le léopard), et les serpents venimeux qui pullulent sur le continent. S’il est certain que la plupart des espèces indigènes sont d’origine africaine ou sud-américaine, l’isolement a pu permettre à des espèces ailleurs éteintes d’y survivre et de favoriser l’apparition de nouvelles espèces uniques :   tous les mammifères terrestres indigènes – 66 espèces – sont uniques à Madagascar. Les lémuriens par exemple.

            Les paysages sont variés, il y a cinq régions géographiques différentes : la côte est, le massif Tsaratanana, les hauts plateaux du centre, la côte ouest et le sud-ouest, les altitudes maximales longent la côte est. Au nord-est des forêts humides et luxuriantes, où pousse un millier d’espèces d’orchidées, dont la vanille, des lianes fleuries, des caféiers, bananiers, girofliers, poivriers et litchis. « Contraste saisissant avec le grand sud, qui ressemble au bush d’Afrique australe : savanes sèches et broussailles. Seules taches de couleur à émerger de ce morne paysage ocre monochrome : les tombeaux, ornés de fresques représentant le métier ou les circonstances de la mort du défunt. Entre ces paysages extrêmes, il y a les Hautes Terres centrales. De Fianarantsoa à Tananarive, des rizières en terrasses, sculptées dans les collines, et dotées d’ingénieux systèmes d’irrigation ».

Les baobabs. Source: https://commons.wikimedia.org/

              Une population originale, dont la première présence date d’il y a environ 8 000 ans, génétiquement aux 2/3 d’ascendance africaine et pour 1/3 d’ascendance asiatique, austronésienne, (îles de la Sonde). L’origine venue d’Asie, on la trouve dans le pli épicanthique de la paupière supérieure qui « bride » les yeux de nombreux Malgaches des côtes ou des hauts plateaux, leur peau peut être claire, sombre ou cuivrée. Le lexique est composé de 90 % de vocabulaire austronésien qui partage les mêmes bases anciennes communes avec les langues actuelles du sud de Bornéo et dans le fonds culturel : des coutumes anciennes (comme d’ensevelir les défunts dans une pirogue que l’on coule dans la mer ou dans un lac), l’agriculture sur brûlis ( taro-saonjo, banane,  noix de coco, canne à sucre), l’architecture traditionnelle en matériaux végétaux, maisons à base carrée ou rectangulaire sur pilotis), la musique (instruments comme conque marine,  tambour de cérémonie,  xylophone atranatrana, flûte sodina ) et des danses  (notamment la « danse des oiseaux » que l’on retrouve à la fois au centre et dans le Sud).

Architecture traditionnelle. Source: non identifiée

            L’île comme la quasi-totalité (sauf l’Ethiopie) de l’Afrique fut colonisée fin XIX°, la conquête commencée en 1883 fut longue et difficile pour les troupes envoyées de France et tragique pour les Malgaches qui se révoltèrent à plusieurs reprises, la résistance passive de la reine Ranavalo III ne capitula qu’en 1895  quand les obus tombèrent sur son palais. Elle dut accepter le statut de protectorat et fut exilée (à La Réunion puis à Alger) et le royaume fut formellement annexé par la France en 1896.  S’ensuivit la campagne dite de « Pacification » pendant 3 ans. Des écoles primaires et professionnelles furent créées, Gallieni abolit l’esclavage mais instaura le travail forcé et encouragea la venue de colons européens. En réaction, les Malgaches rebelles formèrent des sociétés secrètes et complotaient contre le colonisateur. Une nouvelle révolte eut lieu en 1904-1905. Mais la France était déjà solidement établie et son influence s’étoffait. En 1924 le travail forcé fut remplacé par des « travaux d’intérêt général » sans que cela améliore le sort des Malgaches, surtout dans les régions de plantations, sur la côte orientale, autour de Tamatave.  C’est là qu’éclateront les révoltes.

Dans les années 1940 le mouvement nationaliste anticolonial se développa dans la clandestinité, le syndicalisme commença et le Parti communiste se constitua. Mais l’administration de la colonie aux ordres de Vichy dissout toutes les organisations. Le retour des combattants malgaches enrôlés durant la Seconde Guerre mondiale, les conditions de vie misérables des populations indigènes et le développement des mouvements anticolonialistes favorisèrent l’aspiration à l’indépendance.  En mars 1947 l’insurrection éclata, qui sera anéantie par une terrible répression par les troupes, exécutions sommaires, regroupements forcés et incendies de villages, « guerre psychologique » : des suspects auraient été jetés, vivants, depuis des avions afin de terroriser les villageois. En vingt mois, la « pacification » aurait fait 89 000 victimes chez les Malgaches selon les comptes officiels de l’État français. Mais ces comptes auraient été exagérés par méconnaissance du terrain et pour alourdir le dossier d’accusation du MDR (Le Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgache) parti politique fondé en 1946 et dissous en 1947. J.Fremigacci, maître de conférences à Paris-I et enseignant à l’université de Tananarive, établit quant à lui le nombre des morts entre 30 000 et 40 000, dont 10 000 de mort violente et le reste de faim ou de maladie. Les forces coloniales perdirent 1 900 hommes (essentiellement des supplétifs malgaches), 550 Européens moururent dont 350 militaires. La disproportion des pertes s’explique : les rebelles ne disposaient en tout que de 250 fusils. Suite à l’approbation en septembre 1958 du référendum sur la Communauté française, la république de Madagascar fut proclamée en octobre 1958 sur le territoire de l’ancien protectorat. L’indépendance eut lieu en 1960 comme dans les quatorze autres territoires de l’Afrique francophone sub-saharienne.

           En malgache Madagascar se dit Madagasikara. Avec le malgache, le français est la deuxième langue officielle de l’île. C’est aussi la langue des affaires, de l’administration, de l’enseignement supérieur, de la plupart des panneaux de la capitale. Pourtant, seuls 20 % de la population la maîtrisent (2016).

         Paysages uniques, époustouflants et extrême misère d’un des pays les plus pauvres du monde. L’Etat est très faible :  pas de protection contre les catastrophes naturelles, famines dans le sud, déficit du capital humain et des infrastructures, 70 % n’ont pas accès à l’assainissement, informalité, agriculture d’autosubsistance peu productive, 4ième taux de malnutrition chronique le plus élevé au monde, analphabétisme très élevé (97% des enfants âgés de 10 ans). Le Programme Alimentaire Mondial des Nations unies affirme en 2022 qu’environ 1/3 de la population est en situation d’insécurité alimentaire. L’indice  terrible, celui de la mortalité infantile est très élevé : 40,1 décès/1.000 (France 3,5). Une extrême insécurité règne, et elle concerne aussi les touristes.  Les conseils à leur égard ne sont guère encourageants, ambassades, journaux locaux et étrangers, rapports variés, font état d’une insécurité grandissante aux quatre coins de l’île. Agressions, enlèvements et assassinats : à Madagascar, « la peur hante les campagnes » Le Monde septembre  2022.  

         Comme souvent en Afrique, le sous-sol de l’île est riche. Nickel, cobalt, ilménite, fer, (dioxyde de de titane), zirconium, or, béryllium, colombite, gisements de saphirs et de rubis extraits des mines à ciel ouvert, graphite qui ne sert pas qu’à la fabrication du crayon et dont l’île fut longtemps le premier exportateur avant la concurrence de la Chine, fer et bauxite mais la teneur des gisements reste faible, zircon principal minerai de zirconium et de hafnium, utilisé dans les réacteurs nucléaires, charbon, calcaire.  

Albert Rakoto Ratsimamanga s’est rendu célèbre par son travail consacré à une meilleure compréhension des propriétés médicinales de la flore endémique unique de Madagascar. Plus de 350 publications scientifiques.

Albert Rakoto Ratsimamanga. Source: Par Auteur inconnu — Domaine public, https://commons.wikimedia.org/

Gisèle Rabesahala a été l’une des figures de proue de la lutte pour l’indépendance de Madagascar. Journaliste et militante politique, elle a créé le journal Imongo Vaovao. Première femme malgache élue en 1958 au conseil municipal d’Antananarivo, la capitale de Madagascar. morte en 2011,

Jean-Luc Raharimanana, écrivain malgache à 20 ans, il avait déjà obtenu le Prix de poésie Jean-Joseph Rabearivelo. Il décrit les beautés de la nature dans sa patrie, mais aussi la pauvreté sordide qui y règne, notamment dans les bidonvilles. Dans son oeuvre, légendes et superstitions anciennes se juxtaposent à l’histoire politique contemporaine.

Les plus âgés se souviennent peut-être encore des Surfs, un groupe vocal malgache de yéyé francophone entre 1963 et1971.

       Madagascar est le titre d’un film d’animation américain réputé comique sorti en 2005, il met en scène des animaux du zoo de Central Park, qui vont devoir retrouver Marty, le seul zèbre du zoo qui s’est échappé, cette mission de sauvetage les emmène à Madagascar. Deux suites ont vu le jour, ainsi qu’un spin-off, et une série. (Pas vus, NDLR).

Madagascar est l’un des pays africains les plus sévèrement touchés par les impacts du changement climatique.

PRÉSENTATION DU PAYS VITICOLE

L’île de Madagascar se situe dans l’ouest de l’Océan Indien entre 12° et 25° de latitude sud. Sa viticulture est celle des pays tropicaux.

La viticulture commerciale date de la colonisation française de l’île au début des années 1900, mais la vigne était connue dans le pays depuis beaucoup plus longtemps.  La faune et la flore de l’île est d’une grande richesse et elle a attiré de nombreux explorateurs et scientifiques.

Il existe environ 700 vignerons, avec une moyenne de 2 hectares de vignobles chacun, concentrés sur Fianarantsoa et Ambalavo.

L’encépagement varie selon les sources de 600 ha[1] à 800 ha[2] à 1 000 ha [3], 250 à 550ha en passant par plus de 800 dans les années 1980 [4],  3 000 à 4 000 hectares[5] ou encore 10 000 hectares[6]. Il n’existe pas non plus de données officielles sur les quantités produites qui varient entre 46 536 hectolitres[7], 75 000 hectolitres [8], 80 000 hectolitres[9].

Les vins sont consommés sur place et il n’y a pas d’exportations.  La consommation de vin par habitant a atteint 0,020 litre en 2020 à Madagascar, selon le Faostat.  Historiquement, la consommation de vin par habitant à Madagascar a atteint un niveau record de 4,03 litres en 1961 et un minimum historique de 0,020 litre en 2020.

La consommation d’alcool pur par capita était de 3,4 litres en 2020.


[1] https://www.persee.fr/doc/caoum_0373-5834_1980_num_33_132_2955
[2] https://paysdarmagnac.org/2023/le-vin-a-madagascar-un-terroir-insolite-et-meconnu/
[3] https://www.mon-viti.com/experts/international/madagascar-ou-comment-produire-un-peu-de-vin-en-milieu-hostile#:~:text=Face%20à%20ces%20handicaps%2C%20la,800%20000%20bouteilles%20au%20total.
[4] https://www.doc-developpement-durable.org/file/Culture/Arbres-Fruitiers/FICHES_ARBRES/vigne/Les%20vignobles%20et%20les%20vins%20de%20Madagascar%20-%20La%20filière%20vin-Andriamananjara-Rambeloson.pdf
[5] The Origins, Development and Future of the Malagasy Wine Industry ….pdf
[6] http://schiller-wine.blogspot.com/2013/01/the-wines-from-madagascar-and-9-other.html
[7] https://www.reportlinker.com/clp/country/319/726257
[8] https://www.reportlinker.com/clp/country/319/726257
[9] https://www.reportlinker.com/clp/country/319/726257

HISTOIRE

On attribue aux missionnaires catholiques français l’introduction de la vigne à Madagascar au XIXe siècle afin de produire des vins pour célébrer la messe. 11 missionnaires jésuites établirent une mission à Ambohimalaza, à 30 km au sud-ouest de Fianarantsoa. Les sols et le climat locaux semblent appropriés aux raisins de cuve.  Vers 1905, ils importèrent des vignes d’Alsace par bateau à Mananjary, le port le plus proche de la côte est, d’où elles furent transportées par voie terrestre jusqu’à Fianarantsoa et ils fondèrent, au début du XXe siècle, le premier vignoble de Madagascar.

Cependant, les origines de la culture de la vigne et de la production de vin à Madagascar sont antérieures à la conquête française de 1895. Selon le père catholique Montagnac, Perrier de la Bathie, botaniste (1873-1958) considère que  la vigne a été introduite à Madagascar au Xe siècle par les Arabes. La conquête, voire même une présence arable, ne sont pas attestées historiquement.

Avec contribution de Perrier de la Bathie, botaniste (1873-1958). Source: https://www.persee.fr/

Dans le sud-est de l’île, les prêtres lazaristes qui accompagnaient les colons du Fort-Dauphin sous Étienne de Flacourt (1607-60), tentent de cultiver la vigne, mais en 1655, ils ne parviennent pas à produire du vin. En 1688/89, Dellon, explorateur, commente à propos des raisins des vignes françaises de la colonie de Fort Dauphin : « il y a des masses de raisins à l’île Dauphine [Madagascar] dont on ne fait cependant pas de vin et que les Noirs ne mangent pas ».

Les frères Grandidier, explorateurs qui ont principalement étudié l’île de Madagascar (1817) affirment que la vigne existe depuis longtemps à Imerina et Anosy, au sud-est de l’île.  Leur affirmation, appuyée par Pierre Boiteau, botaniste (1911-1980) se fonde sur le fait que toutes les vignes malgaches sont des variétés de Vitis vinifera introduites aux Comores et dans le sud-est de Madagascar par d’anciens immigrants perses probablement avant le XVIe siècle. Cependant, le rapport des Grandidier est basé sur l’observation d’un seul cépage importé en France qui produisait des raisins « énormes » avec de grosses grains oblongues blancs, qui aurait été être proche du cépage allemand Frankenthal.  Boiteau commente à propos de ce cépage qu’il s’est répandu rapidement au sud de Madagascar et à l’ouest de l’île où il mûrit pendant la saison sèche, mais ne prospère pas sur le plateau où il atteint sa maturité pendant la saison des pluies.

Pierre Boiteau au Parc Botanique et Zoologique de Tsimbazaza en 1946. Source: Par Marthe Boiteau épouse de Pierre Boiteau — Album de famille, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/

Louis-Laurent de Féderbe (1725-77), comte de Modave, gouverneur de la colonie française renouvelée de Fort Dauphin de 1768 à 1771  planta de la vigne européenne, mais reçut l’ordre d’abandonner la colonie avant que la vigne ne porte ses fruits. Encore une fois, en 1777, Nicolas Mayeur signale la présence de vignes dans la vallée d’Andrantsay, au sud de l’Ankaratra, où « elles poussent sans culture, mais produisent peu de raisins ». Également, à la fin de 1822, Les missionnaires évangéliste, David Jones, David Griffiths et John Canham, signalent que de nombreuses vignes sont cultivées dans la région entourant la ville d’Ambatolehivy [Ambatolaivy ?], dans l’ouest de l’Imerina. Ce cépage, note Grandidiers, est plus répandu que le cépage « Frankenthal », a des pépins plus petits et « des raisins qui ont un goût de cassis auquel il faut s’habituer » mais, il est raisonnablement apprécié par les Européens du centre [de l’île]. »

Naturaliste français Alfred Grandidier (1836-1921). Source: Par Alphonse J. Liébert (1827–1914) — http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8453423r/f1.item, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/

En 1802, André Michaux, botaniste explorateur (1746-1803) introduit une vigne américaine, Vitis labrusca (Vitaceae), dans son jardin de transplantation commencé en 1801 près d’Ivondro, au sud de Tamatave. Michaux mourut l’année suivante, mais le Vitis labrusca se répandit sur les hauts plateaux où il prospère. Certes, au début de 1821, Hastie rapporte que des terres vallonnées autour d’Antananarivo produisent du raisin et les naturalistes Charles Hilsenberg et Wenceslas Bojer, qui visitent l’île en 1822, considèrent que la vigne fait partie les treize premiers produits agricoles de l’Imerina. En 1831, Joseph John Freeman, un missionnaire de la London Missionary Society (LMS) introduit un raisin doux comestible d’Afrique du Sud à Imerina où il  prospère. L’historien Raombana (1809-1954) commente en 1853 que tous les officiers de haut rang de l’Imerina plantent des vignes du Cap dans leurs jardins d’Antananarivo et dans le terrain de leurs résidences de campagne.

Cependant, il ne semble qu’à aucun moment, avant l’arrivée de Français à Madagascar, une industrie du vin se soit développée.

François André Michaux par François André Michaux (according to the source image summary), but probably unknown – File:François André Michaux daguerreotype.jpeg, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=17406786

Suite à la conquête française de 1895, de nombreux nouveaux cépages furent introduits tant par des particuliers que par le Service officiel de l’Agriculture pour résister au phylloxéra. Cependant, peu survécurent à cause des attaques fongiques, et les raisins ne pouvaient être récoltés avec succès que si la vigne était traitée avec du sulfate de cuivre.

En 1897, le professeur Cornu (1884 à 1901), du Muséum d’histoire naturelle , envoya de nombreux plants à la station agricole de Nanisana, près de Tananarive. Cette station joua désormais un rôle de premier plan quant à la diffusion de la vigne. Régulièrement alimentée , elle diffusa les plants, notam-ment dans le Betsiléo.

Boiteau affirme qu’en 1938 il existait six variétés de raisin à Madagascar ,   Vitis vinifera L., la vigne européenne appelée localement Voalobobazaha. ;  les vignes américaines :  Vitis berlandieri Planch, communément appelée « vigne espagnole »,  utilisée comme porte-greffe durant la replantation du vignoble après le phylloxera, Vitis lincecumii Buckley, également connu sous le nom de Vitis astivalis lincecumii,   Vitis rupestris Scheele, Vitis riparia Michx. «Riparia» et  Vitis labrusca L., le plus planté. Le cépage américain fut introduit par Michaux au début du XIXe siècle, il était connu par les colons sous le nom d’Isabella. En 1938, malgré son goût douteux, Vitis labrusca L constitue la base de la majorité de la production viticole locale, qui était considérable.

En 1958, un abbé cistercien français fonde le monastère de Maromby, à quelques kilomètres au nord de Fianarantsoa. Aujourd’hui, on y produit encore du vin et la plupart des moines malgaches, vivent et travaillent dans le monastère. En 1971, la confrérie « Lazan’i Betsileo » (fierté de Betsileo) est fondée près de Fianarantsoa. Elle est issue d’un projet de l’Aide au développement suisse et de l’État malgache et possède sept terroirs viticoles et ainsi près de la moitié du volume total des vignes de Madagascar. Avec la fin de l’aide suisse au développement, l’entreprise s’est toutefois retrouvée plongée dans une crise profonde dont elle ne se remet que lentement.

monastère de Maromby. https://www.madagascar-photo.com/photos/Maromby/photo-monastere-maromby-madagascar/index.html

Depuis 2010, un couple franco-malgache produit du vin uniquement à partir de vignes européennes (Vitis vinifera) sous l’appellation Clos Nomena. La plus grande entreprise viticole de Madagascar, Soa Vita, avait demandé l’aide de la France un an auparavant se tourner également, au moins partiellement, vers les vignes européennes.

Aujourd’hui, une poignée de vignerons s’occupe de l’exploitation du vignoble et organise le marché à l’intérieur des frontières malgaches. Ce sont principalement des Français et des descendants malgaches de Chinois arrivés au pays au début du XXe siècle qui ont pris le contrôle de la viticulture malgache. Des vignerons entièrement autochtones, principalement issus du peuple Betsileo, n’administrent que 40 % des vignobles. Le troisième groupe de vignerons  sont des missionnaires, qui produisent de la vigne dans des monastères comme le monastère Maromby.

Mais l’industrie vitivinicole malgache se caractérise par un manque d’attention portée à l’hygiène, y compris pour les bouteilles. À Madagascar, elles sont produites spécifiquement pour l’industrie de la bière, mais pas pour l’industrie du vin, il existe donc des problèmes d’approvisionnement. Des efforts importants sont déployés pour recycler et réutiliser les bouteilles, une attention insuffisante est accordée à la stérilisation des bouteilles usagées. Par ailleurs, même si les Clos Malaza personnalisent les bouteilles qu’ils utilisent grâce à la sérigraphie, la pratique majoritaire consistant à mettre les vins malgaches dans une bouteille déjà imprimée de la signature d’un vin autre domaine rebute souvent les consommateurs.

CLIMAT

La saison chaude et humide s’étend de novembre à avril et la saison plus fraîche et sèche de mai à octobre. Le climat est régi par les effets combinés de l’alizé du sud-est, porteur d’humidité, et des vents de mousson du nord-ouest qui soufflent sur le plateau central. Les alizés, qui soufflent tout au long de l’année, sont plus forts de mai à octobre. La côte est est venteuse  et connaît un taux de précipitations annuel élevé, atteignant près de 3 800 mm (150 pouces) à Maroantsetra, dans la baie d’Antongil. Lorsque les vents traversent le plateau, ils perdent une grande partie de leur humidité, ne provoquant que de la bruine et des brumes sur le plateau lui-même et laissant l’ouest dans une ombre pluviométrique  sèche. Le sud-ouest en particulier est presque désertique, avec une sécheresse aggravée par un courant froid du large.

La mousson, apportant des pluies sur la côte nord-ouest de Madagascar et sur le plateau, est particulièrement visible pendant la saison chaude et humide. Le vent souffle obliquement sur la côte ouest, qui reçoit chaque année des précipitations modérées ; le sud-ouest, protégé, reste aride. Les précipitations annuelles chutent  environ 2 000 mm (80 pouces) sur l’île de Nosy Be, au nord-ouest, à environ 1 000 mm (40 pouces) à Maintirano sur la côte ouest et à environ 360 mm (14 pouces) à Toliara, au sud-ouest. Le plateau reçoit des niveaux de précipitations modérés, avec environ1 200 mm (50 pouces) tombant chaque année à Antananarivo et à Fianarantsoa, qui se trouvent à environ 200 miles (320 km) plus au sud.

Juillet est le mois le plus frais, avec des températures mensuelles moyennes allant au plus bas de 10° C (50° F) à mi-20° C (mi 70° F), et décembre est le mois le plus chaud, avec des températures comprises entre milieu de 10 oC et haut de 20 oC. (milieu des 60° F et milieu des 80 oF.).  Les températures diminuent généralement avec l’altitude, étant les plus élevées sur la côte nord-ouest et les plus basses sur le plateau.

Les cyclones tropicaux constituent une caractéristique climatique importante. Ils se forment au large de l’Océan Indien, notamment de décembre à mars, et s’approchent de la côte orientale, apportant des pluies torrentielles et des inondations destructrices.

Climat actuel

Climat futur

SOLS

Le sol de Madagascar est divisé en quatre types différents. Les sols ferralitiques sont les sols les plus répandus occupant les hauts plateaux de l’Est et la côte. D’autres types comprennent les sols ferrugineux, hydromorphes et alluviaux. Le plateau central et la côte est sont principalement composés de gneiss, de granite, de quartz et d’autres formations rocheuses cristallines. Le gneiss se décompose en murrum rouge, latérite et terres rouges plus profondes et plus fertiles, donnant à Madagascar son nom familier de Grande Île Rouge. Les sols alluviaux fertiles des vallées soutiennent une culture intensive. Il existe également des intrusions volcaniques dispersées qui produisent des sols fertiles mais facilement érodables. Le lac Alaotra est une vaste poche sédimentaire du plateau central contenant certaines des terres agricoles les plus productives de l’île. Le tiers occidental de l’île est entièrement constitué de dépôts de roches sédimentaires, donnant naissance à des sols de fertilité moyenne à faible.

1 = Moramanga District, Andasibe, Voimma Community Park; 2 = Antsirabe District, Sambaina; 3 = Ambalavao District, Mt Ankisira National Park.

Source: Researchgate.net

RÉGIONS VITICOLES

Les vignes de Madagascar sont situées sur les hauts plateaux du centre entre 1 300 et 1 700 mètres d’altitude. Pour en savoir plus sur les régions viticoles de Madagascar, cliquez sur le lien suivant :MADAGASCAR RÉGIONS VITICOLES

CÉPAGES

Compte tenu des conditions climatiques, la viticulture se pratique avec des Vitis américains ou des cépages hybrides. Pour en savoir plus sur les cépages de Madagascar, cliquez sur le lien suivant : MADAGACAR CÉPAGES

LÉGISLATION ET RÈGLEMENTATION

La législation et la réglementation sur les vins et les alcools sont régies  par la loi du 27 juillet 1995. Pour en savoir plus sur la législation et la réglementation des vins et des alcools à Madagascar, cliquez sur le lien suivants : MADAGASCAR LÉGISLATION ET RÈGLEMENTATION