Retour à la mappemonde
TANZANIE

DESCRIPTION DU PAYS

Drapeau présidentiel. Source: Wikimedia Commons

Created with RNI Films app. Preset ‘Fuji Pro 160NS’

Dodoma, la capitale. Source: wikipedia.org

LA TANZANIE VUE D’AILLEURS

La Tanzanie est un pays dont le nom en anglais «Tanzania » est un mot-valise créé à partir des premières syllabes de  « Tanganyika » (ancienne colonie allemande, puis  mandat britannique de 1921 à 1946)  et de « Zanzibar », les deux ex-colonies qui fusionnent en 1964 au lendemain des indépendances. L’originalité de cet État est d’être constitué de deux territoires distincts dont un archipel formé de trois îles : la principale, Unguja – appelée à tort Zanzibar- abrite la plus grande ville : Zanzibar, puis Pemba, l’autre grande île, et au sud plus petite, Mafia. Situé en bordure de l’océan Indien dans l’hémisphère sud, la façade maritime du pays est une plaine côtière face à l’archipel de Zanzibar.

                Témoin de l’histoire très lointaine de la planète, dans l’ouest du pays, le Grand Rift est une fracture de l’écorce terrestre entre deux plaques tectoniques, il traverse le territoire accompagné de plusieurs volcans dont un seul, l’Ol Doinyo Lengaï est encore actif, un autre est  le point culminant de l’Afrique, c’est  le majestueux Kilimandjaro, avec 5 892 mètres d’altitude. Il y a des grands lacs :  Malawi, Rukwa,Tanganyika, Victoria. (945 087 km²).

Paysage du nord de la Tanzanie, à l’intérieur de la grande vallée du Rift. Source: https://commons.wikimedia.org

             Les 63, 5 millions d’habitants en 2023 sont essentiellement bantous. Les langues officielles sont le swahili et l’anglais mais l’arabe est aussi parlé notamment dans les îles.  La capitale Dodoma est située dans l’intérieur des terres, au centre du pays sur un plateau, les cours d’eau se jettent dans l’océan Indien. Mais le principal pôle économique est l’ancienne capitale Dar es Salam, située sur la côte.

               Son histoire aussi est originale : sur ses côtes les marchands perses, arabes ( le  sultanat d’Oman s’y fournit en esclaves), bantous et indiens.  Les marchands swahilis utilisaient des dhows (boutres), et aujourd’hui encore. Port le plus important de toute la côte africaine de l’océan Indien, Zanzibar pendant plusieurs siècles est au cœur du commerce d’or, d’épices, d’ivoire, de parfums, et d’esclaves donc. Son arrière-pays s’étend jusqu’aux Grands Lacs, à près de 1 000 km  et jusqu’au bassin du Congo. Les Européens dans le sillage de Vasco de Gama au XVe siècle offrent de nouveaux marchés à une denrée locale appréciée, le clou de girofle.

               La décolonisation en Afrique commence au Ghana en 1957. Débutée en Asie elle gagne l’Afrique, le climat de Guerre Froide aussi. Certains dirigeants penchent à gauche, comme   la Tanzanie de Nyerere, à preuve, il  soutient Lumumba   le 1er ministre socialisant du Congo belge qui est assassiné,  l’OUA établit son siège à Dar es Salaam, des mouvements révolutionnaires africains (ANC, ZANU, SWAPO, MPLA, FRELIMO) sont représentés dans le  pays. Dans les colonies portugaises la guérilla -nationaliste marxiste- soutenue par l’URSS et la Chine commence contre la dictature qui s’accroche à son empire, son armée bombarde le sud de la Tanzanie qui  rompt ses relations avec le Royaume-Uni, expulse ses troupes, ouvre une ambassade  d’Allemagne de l’Est. Les relations se détériorent avec les pays occidentaux, qui coupent leurs aides ; ainsi qu’avec les voisins. Ghana, Kenya, l’Afrique du sud, le Congo de Mobutu garant de l’anticommunisme. Le projet de marché commun, la Communauté d’Afrique de l’Est fondée en 1967, tourne court.

En 1953, Julius Nyerere, passé par l’université Édimbourg au début des années 1950 prône l’indépendance, elle est accordée par le R.U. en 1961, sans aucune violence.  J.Nyerere en 1962, devient le premier président de la république du Tanganyika. L’indépendance de Zanzibar et Pemba est obtenue en 1963.  Mais, à peine un mois plus tard, en janvier 1964, les tensions communautaires qui couvent depuis des années éclatent et le parti ASP (Parti Afro-Shirazi), écarté depuis longtemps du pouvoir alors qu’il est majoritaire dans les urnes, déclenche une révolution qui fait autour de 10 000 victimes   arabes et indiennes massacrées dans la nuit en janvier 1964 à Zanzibar.  Sheikh Abeid Karume, chef de l’ASP, devient président de la république de Zanzibar.   Nyerere s’engage résolument dans une politique socialiste, un « socialisme africain » d’inspiration maoïste, avec des mesures concrètes :  nationalisations, impôts augmentés pour une plus grande répartition des richesses, abolition des discriminations raciales, création de communautés villageoises, coopératives, 800 villages collectifs regroupant des populations d’origines ethniques et tribales différentes, – déplacées de force en camion-, 9 millions de personnes de 1973 à 1976.  La Chine   communiste aide à la construction de la ligne de chemin de fer de Dar-es-Salaam à la Zambie. Dans cette partie de l’Afrique, la guerre se prolonge après 1975, l’URSS soutient les guérillas, les Cubains viendront soutenir (Angola et Mozambique dans l’ »operación Carlota ») car  ils sont sur la « ligne de front ». Le parti de la Révolution – le  Chama cha Mapinduzi  parti unique  est formé en 1977. En 1978, avec l’aide chinoise, la Tanzanie  au prix de lourdes pertes humaines riposte à l’attaque de l’Ouganda, reprend les territoires perdus et occupe même l’Ouganda pendant presque deux ans, renverse le régime d’Idi Amin Dada. La guerre a coûté cher. En face, avec l’appui des E.U. et de la Rhodésie, le gvt d’Afrique du sud entretient la guerre civile contre les  nouveaux gvts marxistes en Angola et  au Mozambique  et  refuse l’émancipation de la Namibie ( glacis protecteur, ancienne colonie allemande) jusqu’en 1992.

Staatsbezoek van president Julius Nyerere van Tanzania aan Nederland. Koningin Juliana, president Nyerere en prins Bernhard op paleis Soestdijk *21 april 1965. Source: wikipedia.org

Mais les ambitieux résultats escomptés, utopiques ( ?) sont décevants.  Au début des années 1980, sans réelle industrie, avec un secteur agricole improductif, l’économie de la Tanzanie est typique des pays qu’on appelait Tiers Monde ou Sud au XX° siècle, c’est l’un des pays les plus pauvres de la planète Essentiellement axée sur L’agriculture, majoritairement de subsistance, qui représentait 30 % du PIB et occupait 65 % de la population active en 2019.  Moins de 10 % de la population a accès à l’électricité, la base industrielle est quasi inexistante, la planification est inefficace Les productions régressent. Les deux barrages de Kihansi et Kidatu, (40 % du total de l’électricité), sont affectés par la sécheresse

 Nyerere commence à modifier progressivement sa politique dirigiste menée depuis le milieu des années 1960 avec l’intervention de plus en plus grande de la Banque mondiale et du FMI. En 1984, la propriété privée des moyens de production apparaît, la société  libéralisée permet l’arrivée massive d’investisseurs étrangers dans tous les secteurs. Le pays à tend à revenir sur la scène économique régionale. Le multipartisme autorisé, un des  disciples de Nyerere est élu, et réélu en 2000.  Après 24 années au pouvoir, en 1985, Nyerere, le mwalimu (l’instituteur) se retira de la politique et il conserve jusqu’à sa mort l’estime de beaucoup malgré l’échec de sa politique de développement, le pays a hérité un prestige continental du soutien panafricain de J.Nyerere aux mouvements de libération africains. De nos jours, la Chine est le principal partenaire de la Tanzanie, notamment dans le domaine économique, fondé sur des relations historiques et une proximité idéologique.

              Mais de nombreuses difficultés : crise économique, épidémie du SIDA, afflux de réfugiés qui fuient les guerres du Burundi.  L’union tanzanienne est préservée malgré des  velléités indépendantistes à  Zanzibar.  Le pays est le 6ième producteur de coton et le 4ième producteur de thé d’Afrique.  Avec 3 700 km de voies ferrées, est bien desservi, par rapport à certains autres pays africains, un conteneur voyage jusqu’en Ouganda ou au Kenya depuis l’Afrique du Sud. Et un solide trafic commercial reste entre Kigoma, Bujumbura (Burundi) et Mpulungu (Zambie), notamment grâce au MV Liemba, un ancien navire de guerre allemand bâti en 1913, coulé en 1916 et renfloué et en activité depuis 1927.

       Après les troubles et les drames liés à la guerre froide, en 1998 de terribles attentats visèrent l’ambassade américaine de Dar es-Salaam (et de Nairobi au Kenya : plus de 200 morts et 4 000 blessés ) puis  s’ensuivront ceux des  chebbab, djihadistes  du groupe islamiste terroriste de Somalie al-Shabab, lié à Al-Qaïda). Et plus récemment des attaques terroristes par  des terroristes djihadistes  infiltrés depuis le Cabo Delgado au nord-est du Mozambique.

             L’île qui fascine

Des noms comme celui de David Livingstone, autrefois on les apprenait à l’école. Cet aventurier a par exemple découvert les chutes Victoria et le lac Malawi et presque la source du Nil (il se trompa sur l’origine réelle du fleuve). Zanzibar devient aussi la tête de pont de l’exploration de l’Afrique australe.  Et Arthur Rimbaud, Joseph Kessel, Jules Verne, Joseph Conrad… eux et d’autres ont parlé de Zanzibar dans leurs livres ou leurs poèmes, attirés par cette île fantasmée située « au croisement des peuples ». Par son nom Zanzibar (la « terre des Noirs », en langue arabe ?  Parce que c’est une île ? Par son Histoire, ? Elle fut un carrefour unique de migrations arabes, indiennes, africaines. Or paradoxe : Zanzibar a conquis plusieurs générations d’écrivains dont beaucoup pourtant n’y sont jamais allés.  Ce n’est peut-être pas le cas de Marco Polo, pas de preuves mais il en parle d’une manière si crédible qu’on peut le supposer. Il décrit une « île grande et noble (Livre des merveilles, 1298…). Rimbaud après avoir abandonné la poésie part à 26 ans, en Ethiopie. Mi aventurier, mi négociant, s’installe à Harar comme port d’attache et y vit à trois reprises entre 1880 et 1891. Il entend parler de Zanzibar ne s’y rendit jamais, mais l’évoque dans les lettres « Et peut-être ne partirai-je pas pour Zanzibar, ni pour ailleurs…» (1887). Jules Verne, lui non plus n’y met pas les pieds, pourtant, l’île apparait dès l’introduction de « Cinq semaines en ballon » (1863), point de départ de son fameux périple aérien. Parmi les auteurs à l’avoir rêvée sans y poser le pied, Joseph Conrad, lui qui avait pourtant navigué sur  les mers du monde. Idem pour Victor Segalen, l’écrivain breton fasciné par la Polynésie et la Chine. Le doute subsiste quant à Henry de Monfreid, l’iconique aventurier-escroc-trafiquant et romancier A-t-il seulement navigué le long de la côte des Somalis, jusqu’à Zanzibar ? Rien n’est moins sûr… Pour son ami Joseph Kessel, on le sait : il ne s’y est jamais promené. « Zanzibar… je n’aurai plus jamais loisir de m’y rendre. Zanzibar, paradis dans l’océan Indien, embaumé de clous de girofle », écrit-il dans son célèbre roman « Le lion », en 1958. 

       Mais alors, qui est vraiment allé à Zanzibar, hormis peut-être Marco Polo ? Pas  N.Heidsieck de Saint-Phalle qui, dans « Hôtels littéraires » (2005), écrit : « J’irai à Zanzibar. J’irai parce que j’en rêve comme j’ai rêvé de Trébizonde. […]L’écrivain-explorateur anglais Richard Francis Burton, lui, y est allé, en 1857, il quitte Zanzibar pour tenter de découvrir le lac Tanganyika et, plus secrètement, les sources du Nil. Parti sur les traces de Livingstone, le journaliste britannique Henry Morton Stanley passe aussi par Zanzibar  en 1871, il écrit : «… je distinguais à peine les Arabes des Africains, les Africains des Banians, les Banians des Hindous, les Hindous des Européens. Zanzibar est le Bagdad, l’Ispahan, le Stamboul de l’Afrique orientale. C’est le grand marché qui attire l’ivoire et le copal, l’orseille, les peaux, les bois précieux et les esclaves de la région ». En 1930, le génial romancier anglais Evelyn Waugh fut en Afrique assister, pour le journal Le Times, au couronnement d’Haïlé Sélassié en Ethiopie et poursuit son voyage jusqu’à Zanzibar. « la ville semble très petite et plate », écrit-il dans « Hiver africain » (1931). Plus près de nous, l’écrivain français Jean Rolin a fréquenté Zanzibar. Comme Evelyn Waugh, il fut hôte du mythique hôtel Africa House, à Stone Town. Jean Rolin rêve devant « ces palais abolis (…)…».

                Freddie Mercury — nom de scène de Farrokh Bulsara — chanteur du groupe Queen, est né à  Stone Town,  Zanzibar.

Freddie Mercury : Di ANSA – 1984 Queen Concert San Remo, su queenlive.ca., Pubblico dominio, https://it.wikipedia.org/w/index.php?curid=8175505

                 Le jeu vidéo Metal Gear 2 Solid Snake sorti en 1990, se déroule dans le pays fictif de Zanzibar Land, homonyme de l’archipel, mais situé en Asie centrale.

                 Abdulrazak Gurnah, né en 1948 à Zanzibar, et ayant fui au Royaume-Uni dés dix-huit ans, reçoit le prix Nobel de littérature en 2021.

                  Le potentiel touristique de la Tanzanie est varié, le tourisme y constitue une source appréciable et croissante de devises. Désormais sa stabilité institutionnelle politique rassure. Donc : les superbes plages sur l’océan Indien, le Kilimandjaro, le cratère de Ngorongoro et la réputation des plus grandes réserves animales d’Afrique ; dans de nombreux parcs naturels :  lions, éléphants, rhinocéros, guépards, léopards, hyènes, chacals, girafes, hippopotames, crocodiles…vivent leur vie. Ces aires protégées sont cependant victimes du braconnage, qui vise surtout les éléphants. Et depuis 2016, les autorités intensifient leurs efforts pour protéger des espèces et les populations d’éléphants et de rhinocéros sont depuis en augmentation.

                Le clou de girofle, c’est « l’or noir » de Zanzibar, surnommée « l’ile aux épices », cette production est l’un des fers de lance de son agriculture. Exporté partout dans le monde, le clou de girofle est valorisé aux côtés d’autres aromates à travers des « spice tours ».

Abdulrazak Gurnah. Source: Par Happolati — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/

PRÉSENTATION DU PAYS VITICOLE

Le pays s’étire en latitude entre 10° et 110 de latitude sud, sa viticulture  fait donc partie de celle des pays tropicaux.  

La Tanzanie, bien qu’elle n’ait pas une réputation internationale en tant que producteur de vin, abrite en fait la deuxième plus grande région viticole d’Afrique subsaharienne (après l’Afrique du Sud) [i].

Selon les données du ministère de l’Agriculture et des Coopératives, le pays a produit 16 139 tonnes de raisins en 2018-2019 [ii]. C’est une augmentation importante par rapport à la production de 2014 / 2015 qui se montait à 10 800 tonnes et la superficie d’encépagement à cette date était de 1,924 hectares (4,810 acres)[iii] et la production était de 1 222 hectolitres[iv] . Avec ces données, on peut donc estimer l’encépagement en 2018-2019 à 3 964 hectares (7326 acres) et la production à 1 826 hectolitres.  Avec le plan de production du gouvernement le pays doit atteindre 22 000 tonnes en 2024/25. Le rendement moyen est 5,5 t/ ha (2,25 tonnes par acre), faible pour un pays tropical [v]. Contrairement à beaucoup de pays tropicaux où la viticulture de table est dominante, la majorité des raisins produits en Tanzanie est destinée à la cuve si l’on en juge par la récente   mise à disponibilité des semis par le TARI (Tanzanian Agricultural Research Institute) aux agriculteurs ( 17 000 étaient destinés au raisin de table et 160 000 au vin)[vi]

En 2021, la Tanzanie a exporté pour 80 000 € de vins de raisin vin fortifié ou de moût.  Les principales destinations des exportations de vins de raisin, vin fortifié ou moût, sont : la Chine (39,9 k), le Burundi (21,3 k), la République démocratique du Congo (10, k), le Rwanda (4,57 k) et la Norvège (104, 4 Euros).

En 2021, la Tanzanie a importé pour 9,44 M d’Euros de vin de raisin, vin fortifié ou moût, principalement d’Afrique du Sud (7,71 M), des Émirats Arabes Unis (739 000 €), de l’Espagne (212 000 €), de France (195 000 €) et de Namibie (148 000 €) .

La consommation de vin par habitant a atteint 0,070 litre en 2020 en Tanzanie, selon Faostat. Historiquement, la consommation de vin par habitant en Tanzanie a atteint un record historique de 100 litres en 1983 et un minimum historique de 0,010 litre en 1988 (https://www.helgilibrary.com/). La consommation d’alcool pur en Tanzanie est de 9,4 litres par habitant et par an.


[i] https://www.agri4africa.com/tanzania-to-introduce-new-grape-varieties-to-boost-wine-production/

[ii] https://www.aa.com.tr/en/africa/tanzania-s-women-farmers-make-fortunes-growing-grapes/2496778

[iii] https://applications.lwr.org/wp-content/uploads/Tanzania-Grape-Market-Study.pdf

[iv] https://www.tanzaniainvest.com/wine

[v] Ibid

[vi] https://www.ippmedia.com/en/business/tari-produce-770000-grapes%C2%A0seedlings-improve-productivity

HISTOIRE

Si la viticulture et la production de vin en Tanzanie sont relativement récentes, la production de vins de fruits est plus ancienne mais elle est restée locale. Les  vins de fruits sont élaborés avec les papayes, les ananas, les bananes et les agrumes. L’industrie des boissons alcoolisées de l’ère moderne débuta en 1933 avec la création de « Tanzania Breweries [i] » dont Les principales activités sont la production, la distribution et la vente de bière maltée, de boissons maltées non alcoolisées et de boissons alcoolisées avec des fruits  en Tanzanie.

La viticulture fut  introduite dans le pays en 1938 par des missionnaires de la mission catholique « Holy Ghost Father »[1] qui ont planté les premières vignes dans le district de Kondoa dans la région de Dodoma[ii]. Initialement, les vignes cultivées étaient utilisées pour fournir du vin pour la célébration de la messe et la consommation domestique locale. En 1957, le Père Passioniste Irioneo Maggioni, de la Mission Bihawana planta trois plants de vigne près de Dodoma, par curiosité [iii]. En 1957, un autre prêtre, Erengo Maggion, qui a été transféré à Bihawana, alors siège catholique du diocèse de Dodoma, fit une autre expérience de culture de la vigne qu’il considère comme réussie et encouragea les missionnaires à construire une petite la cave[iv]. La production de vin est restée principalement confinée aux missions jusqu’à ce que le gouvernement nouvellement indépendant investisse pour la première fois dans la viticulture.  Immédiatement après l’indépendance en 1961, Mwalimu Julius Kambarage Nyerere, qui deviendra président de la Tanzanie en 1964, visita la petite exploration viticole de la mission et   décida d’investir dans la culture de la vigne. Il demanda aux missionnaires d’aider à son implantation dans la région de Dodoma en fournissant du matériel de plantation et de l’expertise. Un vignoble de 2 hectares (5 acres) fut créé dans la prison d’ Isanga de Dodoma dans les années 1960[v]. En 1963, les enrolés du service militaire national basés à Makutupora furent également engagés dans le programme et commencent à cultiver des raisins dans le village attenant à la prison et créant un nouveau centre de viticulture autour du village [vi]. La viticulture s’étend alors à 5 villages voisins.


[1] Holy Ghost Father, la congrégation du Saint-Esprit est fondée en 1703 à Paris et revivifiée en 1848, par la fusion avec la société du Saint-Cœur de Marie. 


[i] https://www.tanzaniabreweries.co.tz/

[ii] Amin, Mohamed; Willetts, Duncan et Marshall, Peter Journey Through Tanzania, 1984Numéro de page : 110

[iii] Ibid

[iv] Daniel Benno Msangya, Dar es Salaam,  page: 03, 1957

[v] Tanzania to Introduce New Grape Varieties to Boost Wine Production par Xinhua

[vi] https://academic-accelerator.com/encyclopedia/tanzanian-wine

Vignoble du Centre de recherche agricole de Tari. Source:https://www.tari.go.tz/tari-makutupora/events/details/tanzania-official-seed-certification-institute-tosci-visited-tari-makutupora-centre-in-dodoma-tanzan

En 1968,  Tanzania Distilleries Limited (TDL) est créée et produira 2 ans plus tard en 1970,  le brandy Konyagi [i] qui  est porte-étendard de la société.

Une cave a été construite dans la région de Dodoma en 1969 et le gouvernement continue à inciter les agriculteurs à planter des raisins. En 1984, il y avait 1 205 hectares (2 980 acres) autour de la capitale Dodoma [ii].  En 1978, le Centre de recherche connu sous le nom de Centre de recherche et de formation en viticulture (VRTC)-Makutupora et fait partie Tanzania Agricultural Research Institute (TARI) est créé pour déterminer les types de raisins les mieux adaptés à la région et épauler et former  les viticulteurs  [iii]. Le Centre dispose d’un total de 40,2 hectares de terrain qui sont utilisés pour des activités de recherche et de démonstration[iv]. Le TARI-Makutupora est situé à environ 23 kilomètres au nord de la ville de Dodoma à une altitude de 1 070 [v].

En 1979, le gouvernement créé la Dodoma Wine Company (Dowico) pour consolider la production commerciale de raisins cultivés et vinifiés localement. La Dodoma Wine Company achète des  raisins directement aux agriculteurs et fait du vin.[vi]

Mais la DOWICO s’effondre dans les années 1990. La société privée TDL (Tanzania Distilleries Ltd), qui appartient à la  Tanzania Breweries   rachète les marques et redémarre la production[vii].

En 1 999, Le groupe sud-africain Distell acquière une participation de 10 % dans Tanzania Distilleries (TDL). Cette participation passe à 35% en 2001 [viii].

La production à Dodoma est en croissance constante passant de 3 576 tonnes en 2010 à 6 831 tonnes en 2015 et 16 139 tonnes de raisins en 2018-2019 [ix]

L’introduction d’usines de transformation de raisins plus petites et plus abordables tels que HOMCO et UWAZAMAM qui ont une capacité de 150 0000 litres, incite les agriculteurs à produire du raisin [x].


[i] http://rumproducers.wikidot.com/tanzania-distilleries-limited-tdl

[ii] Ibid

[iii] https://www.tari.go.tz/tari-makutupora/about-us

[iv] Ibid

[v] Ibid

[vi] Ibid

[vii] http://theuncommonwine.blogspot.com/2014/06/tanzania-dodoma-dry-red.html

[viii] https://african.business/2014/07/economy/developing-good-nose-wine

[ix] ajol-file-journals_235_articles_248992_submission_proof_248992-2797-595671-1-10-20230607.pdf

[x] https://www.tanzaniainvest.com/wine

Source: https://www.foodbusinessafrica.com/

En 2004, Central Tanzania Wine Company (Cetawico) est créée et ses premiers vins sortent en 2 005. Elle produit du vin bio à 1100 m d’altitude, sur un plateau en Tanzanie à environ 700 Km au sud de l’équateur en achetant des raisins au producteurs locaux [i].

En 2009, le géant sud-africain Distell renfonce son influence en Tanzanie. Distell fait également don d’importantes boutures du cépage Villard blanc, multipliées dans sa pépinière dédiée, Ernita, près de Wellington. TDL, acteur dominant sur le marché des vins et spiritueux en Tanzanie, exploite deux caves d’une capacité combinée de 800 tonnes par an. Mais, avec une production de raisins relativement limitée en Tanzanie, une partie de la matière première   est actuellement être importée de Distell en Afrique du Sud[ii].

Trois principales entreprises viticoles ont fortement influencé la croissance de l’industrie vinicole locale ; Dowico (liquidée mais dont les marques ont été reprises par TDL), Tanzania Distilleries (TDL) et Central Tanzania Wine Company (Cetawico). Les marques les plus emblématique du pays sont : Dodoma, Imagi, Overmeer, Presidential, Altar Wine et Sharye[iii].

En septembre 2020, Japhet Hasunga, ministre tanzanien de l’Agriculture déclare que le gouvernement prévoit  de stimuler la production de vin en Tanzanie. Étrangement, il n’existe que deux cépages autorisés en Tanzanie, le chenin blanc et le cépage rouge local,Makutupora[iv]. Pour y parvenir, le pays s’apprête à augmenter sa production de raisins en important 13 nouveaux cépages d’Afrique du Sud. Les 13 nouveaux cépages, dont certains sont de porte-greffes.[v].

Le pays n’a pas les capacités suffisantes pour fournir des vins pour son marché intérieur et se principaux marchés d’exportation (Rwanda et Ghana). Une étude indique qu’il manquait 5, 2 millions de litres de vin pour approvisionner les marchés [vi]. Entre 2015 et 2016, la Tanzanie à importé 300 000 litres de vin en vrac [vii].

En 2021, Le directeur du développement des cultures au ministère, Nyasebwa Chimagu, a déclaré que le ministère avait lancé un programme pour identifier tous les producteurs de raisins de la région de Dodoma ainsi que leurs superficies de culture. Au moins 300 000 agriculteurs ont déjà été enregistrés et l’exercice se poursuivra pour toucher davantage d’agriculteurs. « La plupart des usines de transformation du vin préfèrent actuellement acheter des jus en vrac plutôt que des grappes de raisin. Dans le cadre de cette initiative, le plan était de voir les agriculteurs négocier des contrats rentables avec les industries viticoles.

En 2022, Une installation de transformation du raisin est en cours de construction au vignoble Chinagali à Dodoma, en Tanzanie, au profit des petits producteurs locaux [viii].

Outre le vin de raisin, la Tanzanie produit une variété de vins de fruits à base de mangue, de banane et de prune. Les raisins sont également utilisés dans la production de brandy, dont plus d’un demi-million de litres ont été fabriqués en 2011 [ix] .


[i] https://www.cetawico.com/en/story

[ii] https://news.wine.co.za/news.aspx?NEWSID=13981

[iii] https://dominikfincatanzania.wordpress.com/2015/08/10/tanzanian-wine-for-the-middle-class/

[iv] https://www.tari.go.tz/tari-makutupora/

[v] https://360mozambique.com/world/africa/tanzania-launches-initiative-to-boost-grape-production/

[vi] https://applications.lwr.org/wp-content/uploads/Tanzania-Grape-Market-Study.pdf

[vii] Ibid

[viii] https://www.thedrinksbusiness.com/2022/07/grape-farming-in-dodoma-tanzania-set-to-be-transformed/

[ix] https://www.agri4africa.com/tanzania-to-introduce-new-grape-varieties-to-boost-wine-production/

Source: Central Tanzania Wine Company (Cetawico)

CLIMAT

La Tanzanie continentale peut être divisée en quatre zones climatiques et topographiques principales : les basses terres côtières chaudes et humides du littoral de l’océan Indien, la zone chaude et aride du vaste plateau central, la haute montagne intérieure et la région des lacs de la frontière nord, où le mont Kilimandjaro est situé, ainsi que les hautes terres du nord-est et du sud-ouest, dont les climats vont du tropical au tempéré. Le climat équatorial chaud de la Tanzanie est modifié par les variations d’altitude. La quantité élevée de rayonnement solaire tout au long de l’année est associée à une fluctuation saisonnière limitée de la température ; la variation mensuelle moyenne est inférieure à 5 ° C  (9 ° F)  dans la plupart des stations. Les gelées au sol se produisent rarement en dessous de 2 500 mètres (8 200 pieds). Les précipitations sont très saisonnières, étant fortement influencées par la migration annuelle de la zone de convergence intertropicale. Environ la moitié de la Tanzanie continentale reçoit moins de 750 mm (30 pouces) de précipitations par an, une quantité considérée comme le minimum requis pour la plupart des formes de culture sous les tropiques. Le plateau central, qui reçoit moins de 510 mm (20 pouces) par an en moyenne, est la zone la plus sèche et connaît une seule saison des pluies entre décembre et mai. Les précipitations sont plus abondantes sur la côte, où il y a deux pics de précipitations : octobre-novembre et avril-mai. Les îles au large et de nombreuses régions montagneuses ont des totaux de précipitations annuels élevés de plus de 1 520 mm (60 pouces).

Climat actuel

Climat futur

SOLS

La variété des sols de la Tanzanie continentale dépasse celle de tout autre pays d’Afrique. Les sols brun rougeâtre d’origine volcanique des hautes terres sont les plus fertiles. De nombreux bassins fluviaux ont également des sols fertiles, mais ils sont sujets aux inondations et nécessitent un contrôle du drainage. Les loams tropicaux rouges et jaunes des plateaux intérieurs, en revanche, ont une fertilité moyenne à faible. Dans ces régions, les températures élevées et les faibles précipitations favorisent des taux d’oxydation rapides, qui se traduisent par une faible teneur en humus dans le sol et, par conséquent, une texture argileuse plutôt que la structure friable souhaitée des sols tempérés. Aussi, les averses tropicales, souvent de courte durée mais très intenses, compactent le sol ; cela provoque des problèmes de drainage et lixivie le sol des éléments nutritifs.

Source: researchgate.net

RÉGION VITICOLE

Les vignobles de Tanzanie sont concentrés autour de la capitale Dodoma et la région viticole porte le nom de Dodoma. Pour en savoir plus sur les regions viticoles de Tanzanie, cliquez sur le lien suivant : TANZANIE RÉGIONS VITICOLES

CÉPAGES

Seuls, deux cépages sont autorisés par le Centre de recherche agricole de Tari qui a de nouvelles variétés à l’essai. Pour en savoir plus sur les cépages de Tanzanie, cliquez sur le lien suivant : TANZANIE CÉPAGES

LÉGISLATION ET RÉGLEMENTATION

La législation sur les alcools et les vins est ancienne et date de 1978 et couvre la production et la consommation. Les alcools faits maison sont courants en Tanzanie et la contrefaçon est importante. Pour en savoir plus sur la législation et la réglementation, cliquez sur le lien suivant: TANZANIE LÉGISLATION ET RÈGLEMENTATION