ALCOOL

LE CORPS HUMAIN PROGRAMMÉ POUR BOIRE DE L’ ALCOOL DEPUIS 10 MILLIONS D’ ANNÉES

Comment Bremmer est-il arrivé à une telle conclusion qui prend à contre pied l’état actuel des connaissances scientifiques sur ce sujet ? Par un tour de passe-passe de biologie moléculaire et un sérieux travail de fin limier digne d’un Hercule Poirot au sommet de son art. Lui et son équipe ont isolé les gènes responsables de la production de l’enzyme ADH4 ( l’enzyme principalement responsable de la dégradation de l’alcool dans le corps humain) chez 27 des primates les plus communs et vivants aujourd’hui. A partir de ces données et en étudiant attentivement l’arbre généalogique des primates depuis 60 millions d’années (soit juste après la disparition de dinosaures), ils ont pu déduire les caractéristiques de l’ enzyme ADH4 à travers les âges et ses modifications au fil du temps. Bremmer a ensuite synthétisé ces enzymes en laboratoire et les a testé pour en déduire leurs effets sur le métabolisme de l’alcool. C’est en tout point similaire à la reconstitution d’une scène de crime pour s’approcher au plus près de la vérité des faits et corroborer les observations et les analyses forensiques. Les effets de ces différentes molécules ainsi synthétisées sur le métabolisme de l’alcool se sont avérés ‘stupéfiants’. Celles qui correspondaient aux primates les plus anciens ont été sans grand effet sur le métabolisme de l’alcool. Mais, au moment où l’arbre généalogique des primates se divise pour former la branche qui allait produire les gorilles, les chimpanzés et éventuellement les humains, soit il y a environ 10 millions d’années, l’enzyme ADH4 synthétisée en laboratoire se montre particulièrement apte à métaboliser l’alcool. Elle est, en fait, 50 fois plus puissante que les enzymes que l’on trouve chez les primates les plus anciens. Et Bremmer d’ajouter ‘ cette enzyme a une capacité métabolique qui approche celles des enzymes d’aujourd’hui’.


On sait que les gorilles et les chimpanzés passent une partie de leur temps au sol, il est donc plus que probable que les ancêtres de ces primates faisaient de même il y a 10 millions d’années quand leur capacité à métaboliser l’alcool semble avoir évolué positivement d’une manière drastique. Bremmer attribue cette modification de la capacité métabolique de nos ancêtres à la consommation de fruits mȗrs tombés des arbres et dont la peau endommagée avait permis un contact avec les levures naturelles enclenchant ainsi le processus de fermentation. Ceci explique aussi pourquoi l’ ancêtre commun à la lignée des (gorilles, chimpanzés et éventuellement humain) et des Ourang Outans vivants il 16-21 millions d’ années était incapable de métaboliser l’alcool, l’Orang Outan ne se déplaçant jamais au sol.
Les anthropologues, peu enclin à s’engager sans preuves, salut l’ingéniosité du travail de Bremmer même s’ils préfèrent attendre l’étude de fossiles pour confirmer ses découvertes. . Mais, les fossiles, remontant à 10-60 millions d’années, ne courent pas les rues et ne se trouvent pas nécessairement sous les sabots d’un cheval.

Contrairement aux autres substances, comme le tabac, le corps humain a les capacités physiologico-chimiques pour traiter l’alcool. Il est donc moins exposé à ses dangers et peut métaboliser sans problème une consommation modérée de boissons alcooliques. Par contre, la consommation régulière d’alcool engendre l’activation du (des) gêne (s) de l’alcool chez l’être humain cette activation se transmet d’une génération à l’autre. Ce nouveau concept d’enclenchement génétique par l’environnement est récent et est appelé l’ épigénétique. C’est en tout point comparable aux fusibles dans une installation électrique. Enclencher un fusible ne vous donne pas nécessairement de la lumière. Il faut appuyer sur l’interrupteur. Donc même si vos antécédents ou votre environnement vous prédisposent à la consommation d’alcool (votre fusible est enclenché), vous n’allez pas nécessairement être un consommateur mais vous aurez une propension, une tendance naturelle à la consommation. Si vous ne devenez pas consommateur alors le gène peut se dé-enclencher (comme fusible) au fil du temps car le processus est réversible, aucun gène n’ayant été modifié dans la séquence de nucléotides qui le composent.
De quoi rassurer les addictologues ? Pas vraiment mais de quoi leur garantir une activité pérenne, certainement !!