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PAYS-BAS

DESCRIPTION DU PAYS

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Source: wikipedia.org
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LES PAYS-BAS VUS D’AILLEURS

LES PAYS-BAS sont un pays très bas comme son nom l’indique.1/3   du territoire est au-dessous du niveau de la mer.

Maîtres (presque) de l’eau salée et de l’eau douce depuis des siècles, depuis l’assèchement du 1er polder en 1612. Avec des moulins à vent, des petits fossés, des canaux, des lacs, puis des remblais, des petites digues, puis des digues pharaoniques face aux vagues, puis de colossales portes mobiles barrant des fleuves, ils ont fait reculer la mer, dompté les cours d’eau. Le plan Delta, système de protection contre la mer, » l’une des Sept Merveilles du monde moderne », fut achevé en 1997, après 47 ans de travaux. Ils ont gagné : aujourd’hui 17 % du territoire sont des polders, Amsterdam la ville plus peuplée est organisée autour d’innombrables canaux. La superficie totale des Pays-Bas est de 41 526 km² (½ de l’Aquitaine).

            Maîtres longtemps d’un vaste empire colonial, ils possédaient  le Surinam et les Antilles néerlandaises, mais surtout  en Asie  les Indes orientales néerlandaises (actuelle Indonésie). A partir de 1602 la Compagnie hollandaise des Indes orientales (VOC) va contrôler aux Moluques (d’abord comptoir colonial portugais), le commerce des fameuses épices, produits précieux à l’époque (poivre, quinquina,  caoutchouc,  noix de coco,  thé,  sucre,  café, huile..). Au  détriment des populations locales massacrées ou réduites en esclavage. Au XX° la décolonisation fut brutale et sanglante, Sukarno (Soekarno) et les nationalistes voulaient l’indépendance mais la guerre commence en 1945 avec les Néerlandais, Australiens, Britanniques et Américains qui ont débarqué à Java, en effet les Pays-Bas voulaient récupérer leur colonie, abandonnée lors de l’invasion par les Japonais en 1942. La guerre s’achève en 1949 sous la forte pression des Etats-Unis. Car la Guerre Froide rode en Asie avec l’arrivée des communistes au pouvoir en Chine..

Au siècle précédent, en 1805 les Britanniques avaient annexé la colonie hollandaise du Cap de Bonne Espérance, où  la VOC  s’était installée comme base de réapprovisionnement vers l’Asie. Les  colons hollandais (les Boers)   entamèrent alors  le Grand Trek, un exode vers l’intérieur du pays pour rejoindre le Natal. Ils furent enfermés dans des camps de concentration, décimés et soumis par les Anglais au cours des deux féroces « Guerres des Boers ».  

             Maître longtemps du commerce maritime, Rotterdam fut le premier port mondial au débouché du vaste et riche hinterland européen avec l’Allemagne dont  il est relié par le Rhin. Depuis l’essor récent de la puissance chinoise il est  7° ou 8° derrière les ports asiatiques mais reste le premier port européen.

                 Au XVI ° siècle, Menno Simon néerlandais,  fonda le mouvement qui porte son nom, un mouvement chrétien anabaptiste évangélique issu de la Réforme radicale. Les Mennonites sont des chrétiens qui prônent le baptême à l’âge adulte et la non-violence. Ils étaient 6 % de la population du pays en 1700, aujourd’hui, 0,06 %.  Présents en Prusse, persécutés, ils gagnèrent au XX°siècle la Russie puis par la Sibérie, la Chine, gagnent l’Amérique. On  aujourd’hui retrouve ces groupes au mode de vie  très austère  principalement sur le territoire américain : Paraguay, Bolivie, Uruguay. (Les Amish plus connus vivent eux aux EU).

                  Des philosophes et des humanistes très illustres sont nés dans ce pays, Baruch Spinoza à Amsterdam, Érasme  à Rotterdam, et Descartes  choisit de résider  à  Amsterdam  de 1629 à 1635…

  Les Néerlandais sont réputés tolérants, progressistes, novateurs : abolition de la peine de mort en 1870, droit de vote des femmes en 1917, décriminalisation précoce de  l’avortement, la prostitution, l’euthanasie, ainsi que certaines drogues. Dans les années 60 des jeunes, les « Provos » organisèrent un mouvement de protestation et de propositions, écologistes bien avant l’heure, anarchistes, féministes, très critiques face à la société, inventifs, a priori non violents….

                   Les Pays Bas, malgré leur petit territoire sont une puissance économique, des firmes puissantes y sont nées : Unilever, Philips, Schell, ING, Unilever, Heineken, Azko (chimie), et ASML qui règne en maître sur la fabrication des machines pour les fabricants de semi-conducteurs. Et des Néerlandais réalisent actuellement les Palm Islands à Dubaï. Mais l’ONG Oxfam classe ce pays « troisième pire paradis fiscal » après les Bermudes et les îles Caïman. Parmi les entreprises américaines soupçonnées d’en profiter :  Netflix, Starbucks, Caterpillar, General Electric, Heinz, Nike, Tesla et Uber.

                  Restés neutres durant la Première Guerre mondiale et du côté des Alliés en 39-45, les Pays-Bas signèrent en 1945 avec la Belgique et le Luxembourg le traité économique d’union douanière du Benelux. Puis ils devinrent l’un des membres du Marché commun ancêtre de l’UE, ils appartiennent à l’OCDE et à l’OMC. Ils sont membres de l’OTAN.

                Leur pays est petit par la taille mais les Néerlandais sont les plus grands humains de la planète, la moyenne des hommes est de 182,53 cm, celle des femmes 168,72 cm.

                De très grands peintres   depuis des siècles nous ont légué leur vision du monde : Jan van Eyck, Jérôme Bosch,  Rubens, Rembrandt, Vermeer, Vincent van Gogh.

              Le nom de Provinces-Unies fut donné aux Sept Provinces du nord des Pays Bas espagnols, qui étaient un morceau de l’empire de Charles Quint, espagnol et catholique, qui firent sécession en 1581. Leurs habitants favorables à la Réforme (= protestants), se rebellèrent, les Provinces- Unies étaient nées. Au passage, la couleur orange encore aujourd’hui portée par les équipes sportives, rend hommage à Guillaume d’Orange Nassau et son armée, les Orangistes qui libérèrent le  pays des Espagnols, au XVIe siècle. Encore une synecdoque, les Français disent Hollande  pour les Pays-Bas qui comptent  12 provinces.

                 Anne Frank adolescente allemande dont la famille avait quitté Francfort 1933, mourut début 1945 dans le camp de concentration de Bergen-Belsen en Allemagne nazie, elle avait écrit un journal intime pendant les deux années où elle vivait cachée avec sa famille à Amsterdam, sous occupation allemande depuis  juillet 1942 dans un appartement secret. Son journal sera publié.

Van Gogh Autoportrait. Source: Domain Public

PRÉSENTATION DU PAYS VITICOLE

La vigne est cultivée aux Pays-Bas depuis l’époque romaine. Le premier enregistrement officiel date en fait de l’année 968, décrivant des vignobles dans et autour de Maastricht.

Jusqu’à récemment, les vins néerlandais n’étaient guère plus qu’une curiosité que l’on pouvait apprécier dans les provinces du sud des Pays-Bas. Mais depuis le début des années 1990, la production viticole s’est progressivement développée et le pays compte plus de 170 vignobles. Ces dernières années, la superficie plantée s’est étendue de 80 à 240 hectares. Des îles Wadden au nord-ouest à la Zélande au sud, les vignobles néerlandais produisent aujourd’hui environ un million de bouteilles par an. En raison des conditions climatiques et du sol, les deux tiers de la production de vin aux Pays-Bas sont des blancs. Les vins hollandais sont soient issus de cépages traditionnels ou nouveaux.

En 2019, il y avait plus de 170 vignobles aux Pays-Bas qui totalisaient une superficie d’environ 320 hectares. Ils se trouvent principalement dans le Limbourg et la Gueldre. Ils sont également situés dans le Brabant septentrional, la Zélande, la Hollande septentrionale,  l’Overijssel et la Drenthe. Il y a aussi neuf vignobles dans le nord, à Groningen et en Frise. La production totale de l’année record 2018 était de 1,25 million de bouteilles ou 9 500 hectolitres de vin. 

La plupart des vins sont cependant produits dans le sud du Limbourg : avec plus de 90 hectares, c’est la plus grande région viticole des Pays-Bas. Et l’ Achterhoek avec 38 hectares représente une part importante de la production. La Betuwe , la Veluwe et les environs de Groesbeek représentent chacun 12 à 15 hectares de viticulture.

HISTOIRE

Il n’existe pas de témoignages écrits ou d’artefacts convaincants de

l ‘existence de vignobles à l’époque romaine.

Les premiers témoignages de la viticulture dans le Limbourg, le Brabant et les Flandres ne remontent qu’au début du Moyen Âge. Les vignobles appartenaient le plus souvent aux monastères. Entre autres, l’abbaye Saint-Pierre de Gand possédait un vignoble en 815. Un document de 968 est souvent cité comme le plus ancien témoignage concernant le vin aux Pays-Bas, il indique que Gerberga, reine des Francs, a fait don de ses biens situés à Meerssen dans le Maasgouw à l’abbaye Saint-Rémy de Reims, avec toutes les régions qu’elle possédait : Klimmen (Limbourg), Lithoyen (Noord-Brabant), Herten (Limbourg) et Angleur (province de Liège en Belgique). Dans ce document, cependant, le mot vineis, vignobles, n’est mentionné qu’une seule fois sans indications précises de ces vignobles et de leur localisation.

Gerberge_de_Saxe
https://fr.wikipedia.org/

En 1411, il y avait 23 pressoirs publics dans la ville de Louvain, aujourd’hui en Belgique, et en 1473-1474, 10 000 hectolitres de vin local ont été transportés de venant cette ville du Brabant. À peu près à la même époque, il y avait aussi des vignobles dans ce qui est maintenant le territoire des Pays-Bas, à l’abri des murs d’un monastère ou d’un château, ou même à l’intérieur d’une ville. Il y avait donc des vignes autour des villes et des châteaux, mais peu de vignobles de taille significative « en plein champ ». Il existe encore de nombreux indices de vignobles dans l’actuelle province du Limbourg méridional des XIVe et XVe siècles. Plusieurs pentes abruptes exposées au sud étaient (et sont) bien adaptées à la viticulture. On reconnaît encore aujourd’hui certains vieux vignobles par la présence de petites terrasses.

Dans le sud des Pays-Bas (plus tard la Belgique et le sud du Limbourg) la production de vin a considérablement diminué après 1500 : la piquette acide et bon marché ne pouvant pas rivaliser avec les meilleurs vins de France et d’Europe du Sud.

Le vin était également cher par rapport à la bière qui, depuis le XIVe siècle, était préparée avec du houblon et était ainsi devenue plus facile à conserver et à transporter. Peu à peu, la bière s’imposa et devint la boisson du pays.

Il n’y a pratiquement aucune trace de vignobles cultivés à des fins commerciales sérieuses au nord des principaux fleuves des Pays-Bas datant d’avant le XXe siècle. À l’exception peut-être du vignoble de Simon van der Stel, qui devint plus tard gouverneur du Cap (Afrique du Sud), vers 1671 à Muiderberg, près d’Amsterdam mais on ne sait rien de la taille de ce vignoble qui pouvait être seulement de quelques pieds de vignes plantés autour de la propriété.

Source: https://fr.wikipedia.org/

Le Petit Âge Glaciaire était à son apogée à la fin du XVIe siècle et les conditions climatiques rendaient la viticulture difficile dans un pays aux limites marginales de la culture de la vigne.

Les guerres ne sont jamais propices au dynamisme d’un pays et la Guerre de Quatre-Vingts Ans, également appelée Révolte des Pays-Bas, et le soulèvement armé mené de 1568 à 1648 contre la monarchie espagnole par une partie des dix-sept provinces des Pays-Bas espagnols n’encouragèrent pas la viticulture déjà moribonde.

On accuse parfois Napoléon Bonaparte d’avoir donné le coup de grâce à la viticulture hollandaise au XVIIIe siècle, en effet pour protéger les agriculteurs français, il imposa un lourd droit d’accise sur la culture néerlandaise du raisin, qui du coup disparut pratiquement en conséquence. On voit mal comment ce petit pays viticole aurait pu faire de l’ombre à la viticulture française et Napoléon a toujours encouragé la plantation de vignes et la production de vin partout il y passait.

On ne possède pas d’indication sur les dommages causés par le phylloxera, mais ce n’est que sur les rives de la Meuse à Huy et à Liège que 150 à 200 hectares de vignes restèrent en production jusqu’au milieu du XIXe siècle. La reprise ne s’amorça que vers 1970. Les pionniers aux Pays-Bas se trouvaient principalement dans le sud du Limbourg.

Au début, il s’agissait d’initiatives modestes ; ce n’est que dans les années 90 que des vignobles de plus d’un hectare ont été plantés.

Les cépages choisis étaient ceux des pays voisins : l’Allemagne, le Luxembourg et le nord de la France avec le Müller-Thurgau, l’auxerrois et le pinot gris. En 1997, il y avait sept établissements vinicoles importants aux Pays-Bas, et en 2005, ce nombre était passé à 40.

Cette croissance formidable depuis le début du siècle a été rendue possible par l’avènement de variétés résistantes  au mildiou, qui mûrissent également deux à trois semaines plus tôt que les autres variétés.

Source: wikipedia.org

À partir de l’an 2000, la superficie du vignoble néerlandais a augmenté plus rapidement et, vers 2005, il y avait plus de vignobles situés au nord des fleuves Rhin et Meuse (qui divisent le pays en nord et sud) qu’au sud. Les provinces de Gueldre et d’Overijssel en particulier sont devenus des régions viticoles par excellence, en partie grâce aux subventions de l’Union Européenne destinées au renouveau rural. En 2014, 145 vignobles commerciaux, répartis dans tous les Pays-Bas de la Frise à la Zélande et du sud du Limbourg à Texel, ont produit 6 644 hectolitres de vin. C’est plus de 885 000 bouteilles. Au total, il y avait environ 250 hectares de vignes plantées en 2015, selon les chiffres de la Dutch Winemakers Guild. En 2017, chacune des provinces néerlandaises possède au moins un vignoble, exploité avec ou sans intention commerciale.

Chaque pays producteur de vin qui se respecte, organise un concours national des vins et les Pays-Bas ne font pas exception. C’est une affaire sérieuse menée selon les règles de l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin. Le concours national des vins est en fait international car il inclut la Belgique qui a adhéré en 2012 et il témoigne du dynamisme de l’industrie viticole des Pays-Bas.

CLIMAT ET SOLS

Les vents dominants viennent dans les Pays-Bas du sud-ouest, ce qui avec l’influence du Gulf Stream  provoquent un climat maritime doux, avec des étés modérément chauds et des hivers frais, et généralement une humidité élevée. Cela est particulièrement vrai à proximité du littoral néerlandais, où la différence de température entre l’été et l’hiver, ainsi qu’entre le jour et la nuit, est sensiblement plus faible que dans le sud-est du pays.

Les jours de gel (température maximale inférieure à 0 °C (32 °F)) se produisent généralement de décembre à février, avec quelques rares jours de glace avant ou après cette période.

Les journées chaudes—température maximale supérieure à 20 °C (68 °F) — ont lieu généralement d’avril à octobre, mais dans certaines régions du pays, elles peuvent également se produire en mars, voire parfois en novembre ou février (généralement pas à De Bilt, cependant). Les jours d’été—température maximale supérieure à 25 °C (77 °F) —sont généralement enregistrées à De Bilt de mai à septembre, les jours « tropicaux »—température maximale supérieure à 30 °C (86 °F)—sont rares et se produisent généralement seulement de juin à août.

Les précipitations tout au long de l’année sont réparties de manière relativement régulière chaque mois. Les mois d’été et d’automne ont tendance à recueillir un peu plus de précipitations que les autres mois, principalement en raison de l’intensité des précipitations plutôt que de la fréquence des jours de pluie (c’est surtout le cas en été où la foudre est également beaucoup plus fréquente).

Le nombre d’heures d’ensoleillement est affecté par la latitude, la durée du jour  qui varie entre d’à peine huit heures en décembre à près de 17 heures en juin. 

By Beck, et. al . https://commons.wikimedia.org/
SOURCE: reseachgate.com

RÉGIONS VITICOLES

RÉGIONS VITICOLES

Les  Pays-Bas possèdent environ 250 hectares de vignobles et chaque province néerlandaise posséde au  moins un vignoble, exploité avec ou sans intention commerciale. Il existe  6 Beschermde Oorsprongsbenaming (BOBs) équivalents de nos AOPs et 3 régions viticoles  ayant postulées pour obtenir le statut de BOB. Il existe aussi 6 BGAs,  Beschermde Geografische Aanduiding, l’équivalent des IGPs françaises, ce qui témoigne du dynamisme du pays avec une superficie relativement faible. Pour le détails des régions viticoles, cliquez sur le lien suivant: RÉGIONS VITICOLES DES PAYS-BAS

CÉPAGES

La culture de la vigne est principalement possible grâce au développement de nouvelles variétés plus résistantes aux maladies fongiques car relativement peu de pesticides peuvent être utilisés aux Pays-Bas. Ces variétés sont : johanniter, solaris, souvignier gris, cabernet blanc, cabernet cortis, pinotin et regent. Au sud, des cépages traditionnels comme le pinot blanc, l’auxerrois, le Müller Thurgau, le chardonnay et le pinot noir sont également plantés. Pour consulter le detail des cépages de Pays-Bas, cliquez sur le lien suivant: CÉPAGES PAYS-BAS

LÉGISLATION ET RÈGLEMENTATION

La «loi sur le vin» néerlandaise est celle de l’Union Européenne. Les dispositions applicables aux Pays-Bas sont décrites dans le «Règlement pour le vin et l’huile d’olive», qui est en vigueur depuis le 1er juillet 2014. L’Agence néerlandaise pour les entreprises rend le système opérationnel et procède, entre autres, à l’enregistrement des producteurs. De plus, le RVO publie les chiffres de production sur son site Internet. Sur la base de la réglementation européenne applicable aux produits régionaux, le vin produit aux Pays-Bas est divisé en trois groupes : le vin néerlandais, le vin avec indication géographique protégée (IGP) et le vin avec appellation d’origine protégée (AOP). Ces deux derniers sont également appelés «vins de qualité». Pour le détail de la règlementation viticole de Pays-Bas, cliquez sur le lien suivant: