RIOJA DOC

SOURCE: https://www.icex.es/ (Institut du commerce extérieur espagnol)
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SOURCE:  Jacqueline Uztarroz, collaboratrice de Terroirs du Monde Education terroirsdumondeeducation.com  VIA: Consejo Regulador

L’APPELLATION

L’appellation Rioja DO est une appellation de vins rouges secs et demi-secs  de vins blancs et rosés secs ou demi-secs élaborés dans les limites de l’appellation.

CARACTÉRISTIQUES GÉNÉRALES

Elle s’étend sur  62 620  hectares au centre nord de l’Espagne  sur trois provinces, La Rioja (42 687 Ha)  (2016, source: Rioja Wines), Álava (13 207) et Navarre (6 301 Ha).  Elle   produit 318 millions de litres de vin (2016) dont 90% sont des rouges. Elle tire son nom de deux mots ‘Río’ (rivière) et Oja, un affluent du fleuve l’Ebro. La Rioja  est l’une des grandes régions viticoles espagnoles et la seule avec le Priorat à avoir le statut de DOC en 1991 (Denominación de Origen Calificada).  Sur le plan économique, le vin représente 20 % du PIB de la région. La pratique viticole ancestrale et l’importance vitale du vin pour la région sont synonymes de dépendance envers sa durabilité. Les viticulteurs tirent donc pleinement parti des conditions naturelles décrites. Plus particulièrement, la spécialisation de la région dans le vieillissement des vins a eu pour effet que cette dernière présente l’une des concentrations les plus élevées au monde de fûts en chêne.

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SOURCE: ​https://www.riojawine.com/

HISTOIRE

​L’histoire ancienne nous apprend que la viticulture dans cette région date des Phéniciens ( XIII° siècle av. J.C ) et des Celtibères (VI°  siècle av. J.C.). De nombreux vestiges archéologiques, notamment des presses à vin et  des caves datant de l’époque romaine témoignent de l’influence de ce peuple sur la viticulture de la région.
Cette culture était encore bien présente au Moyen-Âge, grâce au monastère de San Millán de la Cogolla, où Gonzalo de Berceo, le premier poète hispanophone, fit l’éloge des vertus du vin dans son œuvre. Le commerce était à cette époque contrôlé par les moines émiliens. L’essor commercial des vins de la Rioja  s’est amorcé entre le Moyen-Âge et la Révolution française.
La création en 1787 de la Real Junta de Cosecheros (Conseil royal de cultivateurs de raisins) marque un autre tournant  important. Ce conseil a pour but de promouvoir la culture du raisin, d’améliorer la qualité du vin et de favoriser le commerce dans les régions du nord. La priorité était donc de construire et d’améliorer les routes et les ponts entre les communautés viticoles de la Rioja et Vitoria, ainsi qu’avec  le port de Santander.
L’histoire plus récente nous conte que l’essor de la région est due aux malheurs des Bordelais poussés à l’exode par l’oïdium et  le phylloxéra au XIXe  siècle, mais l’histoire contemporaine  nous enseigne que les années 1980 marquèrent une rupture assez radicale dans le style de vins  de cette région pour le  meilleur (souvent) et pour le pire parfois.

LES SOUS-RÉGIONS VITICOLES

Il faut bien comprendre que la région n’est pas homogène, elle s’étend sur 120 km sur les deux  berges du fleuve de l’ Ebro et elle est nichée  entre deux chaînes de montagnes. D’un point de vue géographique, topographique, climatique et viticole elle se divise en trois  parties,  la Rioja Alta, la Rioja Alavesa et la Rioja Baja (Rioja Orientale).

Il est tout aussi est important de situer la région dans un contexte géographique plus large et de la localiser par rapport aux océans, aux fleuves et à l’altitude des vignobles. La Rioja Alta  s’étend sur 18 000 hectares, dont une partie en terrasses, sur des sols alluvionnaires avec des dépôts ferrugineux de calcaire et d’argile. La région Alavesa,  s’étend sur 10 000 hectares de vignobles souvent en terrasses sur des sols limono-argileux. La Rioja Baja s’étend sur 15 000 hectares sur des sols d’origine alluvionnaire avec de l’argile, du calcaire et de l’argile ferrugineuse.

Avec ses deux cartes, on peut facilement comprendre que la Rioja Alta et la Rioja Alevesa à quelques encablures de l’océan Atlantique bénéficieront de son influence alors que  la Rioja Baja plus à l’est à l’intérieur des terres est plus exposée aux influences de la mer Méditerranée. L’altitude aussi est  un facteur important pour bien comprendre les vins de cette région.  Dans l’ensemble, la Rioja Alta et l’Alevesa sont plus hautes que la Rioja Baja, car situées plus proches  des monts Cantabriques même s’il y a des exceptions comme pour le domaine Herencia Remondo des Palacios dans la  Rioja Baja.   C’est  donc une Rioja très hétérogène dont il faut parler d’autant plus que la Rioja Baja est plus sèche que les deux autres régions. Jusqu’aux années 1980, les vins des deux Riojas les plus prestigieuses étaient bien lisibles. Les vins étaient peu extraits, avaient peu de couleur et passaient beaucoup de temps, sans doute trop,  en barriques américaines. La qualité des vins se mesurait à la longueur de leur élevage en bois et il était bien difficile parfois de faire la différence entre un Rioja  et un Pinot noir avec  l’âge. D’ailleurs il était de bon ton de mettre un exemple de ce style de vin dans un examen pour essayer de tromper le pauvre étudiant souvent incrédule. Mais la région, qui avait connu un immense succès avec des vins de ce style  décida de se reposer sur ses lauriers et les  vins devinrent moins intéressants pour des prix de plus en plus élevés. Le consommateur perdit patience d’autant plus que cette période coïncidait avec l’arrivée de nouveaux viticulteurs beaucoup moins attachés au style traditionnel. Tout cela au moment où le poids des critiques américains, qui privilégiaient un style de vin plus ample, plus extrait et plus boisé, se faisait de plus en  plus sentir.

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LE CHAI DE CVNE DANS LA REGION ALTA
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RIOJA BAJA
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SOURCE: https://www.riojawine.com/

UNE RÉGION À L’IDENTITÉ EN DANGER

De surcroît, l’émergence de la Ribera del Duero, comme une région viticole de première importance, allait accroître la pression sur la Rioja pour que soient élaborés des vins plus massifs  et plus conformes aux attentes des critiques et des consommateurs. Certains viticulteurs de la Rioja, continuèrent comme par le passé. D’autres changèrent de style sans tomber dans l’outrance de l’extraction et de l’élevage en barriques, d’autres enfin  se tournèrent naturellement vers la Rioja Baja pour faire des vins extraits et boisés.
​Pendant un temps, la région perdit son identité et on ne savait plus si l’on buvait du Rioja ou du Ribera car les vins  de la Rioja sont  aussi majoritairement élaborés avec du tempranillo comme ceux de la Ribera. Aujourd’hui, les différences se sont aplanies même si l’on trouve toujours les traditionalistes,  mâtinés d’un soupçon de modernisme avec CVNE, la Rioja Alta, Muga ou encore Murrieta. À l’autre extrême, les modernistes comme à Remírez de Ganuza et entre les deux  des domaines comme Artadi, Allende qui font sans doute aujourd’hui les meilleurs vins de la région. L’autre grand cépage de la région, la grenache fait un retour en force surtout dans les parties plus basses et dans la Rioja Orientale.

CLIMAT ET SOLS

Les vins produits à partir de raisins cultivés en Rioja Alta sont caractérisés par l’influence particulière du climat atlantique, qui leur confère un titre alcoométrique modéré et un corps présentant une acidité élevée. Ils sont de ce fait adaptés au vieillissement en fût. La région jouit de moins d’heures d’ensoleillement pendant le cycle de végétation que la région plus méridionale, couverte par l’appellation. Elle connaît également plus de précipitations, ce qui influe directement sur l’acidité du vin. Associés à la protection conférée par le massif de Cantabrie, ces facteurs renforcent les caractéristiques œnologiques décrites, qu’il s’agisse de vins seuls ou de vins coupés avec des vins issus d’autres régions.
En ce qui concerne la région de la Rioja Alavesa, la convergence des climats atlantique et méditerranéen se traduit dans les vins par un titre alcoométrique relativement plus élevé que dans ceux précités. Ces vins présentent également une acidité moindre et sont plus versatiles dans la mesure où ils sont propres tant à la consommation immédiate qu’au vieillissement. La protection conférée par le massif de Cantabrie, au nord, est encore plus importante. Le nombre d’heures d’ensoleillement est similaire à celui enregistré dans la Rioja Alta, tandis que les précipitations sont relativement moins fréquentes. En outre, la versatilité des vins les rend idéaux pour une utilisation dans la production de vins de coupage.
Enfin, pour ce qui est des vins de la région la plus méridionale, la Rioja Oriental, on observe moins de précipitations et un climat particulièrement méditerranéen, généralement caractérisé par un ensoleillement plus intense. Les vins présentent un titre alcoométrique et une puissance aromatique plus élevés et sont idéaux pour être coupés en vue de produire des vins destinés au vieillissement. Parallèlement, les conditions climatiques donnent lieu à des vins qui peuvent également être propres à une consommation plus immédiate.
L’analyse des sols couvre trois grands types. Tout d’abord, les sols argilo-calcaires situés dans la partie la plus au nord de la région couverte par l’appellation. Situés entre la Rioja Alavesa et la Rioja Alta, ils constituent la source élémentaire pour la viticulture. Ensuite, dans la Rioja Alta et dans la  Rioja Oriental, les sols alluviaux et les sols argileux riches en fer, qui permettent de produire des vins au corps moins prononcé que ceux cités plus haut.

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

​Municipalités des provinces de La Rioja, Navarra et Álava, indiquées dans le cahier des charges, qui sont regroupées en trois sous-zones: Rioja Alta, Rioja Baja et Rioja Alavesa,  El Ternero (enclave de Miranda de Ebro) et les vignobles de la commune de Lodosa situés sur la rive droite de l’Èbre.

 

Les vignobles situés dans la municipalité de Lodosa, sur la rive droite de l’Èbre, et inscrits au casier viticole du conseil à la date du 29 avril 1991 demeurent inscrits aussi longtemps qu’ils continuent d’exister.

Une modification apportée aux frontières des municipalités incluses dans la zone de production n’entraîne pas la suppression du casier viticole des vignobles qui y sont inscrits.

La zone de production comprend de plus petites entités géographiques désignées «viñedo singular» (vignoble unique). Elles sont plus petites qu’une municipalité et peuvent consister en une parcelle cadastrale unique ou en différentes parcelles. Les vignes doivent avoir au moins 35 ans.

Les vignobles situés dans la municipalité de Lodosa, sur la rive droite de l’Èbre, et inscrits au casier viticole du conseil à la date du 29 avril 1991 demeurent inscrits aussi longtemps qu’ils continuent d’exister.

Une modification apportée aux frontières des municipalités incluses dans la zone de production n’entraîne pas la suppression du casier viticole des vignobles qui y sont inscrits.

La zone de production comprend de plus petites entités géographiques désignées «viñedo singular» (vignoble unique). Elles sont plus petites qu’une municipalité et peuvent consister en une parcelle cadastrale unique ou en différentes parcelles. Les vignes doivent avoir au moins 35 ans. [1] 

Pour consulter la règlementation des«viñedo singular», clquez sur le lien suivant: LÉGISLATION ET RÉGLEMENTATION: RIOJA

[1] Les «vignobles uniques» reconnus sont définis à l’annexe de l’arrêté APA/816/2019 du 28 juin 2019 (BOE 181 du 30 juillet) (https://www.boe.es/boe/dias/2019/07/30/pdfs/BOE-A-2019-11186.pdf). dans l’annexe de l’arrêté APA/ 780/2020 du 3 août (BOE 214 du 8 août) (https://www.boe.es/boe/dias/2020/08/08/pdfs/BOE-A-2020-9446.pdf); dans l’annexe de l’arrêté APA/468/2021 du 5 mai (BOE 115 du 14 mai) (https://www.boe.es/boe/dias/2021/05/14/ pdfs/BOE-A-2021-8011.pdf); et dans le rectificatif de l’arrêté APA/468/2021 du 5 mai (BOE 137 du 9 juin) (https:// www.boe.es/boe/dias/2021/06/09/pdfs/BOE-A-2021-9611.pdf).

 

 

PRINCIPAUX CÉPAGES

grenache blanc, alarije – malvasía riojana, albillo mayor – turruntés sauvignon blanc, tempranillo, tempranillo blanc, verdejo, grenache rouge, chardonnay, macabeo – viura, maturana blanc , maturana rouge, mazuela graciano.

COMPOSITION DES ASSEMBLAGES

Proportion des cépages par types de vins :
ROUGE : Au minimum 95% de cépages rouges, s’il s’agit de raisins éraflés  et 85% s’il est entier.
BLANC : 100% raisin blanc. .
ROSÉ : Au moins 25% de raisin rouge . Le mélange facultatif des couleurs de raisin se fera après la vinification
Caractéristiques du raisin : Qualité saine et naturelle min : 11,5% vol. pour les rouges et 10,5% pour les blancs.

Rendement de transformation : Max. 70 l/100 kg de raisin. Variations annuelles possibles.

RENDEMENTS

 Cépages rouges
6 500 kilogrammes de raisin par hectare ou 45,5 hectolitres par hectare

Cépages blancs
9 000 kilogrammes de raisin par hectare ou 63 hectolitres par hectare

Cépages rouges pour vins «viñedo singular» [vignoble unique] 5 000 kilogrammes de raisin par hectare ou  32,5 hectolitres par hectare

Cépages blancs pour vins «viñedo singular» [vignoble unique] 6 922 kilogrammes de raisin par hectare ou 44,99 hectolitres par hectare

CARACTÉRISTIQUES OENOLOGIQUES

Photo– Le vignoble est considéré comme entrant en production dans son 4ème cycle végétatif (ou plus tôt, avec autorisation préalable).
Densité : min. 2 850-max 10 000 vignes / Ha
Taille / Systèmes de conduite : Verre traditionnel et variantes, Double corde, Tige et pouce, Corde simple ou unilatérale, Double Guyot (uniquement pour Chardonnay, Sauvignon blanc, Verdejo, Maturana blanca, Tempranillo blanco et Turruntés).
Charge maximale : 12 bourgeons/souche ; 16 pour les variétés blanches mentionnées et 14 pour le Grenache. Exceptions possibles.
Irrigation : Autorisée. Entre le 15 août et les vendanges exclusivement avec des systèmes localisés et une communication écrite 24 heures à l’avance ; arrosage avec permission; interdiction d’autres méthodes.

– «Lorsqu’il est fait référence aux noms des unités géographiques qui sont plus petites que la zone qui est à la base de l’appellation d’origine ou de l’indication géographique, le demandeur délimite avec précision la zone de l’unité géographique en question dans le cahier des charges du produit et le document unique.» Dans la mesure où la reconnaissance est matérialisée par un arrêté ministériel de diffusion publique dans le journal officiel espagnol (BOE), ces références sont précisément celles qui conviennent.

Dernière modification du cahier des charges : 15/01/2021

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EXPRIMÉ EN HECTARES PLANTÉS

RÉGLEMENTATION ET LÉGISLATION RIOJA: Cliquez sur le lien suivant: LÉGISLATION ET RÉGLEMENTATION: RIOJA

RIOJA: STATISTIQUES