
COTEAUX D’AIX-EN-PROVENCE AOP

L’APPELLATION
L’appellation Coteaux d’Aix-en-Provence est réservée aux vins secs tranquilles blancs, rouges ou rosés élaborés sur certaines communes des départements des Bouches-du-Rhône et du Var.
HISTOIRE
Comme pour l’ensemble provençal, la culture de la vigne dans la zone géographique est vieille de plus de 2 000 ans. Il semble que le vignoble aixois soit déjà très étendu dès le Ier siècle avant J.C.
Les Grecs, qui fondent Massilia (Marseille), introduisent, outre certains cépages comme l’ugni blanc B, la pratique de la taille de la vigne et du pressurage des raisins dans les environs de la cité phocéenne et permettent ainsi le développement d’une économie associée.
La vigne entre alors dans la trilogie agraire méditerranéenne, au coté de l’olivier et du blé.
Dès l’an 102 avant JC, Plutarque écrit que les vins d’Aix-en-Provence rendent la tâche de Marius plus ardue, car les Teutons « avaient le corps appesanti par l’excès de chère, mais le vin qu’ils avaient bu, en leur donnant plus de gaieté, ne leur avait inspiré que plus d’audace ».
La première phase de développement est liée à l’implantation romaine, l’organisation du commerce arrivant par la suite, au Moyen-Âge via les congrégations religieuses. L’influence du Roy René d’Anjou, Comte de Provence, conduit à un important développement de la notoriété des vins et, de fait, des surfaces en culture dès le XVème siècle.
Cette notoriété est confirmée dans le temps, comme en témoigne Roger DION qui cite, dans son « Histoire de la Vigne et du Vin en France », qu’en 1742, à l’occasion du passage de l’Infant Don Philippe et d’un ambassadeur ottoman, le corps de la ville d’Aix-en-Provence décide de revenir à l’ancien usage d’offrir exclusivement en pareille circonstance des vins du cru : « Ces vins devaient être de bonne qualité vu la réception d’hôtes de marque ».
La vigne se maintient et connaît même une seconde étape importante de son développement, à partir du milieu du XIXème siècle, avec l’accroissement des défrichements sur les pentes des collines.
Cette extension de la viticulture est également liée au développement des relations commerciales avec les Antilles, à partir du port de Marseille, et même de celui de La Ciotat. La politique de libre échange inaugurée par le second empire accentue cette tendance.
Le vignoble n’a cependant pas échappé à la crise du phylloxera mais, son histoire, sa notoriété, une communauté vigneronne forte, ont permis une reconquête rapide de l’outil de production et le maintien des usages anciens.
L’appellation d’origine vin délimité de qualité supérieure est reconnue le 23 janvier 1956.
Par décret du 24 décembre 1985, l’appellation d’origine contrôlée « Coteaux d’Aix- en-Provence » vient couronner les efforts qualitatifs et la persévérance des producteurs et de cette communauté.
Le vignoble, en 2009, couvre plus de 4100 hectares (10 140 acres) pour une production moyenne annuelle de 195000 hectolitres (5,15 M d’US gallons) que se partagent 12 caves coopératives et 70 domaines particuliers.
CLIMAT ET SOLS
La zone géographique correspond essentiellement à la partie occidentale de la basse Provence calcaire et s’étend de la Durance, au nord, à la mer Méditerranée, au sud, et de la vallée du Rhône, à l’ouest, à la montagne Sainte-Victoire, à l’est. Elle est précisément délimitée au sein de 47 communes du département des Bouches-du-Rhône et de 2 communes du département du Var.
Trois chaînes montagneuses, érodées, s’allongent d’est en ouest : la chaîne de la Nerthe (ou de l’Estaque), au sud de l’étang de Berre, la chaîne de la Fare, au centre, le chaînon des Costes et son prolongement, le horst de Vernegues, au nord.
Entre ces chaînes s’étendent des bassins sédimentaires : le bassin de Vitrolles, le bassin de La Touloubre et enfin celui de la basse Durance, au nord, de Pelissanne à Rognes.
Enfin les chaînons calcaires marneux de la Trevaresse et celui d’Eguilles résultent de la surrection d’une ancienne dépression nord-sud, de la ville d’Aix-en-Provence jusqu’à la Durance.
La zone géographique bénéficie d’un bel ensoleillement annuel de 2 900 heures au sein d’un climat de type méditerranéen. Elle est également soumise aux effets du mistral, vent froid et sec, particulièrement fréquent au mois d’avril.
La pluviométrie annuelle, qui oscille entre 550 millimètres et 680 millimètres (21,7 et 26,8 po), est répartie de façon irrégulière sur l’année, essentiellement concentrée pendant le printemps et l’automne.
L’activité viticole se localise, soit sur des formations marno-calcaires donnant des sols caillouteux à matrice argilo-limoneuse, soit sur des formations de molasse et de grés avec des sols très sableux ou sablo-limoneux caillouteux.
Malgré son étagement du littoral au nord de la montagne Sainte-Victoire, le paysage possède une unité d’ensemble, liée à sa morphologie caractéristique faite d’une succession de petits massifs et de zones dépressionnaires où se distribuent des formations lithologiques et des sols comparables. Les massifs de calcaire compact présentent de larges affleurements rocheux mêlés de sols très caillouteux et peu profonds, domaine des taillis, des garrigues et de boisements de résineux.
DÉLIMITATION DE L’APPELLATION
La récolte des raisins, la vinification et l’élaboration des vins sont assurées sur le territoire des communes suivantes sur la base du code officiel géographique de l’année 2019 :
— dans le département des Bouches-du-Rhône : Aix-en-Provence, Alleins, Aurons, La Barben, Les Baux-de-Provence, Berre-l’Etang, Charleval, Châteauneuf-les-Martigues, Cornillon-Confoux, Coudoux, Eguilles, Ensuès-la-Redonne, Eygalières, Eyguières, La Fare-les-Oliviers, Fontvielle, Gignac-la-Nerthe, Istres, Jouques, Lamanon, Lambesc, Lançon- Provence, Mallemort, Martigues, Maussane-les-Alpilles, Meyrargues, Mouriès, Paradou, Pelissanne, Peyrolles-en- Provence, Port-de-Bouc, Le Puy-Sainte-Réparade, Rognac, Rognes, Saint-Cannat, Saint-Chamas, Saint-Estève-Janson, Saint-Etienne-du-Grès, Saint-Marc-Jaumegarde, Saint-Mitre-les-Remparts, Saint-Rémy-de-Provence, Salon-de- Provence, Vauvenargues, Velaux, Venelles, Ventabren, Vernègues ;
— dans le département du Var : Artigues, Rians.

DÉROGATION SUR LA DÉLIMITATION DE L’APPELLATION
L’aire de proximité immédiate, définie par dérogation pour la vinification et l’élaboration des vins, est constituée par le territoire des communes suivantes, sur la base du code officiel géographique de l’année 2019 :
— dans le département des Bouches-du-Rhône : Arles, Aureille, Beaurecueil, Bouc-Bel-Air, Cabriès, Carry-le-Rouet, Eyragues, Fos-sur-Mer, Gardanne, Grans, Maillane, Meyreuil, Miramas, Mollégès, Noves, Orgon, Les Pennes- Mirabeau, La Roque-d’Anthéron, Marignane, Le Rove, Saint-Antonin-sur-Bayon, Saint-Martin-de-Crau, Saint-Paul- les-Durance, Sausset-les-Pins, Sénas, Tarascon, Le Tholonet, Vitrolles ;
— dans le département du Var : Esparron, Ollières.
PRINCIPAUX CÉPAGES
ugni blanc B , cinsaut N – cinsault, counoise N, grenache N, mourvèdre N – monastrell, syrah N – Shiraz ,vermentino B – rolle clairette B, grenache blanc B, sauvignon B – sauvignon blanc
a) – Les vins rouges et rosés sont issus des cépages suivants :
– cépages principaux : cinsaut N, counoise N, grenache N, mourvèdre N et syrah N ;
– cépages accessoires : cabernet-sauvignon N et carignan N. , caladoc noir N
b) – Les vins blancs sont issus des cépages suivants :
– cépage principal : vermentino B ;
– cépages complémentaires : clairette B, grenache B, sauvignon B et ugni blanc B ;
– cépages accessoires : bourboulenc B et sémillon B.
variété secondaire caladoc noir N. a été intégrée dans la liste des cépages autorisés pour la production des vins rouges et rosés Cet ajout de la variété caladoc N. fait suite aux travaux d’expérimentation conduits sur les millésimes 2005 à 2017. Modification du 13/03/2020.
– Les vins sont issus de l’assemblage d’au mois 2 cépages dont au moins un des cépages principaux ; – La proportion de l’encépagement principal est supérieure ou égale à 50 % de l’assemblage.
RENDEMENTS MAXIMAUX
60 hectolitres par hectare
CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES

— Pour l’élaboration des vins rosés, l’utilisation des charbons à usage œnologique est autorisée pour les moûts et vins nouveaux encore en fermentation issus de presse, dans la limite de 20 % du volume de vins rosés élaborés par le vinificateur concerné, pour la récolte considérée et à une dose maximale de 60 grammes par hectolitre.
— L’utilisation des copeaux de bois est interdite.
CARACTÉRISTIQUES VITICOLES
— Chaque pied dispose d’une superficie maximale de 2,5 mètres carrés. Cette superficie est obtenue en multipliant les distances d’inter-rang et d’espacement entre les pieds.
— L’écartement entre les rangs est inférieur ou égal à 2,5 mètres et l’écartement entre les pieds sur un même rang est supérieur ou égal à 0,8 mètre.
— Les vignes sont taillées en taille courte(conduite en gobelet ou cordon de Royat).Chaque pied porte au maximum 8 coursons à un ou 2 yeux francs.
— Les cépages cabernet-sauvignon N, sauvignon B, sémillon B et syrah N peuvent être taillés en taille Guyot avec 8 yeux francs au plus par pied.
— L’irrigation peut être autorisée, conformément aux dispositions de l’article D. 645-5 du code rural et de la pêche maritime.
AUTRES CARACTÉRISTIQUES
L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser l’unité géographique plus grande «Vin de Provence ».
Les dimensions des caractères de cette unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, à celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.
Dernière modification du cahier des charges : 13 mars 2020

