
VIGNOBLES DU BUGEY
PRÉSENTATION GÉNÉRALE DE LA RÉGION VITICOLE
Le vignoble du Bugey est situé au sud du département de l’Ain, entre le Jura au nord, la Savoie et la Haute-Savoie à l’est. Dans un paysage de petites montagnes accidentées recouvert de forêts et de prairies, le vignoble dispersé en îlots occupe la base des versants pentus les mieux exposés des chaînons méridionaux du massif du Jura. Il est implanté à une altitude qui varie entre 200 et 550 mètres. Dans la région de Belley, il s’éparpille des contreforts de la montagne du Grand Colombier jusqu’aux collines qui bordent la rive droite du Rhône. On peut produire des vins AOC Bugey dans 68 communes du département de l’Ain.
Le vignoble s’étend sur 470 hectares (1 160 acres) et produit 24 000 hectolitres (634 000 US gallons) de vin blanc, rosé et rouge et 60% de la production sont des vins effervescents.
On recense 70 explorations viticoles et il n’y a pas de coopératives. 30% des surfaces viticoles sont en agriculture biologique et 34% certifiées HVE (Haute Valeur Environnementale).
HISTOIRE
Certains historiens pensent que le vignoble existait en Gaule avant la conquête romaine. Peu d’écrits mentionnent la culture de la vigne jusqu’au Moyen Âge, hormis les vignobles des abbayes : Thézillieu, Ambronay et Manicle. Les surfaces viticoles atteignirent leur apogée aux environs de 1870. À cette date, certaines sources recensent 20 000 hectares dans l’Ain, dont 7 000 dans le Bugey. Puis le phylloxéra ravage les rangs. Le vignoble est gravement touché et décline pendant plusieurs décennies. La vigne se replie petit à petit, certes dans les meilleurs terroirs dans le Bugey et risque de disparaître totalement. Vers 1950, le colonel François Brillat-Savarin s’étonne qu’il n’y ait pas d’appellation pour les vins de la région. C’est le début d’une prise de conscience. Quelques personnalités bugistes lancent le projet de création d’un syndicat des vins. Il voit le jour le 4 avril 1955. Sa vocation : obtenir l’appellation d’origine.
En juillet 1955, la Fédération des V.D.Q.S. (vins délimités de qualité supérieure) accepte le classement du Bugey. L’espoir renaît. Mais Il reste encore beaucoup de travail à accomplir en raison du grand nombre de communes, de la diversité des terroirs, des altitudes et des expositions. Le premier arrêté de classement en VDQS ne paraît au journal officiel qu’en juillet 1958. Cela encourage une partie des paysans, auparavant majoritairement en polyculture, à continuer à se spécialiser en viticulture. Sans la création du syndicat puis de l’appellation, la vigne aurait probablement disparu dans le Bugey. Elle ouvre la voie à la reconstitution du vignoble. Celle-ci est lente. L’aire de l’appellation, très vaste, englobe 58 communes dans l’arrêté de 1963, puis 65. C’est un vignoble d’îlots comme le montre la carte. Parallèlement l’encépagement se simplifie. En 1920, le gastronome Curnonsky célébrait la perfection de la cuisine de Bresse et du Bugey. Il y avait une foule de cépages avec beaucoup d’hybrides. Les difficultés de ventes incitèrent quelques personnalités du monde viticole à réfléchir sur les possibilités de donner une orientation nouvelle au vignoble. Des concours de vin avaient démontré qu’on trouvait d’excellentes cuvées chez ceux qui avaient su conserver de bons cépages. En 1972, les viticulteurs du Bugey déposent une première demande visant à obtenir l’AOC. C’est un échec car elle est prématurée. Pendant toute cette période, la spécialisation des exploitations progresse : on replante en élimant certains cépages, notamment les hybrides. Quand les vignes entrent en production, l’agriculteur arrête d’autres productions, en particulier celle du lait, devenue incompatible avec le travail dans les vignes, à la cave et la vente des bouteilles. Il faut également investir dans les cuveries, les locaux pour stocker, et moderniser les outils de vinification. Une deuxième demande est déposée en 1987, étayée par un dossier étoffé. La commission d’experts se déplace en 1994 sur le terrain, afin d’évaluer les atouts et insuffisances du Bugey. La grande diversité de variétés de vignes et de vin freine l’avancée vers l’AOC. L’INAO exige par ailleurs un assemblage de cépages rouges pour les vins rouges. Or le syndicat s’oppose à cette excessive simplification. La surface et les volumes continuent de se développer : 5 845 Hl (154 408 US gallons) en 1973, 29 008 (766 310 US gallons) en 2000. Début 2002, la situation paraît bloquée. La réflexion avance pas à pas et le sur le cahier des charges s’étoffe.

La commission « d’enquête accession » revient en juillet 2008 et formule plusieurs recommandations qui sont prises en compte. L’INAO donne finalement à l’AOC Bugey son feu vert le 28 mai 2009 pour l’AOC. Parallèlement, le Syndicat des vins du Bugey est reconnu Organisme de Défense et de Gestion.
CLIMATS, TOPOGRAPHIE ET SOL
Le climat est océanique, avec des précipitations annuelles abondantes et régulières, de l’ordre de 1 100 millimètres (43,3 po) à 1 300 millimètres (51,2 po). La zone géographique reste cependant sous les influences méridionales et continentales : si les hivers sont longs et parfois rigoureux, la zone géographique connaît également des étés chauds.
Les sols sont toujours à dominante calcaire et très variés. Ils sont soit constitués d’éboulis au pied des collines et des falaises, soit d’origine glaciaire, argileux parfois graveleux.
Dans cette belle région accidentée appelée « Jura méridional » par les géographes, les vignes sont installées entre 220 et 550 m (720 et 1 805 pi) d’altitude. Le point culminant, le Grand Colombier
(1 509 m / 4 951 pi), livre un vaste panorama sur les Alpes, depuis la Suisse jusqu’au Dauphiné.
PRINCIPALES RÉGIONS VITICOLES
La région viticole est sous-divisée en 3 sous-régions distinctes :
1) Les coteaux autour de Cerdon et jusqu’aux portes de Bourg-en-Bresse (portes du Bugey et Revermont)
2) Les coteaux longeant la rive droite du Rhône de Izieu à Vaux-en-Bugey en passant par Montagnieu.
3) Les coteaux aux alentours de Belley (des portes du Valromey à Belley)

Source: Jacqueline Uztarroz, terroirsdumondeeducation.com


CÉPAGES PRINCIPAUX ET STYLES DE VIN
Depuis 2009, l’AOC « Bugey » est accordée, après agrément par un comité de dégustation, aux vins tranquilles blancs, rouges et rosés et aux vins mousseux ou pétillants blancs et rosés.
Les principaux cépages sont pour les blancs : chardonnay, l’altesse et pour les rouges, le gamay, le pinot noir et la mondeuse. Les cépages secondaires sont pour les rouges, le poulsard et pour les blancs : aligoté, mondeuse blanche, pinot gris, jacquère et molette.
LES AOPs DU BUGEY

On recense deux AOPs dans le Bugey. Le nom de l’appellation peut être complété par trois dénominations géographiques :
« Manicle » pour les vins tranquilles blancs et rouges
« Montagnieu » pour les vins tranquilles rouges, les vins mousseux ou pétillants blancs
« Cerdon » pour les vins mousseux rosés de type aromatique
Quant à l’AOC « Roussette du Bugey », elle est réservée aux vins blancs tranquilles issus du seul cépage altesse. Elle peut être complétée par les dénominations géographiques de « Montagnieu » ou « Virieu-le-Grand ».
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