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La renaissance du vignoble californien débute dans les années 1950 après le règne de la Prohibition qui dura deux décennies (1919-1939). La Guerre mondiale qui suivit cette période noire pour le vin et le vignoble californien allait prolonger l’agonie du vignoble pendant encore quelques années. Mais dans les années 1980, la viticulture californienne était de nouveau en en plein boom. Le jugement de Paris, dont nous avons longuement parlé dans certains des articles de ce blog, avait propulsé les vins californiens sur le devant de la scène internationale, ce qui avait fait décoller les exportations vers les principaux pays consommateurs. Tout semblait donc aller pour le mieux dans le meilleur des mondes pour cette industrie renaissante et pleine de promesses.
Ce pays, qui avait fourni la solution au plus grave désastre que le vignoble européen eut jamais connu dans la deuxième partie du XIX° ieme siècle, le phylloxéra, allait être lui -même être la victime de cet aphide insidieux et destructeur. Les Vitis américains, qui ont toujours cohabité avec le phylloxéra ont acquis une résistance quasi total à l’aphide contrairement au Vitis vinifera européen. On pensait donc que la viticulture californienne ne pouvait succomber à ce désastre.
En 1970, 70% du vignoble étaient alors plantés sur des porte greffes AxR1, un hybride entre l’amaron (Vitis vinifera ) et un Vitis rupestris. Cet hybride, développé fin du XIX°e siècle avait l’avantage d’être résistant à la sécheresse et à la chaux vive en plus d’être bien adapté aux conditions climatiques et géologiques de la Californie.
C’est en 1983, soit après une trentaine d’années d’utilisation, que l’on s’aperçut que cette souche n’était finalement pas résistante au phylloxera et en 1989, 5000 hectares de vignes contaminées avaient déjà été arrachés.
C’est la partie Vitis vinifera qui fut le tendon d’Achille de ce porte greffe et qui permit le développement d’une variante du phylloxera, appellé par les scientifiques type B pour le différencier du type A, résistant au phylloxera .
Dans les années 1990, la totalité du vignoble californien allait être replanté. Ce qui aurait pu être un catastrophe pour l’industrie viticole californienne fut, en fait, une sacrée aubaine. C’est ainsi que des cépages totalement inadaptés au terroir furent remplacés par les ‘bons’ cépages. Le riesling, le sémillon disparurent de la Napa qui devint presque exclusivement un terroir à cabernet sauvignon. La décade 1990 fut une décade somptueuse qualitativement avec seulement deux millésimes moyens (1993 et 1998). Les vins faits à partir de vignes jeunes bénéficièrent grandement de ces conditions. Aucune crise économique majeures ne vint perturber cette décade et les domaines absorbèrent la replantation sans sourcilier et sans ‘casse’ majeure.
La morale de cette histoire, quand même, et qui montre, encore une fois si besoin était, la véracité du proverbe: ‘ ce sont les cordonniers qui sont les plus mal chaussés’.

Merci d’avoir évoqué cette question, et d’avoir précisément cité les déboires causés par l’utilisation quasi-exclusive du porte-greffe ARG1 (Aramon x Rupestris Ganzin n°1).

Cependant, en rapport avec votre conclusion sur les « cordonniers les plus mal chaussés » (les américains chez qui nous avons découvert les vitis résistants aux piqûres des phylloxera), la vérité oblige à dire que c’est plutôt de leur entêtement qu’ils ont été victimes… Ingénieur agronome (Montpellier 1973), et ancien élève en viticulture de mes Maîtres successifs Jean Branas et Denis Boubals, je me souviens que ce dernier – fin connaisseur de la viticulture californienne – pestait déjà dans les années 1970 contre le refus des Américains à vouloir utiliser d’autres porte-greffes que l’ARG1 : nous Français savons depuis le début du XXe siècle que ce porte-greffe, comme tous les descendants de Vinifera x Rupestris, est insuffisamment résistant au phylloxera ; seule sa grande vigueur végétative, due au Rupestris, lui permet de « faire illusion » durant les premières années… Il aura fallu 30 ans, et la réalité des faits de mortalité, pour que les Californiens comprennent!… Certes – et comme souvent, de ce mal est sorti un bien, mais avouez qu’ils s’en seraient volontiers dispensé…

Tous mes voeux pour la poursuite de vos activités.

Meilleurs sentiments – Bernard Grandchamp

Par Ricardo Uztarroz & Claude Gilois ​
SALTA-CAFAYATE-ARGENTINE NORD

Longue de quelque 350 km à travers les premiers hauts contreforts orientaux de la cordillère andine, elle offre une variété de paysages à couper le souffle qui va de la luxuriance tropicale, à des champs à l’infini de cactus deux à trois fois plus hauts qu’un homme, à l’aridité lunaire sablonneuse en passant par une débauche minérale aux teintes passant du rose, à l’ocre, puis à toutes les variétés de gris. Surtout elle emprunte sur près de 200 km un tronçon de la mythique Ruta 40 (Route 40) qui est à ce pays sud-américain, aussi étendu que l’Inde(1) mais peuplé de seulement 45 millions d’habitants, ce qu’est la Road 66 aux Etats-Unis. Sur plus de 5 000 km, sous une chaleur de plomb, elle longe la chaîne des plus hauts sommets qui culminent souvent à près de 6 000 mètres, voire plus, et leurs neiges éternelles immaculées, entre la frontière avec la Bolivie et le cap Virgenes, à l’extrême sud la Patagonie, à l’entrée du détroit de Magellan, côté atlantique.



Cette Route 40 n’est en réalité la plupart du temps qu’une piste de terre battue et caillouteuse, à peine plus large que deux voitures, et parfois moins dans les parties escarpées à flanc de montage, surplombant un précipice à donner le vertige. Dès qu’on s’y engage, vous revient en mémoire des scènes du Salaire de la peur (2). Elle est aujourd’hui très prisée par les motards du monde entier amateurs de virées au long cours et d’émotions fortes. Si le mot oenotourisme est plutôt une invention américaine des années 80 dans la Napa Valley, le concept est lui bien français. En 1953, l’Alsace a créé la première route dite des vins. Elle s’étendait sur 170 km permettant de visiter les domaines du Haut et Bas Rhin. L’exemple ne fut pas suivi par les autres régions vinicoles. L’idée a été remise au goût du jour depuis une dizaine d’années notamment sous l’impulsion d’Andrée Deyrieux grâce à son magazine en ligne winetourisminfrance.fr. Sous le parrainage du ministère des Affaires étrangères vient d’être créé tout récemment un pôle d’excellence dont la fonction sera de coordonner tous les acteurs du secteur. Désormais, les autorités françaises et la profession prennent l’affaire très au sérieux, voyant dans cette forme de tourisme la possibilité d’attirer une catégorie aisée de visiteurs étrangers. Est-ce que cette impulsion sera-t-elle suffisante pour le combler le retard qu’a pris paradoxalement la France, premier pays vinicole du monde qui aurait dû être à la pointe dans ce domaine ? Mais ceci est un autre sujet.

200 KMS SUR LA RUTA 40 À COUPER LE SOUFFLE ET A EN AVOIR PLEIN LES MIRETTES

Le jeune loueur de voitures, à la dégaine, forcément puisqu’on était en Argentine, de danseur de tango avec ses cheveux de geai gominés peignés en arrière, engoncé dans un étriqué costume bleu-nuit, cambré comme un torero s’apprêtant à donner l’estocade fatale au toro, en resta tout estomaqué, comme s’il avait encaissé un coup en plein plexus solaire. Son sourire commercial se mua en un fugitif rictus exprimant un soudain désarroi avant de refaire prestement bonne figure comme l’y contraignaient les obligations de sa tâche. Il venait de remettre avec obséquiosité la clé du véhicule accompagnée du contrat de location glissé dans une enveloppe aux deux Singes en hiver, tignasse et barbe blanches, avachis sur leur chaise de l’autre côté du bureau, qu’il avait fait poireauter deux bonnes heures dans un aéroport sans âme qui vive. Depuis deux jours tous les vols en provenance ou à destination de Buenos Aires étaient annulés. La Pampa était en flamme. Comme chaque automne, les grands éleveurs avaient allumé pour fertiliser les pâturages de leurs haciendas dont les plus petites font 10 000 hectares, de gigantesques brûlis qui avaient échappé à leur contrôle, les pluies qui les éteignaient habituellement n’ayant pas été au rendez-vous cette année-là. La capitale argentine baignait dans un épais smog crépusculaire qui obligeait les automobilistes à allumer leurs phares en plein jour et avait semé une incommensurable pagaille dans le trafic aérien. Les autorités avaient même envisagé de distribuer des masques à gaz aux enfants et aux vieillards. Le seul vol attendu ce jour-là à Salta, capitale éponyme de cette province des confins nord-ouest du pays, était l’avion de 22 heures de Santa-Cruz de la Sierra, poumon économique de la Bolivie. Faute de chalands, boutiques et la cafeteria avaient tiré leurs rideaux. Sur la porte vitrée de l’agence de location de voitures, un panneau invitait un très hypothétique client à appeler un portable. Il avait fallu aux Singes un nombre incalculable d’appels avant que le jeune loueur se décide à apparaître. On était à la mi-journée. Au premier appel, il avait dit : «Venez au centre-ville » Il lui fut répondu : « On veut bien mais y a pas de taxi et celui qui nous a déposé est reparti ». Ensuite aux autres appels, la réponse était immuable : « J’arrive de suite » En espagnol sud-américain « de suite » signifie qu’on ne va surtout pas se presser car à quoi bon se presser puisque le temps ce n’est que du temps. Bref « de suite » est synonyme de « patience ». Finalement, quand il remit la clé du véhicule, « le dernier qui me reste, souligna-t-il », il accompagna son geste d’une question que lui dictait la courtoisie commerciale plus qu’une curiosité personnelle : « Alors, messieurs que comptez-vous visiter pendant votre séjour parmi nous. Ici, à Salta, la province la plus belle d’Argentine (sur ce point, il avait amplement raison), il y a une foultitude d’excursions à faire ? …. – Ben, nous allons à Cafayate visiter le vignoble, un des plus hauts du monde… Nous sommes dans le vin… On sélectionne pour le marché français les vins étrangers… – Très bien… C’est formidable, passionnant…Cafayate, par la route asphaltée, la 68, n’est qu’à deux heures. Il y a 150 km… Il y a des panoramas magnifiques tels que la Gorge du Diable… – C’est-à-dire, que nous nous comptons y aller par la 40… Il en resta coi, donnant soudain l’impression de vouloir reprendre la clé et déchirer le contrat. Dans son for intérieur, il s’était dit : « Merde, je viens de faire ma bourde de la journée. Au mieux, ces deux vieux vont me rendre une épave, au pire je devrais faire récupérer ce qui restera de la bagnole au fond d’un ravin. J’ai affaire à deux givrés séniles qui se prennent pour Indiana Jones… J’aurais dû m’en douter quand je les ai vus… » La qualité première du bon commercial est de ne pas laisser décontenancer par les incongruités des demandes des clients. Il se ressaisit promptement. « Permettez, dit-il sur un ton affable. Vous savez dans quel état elle est ? C’est une route de terre, caillouteuse, dangereuse par endroits… Elle monte à son point culminant à 4 900. On respire mal là-haut…. Elle est très étroite, très risquée. – Pas tant que ça, faut pas exagérer, lui répliqua un des deux Singes. Je l’ai faite il y a deux ans… avec ma femme et nous sommes toujours vivants. » Alors là, le jeune loueur s’est dit : « C’est plus grave que je l’imaginais… » Il reçut à cet instant un coup de fil salvateur qui lui épargna de répondre. « Votre voiture vient d’arriver… Elle est sur le parking, juste devant la porte du hall des arrivées ». Les deux Singes traversèrent le hall. La voiture était la seule sur le parking. C’était une petite cylindrée de marque japonaise, pas idéal pour le périple qui les attendait. A Suivre

1 – Sa population dépasse 1,2 milliard d’individus, soit 30 fois plus que celle de l’Argentine

2 – Roman de Georges Arnaud, publié en1950 et adapté en 1953 au cinéma par Henri-Georges Clouzot avec Yves Montant et Charles Vanel dans les deux principaux rôles.

Claude Gilois: http://www.terroirsdumondeeducation.com


​CRISPR-Cas9 OU CISEAUX MOLECULAIRES

CRISPR-Cas9 [1], c’est sous ce nom abscons et un peu barbare que l’on désigne cette technique révolutionnaire qui a fait l’objet d’une première publication dans la revue américaine ‘Science’ en 2012. Conceptuellement, les séquences CRISPR ne sont pas nouvelles et proviennent de la découverte de la capacité d’une bactérie à incorporer un fragment de l’ADN d ‘un virus dans son propre ADN. Si le virus[2] ayant le même génome se manifeste à nouveau, alors la bactérie produit une protéine, Cas9 et un petit ARN[3] qui guide la protéine vers le génome du virus et le coupe en morceaux. Le virus est ainsi détruit.

Depuis la sédentarisation humaine, l’être humain n’a pas de eu de cesse de croiser des variétés (animales et végétales) pour obtenir des caractéristiques avantageuses, pour produire des plantes et des animaux plus résistants, plus goûteux et aux meilleurs rendements. Ces croisements étaient empiriques et ne donnaient pas toujours des résultats intéressants car on ne connaissait rien de la générique.
Depuis 1980, il existe des techniques de biotechnologie qui permettent la manipulation du génome et d’insérer ou d’enlever des éléments génétiques mais ces techniques sont très compliquées à mettre en oeuvre tout en étant coûteuses avec une probabilité de succès somme toute assez faible. Depuis 2 000, sont arrivées un ensemble d’enzymes[4] qui agissent comme des ciseaux pour couper, faire entrer, faire sortir ou remplacer un gène à un endroit précis. La découverte d’une quatrième génération d’enzymes appelées CRISPR-Cas9[5] a constitué une véritable rupture. La seule chose requise est l’ARN guide pour aller chercher sur le génome l’endroit où les modifications doivent être faites. Il est particulièrement facile de générer de l’ARN avec des robots. L‘ARN est reconnue par la protéine Cas9 et elle scanne le génome. Dès que l’ARN guide trouve sa cible sur le génome, Cas9 coupe la molécule d’ADN. On peut alors manipuler le génome à sa guise en enlevant ou en modifiant un gène (mutation ou correction d’une mutation). Cas9 peut aussi intervenir si elle est couplée à la bonne enzyme dans le domaine de l’épigénie [6]. Elle pourra provoquer l’expression d’un gène ou l’éteindre. Cette technologie peut être qualifiée de révolutionnaire car elle fonctionne sur tous les organismes vivants, levures, plantes, mammifères, amphibiens et ne coute qu’une dizaine d’Euros et ne nécessite que 2 semaines de préparation. Avant cette technologie, pour modifier les gènes d’un organisme, il fallait 18 mois et cela coutait en 1 000 et 50 000 Euros et le taux d’échec était très élevé. Avec CRISPR-Cas9, tout est beaucoup plus simple car aucun acide nucléique [7] n’est introduit, seule l’enzyme (la protéine) est insérée et elle disparaitra par la suite ne laissant aucune trace de la modification.

IL Y A-IL UNE DIFFÉRENCE ENTRE CRISPR-Cas9 ET LES OGMs (ORGANISMES GÉNTIQUEMENT MODIFIÉS) ?

L’ Union Européenne ne s’est pas encore prononcée sur ce sujet et on attend son rapport en 2016. La plupart des Etats membres pensent que cette technologie s’appare aux OGMs. Pourtant au plan scientifique, les deux technologies diffèrent sur un point fondamental. Les technologies OGMs occasionnent des modifications grossières du génome avec du matériel génétique qui provient quasi systématiquement d ‘espèces différentes alors que la technique CRISPR-Cas9 utilise la plupart du temps du matériel génétique de la même espèce même si cette technique laisse la porte ouverte à l’utilisation d’enzymes d’autres espèces. On a utilisé un ‘canon à gènes’ pour créer le maïs transgénique Monsanto MON 810 pour introduire le transgène dans l’organisme de la plante. Une fois la plante bombardée, on teste alors les résultats en la cultivant pour voir si le transgène a causé les modifications voulues. On recommence le processus jusqu’à ce que les résultats désirés soient obtenus. La technologie CRISPR-Cas9 permet de modifier d’une manière très précise les gènes que l’on veut et avec une spécificité [8] qui atteint aujourd’hui 99% et qui en progrès constant. Avec CRISPR-Cas9, les effets hors cible (non intentionnels) [9] sont beaucoup pus limités car, auparavant, l’ ADN était coupé deux fois ce n’est plus le cas avec la nouvelle mutation du CAS9 et l’utilisation deux ARNs.
Si la technologie OGM a largement échoué en Europe, c’est à cause de ce sacro-saint principe d’équivalent en substance qui considérait qu’une plante transgénique était équivalente à la plante d’origine. Soit l’union Européenne classe Crispr-Cas9 comme un OGM et elle échappe à tout contrôle scientifique et législatif mais l’acceptabilité risque de poser les mêmes problèmes que pour le maïs Monsanto MON 810 et les autres OGMs. Soit l’Union Européenne la classe comme une substance chimique et la législation est beaucoup plus contraignante car la substance rentre alors dans le champ du contrôle ‘REACh’ [10] de l’Union Européenne. Jamais les OGMs n’auraient dû obtenir le principe d’équivalent en substance sans une évaluation scientifique et un contrôle citoyen rigoureux au travers d’une représentation politique responsable pour empêcher les multinationales de tenter de s’accaparer du vivant et de le breveter avec leurs découvertes. C’est à Crispr-Cas9 qu’il aurait fallu réserver le principe d’équivalent en substance quand les manipulations génétiques ne se font pas avec un transgène extérieur à l’espèce comme pour les OGMs mais avec du matériel génétique de l’espèce elle-même. Le brevetage du vivant avec CRISPR-Cas9 ne semble donc pas possible quand le matériel de l’espèce génétique à modifier provient de la même espèce. Par contre, si on prend un gène qui code pour une enzyme et que l’on veut modifier sa fonction pour produire autre chose que ce qu’elle est censée produire, alors le brevetage peut se justifier. De plus, dès lors que la découverte de CRISPR-Cas9 est le fruit d’une recherche fondamentale et non de la recherche appliquée contrairement au MON 810, les risques de brevetage par des sociétés de biotechnologie devaient limiter les tentatives de s’accaparer le vivant.



QUELS SONT LES CHAMPS D’APPLICATION DE CETTE TECHNOLOGIE ?

Ils sont vastes et les applications les plus importantes se feront sans aucun doute en médecine si on arrive à augmenter la spécificité de la technique à 100%, ce qui est aujourd’hui tout à fait envisageable. Pour l’agriculture, l’utilisation de CRISPR-Cas9 est d‘ores et déjà en cours car une probabilité de 99% de réussite est amplement suffisante dans cette discipline. Le 1% de déchets peuvent être facilement identifiés et éliminés. L ‘INRA effectue des recherches depuis 35 sur une variété sauvage de Vitis vinifera, la muscadine. Jusqu’ici et après une vingtaine années de croisements, la résistance a été incorporée à un cépage. Avec la technique CRISPR-Cas9, on peut s’attendre un développement beaucoup plus rapide de variétés résistantes au mildiou et à l’oïdium et même aux maladies du bois (eutypiose, esca et le black dead arm) pour tous les cépages sans en modifier leurs caractéristiques organoleptiques. Il sera sans doute aussi possible de créer des plantes résistantes au phylloxera sans avoir recours au greffage sur souches américaines. Les techniques d’hybridation et le développement de techniques évanescentes comme la Sélection Assistée par Marqueurs[11] dont j’ai parlées dans ce blog pourraient devenir rapidement obsolètes.

Cela devrait permettre une réduction massive des intrants chimiques ainsi qu’une réduction ou un abandon de traitement préventif au sulfate de cuivre dans l’agriculture biologique car cette substance est connue pour sa toxicité sur les amphibiens.
Ce sera sans doute une arme décisive contre le réchauffement climatique car on devrait pouvoir développer des ceps plus résistants à la sècheresse et à la chaleur.

Mais attention, à ne pas répéter les mêmes erreurs que celles commises lors de l’introduction des OGMs en Europe et du mais MON 810 car on pourrait bien voir une nouvelle levée de boucliers comme ce fut le cas il y a quelques années.

[1] ‘Clustered Regularly Interspaced Short Palindromic Repeats’ ou Courtes Séquences Palindromiques répétées, groupées et régulièrement espacées.

[2] Aussi appelé phage.
[3] ARN, Acide ribonucléique: Molécule qui transporte l’information contenue dans le patrimoine génétique (ADN) jusqu’aux ribosomes qui sont chargés de la « traduire » en protéines ayant des fonctions précises.

[4] Ces enzymes ont des protéines qui ont deux parties importantes, la nucléase (ciseaux) et une autre partie qui lit d’ADN.
[5] On attend 3000 publications sur ce sujet en 2016.
[6] Les différentes manières dont les gènes peuvent se manifester sans que la séquence de nucléotides de l’ ADN soit affectée
[7] Terme désignant une substance constituée d’un enchaînement linéaire de nucléotides, l’élément de base d’un acide nucléique tel que l’ADN ou l’ARN.
[8] 99% de chance que la coupe se fasse là où on le désire.
[9] Non voulus.

[10] Système de contrôle de l’Union Européenne des substances chimiques qui porte sur génotoxicité, toxicité par administration répétée, toxicité pour le développement prénatal, toxicité pour la reproduction, cancérogénicité, toxicité aquatique à long terme, biodégradation et bioaccumulation.
[11] Elle consiste à repérer des gènes marqueurs dont la présence dans une plante peut être rapidement observée. Ces gènes permettent ensuite de faciliter la pratique des rétrocroisements, de mieux connaître le potentiel génétique de la plante ou encore de mieux prédire le résultat d’un croisement. Source Wikipédia.

Could Gene Editing Create More Disease-Resistant Grape Varieties?: https://daily.sevenfifty.com/could-gene-editing-create-more-disease-resistant-grape-varieties/ . ATTENTION. Si vous cliquez sur lien, vous sortez du site.