Vistalba est une région bien connue de Luján de Cuyo à Mendoza. Mais jusqu’à présent, personne d’autre que Bodega Vistalba ne pouvait utiliser la dénomination sur son étiquette de vin.

Le propriétaire et fondateur de Bodega Vistalba, Carlos Pulenta, a décidé  de renoncer à l’exclusivité de la marque qu’il avait hérité avec le domaine historique, pour le partager avec la région. Carlos Pulenta avait également lancé il y a deux ans un processus de demande d’appellation d’origine officielle pour la région, qui a reçu le sceau d’approbation du président de l’Institut national de la viticulture (INV) le 26 août 2022.

Bien que Bodega Vistalba conserve sa marque commerciale, des producteurs tels que Nieto Senetiner, De Angeles, Fabre Montmayou et Kaiken pourront désormais embouteiller leurs vins avec Vistalba IG sur l’étiquette.

Le développement du système d’appellation argentin des IGs est bloqué dans de nombreuses régions en raison de conflits de marques. Gualtallary dans la vallée d’Uco est l’une de ces régions qui est enferrée dans un long processus de développement d’un IG en raison de problèmes de marques, qui ne sont pas encore résolus. Un autre exemple récent d’un propriétaire de vignobles qui a renoncé sa marque au profit de la région est François Lurton, qui a cédé Los Chacayes en tant que marque pour la partager avec la région en 2017.

Afin d’obtenir un IG, les producteurs doivent prouver à l’Institut National de la Viticulture (INV) que la région a des caractéristiques uniques qui déterminent l’identité régionale à travers une série d’études géologiques, géographiques et historiques. Le Vistalba IG approuvé comprend 521 hectares dans l’une des régions viticoles les plus élevées de Luján de Cuyo, avec une altitude moyenne 980 mètres.

Pour consulter le détail de la GI Vistalba, cliquez sur le lien suivant: https://www.terroirsdumondeeducation.com/article-sur-le-pays/parent-ar/cuyo-central-region/province-de-mendoza/mendoza-description/la-primera-zona-description/lujaacuten-de-cuyo-doc-description/vistalba-decription/

Pour consulter le détail des Indications Géographique d’Argentine, cliquez sur le lien suivant: https://www.terroirsdumondeeducation.com/region/leacutegislation-et-reacuteglementation-argentine-description/

Source: The Drink Business

Source: https://mendoza.tur.ar/

La carte de la région viticole Etna DOC a été mise à jour pour faciliter l’identification de la myriade de» contrades» (districts ou crus) sur les pentes du volcan, avec neuf nouvelles» contrades»identifiées dans le cadre du processus, portant le total à 142.

Les travaux récemment achevés, entrepris par le Consorzio Tutela Vini Etna DOC, avec la contribution du Département de l’agriculture du Département de l’agriculture de la Région sicilienne, identifient avec précision la position exacte et la frontière de chaque» contrades» dans la zone de production Etna DOC, qui peuvent être clairement identifiés sur une « vraie » carte.

Auparavant, les» contrades» avait été identifié grâce à des interprétations d’anciennes cartes cadastrales, qui présentent un terrain désormais obsolète et des limites territoriales qui n’existent plus en raison des éruptions et de l’activité de l’Etna.

La nouvelle carte offre un meilleur aperçu de la mosaïque aux multiples facettes des» contrades» qui entoure la zone viticole de l’Etna au pied du volcan du nord au sud. Il a été créé à partir des relevés topographiques les plus récents qui ont été transférés dans des couches cartographiques obtenues grâce à de multiples relevés avec des instruments SIG (Système d’Information Géographique).

Au cours du processus d’enquête, la mise à jour des frontières a conduit à l’identification de 9 nouvelles  contrades, grâce à la collaboration des producteurs membres du Consortium. Cela sera officiellement inclus dans la prochaine mise à jour des spécifications de production, portant le nombre total à 142.

Les 142» contrades»sont répartis sur 11 communes, dont 41 à Castiglione di Sicilia, 25 à Randazzo, 20 à Zafferana Etnea, 13 à Piedimonte Etneo, 10 à Linguaglossa, neuf à Trecastagni, huit à Milo, six à Viagrande, cinq à Biancavilla, quatre à Santa Venerina et une à Santa Maria di Licodia,

L’Etna DOC a été créé en 1968 et est le plus ancien de Sicile. Depuis 2011, elle reconnaît la contrada comme équivalent juridique des UGA (unités géographiques supplémentaires).

Source : The Drink Business

DÉCOUPAGE POUR PLUS DE LISIBILITÉ

Source: du découpage: Jacqueline Uztarroz, Terroirsdumondeeducation

LE MAUDIT MÉCHANT MECHOUI

Les chroniques « déjantées » de Ricardo Uztarroz* pour terroirsdumondeeducation.com

*Co-auteur avec Claude Gilois de Tour du monde épicurien des vins insolites (Arthaud), auteur de La véritable histoire de Robinson Crusoé et Amazonie mangeuse d’hommes (Arthaud), de la nouvelle Le dernier chercheur de la vallée de la Mort dans Ce qu’ils font est juste (Don Quichotte) concepteur et auteur de Amazonie, la foire d’empoigne (Autrement) traducteur de L’homme qui acheta Rio (Série noire). 

Cédons à un bref moment d’égarement et imaginons un seul instant Romain Bardet, dont la réputation d’oenophile (pas faire l’amalgame avec œnologue qui est un diplôme d’Etat) est solidement établie, courant sous le maillot de grands crus bordelais ; David Gaudu, le grimpeur breton premier Français du Tour 2022, vantant les mérites d’une bière en disant face à une caméra « après l’effort, le réconfort, une bonne mousse ça redonne la pêche »,  ou encore le pauvre Quintana faisant l’éloge du Tramadol qui lui a valu, soupçonné d’avoir consommé quelques pilules avant de s’attaquer à un col, l’infamie d’être rayé du classement général de ce Tour gagné par un jeune Danois buveur, lui, de la cétone* (non considérée pour le moment comme dopage, mais ça finir par venir car les tenants du mythe du sport propre ne changent pas de main quand ça vient). Ce déclassement, c’est comme si notre Colombien ne l’avait pas couru ce Tour…  que celui qui pédalait, grimaçant de douleur pour arriver au sommet, à sa place, était un double éphémère.

             Au profane peu averti de la chose cyclopédique, tout cela lui paraît de l’incongru total. Et pourtant, et pourtant, comme disait une chanson y a pas si longtemps, on a oublié que Jacques Anquetil, l’aristo du contre-la-montre, le « Maître Jacques », dont les deux guiboles tournaient comme les aiguilles d’une horloge, qui avait horreur de l’eau claire, a gagné ses trois derniers Tours, de 1962 à 1964, sur les cinq de son palmarès, sous le maillot St  Raphaël qui n’était autre qu’un vin cuit très prisé dans les années 60 par le peuple français, vous savez celui qui était coiffé d’un béret, avait sous le bras une baguette, et dans la poche le litron de rouge et dont l’épouse se revêtait d’une robe vichy à petits carreaux, jupon en dessous, et foulard pour protéger sa blonde permanente, comme la Brigitte Bardot dans « Et Dieu créa la femme ».

            «Du cran, de l’entrain, du Clacquesin », entonnait Antonin Magne, vainqueur de la Grande boucle de 1931. Mais qu’était-ce donc ce tocsin qui claque ? « Le plus sain des apéritifs », très en vogue dans les années 30, une décoction, inventée par un dénommé Paul Clacquesin, dite « goudron hygiénique », de pin de Norvège macérant en compagnie de 29 plantes aromatiques dans de l’alcool. La liste de celles-ci reste un secret…, éventé. Et de quel alcool s’agit-il ? Mystère. Ce breuvage qui à son origine tapait les 28° et maintenant plafonne à 18° connaît de nos jours un retour en grâce dans la confection des cocktails que le « Paris branchouille et noctambule » préfère désormais à la ligne de poudre.

                  Les bières Pelforth avaient leur équipe de pédaleurs ;  Dédé Darrigade, le sprinteur dacquois, lui, promouvait le vin Magnat, qui mit sur le marché les premières bouteilles d’un litre en plastique, avec son record de victoires d’étapes jusqu’à être détrôné par Eddy Merck, le Néron de la petite reine ; le rival flahute de Darrigade , Rick Van Loy, le César des classiques, lui, c’était les cibiches Willen ; André Leducq fumait ostentatoirement des Lucky Stricke puisqu’il était payé pour ça ; « Sprinter, routier, ou touriste, rien ne lui résiste quand il prend du Cinzano », disait la pub de ce vermouth qui requinquait les épuisés ; le pieux et saint Gino Bartali conseillait aux rouleurs de clopes de préférer le papier à cigarette Job – celui qui sert de nos jours à se rouler des pétards. Les pastis, Ricard récompensaient le meilleur grimpeur, et Pernod parrainait le classement annuel des coureurs. En somme, le cyclisme d’alors ne peut qu’être vu que comme un cataclysme par nos hygiénistes contemporains.

André Darriguade. Source: https://www.flickr.com/

La Colombie a cessé il y a trois décennies de parrainer son équipe nationale sur le Tour, la « Café de Colombia », quand la caféine a été classée substance dopante. Pour être dopé au café, il faut boire au moins 150 tasses d’expresso bien tassé. Celui qui y parvient à un tour d’avance sur le reste de l’humanité… au Guiness Book

                Bon, à la décharge de ce temps révolu à jamais, « on croyait à la vertu de l’alcool pour pédaler plus vite. »  C’était le Tramadol d’alors. Contre la douleur, rien de tel qu’un petit coup derrière la cravate car l’homme s’habillait avant aller au bistrot pour s’en jeter quelques un avec ses potes : il mettait forcément une cravate. Pas comme aujourd’hui où il y va en bermude, marcel et tongue même si la mer est à 300 km de son rade…                 

            Ce concubinage pinard et pédale avait le mérite de pimenter le Tour en épisodes aussi cocasses qu’incroyables et pourtant aussi vrais qu’authentiques dont voici les trois les plus savoureux.

              En 1935, c’est l’étape Pau-Bordeaux qui se résume toujours à une morne croisade, immuablement sous une canicule, au cœur de la forêt landaise qui conjugue verticalité avec ses pins et horizontalité de vaste plaine anciennement marécageuse. Un coureur licencié au club cycliste d’Arcachon, Jean Moineau, 31 ans, qui va se révéler être un drôle d’oiseau (oui d’accord, un peu facile, mais la suite confirme qu’il avait la roublardise d’un volatile) veut s’imposer puisqu’il en est le régional. Il convainc le peloton que la gagne ne se jouera que dans les 50 derniers kilomètres.

             Donc avant d’en découdre, le même peloton se laisse séduire par la perspective qui lui est offerte de faire une pause bibine bordelaise de gros rouge qui tache.  Et effectivement, au Km 50 avant Bordeaux, toute une bande de joyeux lurons abreuve nos assoiffés cavaliers du vélocipède. Sauf un, notre Moineau qui, lui, file à l’anglaise, à tire d’ailes (oui, c’est facile donc tentant). Il arrive au vélodrome de la capitale girondine avec un quart d’avance sur le reste de la troupe un tantinet éméchée. La bande en question était des acolytes du vainqueur de l’étape qui avaient monté ce guet-apens arrosé pour assurer son triomphe. L’entourloupe sera débusquée sans doute à cause que quelques vantardises de l’un d’eux. Mais son bénéficiaire ne sera pas pour autant déclassé. Aujourd’hui, ça aurait fait un scandale, hier, au contraire, on s’en gaussait.

         La 13ème étape du Tour 1950, disputée un 28 juillet entre Perpignan et Nîmes, par une de ces canicules qu’on n’imputait pas encore au réchauffement climatique, est restée comme le summun de la cocasserie épique des annales de la « légende des cycles ». Le Tour se disputait par équipes nationales et régionales. L’Algérie était toujours française. Elle disposait en conséquence d’une équipe baptisée Afrique du Nord composée à la fois de Pieds-noirs et de Musulmans dont un certain Abdelkader Zaaf, à deux reprises champion de France amateur entre autres mérites. Ce jour-là, il s’échappe avec son coéquipier Pied-noir, Marcel Molinès. Bien que rompus à courir sous un soleil de plomb, les deux fuyards ont soif, et l’étanchent avec les canettes que le public leur tend. Et que contiennent-elles, ces canettes ? Pas de l’eau mais du vin, du jaja surtout blanc, considéré alors comme le désaltérant le plus sain.

         Malédiction que ces canettes, ne buvant pas d’alcool ainsi que le prescrit sa religion, Zaaf à qui la victoire d’étape semblait promise se ramasse une cuite monumentale. Dans un virage, il fonce tout droit et percute un de ces platanes qui bordaient les routes de l’époque. Il est KO, un groupe de paysans du coin se précipite à son secours, l’asperge du contenu d’un sceau dont on dira plus tard avoir été du vin (Ce détail invérifiable servira d’alibi). Zaaf revient à lui mais ne recouvre pas tout à fait ses esprits. Il enfourche sa bécane et repart… mais en sens inverse. Le public lui hurle qu’il est à contresens. Il prend ces vociférations pour des encouragements et fonce tête baissée dans l’espoir de rejoindre son acolyte d’échappée. Et, à la sortie d’un autre virage, il a la surprise de retrouver face à un peloton qui fonce sur lui. Coup de frein, chute collective, c’est la pagaille qui vaudra à Marcel Molinès la victoire et à Zaaf de terminer juste devant la voiture balai dans les délais.

           Par la suite, pour lui sauvegarder sa réputation de bon musulman, un journaliste, Jacques Augendre, prétendra qu’il n’était pas bourré. S’il puait la vinasse, c’est parce que le contenu du sceau qui lui fit reprendre conscience contenait du pinard, pas d’H2O.  D’accord, mais alors s’il n’était rond pas comme un petit-pois pourquoi est-il reparti en sens inverse ? Pourquoi a-t-il pris pour encouragements les vociférations d’un public qui n’en croyait pas ses yeux : on n’avait jamais vu dans une course un échappé rebrousser chemin. Ce fut la première fois et la dernière.

Abdel-Kader Zaaf . Source: non identifiée

Par la suite, pour lui sauvegarder sa réputation de bon musulman, un journaliste, Jacques Augendre, prétendra qu’il n’était pas bourré. S’il puait la vinasse, c’est parce que le contenu du sceau qui lui fit reprendre conscience contenait du pinard, pas d’H2O.  D’accord, mais alors s’il n’était rond pas comme un petit-pois pourquoi est-il reparti en sens inverse ? Pourquoi a-t-il pris pour encouragements les vociférations d’un public qui n’en croyait pas ses yeux : on n’avait jamais vu dans une course un échappé rebrousser chemin. Ce fut la première fois et la dernière.

            En tout cas, ce déboire sera son aubaine. Il méritera une gloire que ne lui aurait pas rapporté la victoire d’étape. Tous les organisateurs de critériums d’après-Tour où les coureurs se faisaient un joli bouquet d’oseille voudront l’avoir à l’affiche. Tout le monde veut voir le phénomène… L’année suivante, le seul Tour qu’il terminera sur les quatre auxquels il participa, il aura l’astuce de le terminer 66ème, dernier du général. Etre la « lanterne rouge » valait son pesant de contrats post Grande boucle. Le dernier était aussi convoité que le premier, certes moins bien payé, mais bien payé cependant. Et souvent, grâce à la complicité tacite du peloton, le dernier du Tour finissait premier du critérium.

             Enfin, on ne peut pas clore cette succincte recension picaresque sans évoquer le maudit méchant méchoui qui faillit coûter à Jacques Anquetil sa cinquième et dernière victoire en 1964. « Maître Jacques » fut le premier à épingler cinq succès à son palmarès. Le record précédent, détenu par Louison Bobet, se limitait à trois.

             C’était un lundi, jour de repos à Andorre. Le lendemain, le 6 juillet, l’étape conduisait les coureurs à Toulouse par le col d’Envalira. Pour Anquetil, un jour de repos devait être un jour de repos, foin du moindre entraînement. Radio-Andorre (aujourd’hui Sud-radio) organise un méchoui, très à la mode dans ces années-là, coutume importée par les Pieds-Noirs qui avait fui l’Algérie après son indépendance. Tous les coureurs y sont invités. Seul Anquetil honore l’invite avec son directeur sportif Raphaël Geminiani, dit « Grand fusil », toujours vivant et en selle pour être centenaire. Ses deux principaux rivaux, Raymond Poulidor et Federico Bahamontes, préfèrent rester dans leur chambre d’hôtel vu que l’étape qui les attend risque d’être cruciale.

              Donc pendant ces agapes, Anquetil s’empiffre de mouton et écluse à discrétion les verres de sangria qu’il puisse dans une baignoire faisant office de bar. Quand il regagne son hôtel, le sybarite Anquetil est à la ramasse. Quand il s’aligne au départ le matin qui suit, il n’en peut mais… la rumeur avait couru : il avait une gueule de bois carabinée…

              Le départ donné, les attaques fusent tous azimuts. Anquetil résiste mais arrive le col fatidique, le juge de paix, et dès les premières pentes, il décroche. Au sommet, il accuse 4 mn de retard. Alors qu’il est second au général, il peut déjà faire son deuil de la perspective d’une cinquième victoire. C’est alors que Geminiani lui passe un bidon de champage. Anquetil en est très friand. Miracle, il fait la descente à tombeau ouvert, à l’aveugle, fendant un épais brouillard. Il revient sur ses rivaux qui n’en reviennent pas de son retour. Les exégètes de la pédale imputent cet exploit aux bulles du pétillant champenois. En vérité, on ne peut qu’être sceptique. Aux bulles avait été très certainement additionnée quelque substance dont la vertu première était de rendre intrépide celui qui en consommait. Le comble, c’est qu’une voyante peu clairvoyante lui avait prédit une chute mortelle dans cette descente. Et ce fut aussi un jour de poisse pour le sage Poupou. A quelques kilomètres de l’arrivée, il crève et personne n’a l’élégance de l’attendre. Et ainsi, lui, perdit le seul Tour qu’il était en fait en mesure de gagner et Anquetil gagna son cinquième alors qu’il s’annonçait fatalement perdu.

              On ne peut que mettre un point final à cette modeste narration qui n’arrêtait pas de tourner en rond dans les neurones de son auteur qu’en rendant hommage à Antoine Blondin, le Singe en hiver, chantre du Tour, dont tous ses articles dans l’Equipe sont une chanson de geste à la gloire d’un sport qui a été pour lui, son « sport d’attache », belle formule du Figaro qui lui a consacré une série cinq pleines dernières pages cet été, lui qui n’a jamais écrit une ligne à jeun, qui écrivait d’un seul jet sans raturer. « L’exercice de la bicyclette est, a-t-il couché sur une feuille de papier, une activité où toutes les fonctions naturelles, hormis celle de la reproduction, sont appelées à un jouer un rôle. »  Où donc ? Mais dans une pièce cornélienne, et aussi parfois moliérienne, appelée Tour de France.

  • A propos de la cétone, pour en savoir plus, prière de se reporter à l’article de Vélo-Magazine de septembre, intitulé « Les cétones, c’est quoi au juste ? » Une boisson, au goût, paraît-il, infect, considérée pour l’instant, par certains comme un comme un complément alimentaire, mais par d’aucuns comme un dopage.

L’Union Européenne a approuvé la demande des autorités viticoles autrichienne en date du 21.2.2020 et a ratifié la DAC Rosalia en gU (AOP) le 18/02/2022

L’APPELLATION

L’appellation Rosalia gU est réservée au vin tranquille produit avec les cépages Blaufränkish et Zweigelt dans l’appellation.

CLIMAT ET SOLS

La zone de l’AOP «Rosalia» est située sur les versants orientaux de la montagne de la Rosalia, qui s’étend le long de la frontière entre les provinces de Basse-Autriche et de Burgenland, à l’est de l’Autriche.

Climat

la zone de l’AOP «Rosalia» fait partie de la plaine de Pannonie (une grande plaine située dans le sud de l’Europe centrale et orientale, traversée par le cours moyen du Danube et le cours inférieur du fleuve Tisza). La plaine de Pannonie se caractérise par des étés secs et chauds et des hivers froids et secs.

Sols

la partie sud-ouest de la zone de l’AOP «Rosalia» se compose de roches cristallines reliées au nord-est par des sédiments néogènes de plus en plus jeunes dans le bassin de Vienne. Ces sédiments sont des gisements de l’ancienne mer qui venait jusqu’au pied de la montagne de la Rosalia il y a 12 à 16 millions d’années. Au nord et au nord-est, ces sédiments sont reliés par une bande de dépôts principalement sablonneux.

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La zone viticole «Rosalia» est constituée du district politique de Mattersburg.

CÉPAGES

Blaufränkisch — Frankovka Zweigelt — Blauer Zweigelt Zweigelt — Rotburger

RENDEMENTS

10 000 kilogrammes de raisins par hectare

http://terroirsdumondeeducation.com

Pour consulter le cahier des charges complet  de l’appellation, cliquez sur le lien suivant : https://www.terroirsdumondeeducation.com/article-sur-le-pays/parent-at/burgenland-description/rosalia-dac-description/

Lorsque l’AVA des montagnes de Gabilan entrera en vigueur, le 14 septembre 2022, le nombre total d’AVA aux États-Unis sera de 267 ; parmi eux, 147 seront en Californie.

L’APPELLATION

La nouvelle AVA est entièrement située dans l’AVA existante de la Central Coast AVA, légèrement à l’intérieur des terres de la ville de Salinas et couvre des parties des comtés de Monterey et de San Benito.

Source: TTB

TOPOGRAPHIE ET SOLS

Altitude

 L’AVA de Gabilan Mountains est située dans une région montagneuse qui la place à une altitude nettement plus élevée que les zones environnantes. L’altitude moyenne dans l’AVA est de 732 mètres (2 370 pieds), au-dessus du brouillard épais et de la couche marine qui affecte souvent d’autres régions à proximité.

Climat 

L’AVA de Gabilan Mountains a un climat globalement frais. Cependant l’AVA des montagnes Gabilan a beaucoup moins de brouillard et de couverture nuageuse – et donc plus de soleil – que les zones environnantes. Il reçoit également plus de précipitations. la zone située dans l’AVA des montagnes Gabilan reçoit en moyenne 17,24 pouces de pluie par an (dont plus de 12 d’entre elles reçues pendant les mois d’automne et d’hiver). En revanche, la zone au nord reçoit 452 mm (14,19 pouces) par an ; la zone juste au sud reçoit un peu plus de 305 mm (12 pouces) par an.

Sols 

Les sols de l’AVA Gabilan Mountains sont décrits comme étant de texture modérément grossière, riches en calcium en raison de leur forte teneur en calcaire et soutenus par un substrat rocheux granitique. Ces sols à drainage rapide sont réputés pour leur capacité à stresser les vignes pendant la saison de croissance, ce qui donne des raisins savoureux à la peau épaisse. En revanche, les zones environnantes contiennent plus de sols alluviaux de texture moyenne à moyenne, résultat d’inondations passées.

Source: TTB

terroirsdumondeeducation.com.

Wine wit and Wisdom.

Pour consulter le détail de l’appellation, cliquez sur le lien suivant: https://www.terroirsdumondeeducation.com/article-sur-le-pays/gabilan-mountains-ava/

               ÉTAPES ZIGZAGUANTES

Les Tours d’antan, c’était un autre monde. Rien à voir avec l’actuel, monstre de logistique avec son escadrille d’hélicos transmission télé et sanitaires, ses trois avions mobilisés pour les longs transferts, ses 150 bagnoles délirantes de la caravane publicitaire représentant 30 marques, formant une chenille de 10 km, offrant un spectacle très prisé d’une demi-heure à un public estimé entre 10 et 15 millions de spectateurs et lui distribuant à la volée plus de 15 millions d’échantillons, colifichets, caquettes, tee-shirts, soit un petit cadeau par personne, les vingt-un bus-salons tout confort des équipes, plus pour chacune d’elles un bus-atelier, la noria des motos des commissaires, des forces de l’ordre, des journalistes, à laquelle s’ajoute celle des voitures des officiels :  on dit qu’à chaque étape, c’est une ville de 5 000 habitants qui déménage.

             En réalité, c’est bien plus que ça comme le soulignent, juste à titre d’exemple, ces quelques chiffres donnant le vertige qui suivent.  Chaque jour pendant trois semaines, exceptés les deux jours de repos en général un lundi, c’est 2 500 véhicules qui vont du départ à l’arrivée, dont 120 semi-remorques formant une colonne de 5 km si on les mettait à la queuleuleu, sept ambulances, onze voitures de médecins, 2 000 journalistes représentant 46 nationalités et près de 200 médias. En tout, tout au long de son parcours, ce n’est pas moins de 28 000 gendarmes et policiers qui assurent la sécurité auxquels sont adjoints 3 000 personnels départementaux et régionaux.  Et chaque soir, il faut assurer à tout ce monde couche et pitance. En outre, chaque matinée avant que les coureurs s’élancent, il y a le fameux « village-départ » qui régalent « en bons produits bien de chez nous » tous les « VIPs » du coin. Ils repartent rassasiés et certains légèrement titubants, zézayant, cheveux ébouriffés, chemise de travers… Et la gent féminine pas toujours stable sur ses talons aiguilles.

Caravane du tour de France: wikipedia.org

               « Sans doute, le Tour est-il comparable à une armée moderne, définie par l’importance de son matériel et le nombre de ses servants », soulignait en 1957, porté par une intuition qui s’est confirmée, Roland Barthes, déjà cité ici, dans son bouquin-référence Mythologies qu’on peut considérer comme la fille-mère du « wokisme », comme déjà dit mais ça fait du bien de se répéter. Il ajoutait, sibyllin comme à son accoutumée, que « le Tour dispose donc d’une véritable géographique homérique. Comme dans l’Odyssée, la course est ici à la fois périple d’épreuves et exploration totale des limites terrestres. »

                La référence à une armée moderne est très pertinente.  A cette réserve, c’est qu’en réalité peu d’armées dans le monde ont la capacité de mettre en branle pareille logistique. Ni aucune compétition sportive, fusse-t-elle les JO ou le Mondial de foot qui eux n’ont lieu que tous les quatre ans et se déchargent de l’intendance sur les pouvoirs publics du pays et ville d’accueil, se font aussi financer par eux, autrement dit par les contribuables (comme les Parisiens en feront l’amère expérience en 2024, tellement la douloureuse s’annonce salée), alors que, question gros sous, le Tour se suffit à lui-même. Il est le plus grand spectacle gratuit du monde et de l’histoire parce que la plus grande manifestation publicitaire de la planète.

                Le basculement d’un «vélocipédisme» artisanal, assez foutoir, lyrique, emphatique, à un cyclisme industriel, policé, hygiénique, technicisé, conforme aux normes qu’a imposées l’avènement de la «société du spectacle», notre contemporaine société sous tous les cieux de la planète, si finement analysée, à la même époque, avec style et pertinence, par le gourou situationniste Guy Debord dont le penchant pour la picole était assumé et affiché, s’est opéré en 1969 avec le retour aux équipes de marques après un intermède de 30 éditions. Et, à cause surtout des retransmissions télévisées occupant tout l’après-midi d’un auditoire de plus en plus nombreux. Elles ne pouvaient donc pas montrer des pédaleurs à moitié pétés, dépenaillés, yeux de langouste, déclarant : « Quoi ! donc ! je fais deux, je croyais faire un, pourtant avec tout ce que je suis mis dans le coffre j’aurais dû gagner. Y avait un devant moi, un quidam, qui était encore plus chargé ??? Ferais mieux la prochaine fois… »

                 Rafraichissons les mémoires en cet été 2022 de sécheresse qui n’a pas l’exclusivité des cagnards estivaux qui ont précédé le réchauffement climatique : les Tours de 1907 jusqu’à 1971 faisaient tous plus de 4 000 km, puis après par intermittence. Le dernier de cette longueur remonte à 1997 : 4 492 bornes (hélas disparues, les bornes, du bord de nos routes) qu’il faisait. Depuis la distance parcourue n’a cessé de décliner pour ne faire cette année que 3 349 km soit 2 398 km de moins que le plus long de l’histoire, celui de 1926 qui s’était enfilé 5 745 km, reliant, lui, les six coins de l’Hexagone.

                  Les étapes étaient au diapason, entre 300 et 400 km. La plus longue de ce Tour n’a fait que 219,9 km (cela dit faut se les taper à la force du jarret). Entre 1919 et 24, a été au menu six fois consécutives la plus longue jamais courue, les Sables d’Olonnes-Bayonne. Pour le vainqueur, ce fut un peu plus de 18 heures de selle d’affilée pour rejoindre ces deux villes que 483 km séparaient, que ce soit dans un sens ou dans l’autre. Le dernier, on ignore le temps qu’il avait mis. Quand il arriva, il y avait belle lurette que les commissaires avaient plié boutique pour prendre un train avec correspondances qui devait les mener à la prochaine étape, nuitamment. Parfois, il leur est arrivé de tomber sur un coureur qui lui aussi prenait en catimini ses devants. Pas de veine pour lui !

                 Bref, le cyclisme était tout sauf un sport, autrement dit un jeu, un divertissement pour jeunes gens de la Haute. C’était à chaque édition une épopée pour déjantés du ciboulot qui, en se superposant les unes autres, année après année, muèrent, le Tour, en saga de la société industrialo-technicienne.

                 Les départs se faisaient de nuit, les ravitaillements étaient aléatoires et rares. Pour son avitaillement pendant l’étape, le coureur, souvent un prolétaire qui voulait s’en sortir, le sous-nez pour bien affirmé son genre, mâle de mâle, souvent agrémenté d’une moustache en forme de guidon de vélo de l’époque,  devait d’abord compter sur sa débrouillardise, mais avant tout sur la générosité du public le plus souvent paysan ou commerçant (avant l’heure, c’était l’alliance prolétariat, paysannerie, classe moyenne, base du maoïsme), sur l’altruisme des bistrotiers qui oubliaient d’envoyer l’addition aux organisateurs, trop fiers d’avoir régalé les forçats de route, les géants de la petite reine, en gros rouge, en petit blanc, en demis, et parfois en gnole qui vous remontaient le moral et donnaient aux jambes une énergie à briser la loi de la pesanteur.

Un coup de bière pour le cycliste français Georges Speicher, dans le col de l’Aubisque, lors de la 27e édition du Tour de France en 1933. — Stringer / AFP

C’est donc ainsi que naquit « la chasse à la canette », et ce qu’on appela « le café fatal » parce que certains en ressortaient singulièrement torchés tellement leur soif avait été insatiable, voyaient devant eux brusquement la route rectiligne se tortiller, zigzaguer en dessinant des méandres. En conséquence naquit le métier de « gregario » (domestique en italien) qui en français se traduisit par « porteur-d’eau » (plus respectueux des droits de l’homme) dont la besogne était de trouver à boire à leur leader. En vérité, cette pratique scella un concubinage pinard-pédale. Rarement on leur tendait sur la route de l’eau. N’étant pas minérale à l’époque, provenant le plus souvent d’un puits douteux, sa consommation n’était pas très recommandée, voire même totalement déconseillée en raison des conséquences intestinales qu’elle provoquait (chacun de nous a connu ce déboire un jour ou l’autre dans sa vie donc sait de quoi il s’agit).

             Ce concubinage (le pacs d’alors) entre pinard et pédale a survécu jusqu’au mitan des années 70 sans avoir totalement disparu, notamment en montagne. Faut souligner que longtemps chez les latins, seul une petite piquette était la boisson saine, et chez nos voisins anglo-saxons la mousse.

         Il connut son apogée dans les années 50-60. Quatre anecdotes illustrent bien la cocasserie de cette coutume qui donna, malheureusement, lieu aussi à un drame : le décès de Tom Simpson imputé à un mélange d’amphètes et de cognac.

          Piégé cher lecteur, si tu veux les connaître ces quatre-là, faudra que tu lises le quatrième volet de cette saga « pédalistique », écrite par un des derniers « cyclopédistes »

                                                                           A suivre prochainement.

                                           La suite s’en prendra à la loi Evin, député socialo de Saint Nazaire et ministre inconsistant de la Santé de Mitterrand, qui pompait les dépêches de l’AFP pour nourrirses discours, et rendra hommage au Singe en hiver, Antoine Blondin, l’écrivain qui avait « tout lu et tout bu », chantre du Tour, dont on vient de publier la totalité de l’œuvre, enfin un rétropédalage justifié.  

Les chroniques « déjantées » de Ricardo Uztarroz* pour terroirsdumondeeducation.com

  • *Co-auteur avec Claude Gilois de Tour du monde épicurien des vins insolites (Arthaud), auteur de La véritable histoire de Robinson Crusoé et Amazonie mangeuse d’hommes (Arthaud), de la nouvelle Le dernier chercheur de la vallée de la Mort dans Ce qu’ils font est juste (Don Quichotte) concepteur et auteur de Amazonie, la foire d’empoigne (Autrement) traducteur de L’homme qui acheta Rio (Série noire).   

Le vin Mariani

        Avant renouer avec le vif de notre sujet en y plantant une plume désinvolte mais lucide et parfois acerbe (question compliment, on n’est jamais mieux servi que par soi-même), une réflexion de haute philosophie s’impose. Des plus de 40 ans de journalisme, consacrés à relater les facéties d’un monde tourmenté, le pisseur de ces lignes a découvert que ce sont les petites anecdotes cumulées qui engendrent les légendes qui, parfois, se muent en mythes.

           Ainsi en est-il de l’Alpe d’Huez, venue enrichir, selon l’heureuse formule d’Antoine Blondin, « la légende des cycles ». Les images qu’en donne le petit écran, celles d’une foule pas uniquement masculine mais principalement, vociférant, vêtue d’incroyables déguisements, ou quasiment à poil, gesticulant comme atteinte de la danse Saint-Guy, « ne souffrant pas de la soif », selon l’amusée remarque, confiée au journal Le Monde, de Pierre Rolland, qui s’imposa à son sommet lors de l’édition de 2011, coureur vaillant et humble, ces images donc évoquent immanquablement deux tableaux du grand maître de l’âge d’or de la peinture flamande, Hieronymus (Jérôme) Bosch, Le Tour de l’Enfer ou Le Jardin des Délices…

            Pas étonnant, ce sont les Bataves, à la fois coureurs et public, venus d’un pays aussi plat qu’une crêpe dentelle bretonne qui ont fait de ce col le point culminant de la dantesque épopée cycliste, l’élevant au rang de mythe ainsi que l’atteste l’audience record de l’édition de l’an 2022.

             La victoire inaugurale de Fausto Coppi en 1952, que le patron autocrate du Tour, Jacques Godet, qualifia « d’aigle italien » ne défraya pas pour autant la chronique, bien que ce fut la première arrivée en altitude de l’histoire et aussi le premier Tour que la télé balbutiante en noir et blanc diffusait en différé. Un résumé de l’étape était proposé aux rares téléspectateurs après le JT qui n’était pas encore « la grande-messe de 20 heures ».

            L’étape quasiment plate sur tout son parcours avant de s’attaquer aux 1800 m de dénivelé, aux 21 virages s’étalant (façon de causer) sur 12,3 km à 8,4% en moyenne de pente, fut monotone et se termina par un mano à mano entre Jean Robic, le teigneux Breton, et l’élégant transalpin, qui tourna rapidement à l’avantage de ce dernier, en l’absence pratiquement de tout public, dans un décor de désolation et une chaleur torride. Bref pas de quoi sortir les superlatifs, les morceaux de bravoure seront pour le Galibier, la Croix de Fer, le Tourmalet, l’Aubisque, inscrits au menu des jours suivants.

              Conséquence, le Tour boudera l’Alpe d’Huez pendant un quart de siècle. Il n’y reviendra qu’en 1976 donnant lieu très rapidement aux plus grandes bacchanales (fête à Bacchus) sportives du monde. « C’est comme courir en plein milieu d’une foule de fête foraine, raconte un ancien coureur qui l’a gravi en ce temps-là. Le soir ce n’est pas aux jambes, nous les besogneux de la pédale, qu’on avait mal mais au dos à cause de toutes les tapes d’encouragement qu’on nous prodigue ».

              Aucune statistique nous dit combien de boutanches de blanc, rosé, rouge, de mousse, de pastaga sont éclusées entre les jours qui précèdent l’ascension et pendant les heures avant et après celle-ci. On ne peut qu’être ébahi que cette débauche ne provoque aucun drame majeur, même pas des incidents mineurs… Les fans de vélo n’ont d’évidence rien de communs avec les ultras du foot.

               Par quel maléfice ou miracle (au lecteur d’en juger) ce flanc de montagne s’est converti en le plus gigantesque défouloir pour les sujets de la Maison d’Orange-Nassau, dynastie fondée en 1544 par un Guillaume Ier, dit le Taciturne, et qui règne maintenant sur les Pays Bas, les biens nommés, sans interruption depuis 1813 ? La faute ou le mérite (selon le point de vue de chacun) incombe à trois Flahutes. C’est ainsi qu’on dénommait, il y a pas encore si longtemps, ces coureurs flamands bouffeurs de vent de face, ruisselants de pluie insidieuse, écraseurs de pavés revêches, tortionnaires de pédales rétives.

             De 1976 à 1983, le Tour avait inscrit l’Alpe d’Huez chaque année à son menu, sauf en 80 sans doute pour compenser qu’il avait été grimpé lors deux étapes consécutives l’année précédente, un jour d’un versant, et le lendemain de l’autre. Sur un total de neuf arrivées, ces trois Flahutes, Joop Zoetemelk, Hernie Kuiper et Peter Winnen, par ordre chronologique de bras levé en signe de victoire, en trustèrent sept. Venant d’un territoire où le point culminant plafonne à 327 m et une grande partie des terres se trouvant à 7 m en moyenne sous le niveau de la Mer du Nord, si bien chantée par Jacques Brel, s’étaient révélés être de redoutables avaleurs de pentes et, qui plus est sous, un cagnard impitoyable. Un choc pour un peuple qui, dans sa majorité, n’avait jamais vu la montagne, comme certains peuples n’ont jamais vu la mer. Une frénésie s’empara de celui-ci et se précipita squatter certains virages qui sont depuis devenus terre hollandaise pour voir en quoi consistaient ces exploits. Et il découvrit l’ivresse de l’altitude, pas due au dénivelé mais à ces petits vins de France qui flattent le gosier et étanchent la soif.

            Ainsi que l’a dit Roland Barthes dans son incontournable Mythologies (Le Seuil 1957), première semence de la pensée « woke » (éveillée en français), en vogue chez les intellectuels de salon, pas de bistrot, « Le vin (…), c’est une boisson-totem » pour « pour la nation française (…). Cette substance galvanique ( ???) est toujours considérée, par exemple, comme le plus efficace des désaltérants, ou du moins la soif sert de premier alibi à sa consommation. (…) Il est (…) capable de faire, par exemple, d’un faible un fort, du silencieux un bavard (…). Il peut servir d’alibi aussi bien au rêve qu’à la réalité. »

            Le cyclisme n’avait pas attendu Mythologies pour user et abuser des vertus de ce dérivé du jus de raisin. Le vin, sous le vocable de « brutal » fut le premier désaltérant du pédaleur laborieux mais surtout son premier dopage. La première course vélocipédique (vélocipède mot dérivé de véloce et de pied) se disputa le 31 mai 1868, sur une distance de 1 200 m, au parc de Saint-Cloud. Un British, James Moore, s’imposa. Ce n’était qu’un amuse-gueule. Pas besoin d’un apport extérieur à la force musculaire. Mais très vite, le vélo donne dans la démesure. Les Belges créent La Doyenne Liège-Bastogne-Liège à parcourir d’un trait. Puis en France, c’est Bordeaux-Paris en 1891, 580 km, départ en pleine nuit, 26h34 de pédalage pour le vainqueur avant de gagner Paris. S’ajoute Paris-Brest-Paris, 1200 km, trois jours de chevauchée sur des bicycles de 25kg, pignon fixe, route en terre battue, et sans assistance. Le premier Tour, qui lui fit réellement le tour de la France, se disputera en 1903 en six étapes de 400 km en moyenne. Toujours sans la moindre assistance…

            Alors, dans le peloton, il se susurre qu’il y a un de ces petits pinards miraculeux, qui gomme la fatigue, la douleur, et rend aussi un tantinet euphorique, inventé par un apothicaire corse installé à Paris, un certain Angelo Mariani. Les têtes couronnées européennes d’alors, les Papes Léon XIII et Benoît XV, en faisaient l’éloge, s’étaient joints à eux Alexandre Dumas, Jules Verne, les frères Lumière, même l’écrivain conscience morale d’alors depuis son historique « J’accuse », Emile Zola, chantera ses mérites. « Ce vin qui fait la vie, conserve force à ceux qui la dépensent et la rend à ceux qui ne l’ont plus, » écrivit ce dernier qui fut sans doute récompensé de quelques flacons de ce breuvage stimulant, la moindre des choses. Avoir Zola comme garant, ce n’était pas rien.

           Sur l’étiquette qui précisait « vin tonique », il était prescrit : « Un verre à Bordeaux avant les principaux repas. Pour les enfants, un verre à madère est suffisant ». En somme, « deux verres par jour » et tous les jours.

            Quel était donc l’atout secret du vin Mariani par rapport à ses concurrents tels que La Jouvence de l’abbé Soury ou l’Elixir d’amour du père Gaucher ? Simple, Mariani qui avait entendu parler du pouvoir stimulant des feuilles de coca que mâchaient les Indiens des Andes, Aymara et Quechua, pour tromper la faim et la fatigue, eut l’idée d’en faire macérer dans un solide bordeaux rouge. Résultat, la boutanche d’un demi-litre titre 7mg de cocaïne, une dose capable de ramener à la vie un cadavre récent. On comprend pourquoi les ventes explosèrent. Parce qu’il était difficile de s’en passer quand on y avait goûté. Les Etats unis s’enticheront. Il s’en vendra des millions de bouteilles ce qui donnera à un pharmacien de là-bas, un John Pemberton, l’idée d’en faire une contrefaçon. Il lance le « Pemberton’s French Wine Coca ». Flairant l’avènement de la prohibition, il substitue bien vite au vin californien un soda à base de caramel concocté par lui. Le Coca cola venait de naître…

              Le vin Mariani sera interdit en 1910. Mais le « brutal » restera le stimulant de base du coureur jusqu’au amphétamines qui ne le supplanteront pas totalement. La tendance sera même d’ingurgiter une bonne dose des deux en même temps, en les mélangeant, une pratique qui a survécu jusqu’aux années 70 du siècle passé, en particulier chez les amateurs.

                                                                     A suivre

                                   Pour tout savoir sur la fameuse « chasse à canette », sur la roublardise d’un drôle d’oiseau dénommé Moineau, sur les déboires Zaaf, le musulman bourré à la clé, et autres cocasseries impensables aujourd’hui, le vélo s’étant « civilisé », se reporter au IIIème qui va venir prochainement. C’est là que le scribouillard de ces lignes se serait bien jeté dans le gosier un bon Mariani pour rivaliser avec le prolixe Zola ou Dumas….     

Par Ricardo Uztarroz* pour Claude Gilois http://terroirsdumondeeducation.com/

*Co-auteur avec Claude Gilois de Tour du monde épicurien des vins insolites (Arthaud), auteur de La véritable histoire de Robinson Crusoé et Amazonie mangeuse d’hommes (Arthaud), de la nouvelle Le dernier chercheur de la vallée de la Mort dans Ce qu’ils font est juste (Don Quichotte) concepteur et auteur de Amazonie, la foire d’empoigne (Autrement) traducteur de L’homme qui acheta Rio (Série noire).   

        Peut-on un seul instant imaginer un 14 juillet sans défilé militaire sur les Champs-Elysées, suivi de « l’interviouve » (obligatoirement complaisante) du Président de la République dans le cadre bucolique des jardins de l’Elysée (quand il fait beau, bien entendu) au cours de laquelle il se consacre à son propre éloge, mais, surtout, sans étape du Tour qui n’est plus tout à fait un tour de France puisque son parcours se concentre sur les deux majeurs massifs montagneux de l’Hexagone, les Alpes et les Pyrénées, et ne visitent le reste du territoire qu’épisodiquement tous les deux ou trois ans ?

         Juste un exemple, la Bretagne bien que terre de champions du guidon et du pédalier à l’instar du très élégant Louison Bobet, est souvent tenue à l’écart (tiens y a presque un alexandrin entre instar et écart).

         Sans ces trois évènements, la France (bien sûr républicaine) ne serait pas la France, Paris toujours Paris, et le vélo, la plus noble conquête de l’homme, après le canasson fusse-t-il de trait, de somme ou de course,  conquête qui déchaîne, comme en ce jour de Fête nationale 2022, les passions surtout quand son troupeau bigarré de pédaleurs « Sans-culottes » chevauchant leur étrange monture est envoyé à la prise d’une Bastille nommée Alpes d’Huez au milieu d’une foule à l’enthousiasme singulièrement aviné…

          Avant d’aller plus loin dans notre propos, une précision historique (au double sens de cet épithète : à savoir qui se rapporte à l’histoire et qui fait date donc marque celle-ci) s’impose. La rigueur intellectuelle qui est la marque indélébile de ce site, et de l’auteur de ces lignes, nous somme de rappeler que, contrairement à une idée reçue solidement enracinée dans nos courtes mémoires, ces trois traditions qui estampillent le 14 juillet dans sa qualité de Fête nationale fondatrice de l’identité française, sont récentes même si elles ont eu des antécédents.

          C’est en effet Mitterrand qui a scellé en 1980 le retour du défilé de nos troupes sur la dite plus belle avenue du monde, boudée aujourd’hui par les Parisiens car trop courue par les touristes du monde entier, faisant d’elle une enclave cosmopolite. Il donnera au défilé tout son faste en 1989 à l’occasion du bicentenaire de la République dans une volonté d’amalgamer régime politique et nation : la République, c’est la France, et la France, c’est la (pas une) République. La France serait devenue nation avec l’instauration de la République. Dans la vision jacobine, une monarchie ne peut être une nation, vu que ses habitants sont des sujets (donc assujettis à la volonté du Prince) et non des citoyens (libres et égaux… en principe pas en réalité).

             Voulant faire peuple, c’est son prédécesseur, l’aristocratique Giscard d’Estaing qui avait interrompu cette coutume datant seulement de 1946, en envoyant en 1974, à peine élu, troufions, légionnaires coiffés de leurs képis blancs, chars, transports de troupes, musique des armées, etc… parader entre Bastille et Nation, sur le cours de Vincennes, puis République et re-Bastille. Sous la pression de l’opinion, le défilé réinvestira néanmoins les Champs à trois reprises, en 1976-78 et 80, sans doute cette année-là, en raison d’une arrière-pensée électorale qui ne portera pas le fruit espéré.

              Le 14 juillet a été élevé au rang de Fête nationale en 1880 par une loi promulguée seulement huit jours avant. Pour marquer l’évènement, le premier défilé militaire des 14 juillet fut organisé sur l’hippodrome de Longchamp. Près de 300 000 personnes y assistèrent ce qui inspira la célèbre chanson « En revenant de la revue… ».

Celui-ci ne fut pas que festif. Il contenait un double message politique, un destiné aux Français qui visait à effacer l’humiliante défaite de 1870, deux, à l’adresse des Prussiens, à qui il leur disait « Venez, cette fois-ci on est prêts à vous recevoir comme il se doit. » Semble-t-il que l’avertissement ne parvint pas aux destinataires puisqu’ils revinrent en 14… On connaît la suite qui est un tout autre sujet….

          A partir de cette date, le défilé s’érigea en rite incontournable, sauf pendant les deux guerres et pour cause, l’armée ayant autre chose à faire que battre le pavé. Avant d’investir en 1946 la distance qui sépare l’Arc de Triomphe de la place de la Concorde (jamais dans l’autre sens), on le balada de la Bastille à la Nation, à République, à Vincennes, à l’hippodrome de Longchamp, au Bois de Boulogne, et fit quelques intermittentes incursions sur les Champs Elysées.

           En 1958, fraîchement de retour aux affaires, de Gaulle l’utilisa à une fin politique explicite. Pour rassurer les Pieds-noirs. Il mit en tête de cette martiale procession, les régiments coloniaux, signifiant de la sorte que l’Empire et surtout l’Algérie étaient français et le resteraient. Quatre ans plus tard, cette dernière gagnait son indépendance bien que le FLN fut défait militairement et l’Empire se délita.

           En revanche, « l’interviouve » présidentielle est beaucoup plus récente. Le 14 juillet 1978, voulant cette fois-ci faire moderne puisque sa tentative de faire peuple fit plouf, Giscard d’Estaing dédaigna le pompeux et ampoulé discours qui accompagnait cette célébration et opta pour le « relax max » jeu des questions-réponses, inventant en même temps l’art de l’autocongratulation, de la satisfaction de soi affichée avec une suffisance zézéyante, tout à l’inverse, en somme,  de la Chine où quelques années auparavant on s’y adonna sans restriction et sadisme  à l’autoflagellation baptisée pudiquement autocritique.

            Le très monarque Mitterrand s’y complut dans ce jeu anodin, Chirac s’en amusera en s’autorisant quelques grivoiseries (le fameux, on m’en touche une…), Sarkozy, revêche, n’y sacrifia pas. Après cette interruption de cinq ans, c’est Hollande qui rétablira cet échange faussement spontané (les questions sont soumises par écrit à l’approbation du cabinet du président lui octroyant ainsi le temps de préparer ses réponses), et Macron s’est finalement résolu à renouer avec cette pratique qui n’a jamais donné lieu à une annonce fracassante, sauf une fois en 1992 quand Mitterrand reconnut la responsabilité de l’Etat français dans la déportation des Juifs.

           Sûrement que le lecteur piaffant de connaître la suite se demande pourquoi cette longue digression. Tout simplement pour lui rappeler que ce qui paraît ancré de longue date n’est pas aussi ancien qu’on l’imagine, que la coutume est souvent contingente pas immanente comme on a l’impression, que sa survie ou sa disparition est souvent conséquence des facéties de l’histoire. Parenthèse, sans pour autant, et malgré la pertinence de ces annotations, que l’auteur de celles-ci ne se prenne ni pour Platon ou ni Socrate.

              Ainsi l’Alpes d’Huez, pour revenir à notre propos, le monument emblématique du Tour, le théâtre de la plus gigantesque cuite collective de l’histoire, envahi par une foule estimée entre 200 et 300 000 individus, où les drapeaux d’innombrables nations se donnent rendez-vous dans une « entente cordiale », où on trinque et retrinque sans comprendre un mot de la langue de l’étranger qui remplit votre godet de plastique, et ses 21 courbes en épingle à cheveux, sa pente moyenne de 8,3%, n’a été pris d’assaut pour la première fois de l’histoire de la plus grande et populaire épreuve sportive du monde par les coureurs du Tour qu’en 1952. Cette ascension inaugurale fut remportée par Fausto Coppi, aussi grand tombeur de ces dames, preneur de leurs corps et âmes, que collectionneur de victoires, à la fin tragique, d’un romantisme digne du grand cinéma italien d’alors qui nous donna d’émouvants chefs d’œuvre comme « Le voleur de bicyclette ».

             A l’époque, on n’avait connaissance des exploits de ces héros de la Petite reine que par la radio où sévissaient un loquace Georges Briquet dont l’imagination n’était jamais prise en défaut, auquel succéda un certain Robert Chapatte qui ne chômait pas dans le levage de coude, et par la lecture du journal du lendemain où certaines plumes n’hésitaient pas à s’abandonner à l’emphase, sous l’effet, à l’instar d’Antoine Blondin, le scribouillard génial qui avait « tout lu et tout bu », d’une consommation peu modérée dans la gente journalistique de gorgeons de « petit rouge, blanc ou rosé » des terres traversées. A l’époque, on ne nous bassinait pas avec « deux verres par jour et pas tous les jours ». Ce « pas tous les jours » suggère chez des esprits mal tournés, comme le géniteur de ces lignes, qu’on peut s’en jeter derrière la cravate autant qu’on en veut les jours où on ne se limite pas à deux. En cet an 1952, rien ne laissait présager que le 14 juillet 2022, soit 70 ans plus tard, la retransmission télé de l’escalade de ce col (pas de bouteille) à la force du jarret allait exploser l’audimat. Elle a rassemblé plus de huit millions de téléspectateurs, plus de 50% des dites parts de marché, du jamais… vu. A côté, le défilé militaire et ses quatre millions et les six millions qui ont assisté au début de « l’interviouve » puis ont progressivement décroché pour rallier la Trois et la Deux avides de connaître le dénouement de l’étape, font pâle figure. S’ajoute que défilé et propos présidentiels avaient squatté cinq chaînes, laissant peu de choix, alors que l’étape n’était retransmise successivement par une seule chaîne. Donc l’événement de ce 14 juillet a bien été le Tour et sa grande noce avec le pinard…

                                                                        A suivre

              Pour tout savoir sur le vin Mariani, l’élixir des champions qui enchantait les pédales, Zaaf, le coureur musulman bourré à la clé qui repartit en sens inverse, Moineau, un drôle d’oiseau qui saoula ses rivaux et gagna l’étape à Bordeaux, sur les chasseurs à la canette, sur le brutal fondement de la diététique cycliste entre les deux guerres, prière d’attendre le deuxième volet de cette histoire homérique entre Pinard et pédale.

La demande de modifications du cahier des charges approuvée le 22/02/2022 a été publiée au Journal Officiel de l’Europe le 25 mai 2022.  

Les modifications portent sur :

L’introduction de nouveaux cépages

Deux cépages ont été ajoutés à la liste des cépages,  le Chardonnay (B) et le Cabaret Noir (N)

Les cépages Chardonnay (B) (Vitis Vinifera) et Cabaret Noir (N) (croisement de Vitis Vinifera et d’autres espèces du genre Vitis) sont en production chez les producteurs, comme le permet l’OCM récemment renouvelée. Ces deux cépages sont désormais ajoutés à la liste des cépages.

Pour correspondre à la pratique et compte tenu du fait que l’OCM (l’organisation commune des marchés)

 renouvelée récemment permet l’utilisation de cépages issus d’un croisement entre Vitis Vinifera et d’autres espèces du genre Vitis, les cépages Chardonnay (B) et Cabaret Noir (N) ont été ajoutés à la liste des cépages.

Inspections organoleptiques

En ce qui concerne l’inspection organoleptique, un accord a été passé avec le Weinbauamt (office allemand de la viticulture) afin d’y procéder, selon les procédures établies, à l’inspection du vin de qualité.

Motifs

Lors d’une inspection organoleptique, les vins AOP doivent obtenir le résultat minimal fixé à cet égard. Initialement, seule la NVWA (autorité néerlandaise de contrôle des denrées alimentaires et des produits de consommation) avait été désignée comme autorité chargée de contrôler l’inspection. Il a toutefois été convenu que, désormais, cette inspection serait effectuée par le Weinbauamt allemand, qui dispose de toutes les procédures nécessaires pour procéder à l’inspection contrôlée des vins de qualité. Le contrôle des vins AOP continue de relever de la responsabilité de la NVWA.

Suppression du rendement maximal du cépage Johanniter (B)

Le rendement maximal en hectolitres par hectare du Johanniter (B) pour les raisins passerillés (20 hectolitres par hectare) et les raisins surmûris (40 hectolitres par hectare).

Motifs
Les raisins du cépage Johanniter (B) ne sont pas utilisés pour le vin de raisins passerillés et/ou le vin de raisins surmûris.

Pour consulter le détail de l’appellation, cliquez sur le lien suivant: https://www.terroirsdumondeeducation.com/article-sur-le-pays/parent-nl/achterhoek-winterswijk-bob-2/

La DOC Etna et en vogue depuis quelques années et des gros bras, comme Angelo Gaja, élaborent des vins dans cette région dont la topographie, la climatologie et le sol volcanique se prêtent admirablement à la production de vin minéraux, tendus et raffinés de cépages autochtones. Nous faisions état sur le site terroirsdumondeeducation.com  le 14 février 2022, de changements en vue sur la composition des mousseux et la proportion accrue de nero mascalese dans l’assemblage. En fait, comme c’est quasiment toujours le cas, une refonte de la DOC qui a été faite. C’est pourquoi, nous attendons toujours la publication finale du cahier des charges de l’Europe pour intégrer les modifications à la DOC sur notre site.

La demande de modifications du cahier des charges de l’appellation approuvée le 25.3.2022 a été publiée au Journal Officiel de l’Europe le 26 juin 2022.

Les modifications portent sur :

Indication types mousseux et catégories relatives

Les types de vins mousseux, déjà en vigueur, sont précisés avec la distinction entre Spumante Bianco et Spumante Rosato, tous deux dans les deux catégories Vin mousseux et Vin mousseux de qualité.

Le vin mousseux produit sur le territoire de l’Etna s’obtient par la transformation en vin mousseux blanc et vin mousseux rosé des raisins noirs Nerello Mascalese et n’est produit que selon la méthode classique. En raison de la haute valeur qualitative et de la demande croissante des marchés, il a été décidé d’identifier plus clairement les deux versions de produits mousseux, en indiquant dans l’AOP «Etna» les différents vins mousseux obtenus.

Modification de la base ampélographique des cépages secondaires

Pour les types «Etna» Bianco et «Etna» Bianco Superiore, les variétés Minnella Bianca et Trebbiano sont supprimées de la liste des variétés secondaires, tandis que la référence à l’utilisation des variétés appropriées pour la région Sicile est conservée.

Variation de la base ampélographique  pour «Etna» Spumante (mousseux)

Description: pour l’«Etna» Spumante (rosé ou vinifié en blanc), la quantité minimale de raisins Nerello Mascalese passe  de 60 à 80 %.

Modification administrative dans la zone de production des raisins

À la suite de changements intervenus entre les administrations publiques, la commune de Ragalna a été créée en tant que commune autonome et indiquée à la place de la commune de Paternò. En effet, l’aire correspondant à l’AOC «Etna» se trouvait auparavant sur le territoire de la commune de Paternò mais appartient désormais au territoire de la commune de Ragalna nouvellement créée.

Introduction du nombre minimal de pieds par hectare

Pour les nouvelles plantations et les replantations, l’intervalle de plantation doit être tel que la densité de plantation soit égale ou supérieure à 4 600 pieds par hectare.

Modification du type alcoométrique rosé et les mousseux

Pour les types Rosato et Spumante, le titre alcoométrique minimal des raisins à la récolte est abaissé d’un demi-point de pourcentage: il passe pour le Rosato de 12 à 11,5 % et pour les Spumante de 10 à 9,5 %.

«Etna» Rosato, modification des paramètres de la couleur, du titre alcoométrique volumique total minimal et de l’extrait non réducteur minimal

Le ton de la couleur rosée est modifié, celle-ci pouvant prendre des nuances orangées, et la référence à la couleur rubis est supprimée; le titre alcoométrique volumique total minimal est abaissé de 12,50 à 12 % vol; la valeur de l’extrait sec passe de 20 à 18 g/l.

«Etna» Bianco Superiore — indication de l’acidité totale minimale

Pour le type «Etna» Bianco Superiore, seule la valeur minimale de 5,5 g/l est indiquée pour le paramètre physique et chimique de l’acidité totale.

Intégration des caractéristiques à la consommation des types Spumante Bianco et Spumante Rosato

les caractéristiques du produit mis à la consommation pour les types Spumante Bianco et Spumante Rosato, qui avaient été précédemment regroupées dans une seule catégorie «Spumante», ont été précisées séparément.

Le type Spumante possède une forte identité au sein de l’appellation «Etna» dans les deux types de couleur, blanc et rosé; par conséquent, les caractéristiques physiques, chimiques et organoleptiques des deux versions de vin mousseux (Spumante Bianco et Spumante Rosato) ont été définies de manière précise.

Étiquetage et présentation — indication de l’unité géographique plus grande «Sicilia»

L’unité géographique plus grande «Sicilia» peut figurer sur l’étiquetage et la présentation des vins bénéficiant de l’AOP «Etna».

Conditionnement et systèmes de fermeture — re-formulation et précisions

Le volume nominal maximal des récipients en verre est réduit de 5 à 3 litres, à l’exception des bouteilles de forme «bordelaise» et «bourguignonne» et des flûtes à vin d’Alsace, dont la capacité maximale peut atteindre 18 litres.

La suppression de la limite de 5 litres exclut la possibilité d’utiliser la dame-jeanne, et l’indication de la limite maximale de 18 litres favorise le recours aux grands formats.

Pour les vins mousseux, tous les systèmes de fermeture prévus par la législation en vigueur sont autorisés, à l’exclusion des bouchons en plastique.

Cette modification prévoit explicitement la volonté des producteurs d’exclure l’utilisation de ce matériau pour les vins mousseux.

Le bouchon ras de bague n’est plus obligatoire pour tous les types, à l’exception de l’«Etna» Rosso Riserva et de l’«Etna» Bianco Superiore;

Cette modification prévoit que, pour les vins de l’AOC «Etna», à l’exception de l’«Etna» Rosso Riserva et de l’«Etna» Bianco Superiore, toutes les fermetures prévues par la législation en vigueur sont autorisées; la dénomination s’ouvre ainsi à l’utilisation de bouchons modernes et largement répandus au niveau international

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