CÔTES DE DURAS AOP

L’APPELLATION

L’appellation Côtes de Duras est réservée aux vins rouges et rosés  qui sont des vins secs tranquilles et aux vins blancs tranquilles se déclinent en sec, moelleux ou doux. Ils sont élaborés sur le territoire de certaines communes du département de Lot-et-Garonne.

HISTOIRE

A l’époque de la Guyenne anglaise du XIème au XIVème siècle, l’économie viticole duraquoise connaît un certain essor grâce aux expéditions en Angleterre des vins du « Haut-Pays », cette dénomination regroupant tous les vignobles situés en amont de Bordeaux et dont le commerce s’effectuait par la Dordogne et la Garonne.
Le protectionnisme mis en place par les Bordelais fait l’objet, sous l’Ancien Régime, de quelques assouplissements. Ainsi les vins du « Haut-Pays » payent un droit de « double marque » alors que ceux de la région de Duras n’acquittent qu’un droit de « demi-marque ».
Au XVII ème siècle, le duc de Duras reçoit même l’autorisation de faire mettre, chaque année, 1 000 tonneaux de vin de « Duras » en barriques bordelaises.
Au début du XXème siècle, la production des « Côtes de Duras » s’oriente essentiellement vers la production de vins blancs moelleux, comme celle de « Bergerac », dont la région parisienne est friande. Mais la désaffection du consommateur pour ce type produit après la seconde guerre mondiale, pousse la communauté humaine à faire évoluer sa production.
En 1924, le syndicat de défense des vins du canton de Duras est créé avec pour objectif la reconnaissance de l’appellation d’origine « Vin du canton de Duras ».

Face à la contestation de cette dénomination par un courtier, l’affaire est tranchée par le tribunal civil d’Agen le 28 juin 1927. Le jugement précise que : « Si le terroir des coteaux du canton de Duras ne donne pas à ses vins les bouquets particuliers aux grands crus, il permet tout au moins de faire des vins de premier ordre et unanimement appréciés par les consommateurs ». Le juge définit les vins de « Duras » comme « des vins fruités et corsés, ayant un cachet qui décèle leur origine ».

L’appellation d’origine contrôlée « Côtes de Duras » est reconnue le 16 février 1937, pour les vins blancs et les vins rouges.
Au début des années 1960, la reconversion vers les cépages rouges et le cépage sauvignon B est bien engagée en bordelais, et l’économie duraquoise emboîte le pas, face à des perspectives économiques en plein développement.
A partir de 1970, les vins blancs secs issus du cépage sauvignon B deviennent les produits phares de la région. Le développement de la maîtrise des températures de vinification, notamment grâce aux investissements coopératifs, permet l’élaboration de vins de issus du cépage sauvignon B, aux arômes si caractéristiques et facilement identifiés par le consommateur.
La cave-coopérative de Duras est créée à cette époque tandis qu’une cave voisine, située en Gironde produit déjà 20 % des vins de l’appellation d’origine contrôlée. En 1985, l’Union interprofessionnelle assure la promotion des vins et les deux caves fusionnent en 1998.
Dans le même temps, la maîtrise des vinifications en rouge par les œnologues bordelais profite bénéficie aux opérateurs voisins de la région de Duras et la production de vins rosés se développe naturellement.
En 2009, la production moyenne de vins rouges est de 65 000 hectolitres et celle de vins rosés de 5 000 hectolitres. La production de vins blancs secs est de 40 000 hectolitres alors que celle de vins blancs moelleux se limite à mois de 2 000 hectolitres, commercialisés directement en bouteilles.

CLIMAT ET SOLS

Limitée au sud par la vallée du Dropt, la zone géographique constitue un prolongement du plateau de « l’Entre-Deux-Mers » à 70 kilomètres à l’est de Bordeaux et à mi-chemin entre les vallées de la Garonne et de la Dordogne.
Le nord de la zone géographique marque la ligne de partage des eaux entre le bassin de la Dordogne et de la Garonne. Le plateau, exposé plein sud, a été profondément entaillé par le réseau hydrographique constitué par les ruisseaux du Dousset à l’ouest, la Dourdèze au centre et le Malromé et l’Escourrou à l’est. La zone géographique correspond aux 15 communes du canton de Duras.
Le paysage est marqué par la succession de collines et de vallons plus ou moins encaissés. La topographie tourmentée est liée à la nature friable des molasses affleurantes et à la karstification des calcaires sous-jacents.
A mi-pente et aussi dans la partie la plus haute des coteaux, des affleurements calcaires durs forment des petites falaises nettement visibles dans le paysage. Les formations géologiques les plus friables sont constituées par les molasses du « fronsadais » dans la partie inférieure des coteaux, et les molasses de « l’agenais » pour la partie sommitale des croupes.
A mi-pente apparaît le calcaire de « Castillon » qui est blanc, crayeux et plus ou moins fissuré.

Au sommet des molasses de « l’agenais », affleure, très localement, le calcaire blanc de « l’agenais ». Ce calcaire blanc, dur et caverneux, culmine, sous forme de plateau, sur les communes de Loubès-Bernac et Soumensac et porte des argiles de décalcification.

Les molasses du « fronsadais »ont donné des sols bruns argileux, parfois argilo- graveleux, et ne sont exploités en vigne que dans les secteurs non gélifs de la vallée du Dropt.
Le calcaire de « Castillon » porte, à l’affleurement, des rendzines très maigres sur lesquelles la culture est difficile. C’est surtout le domaine des « landes à genièvres ». Lorsque le sol devient un peu plus épais, la vigne va pouvoir bénéficier d’un sol maigre et parfaitement drainé.

Les molasses de « l’agenais » portent des sols décarbonatés et souvent très lessivés. Le recouvrement par les limons éoliens permet la formation de boulbènes.
L’aire parcellaire délimitée, dont la surface est de 9871 hectares, couvre à peine la moitié de la zone géographique.

Le climat océanique apporte une pluviométrie étalée toute l’année, avec un pic hivernal et un pic au mois de mai. Les températures sont douces au printemps et favorisent un démarrage précoce de la vigne. Les arrière-saisons sont ensoleillées, après parfois un épisode pluvieux à l’équinoxe.

Les cépages traditionnels de l’Aquitaine se sont tout naturellement développés dans cette zone en raison de leur adaptation au milieu.

Source: Par Robert White, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification et l’élaboration des vins sont assurées sur le territoire des communes suivantes du département de Lot-et-Garonne (sur la base du code officiel géographique en date du 1er février 2024) : Auriac-sur-Dropt, Baleyssagues, Duras, Esclottes, Loubès-Bernac, Moustier, Pardaillan, Saint- Astier, Saint-Jean-de-Duras, Saint-Sernin, Sainte-Colombe-de-Duras, Sauvetat-du-Dropt (La), Savignac-de-Duras, Soumensac et Villeneuve-de-Duras. Modifications du 30/07/2025.

AIRE DE PROXIMITÉ

Elle est constituée par le territoire des communes suivantes (sur la base du code officiel géographique en date du 26 février 2020) :

— département de la Dordogne : Communes entières : Sadillac, Thénac.

Commune en partie : Saint-Julien-Innocence-Eulalie pour le seul territoire de l’ancienne commune de Sainte-Eulalie- d’Eymet devenue commune déléguée au sein de Saint-Julien-Innocence-Eulalie au 1er janvier 2019.

— département de la Gironde : Dieulivol, Landerrouat, Lèves-et-Thoumeyragues (Les), Margueron, Monségur, Pellegrue, Riocaud, Saint-Avit-Saint-Nazaire.

— département de Lot-et-Garonne : Lévignac-de-Guyenne, Mauvezin-sur-Gupie, Monteton, Roumagne.

CÉPAGES PRINCIPAUX

cabernet franc N , cabernet-sauvignon N, cot N – malbec, merlot N, muscadelle B, sauvignon B – sauvignon blanc,  sauvignon gris G – fié gris,  semillon B,

– cépages accessoires : colombard B, ugni blanc B.

a) – Les vins rouges sont issus des cépages suivants : cabernet franc N, cabernet sauvignon N, cot N et merlot N.

b) – Les vins rosés sont issus des cépages suivants :
Cépages principaux : cabernet franc N, cabernet sauvignon N, cot N et merlot N. Cépages accessoires : muscadelle B, sauvignon B, sauvignon gris G, sémillon B.

c) – Les vins blancs sont issus des cépages suivants :
– cépages principaux : chenin B, mauzac B, muscadelle B, ondenc B, sauvignon B, sauvignon gris G, sémillon B ;
– cépages accessoires : colombard B, ugni blanc B.

– Les vins sont issus d’un ou de plusieurs cépages.
– La proportion de l’ensemble des cépages principaux est supérieure ou égale à 50 % de l’assemblage.
– La proportion du cépage colombard B est inférieure ou égale à 10 % de l’assemblage des vins blancs.
– Pour les vins rosés issus de cépages blancs et noirs, seul l’assemblage de raisins ou de mouts est autorisé. La proportion de l’ensemble des cépages accessoires est inférieure ou égale à 20% dont au maximum 10% pour l’ensemble des cépages sauvignon B et sauvignon gris G et 10% pour la muscadelle B.

RENDEMENTS MAXIMAUX

1. vins rouges et rosés 66 hectolitres par hectare

2. vins blancs secs : 72 hectolitres par hectare

3. vins blancs autres que secs 66 hectolitres par hectare

VINS ET CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES

Les techniques soustractives d’enrichissement (TSE) sont autorisées, pour les vins rouges, dans la limite d’un taux de concentration maximum de 10 %. L’augmentation du titre alcoométrique volumique naturel, pour le lot faisant l’objet du traitement, est inférieure ou égale à 1 % vol ; pour l’élaboration des vins rosés, l’utilisation des charbons à usage œnologique est autorisée pour les moûts, dans la limite de 20 % du volume de vins rosés élaborés par le vinificateur concerné, pour la récolte considérée. Les vins ne dépassent pas, après enrichissement, un titre alcoométrique volumique total de 13 % pour les vins rouges, rosés et blancs secs et 14 % pour les autres vins blancs. Outre les dispositions ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques œnologiques, les obligations figurant au niveau communautaire (UE) et dans le code rural et de la pêche maritime.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

Les vignes présentent une densité minimale de plantation de 4 000 pieds à l’hectare. L’écartement entre les rangs est inférieur ou égal à 2,50 mètres. Chaque pied dispose d’une superficie maximale de 2,50 mètres carrés. Cette superficie est obtenue en multipliant les distances d’inter-rang et d’espacement entre les pieds sur un même rang. Cette densité de plantation peut être réduite à 3 300 pieds par hectare pour les plantations de vignes destinées à la production de vin blanc de type sec. Dans ce cas, les vignes doivent présenter un écartement entre les rangs inférieur ou égal à 3 mètres et un écartement entre les pieds sur un même rang supérieur à 0,85 mètre.

Les vignes sont taillées selon les techniques suivantes :

— taille en Guyot simple ou Guyot double ;

— taille à coursons(cots)en cordon de Royat ou en éventail;

— taille à longs bois (astes).

Après ébourgeonnage, chaque pied porte au maximum, 15 yeux francs pour le cépage sauvignon B et le cépage sauvignon gris G, et 13 yeux francs pour les autres cépages.

Pour les vignes conduites à une densité inférieure à 4 000 pieds par hectare, chaque pied porte, après ébourgeonnage, au maximum, 18 yeux francs par pieds pour le cépage sauvignon B et le cépage sauvignon gris G et 15 yeux francs pour les autres cépages.

L’irrigation est interdite.

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée « Côtes de Duras » peut préciser l’unité géographique plus grande « Sud-Ouest ». Cette unité géographique plus grande peut également figurer sur les prospectus et récipients quelconques. Les dimensions des caractères de l’unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, à celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Le terme «sec» figure obligatoirement sur l’étiquetage des vins blancs dont la teneur en sucres fermentescibles (Glucose + Fructose) est inférieure ou égale à 3 grammes par litre.

Dernière modification du cahier des charges : 30/07/2025

CÔTES DE BERGERAC AOP

NB: revue par J.Uztarroz. Corrèze hors échelle)

L’APPELLATION

L’appellation Côtes de Bergerac est réservée aux vins rouges secs tranquilles et aux vins blancs tranquilles qui se déclinent en demi-sec, moelleux ou doux pour les blancs élaborés sur le territoire de certaines  communes  du département de la Dordogne.  

HISTOIRE

Le berceau originel du vignoble est la « Vinée », territoire correspondant aux sept paroisses situées au nord de la ville de Bergerac. Après la Guerre de Cent Ans, cette « Vinée » devenue trop petite, s’étend et gagne les coteaux de la rive droite de la Dordogne.
Du XIIe siècle jusqu’à la fin de la Guerre de Cent Ans, l’histoire du vignoble de Bergerac est intimement liée à celle des rois d’Angleterre, l’Aquitaine ayant été apportée en dot par Aliénor à Henri II Plantagenêt.
En 1254, Henri III permettra aux vins de Bergerac embarqués à Libourne ou Bordeaux vers les ports de l’Europe du nord, de s’exporter en toute saison sans la moindre entrave du Bordelais. En effet, tous les vins du Haut Pays (via la Dordogne et la Garonne) ne pouvaient descendre à Bordeaux avant la Saint Martin (11 novembre) ou Noël. La région de Bergerac doit ainsi une part de sa notoriété aux vins rouges qui s’exportaient vers l’Angleterre mais surtout jusqu’à la fin du XIIIe siècle aux vins « clarets » issus indistinctement de raisins rouges et blancs.
Le Bergeracois étant converti au protestantisme, la révocation de l’Edit de Nantes en 1685 aura pour conséquence l’exil des huguenots vers la Hollande, l’Allemagne et la Suisse tout en permettant le développement d’un commerce florissant avec toute l’Europe du Nord. Les protestants exilés en Hollande s’arrachaient à prix d’or ces vins blancs et ces vins « clarets ».
Le commerce des vins était étroitement lié aux conditions de navigation sur la Dordogne. Ainsi le vignoble en amont de Bergerac a disparu en raison de la présence d’une succession de rapides connus sous le nom de « Pas de la Gratusse » qui rendaient très difficiles la montée et la descente des barques fluviales appelées « gabarres ».
Les viticulteurs et les négociants se sont regroupés depuis plus de 50 ans dans une structure interprofessionnelle chargée du développement et de la promotion de la production locale.
Les crises du XXe siècle ont favorisé la création de 10 caves-coopératives regroupées aujourd’hui en quatre pôles. La viticulture regroupe un peu plus de 1000 vignerons, dont les deux tiers sont des vignerons coopérateurs (pour un tiers de la production). La communauté humaine de cette appellation s’est ainsi organisée pour préserver l’histoire et les savoir-faire.
Au niveau de chaque exploitation, la production de vins « Côtes de Bergerac » représente un choix délibéré et une volonté d’élaborer un produit qui se démarque par sa tannicité pour les vins rouges ou sa sucrosité pour les vins blancs. Ainsi chaque producteur identifie dans son vignoble les parcelles à forte potentialités sur les critères tels que la vigueur, c’est-à-dire la faible fertilité du sol, l’exposition pour une maturité optimale ou l’âge de la vigne pour un rendement maîtrisé.

CLIMAT ET SOLS

La zone géographique s’étend de part et d’autre de la vallée de la Dordogne sur un ensemble de coteaux situés au sud-ouest du Périgord. La rivière occupe une vallée, étroite et encaissée en amont de Bergerac, qui s’évase en aval pour atteindre une largeur de 7 à 8 kilomètres. Avec la vallée et les coteaux, la zone géographique recouvre le territoire de 90 communes.
Sur la rive droite, la zone géographique se limite aux premiers coteaux qui dominent la vallée de la Dordogne, bordés au nord par la forêt du Landais.
D’est en ouest, les formations géologiques affleurantes sont constituées :
– en amont de Bergerac, par les calcaires marins du Crétacé déposés au Secondaire,
– de Bergerac au Fleix, par les sables et argiles à graviers du Périgord qui proviennent du démantèlement des arènes granitiques du Massif Central,
– de la commune de Le Fleix jusqu’au département de la Gironde, par un substratum argilo-calcaire tertiaire qui correspond à la limite d’extension de la mer stampienne dans laquelle s’est déposé le calcaire à astéries au Tertiaire. Les niveaux de calcaires durs apparaissent nettement dans ce paysage en formant des corniches ou des cuestas souvent couronnées par des taillis ou des bois de chêne.
Sur la rive gauche, la zone géographique s’étend sur l’interfluve Dordogne – Dropt, cette vallée constituant la limite sud du département.
Sur cette rive affleurent uniquement des formations tertiaires avec des calcaires lacustres (Castillon, Monbazillac, Issigeac) intercalés dans des niveaux plus molassiques.
Le paysage est ainsi constitué par une succession de coteaux aux expositions variées nettement ciselés par le réseau hydrographique.
Les sols les plus caractéristiques sont :
– les rendzines et sols bruns calcaires plus ou moins épais en fonction de l’origine du substrat (marin ou lacustre) et de leur position topographique,
– les sols lessivés de boulbènes sur les sables et argiles à graviers du Périgord et sur les molasses tertiaires,
– les sols alluviaux argilo-graveleux des terrasses de la Dordogne.
Ces sols pauvres assurent une bonne maîtrise de la production des raisins et un bon régime hydrique.
Le climat est un climat océanique atténué, moins pluvieux et un peu plus froid que sur la façade atlantique. L’éloignement de la côte atlantique crée quelques nuances dans le climat océanique avec des températures plus élevées l’été et plus froides l’hiver. La configuration particulière de la vallée de la Dordogne, ouverte tel un entonnoir vers l’océan à l’ouest, permet à la douceur atlantique de remonter jusqu’à près de 100 kilomètres à l’intérieur des terres amenant l’humidité et la douceur au printemps et en automne.
Les mois les plus pluvieux sont décembre, janvier et mai alors que les précipitations sont faibles en mars et de juillet à septembre.
Cette région agricole, appelée Périgord pourpre en raison de la présence du vignoble, présente une mosaïque de paysages. Tout au nord, la forêt marque l’horizon, entrecoupée de clairières sur les croupes où l’élevage et la viticulture sont présents. La vallée de la Dordogne est entretenue comme un jardin avec une imbrication de parcelles destinées à la culture céréalière, au maraîchage, au tabac, aux vergers et à la vigne. A l’ouest vers Montravel et sur les coteaux sud, les calcaires marquent le paysage avec une forte présence de la vigne mais aussi des vergers, des céréales et des prairies. Plus on se rapproche de la vallée du Dropt et plus le paysage s’ouvre sur de grands espaces céréaliers.

Source: flickr.com

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration, l’élevage des vins et, exclusivement pour les vins rouges, le conditionnement des vins sont assurés sur le territoire des communes suivantes du département de la Dordogne : Baneuil, Bergerac, Boisse, Bonneville-et-Saint-Avit-de-Fumadières, Bouniagues, Campsegret, Carsac-de-Gurson, Colombier, Conne-de-Labarde, Cours-de-Pile, Creysse, Cunèges, Eymet, Faurilles, Flaugeac, Fleix (Le), Fonroque, Force (La), Fougueyrolles, Fraisse, Gageac-et-Rouillac, Gardonne, Ginestet, Issigeac, Lalinde, Lamonzie-Saint-Martin, Lamothe-Montravel, Lanquais, Lèches (Les), Lembras, Lunas, Maurens, Mescoules, Minzac, Monbazillac, Monestier, Monfaucon, Monmadalès, Monmarvès, Monsaguel, Montazeau, Montcaret, Montpeyroux, Mouleydier, Moulin-Neuf, Nastringues, Naussannes, Nojals-et- Clotte, Plaisance, Pomport, Port-Sainte-Foy-et-Ponchapt, Prigonrieux, Queyssac, Rampieux, Razac-d’Eymet, Razac-de-Saussignac, Ribagnac, Rouffignac-de- Sigoulès, Sadillac, Saint-Agne, Saint-Antoine-de-Breuilh, Saint-Aubin-de- Cadelech, Saint-Aubin-de-Lanquais, Saint-Capraise-d’Eymet, Saint-Cernin-de- Labarde, Saint-Germain-et-Mons, Saint-Géry, Saint-Julien-d’Eymet, Saint-Laurent- des-Vignes, Saint-Léon-d’Issigeac, Saint-Martin-de-Gurson, Saint-Méard-de- Gurçon, Saint-Michel-de-Montaigne, Saint-Nexans, Saint-Perdoux, Saint-Pierre- d’Eyraud, Saint-Rémy, Saint-Sauveur, Saint-Seurin-de-Prats, Saint-Vivien, Sainte- Eulalie-d’Eymet, Sainte-Innocence, Saussignac, Serres-et-Montguyard, Sigoulès, Singleyrac, Thénac, Vélines, Verdon, Villefranche-de-Lonchat.

AIRE DE PROXIMITÉ

L’aire de proximité immédiate, définie par dérogation pour la vinification et pour l’élaboration des vins blancs, est constituée par le territoire des communes suivantes :
– département de la Dordogne : Cause-de-Clérans, Saint-Géraud-de-Corps ;

– département de la Gironde : Caplong, Castillon-la-Bataille, Francs, Gardegan-et- Tourtirac, Gensac, Les Lèves-et-Thoumeyragues, Margueron, Pineuilh, Saint-Avit- Saint-Nazaire, Saint-Cibard, Saint-Emilion ;
– département de Lot-et-Garonne : Duras et Loubès-Bernac.

CÉPAGES PRINCIPAUX

Muscadelle B, Cot N, Ondenc B, Chenin B, Sauvignon Gris G, Sauvignon Blanc B, Ugni Blanc B, Cabernet-Sauvignon N, Merlot N, Sémillon B, Cabernet Franc N

a) – Les vins rouges sont issus des cépages suivants : cabernet franc N, cabernet sauvignon N, cot N et merlot N.

b) – Les vins blancs sont issus des cépages suivants :
– cépages principaux : muscadelle B, sauvignon B, sauvignon gris G, sémillon B ;

– cépage complémentaire : ugni blanc B ;
– cépages accessoires : chenin B, ondenc B.

– Les vins rouges proviennent de l’assemblage de raisins ou de vins issus d’au moins deux cépages.
– Pour les vins blancs, la proportion de l’ensemble des cépages principaux est supérieure ou égale à 50 % de l’assemblage.

RENDEMENTS MAXIMAUX

Le rendement butoir est fixé à 60 hectolitres par hectare pour les vins rouges et 66 hectolitres par hectare pour les vins blancs.

VINS ET CARACTÉRITIQUES ŒNOLOGIQUES

Les techniques soustractives d’enrichissement (TSE) sont autorisées pour les vins rouges dans la limite d’un taux de concentration maximum de 10 %. L’augmentation du titre alcoométrique volumique naturel, pour le lot faisant l’objet du traitement, est inférieure ou égale à 1 % vol.
Les vins ne dépassent pas, après enrichissement, un titre alcoométrique volumique total de 14,5 %.
Outre les dispositions ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques oenologiques, les obligations figurant au niveau communautaire (UE) et dans le code rural.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

Les vignes présentent une densité minimale de plantation de 4 000 pieds à l’hectare.
L’écartement entre les rangs ne peut être supérieur à 2,50 mètres et l’écartement entre les pieds sur le rang ne peut être inférieur à 0,80 mètre.

Les vignes sont taillées selon les techniques suivantes : taille Guyot, taille courte (conduite en cordon de Royat) ou taille à cots.
Chaque pied porte au maximum 16 yeux francs pour les cépages blancs et gris et 12 yeux francs pour les cépages rouges.

L’irrigation est interdite.

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée «Côtes de Bergerac» peut préciser l’unité géographique plus grande « Sud-Ouest ». Cette unité géographique plus grande peut également figurer sur les prospectus et récipients quelconques.

Les dimensions des caractères de l’unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, à celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Pour les vins blancs, les termes « demi-sec », « moelleux » et « doux » sont obligatoires figurent obligatoirement sur l’étiquetage en fonction de la teneur en sucres fermentescibles (glucose et fructose) du vin.

Dernière modification du cahier des charges : 19 décembre  2011

COTEAUX DU QUERCY AOP

NB: revue par J.Uztarroz. Corrèze hors échelle)

L’APPELLATION

L’appellation Coteaux du Quercy est réservée aux vins tranquilles rouges et rosés élaborés sur le territoire de certaines communes du département du Lot et du pépartement du Tarn-et-Garonne.

HISTOIRE

Le Quercy est une ancienne province dont le nom est lié vraisemblablement aux Cadurques ou Cadurci, peuple gaulois qui s’installe dans cette région au cours des VIIIème au VIème siècle avant Jésus-Christ.
La vigne est implantée après la conquête romaine mais sa culture se développe véritablement à partir du Xème siècle, sur les terres ecclésiastiques des nombreuses abbayes édifiées dans la région, notamment à Montpezat-de-Quercy, Puylaroque, Bruniquel, Vazerac.
Dans les chartes des communes, datées du XIIIème siècle, de nombreux articles font référence à la culture de la vigne. Ainsi la charte de Saint-Cyprien, datée de 1224, cite « Le mouillage du vin sera puni de 20 sols d’amende ». D’autres écrits relatent l’interdiction de fumer la vigne, témoignant de la recherche, dès cette époque, de la qualité des vins.
De nombreuses abbayes font transporter leurs vins jusqu’à Bordeaux, en empruntant le Lot ou l’Aveyron. Le vignoble se développe, suivant les aléas des rapports conflictuels avec les jurats de Bordeaux qui règlementent le commerce fluvial des vins du « Haut-Pays ».
Au milieu du XIXème siècle le plus grand vignoble de France (40 000 hectares) est implanté dans la région du Quercy. Il est presque totalement détruit lors de la crise phylloxérique, dès 1876.
La reconstruction du vignoble est laborieuse, entravée par les deux guerres mondiales. Au sortir de la Grande Guerre, l’état du vignoble est très dégradé et de nombreuses vignes sont abandonnées. Le gel de 1956 lui porte un nouveau coup dur.
Cependant, malgré ce contexte difficile, une nouvelle génération d’hommes des deux départements du Tarn-et-Garonne et du Lot, dynamiques et motivés, s’organise pour maintenir et préserver l’identité et la notoriété des vins la région du Quercy. De nombreux efforts sont engagés sur la définition de règles communes de production, d’une part, et sur l’organisation de la filière, d’autre part.
Le Syndicat des Vignerons du Quercy est ainsi créé en 1975 et cette création s’accompagne d’un programme de restructuration du vignoble. L’appellation d’origine vins délimités de qualité supérieure « Coteaux du Quercy » est reconnue le 29 décembre 1999.
En 2008, une superficie de 250 hectares est exploitée par une cinquantaine de producteurs, répartis en 22 caves particulières et 2 caves coopératives. Les vins rouges représentent environ 80% de la production et les vins rosés 20%.

CLIMAT ET SOLS

La zone géographique s’étend sur la région naturelle du « Bas-Quercy », région du Quercy située au sud de la vallée du Lot. Située sur un substrat géologique tertiaire, où s’entremêlent plateaux calcaires lacustres et coteaux molassiques, le relief et le paysage y sont très contrastés.
3 ensembles composent cette zone géographique.
Au centre de la zone géographique, un premier ensemble est caractérisé par des coteaux molassiques moyennement accidentés qui dessinent un paysage vallonné dont l’altitude varie entre 150 mètres et 280 mètres. Les sols développés sur ces coteaux sont des sols bruns calcaires ou calciques argileux. Le paysage est assez ouvert, parsemé de nombreux bosquets et petits bois. Le paysage agricole est très diversifié, caractérisé par la présence de grandes cultures, essentiellement céréales et tournesol, parcelles herbagères, vergers et vignes à raisin de table, cet ensemble étant également inclus dans la zone géographique de l’appellation d’origine protégée « Chasselas de Moissac ». Le vignoble est dispersé en de nombreux îlots situés sur les parties hautes des coteaux les mieux exposés.
Au nord de la zone géographique, les coteaux sont dominés par des plateaux calcaires aux replats sommitaux étroits, s’élargissant en allant vers le Nord, et dont l’altitude moyenne se situe entre 250 mètres et 300 mètres. Les sols développés sont des rendzines plus ou moins évoluées. Les plateaux sont fortement entaillés par le réseau hydrographique secondaire très dense et diversifié, les vallées principales étant orientées nord-est/sud-ouest vers l’axe garonnais. La partie nord de cet ensemble appartient à la région du « Quercy blanc », petite région naturelle dont le nom fait référence à la couleur des sols. Le paysage agricole est caractérisé par des grandes cultures, essentiellement céréales, colza, tournesol et des parcelles herbagères. Le vignoble est implanté en îlots dispersés sur les plateaux.
Au sud de la zone géographique, le troisième ensemble repose sur le territoire de 3 communes situées au sud de la large vallée de l’Aveyron, sur les terrasses alluviales de ce cours d’eau. Ces terrasses recouvrent les coteaux molassiques tertiaires qui apparaissent cependant à l’extrémité méridionale de cet ensemble. Les sols développés plus ou moins lessivés mêlent limons, sables plus ou moins grossiers, graves et argiles. Le paysage agricole est caractérisé par les grandes cultures et l’élevage. Le vignoble est également implanté en îlots dispersés sur les parties hautes des coteaux les mieux exposés ainsi que sur les bordures des terrasses.
La zone géographique recouvre ainsi le territoire de 37 communes réparties entre le Nord du département du Tarn-et-Garonne et le Sud-Ouest du département du Lot.
Le climat est atlantique, avec des influences continentales et méditerranéennes. Les hivers sont relativement froids. Le printemps marque une nette élévation des températures et l’été est caractérisé par un ensoleillement important et des températures élevées. La quantité annuelle moyenne des précipitations est comprise entre 600 millimètres et 800 millimètres. Elle est régulièrement répartie le long de l’année, à l’exception du printemps qui présente un pic de pluviométrie important.
Les vents dominants sont les vents d’ouest. Océaniques, ils amènent les formations nuageuses et les précipitations. Un peu moins fréquent, le vent d’Autan est un vent chaud et sec venant du sud-est. Il souffle par courtes périodes de quelques jours, au printemps et en automne.

Source: https://vins-coteaux-quercy.fr

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins sont assurés sur le territoire des communes suivantes :

– département du Lot : Belfort-du-Quercy, Belmontet, Castelnau-Montratier, Cezac, Flaugnac, Labastide-Marnhac, Lascabannes, Le Montat, Montcuq, Montdoumerc, Montlauzun, Saint-Cyprien, Saint-Daunès, Saint-Pantaléon, Saint- Paul de Loubressac, Sainte-Alauzie, Valprionde ;

– département du Tarn-et-Garonne : Auty, Bruniquel, Caussade, Cayriech, Labarthe, Lapenche, Lavaurette, Mirabel, Molières, Montaigu-de-Quercy, Montalzat, Montfermier, Montpezat-de-Quercy, Puygaillard-de-Quercy, Puylaroque, Réalville, Saint-Georges, Saint-Vincent, Sauveterre, Vaïssac, Vazerac.

AIRE DE PROXIMITÉ

L’aire de proximité immédiate définie par dérogation pour la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins est constituée par le territoire des communes suivantes :

– département du Lot : Bagat-en-Quercy, Le Boulve, Cahors, Cambayrac, Carnac- Rouffiac, Cieurac, Fargues, Parnac, Saux, Saint-Laurent-Lolmie, Saint-Matré, Saint-Vincent-Rive-d’Olt, Sauzet, Trespoux-Rassiels, Villeseque ;
– département du Tarn-et-Garonne : Albias, Bioule, Cayrac, Monclar-de-Quercy, Montricoux, Negrepelisse, Saint-Cirq, Saint-Etienne de Tulmont.

CÉPAGES PRINCIPAUX

cot N, gamay N, merlot N, cabernet franc N, tannat

Vins rouges

– cépage principal : cabernet franc N ;
– cépages complémentaires : cot N, merlot N et tannat N, gamay N.; ajout du 19/07/2025
– cépage accessoire :

– Les vins proviennent de l’assemblage de raisins ou de vins dans lequel 3 cépages sont obligatoirement présents ;

Règles de proportion à l’exploitation

La proportion du cépage principal est supérieure ou égale à 40 % de l’encépagement et inférieure ou égale à 80 % de l’encépagement (était préalablement de 60 %).

La proportion de chacun des cépagess accessoires est inférieure ou égale à 40% de l’encépagement (était de 25 % préalablement)

Modifications du 19/07/2025

Vins rosés

– cépage principal : cabernet franc N ;
– cépages complémentaires : cot N, merlot N et tannat N, gamay N. ;ajout du 19/07/2025

Assemblages des cépages

Vins rouges

 Les vins proviennent de l’assemblage de raisins ou de vins dans lequel 2 cépages sont obligatoirement présents ;

– La proportion du cépage cabernet franc N est majoritaire dans l’assemblage et est comprise entre 30% et 80%. Modifications du 19/07/2025

Vins rosés

– Les vins proviennent de l’assemblage de raisins ou de vins dans lequel 2 cépages sont obligatoirement présents

– La proportion du cépage cabernet franc N est majoritaire dans l’assemblage et est comprise entre 40% et 90%.

RENDEMENTS MAXIMAUX

Le rendement butoir est fixé à 63 hectolitres par hectare

VINS ET CARACTÉRIsTIQUES ŒNOLOGIQUES

Modifications du 19/07/2025

Les vins ne dépassent pas, après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total de 13%.
Outre la disposition ci-dessus, les vins doivent respecter, en matières de pratiques oenologiques, les obligations figurant au niveau communautaire ( UE) et dans le code rural et de la pêche maritime.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

a) – Densité de plantation

Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 4 000 pieds à l’hectare.
Elles présentent un écartement entre les rangs inférieur ou égal à 2,50 mètres et un écartement entre les pieds sur un même rang compris entre 0,90 mètre et 1,10 mètre.

b) – Règles de taille
Les vignes sont taillées selon les techniques suivantes :
– soit en taille Guyot simple ou Guyot double avec un maximum de 12 yeux francs par pied ;
– soit en taille courte (conduite en cordon de Royat bilatéral), avec un maximum de 14 yeux francs par pied.
Au stade phénologique « nouaison », le nombre de rameaux fructifères de l’année, par pied, est inférieur ou égal à :
– 10, pour les vignes taillées en taille Guyot simple ou Guyot double ;
– 12, pour les vignes taillées en taille courte (conduite en cordon de Royat bilatéral).

L’irrigation peut être autorisée.

L’enherbement permanent du contour des parcelles (tournières et espaces inter parcellaires non plantés ou non cultivés) est obligatoire. Cette obligation ne s’applique pas en cas de remise en état des tournières notamment suite à l’érosion, ou à des phénomènes climatiques exceptionnels.

La mise en place d’un paillage plastique à la plantation est interdite.

Ajouts du 19/09/2025

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser l’unité géographique plus grande « Sud-Ouest ».
Les dimensions des caractères de l’unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, à celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Dernière modification du cahier des charges : 19/09/2025

 CORRÈZE AOP

L’APPELLATION

L’appellation Corrèze est réservée aux vins tranquilles rouges, blancs  et aux  vins issus de raisins passerillés élaborés sur le territoire de certaines  communes  du département de la Corrèze.

HISTOIRE, CLIMAT ET SOLS

L’aire géographique de l’AOP « Corrèze », au sud-ouest du département de la Corrèze, se situe dans la zone de piémont des bassins de Brive et de Meyssac. Elle s’appuie sur sa frange est sur les contreforts du Massif Central, à l’ouest sur les collines du Périgord et sur le causse de Martel et est bordée par la rivière Dordogne au sud. La géomorphologie et le climat du département de la Corrèze limitent considérablement les possibilités d’implantation du vignoble. Seuls les bassins de Brive et de Meyssac présentent une exposition, une topographie et une altitude intéressantes pour la culture de la vigne.

En termes de climat, cette région, de faible altitude et bien abritée, jouit d’un régime tempéré et doux, qui fait contraste avec celui plus continental du plateau du Limousin. Les étés sont chauds et les hivers modérément froids. Les précipitations sont bien réparties dans l’année et comprises en moyenne entre 800 et 900 mm. Ce climat océanique, accompagné certaines années de dépressions automnales faiblement pluvieuses provenant d’Aquitaine ou, au contraire d’arrière-saisons chaudes et ensoleillées, est propice à l’élaboration de vins de qualité. De même au niveau pédologique, seuls les sols bruns sur calcaire marneux ou grès au sud du Bassin de Meyssac et ceux sur schistes verticaux au nord du Bassin de Brive sont favorables à la viticulture. Le vignoble se situe généralement entre 150 et 300 mètres d’altitude. Au-delà de 320 mètres d’altitude, c’est-à-dire au nord des failles de Meyssac, de Donzenac et Juillac, il n’y a plus de production viticole sur le socle cristallin.

Les vins rouges de l’AOP « Corrèze » sont issus principalement du cépage cabernet franc N qui, sur les sols truffiers argilo-calcaires, les schistes ardoisiers ou les terrains sédimentaires, permettent l’obtention de vins avec des couleurs rubis à grenat avec des reflets violets et présentant des arômes dominants de fruits rouges associés à des notes épicées. En complément, les cépages merlot N et cabernet-sauvignon N peuvent apporter un surcroît de structure et de complexité aromatique en assemblage.

Les vins qui bénéficient de la dénomination géographique complémentaire Coteaux de la Vézère sont issus de terroirs de schistes ardoisiers des coteaux de la Vézère au Nord de Brive ce qui confère aux vins rouges issus du cépage cabernet franc N des caractéristiques particulières à savoir une couleur rouge rubis et des arômes complexes de fruits rouges et noirs. Ce terroir est le seul à produire des vins blancs secs à partir du seul chenin B ce qui conduit à des vins aux notes de fleurs et de fruits blancs.

La tradition du passerillage pour la production du « vin de paille » se perpétue sur les terrains argilo-calcaires du bassin de Meyssac aux conditions climatiques particulièrement favorables à cette pratique à l’automne. Pour le vin de paille, la géomorphologie et le microclimat qui en résultent sont les facteurs essentiels qui conditionnent l’élaboration de ce produit : des terrains sédimentaires au pied du massif cristallin, une exposition plein sud et une influence océanique atténuée. Cette zone de production constitue un ensemble original que l’on dénomme localement la « Riviera Limousine » propice à l’expression du caractère moelleux du vin de paille qui présentent une robe vieil or à ambré et des arômes de fruits secs ou confits. La situation en amphithéâtre de ces collines au pied de la montagne limousine et dominant la Dordogne au sud, explique la ventilation naturelle et la douceur à l’automne favorables à la pratique du séchage naturel des fruits. Les usages du séchage de fruits et plantes font partie d’une longue tradition dans cette région du Bas-Limousin. La production de noix est très présente dans le bassin de Meyssac, produit reconnu sous l’AOP « Noix du Périgord ». La région a également été importante productrice de tabac avec l’usage de son séchage au dernier siècle. La fabrication du vin de paille est décrite par François Planchard de la Greze, en 1821. Il y précise que les raisins cueillis après la rosée sont étendus sur de la paille ou un plancher bien propre. A la mi-décembre, les raisins sont égrappés et pressés. Cette tradition ancestrale permettant la production d’un vin sucré d’une grande typicité s’est maintenue au cours du temps malgré la raréfaction du vignoble au siècle dernier.

Si les traditions viticoles se sont quasiment interrompues pendant un siècle après le phylloxéra, il est remarquable de constater que dans chacun des deux îlots viticoles corréziens, un groupe d’hommes passionnés a su se réunir autour d’un projet commun, afin de faire revivre un passé glorieux. La qualité des vins et la pérennité des vignobles dont ils sont issus sont assurées par leur savoir faire et leur engagement. En adaptant les cépages et les pratiques aux terroirs, les vignerons ont élaboré des produits complémentaires de grande qualité permettant de renouer avec l’ancienne notoriété de cette région.

Source:https://www.inao.gouv.fr/

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification et l’élaboration des vins sont assurées sur le territoire des communes suivantes du département de la Corrèze :

Allassac, Beaulieu-sur-Dordogne, Bilhac, Branceilles, Brivezac, La Chapelle-aux-Saints, Chauffour-sur-Vell, Collonges- la-Rouge, Curemonte, Donzenac, Ligneyrac, Marcillac-la-Croze, Meyssac, Noailhac, Nonards, Puy-d’Arnac, Queyssac- les-Vignes, Saillac, Saint-Bazile-de-Meyssac, Saint-Julien-Maumont, Sioniac, Turenne, Végennes, Voutezac.

Pour la mention traditionnelle « Vin de paille », la récolte des raisins, le séchage, la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins sont assurés sur le territoire des communes suivantes du département de la Corrèze :

Beaulieu-sur-Dordogne, Bilhac, Branceilles, Brivezac, La Chapelle-aux-Saints, Chauffour-sur-Vell, Collonges-la-Rouge, Curemonte, Ligneyrac, Marcillac-la-Croze, Meyssac, Noailhac, Nonards, Puy-d’Arnac, Queyssac-les-Vignes, Saillac, Saint-Bazile-de-Meyssac, Saint-Julien-Maumont, Sioniac, Turenne et Végennes.

CÉPAGES PRINCIPAUX

cabernet franc N, cabernet-sauvignon N, Chardonnay B, chenin B , merlot N, sauvignon B – sauvignon blanc

a) Les vins rouges sont issus des cépages suivants :

  • cépages principaux : cabernet franc N,
  • cépages accessoires : merlot N, cabernet-sauvignon N
  • b) Les vins susceptibles de bénéficier de la dénomination géographique complémentaire « Coteaux de la Vézère » sont issus des seuls cépages suivants :
    – vins rouges : cabernet franc N
    – vins blancs : chenin B.
  • c) Les vins susceptibles de bénéficier de la mention « vin de paille » sont issus des cépages suivants : cabernet franc N, cabernet-sauvignon N, chardonnay B, merlot N, sauvignon B.
  • Les vins rouges autres que ceux bénéficiant de la mention géographique complémentaire « Coteaux de la Vézère » peuvent être issus d’un seul cépage principal ou de l’assemblage de plusieurs cépages.Dans les assemblages, la proportion du cépage principal est supérieure ou égale à 50 %.

RENDEMENTS MAXIMAUX

Vins tranquilles rouges : 60 hectolitres par hectare

Vins tranquilles blancs secs :  65 hectolitres par hectare

Vin de paille : 24 hectolitres par hectare

La commercialisation des vins «Corrèze» pour lesquels les valeurs d’anhydride sulfureux dépassent les limites imposées par la législation est conditionnée à l’octroi d’une dérogation à ces limites par le règlement délégué (UE) 2019/934 de la Commission. Modification du 15 février 2023.

Les vins bénéficiant de la mention traditionnelle «vin de paille» sont issus de raisins récoltés manuellement.

Les raisins destinés à l’élaboration de ces vins sont mis à sécher sur claies ou sur lit de paille, pendant une durée minimale de 6 semaines, dans des locaux spécifiques ventilés naturellement ou artificiellement. Dans ce dernier cas, la ventilation se fait toujours à la température de l’air extérieur. Cet air peut être déshumidifié par un air froid et sec.

Ces vins font l’objet d’un élevage au moins jusqu’au 15 novembre de la 3ème année qui suit celle de la récolte, dont au moins 18 mois sous bois.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

Les parcelles présentent une densité minimale à la plantation de 4 000 pieds par hectare.

Chaque pied dispose d’une superficie maximale de 2,50 m2. Cette superficie maximale est obtenue en multipliant la distance entre rangs et l’espacement entre pieds.

Ces vignes présentent un écartement entre rangs inferieur ou égal à 2,50 mètres et un écartement entre pieds sur un même rang supérieur ou égal à 0,85 mètres.

Ce dispositif ne s’applique pas aux vignes plantées en terrasse. On entend par parcelle de vigne plantée en terrasse une parcelle bénéficiant d’un aménagement particulier lié à la pente existante, réalisé avant la plantation de la vigne. Cet aménagement entraine une discontinuité de l’écartement habituel de plantation et un non-passage de mécanisation entre deux niveaux successifs. Pour les parcelles de vigne plantées en terrasse, l’écartement entre les pieds sur un même rang est compris entre 0,80 mètre et 1 mètre.

La taille est effectuée au plus tard avant le stade phénologique E, soit 3 feuilles étalées sur les deux premiers yeux francs. Les vignes sont taillées en taille guyot simple, guyot double, cordon de Royat simple ou double.
A la taille, le nombre d’yeux ne peut excéder 16 yeux francs par pied.
A la nouaison (stade 27 de Lorenz), le nombre de rameaux fructifères doit être inferieur ou égal à 12 rameaux par pied.

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

Le nom de l’appellation peut être complété par la mention traditionnelle « vin de paille » pour les vins répondant aux conditions de production fixées pour ce type de vin.

Le nom de l’appellation peut être suivi de la dénomination géographique « Coteaux de la Vézère » pour les vins répondant aux conditions de production fixées pour cette dénomination géographique complémentaire.

Pour la dénomination géographique complémentaire « Coteaux de la Vézère », la récolte des raisins, la vinification et l’élaboration des vins sont assurées sur le territoire des communes suivantes du département de la Corrèze : Allassac, Donzenac, Voutezac.

Dernière modification du cahier des charges : 15 février 2023

CAHORS AOP

L’APPELLATION

L’appellation Cahors est réservée aux vins rouges tranquilles élaborés sur le territoire de certaines communes du département du Lot

HISTOIRE

La vigne est implantée dans le Quercy après la conquête romaine. Dès le VIIème siècle, Saint-Paul, évêque de Verdun, remercie Saint-Didier, évêque de Cahors, d’un envoi fort apprécié de dix vases de vin du Quercy (J. Baudel, Le vin de Cahors, 1972).
Le mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri II, roi d’Angleterre, en 1152, est à l’origine d’un important développement du vignoble bordelais, et de tous les vignobles du « haut-pays ». En 1219, un premier acte est signé entre l’évêque et les consuls de Cahors pour que « le chemin de l’eau entre Cahors et Fumel soit de tout temps ouvert et libre ». La rivière est alors aménagée, des chemins de halage sont tracés, des écluses sont construites. Les vins sont embarqués dans les différents ports ponctuant la vallée du Lot, à Cahors, Douelle, Albas, Castelfranc, Puy l’Evêque… et acheminés jusqu’à Bordeaux, pour ensuite pénétrer dans les provinces du Nord de la France et dans les pays étrangers, notamment en Hollande, en Allemagne et en Russie. Ainsi, dès le XIIIème siècle, le Tsar Pierre Le Grand officialise les vins de Cahors comme vin de la Cour des Tsars et vin de messe de Eglise Orthodoxe. Le vignoble se développe, suivant les aléas des rapports conflictuels avec les jurats de Bordeaux qui règlementent le commerce fluvial des vins du « haut-pays ».

Au milieu du XIXème siècle, le Quercy supporte un des plus grands vignobles de France (40 000 hectares). Le phylloxéra fait son apparition dans le vignoble en 1876 et le détruit quasi-totalement. La culture de la vigne se perpétue tant bien que mal. Néanmoins, dans le marasme post-phylloxérique où se développent fraudes et trafics sur l’origine des vins, le syndicat des viticulteurs du Lot est créé en 1929. L’appellation d’origine « Vins de Cahors » est reconnue par jugement du tribunal de première instance du Lot le 31 juillet 1930.

Puis le vignoble est reconnu en appellation d’origine vin délimité de qualité supérieure par un premier arrêté du 10 septembre 1946. Les gels de l’hiver 1956 et du printemps 1957 causent de graves dégâts au vignoble. Les quelques vignerons attachés à leur patrimoine collectif relancent la production, puis la commercialisation en vendant le vin, jusqu’alors commercialisé en barriques, directement conditionné en bouteilles. Le savoir-faire et le dynamisme des vignerons conduisent à la reconnaissance de l’appellation d’origine contrôlée « Cahors » le 15 avril 1971.
En 2008, une superficie de 4 000 hectares est exploitée par près de 350 producteurs, répartis en 226 chais de vignerons, 1 cave coopérative et 2 négociants-vinificateurs.

CLIMAT ET SOLS

La zone géographique de l’appellation d’origine contrôlée « Cahors » s’étend de part et d’autre du Lot, rivière qui a creusé sa vallée et déployé ses méandres dans es plateaux calcaires des causses du Quercy.
Elle recouvre trois entités géomorphologiques distinctes :
– Les plateaux caussenards, constitués de calcaires jurassiques et crétacés, qui s’étendent de part et d’autre du Lot. Ces plateaux sont entaillés par des vallées et vallons secondaires, donnant naissance à un paysage de hautes collines, au sommet plan, culminant à environ 300 mètres d’altitude et aux versants à forte pente.
– Le plateau du Quercy « blanc » correspond aux affleurements de marnes et calcaires lacustres de l’Oligocène et du Miocène, situés dans la partie sud de la zone géographique.
– La vallée du Lot, encaissée dans le causse d’est en ouest, qui présente des terrasses alluviales étagées et d’amples méandres modelés par le fleuve au cours de l’ère Quaternaire.
Le climat est de type océanique, avec des influences continentales et méditerranéennes. Les hivers sont froids alors que le printemps marque une nette élévation des températures. Les étés sont caractérisés par un ensoleillement important et des températures élevées. La quantité annuelle moyenne des précipitations est de 700 millimètres. Elle est bien répartie tout au long de l’année, avec un pic des pluies plus important au printemps.
Les vents dominants sont les vents d’ouest. Ces vents de type océaniques amènent les formations nuageuses et les précipitations. Un peu moins fréquent, le vent d’Autan est un vent chaud et sec venant du sud-est. Il souffle par courtes périodes de quelques jours au printemps et en automne.
Un gradient d’influence atlantique entre les limites orientales et occidentales de la zone géographique engendre des écarts de précocité notables.
La zone géographique est ainsi délimitée sur le territoire de 45 communes du département du Lot.

Source: https://www.cahorsvalleedulot.com/en/

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins sont assurés sur le territoire des communes suivantes du département du Lot : Albas, Anglars-Juillac, Arcambal, Bagat-en-Quercy, Bélaye, Le Boulvé, Cahors, Caillac, Cambayrac, Carnac-Rouffiac, Castelfranc, Catus, Cieurac, Crayssac, Douelle, Duravel, Fargues, Flaujac-Poujols, Floressas, Grézels, Labastide-du-Vert, Lacapelle-Cabanac, Lagardelle, Lamagdelaine, Luzech, Mauroux, Mercuès, Nuzéjouls, Parnac, Pescadoires, Pontcirq, Pradines, Prayssac, Puy-l’Evêque, Saint-Matré, Saint-Médard, Saint-Vincent-Rive-d’Olt, Saux, Sauzet, Sérignac, Soturac, Touzac, Trespoux-Rassiels, Villesèque, Vire-sur-Lot.

AIRE DE PROXIMITÉ

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L’aire de proximité immédiate définie par dérogation pour la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins est constituée par le territoire des communes suivantes du département du Lot : Labastide-Marnhac, Le Montat, Saint-Géry, Saint-Martin-le-Redon, Valroufié

CÉPAGES PRINCIPAUX

Les vins sont issus des cépages suivants :


-cépage principal : cot N (également appelé malbec) ;

-cépages accessoires : merlot N et tannat N.

Les vins rouges sont issus du seul cépage cot N ou d’un assemblage présentant un minimum de 70 % de cépage cot N. 

RENDEMENTS MAXIMAUX

Le rendement butoir est fixé à 60 hectolitres par hectare.

VINS ET CARACTÉRITIQUES ŒNOLOGIQUES

Pratiques oenologiques : Les techniques soustractrives d’enrichissement (TSE) sont autorisées dans la limite d’un taux de concentration de 10%.
Les vins ne dépassent pas, après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total de 13,5 %.
Outre la disposition ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques œnologiques, les obligations figurant au niveau communautaire ( UE) et dans le code rural et de la pêche maritime.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

a)- Densité de plantation

– Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 4 000 pieds à l’hectare, avec un écartement entre les rangs de 2, 50 mètres maximum.
– L’écartement entre les pieds sur un même rang est supérieur ou égal à 0, 90 mètre et inférieur ou égal à 1, 30 mètre.
b) – Règles de taille
Les vignes sont taillées selon les techniques suivantes :
– soit en taille courte (gobelet, éventail, ou cordon de Royat) : chaque pied comporte au maximum 12 yeux francs dont au plus 2 yeux francs par courson ;
– soit en taille longue (guyot simple ou double) : chaque pied comporte au maximum 12 yeux francs dont au plus 2 yeux francs par courson et 8 yeux francs par long bois.
Quelle que soit la technique de taille utilisée, le nombre de rameaux fructifères par pied, après floraison (stade phénologique 23 de Lorenz) ne peut être supérieur à 12.
Le cépage tannat N, quelle que soit la technique de taille utilisée, est taillé avec un maximum de 8 yeux francs par pied. Le nombre de rameaux fructifères par pied, après floraison (stade phénologique 23 de Lorenz) ne peut être supérieur à 8. L’irrigation peut être autorisée.

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser l’unité géographique plus grande « Sud-Ouest ». Cette unité géographique plus grande peut également figurer sur les prospectus et récipients quelconques.
Les dimensions des caractères de l’unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, à celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Dernière modification du cahier des charges : 09 décembre  2011

BUZET AOP

Vins de Bourgogne

L’APPELLATION

L’appellation Buzet est réservée aux vins secs tranquilles blancs, rosés et rouges élaborés sur le territoire des certaines communes du département du Lot-et-Garonne.  

HISTOIRE

La confluence de la Baïse et de la Gélise à la limite des communes de Lavardac et de Barbaste constitue le plus grand carrefour du sud de la Garonne. Depuis les Romains qui y avaient fait passer l’antique voie de la Ténarèze jusqu’aux chemins de Saint-Jacques de Compostelle, ce carrefour a toujours joué un rôle dans le commerce et la notoriété des vins locaux.

Dans la charte de la ville de Buzet, qui date du Moyen Âge, il est précisé que le vin est un produit essentiel de la vie de cette ville.
En fait la région de Buzet a toujours eu une activité commerciale qui s’est ensuite développée vers l’aval et vers Bordeaux avec le transport fluvial sur la Baïse puis sur la Garonne et enfin grâce au canal latéral à la Garonne en 1856.

Comme tous les vignobles situés en amont de Bordeaux sur la Garonne ou la Dordogne le vignoble de Buzet a souffert des mesures protectionnistes mises en place par les Bordelais, mais les viticulteurs ont su s’adapter et maintenir le vignoble tout en diversifiant leur production. En 1876, la compagnie des bateaux de la Baïse transportait plus de 100 barriques de vin par jour pour rejoindre le port de Bordeaux via le canal latéral et la Garonne. En 1884-1885 et malgré le phylloxéra, encore plus de 1 000 barriques par mois descendaient la rivière.

Après le phylloxera et la délimitation de l’appellation Bordeaux en 1911 qui exclut le haut pays, la viticulture connaît un marasme économique que les crises de l’entre deux guerres ne font qu’aggraver.
Les cépages nobles de Vitis vinifera sont remplacés par des hybrides producteurs directs ou des cépages à gros rendement plantés dans les terres riches de la vallée de la Baïse.

Le renouveau intervient en 1946 avec la création d’un syndicat de défense, puis avec celle de la cave-coopérative et l’accession au statut d’AOVDQS en 1953. Le Buzet devient alors le symbole de renaissance des vins du Haut-Pays bordelais. En 1948, les querelles entre vignerons finissent devant le tribunal de Nérac. Le jugement du 31 juillet 1948 définit la première zone de production sur un noyau de six communes. Ce n’est que le 11 avril 1967 que le tribunal d’Agen reconnaîtra la zone de production sur sa configuration actuelle ainsi que la production de vins rosés.

En 1965, les coopérateurs créent un groupement de vulgarisation agricole leur permettant de s’assurer un appui technique permanent.
En 1973, l’A.O.C. vient reconnaitre les efforts réalisés par les vignerons et la cave- coopérative est la première à mettre en place dans le département le paiement différencié des raisins basé sur des critères qualitatifs (maturité, charge, état sanitaire,…).
En 1974, la cave rachète la dernière tonnellerie privée de la commune de Buzet permettant de maintenir cette activité traditionnelle et en 1976 le site d’Espiens est doté d’un système de cuve auto-basculante unique au monde qui permet une meilleure maîtrise de l’extraction des tanins en permettant un décuvage très rapide.

Grâce au regroupement coopératif, le traitement équitable entre tous les vignerons a pu créer une certaine émulation tout en permettant une meilleure valorisation du travail des plus performants. Si la cave-coopérative regroupe plus de 200 producteurs et 95 % de la production totale, une douzaine de caves particulières a développé la vente directe, élargissant ainsi la gamme et la clientèle des vins de Buzet.

CLIMAT ET SOLS

La zone géographique de production se situe en Gascogne, dans le département du Lot-et-Garonne à proximité de la confluence des rivières de la Garonne et du Lot.
A mi-chemin entre Toulouse et Bordeaux, proche d’Agen et de Marmande, la zone qui regroupe 27 communes, correspond en partie à l’ancien duché d’Albret dont Nérac fut la capitale. Limitée au nord par la vallée de la Garonne, elle s’étend sur une quarantaine de kilomètres de large et sur une quinzaine de kilomètres de profondeur.
A l’ouest, la zone est bordée par l’immense massif forestier landais qui étend ses pinèdes jusqu’à l’océan atlantique. Les sables éoliens qui portent la forêt landaise ont vu leur transgression vers l’est stoppée grâce à la présence du système hydrographique Gélise-Baïse qui marque jusqu’à Barbaste l’exacte limite de leur avancée ainsi que celle de la zone de production.
La zone de production de Buzet se limite au sud de Nérac aux formations géologiques molassiques tertiaires dans lesquelles se sont insérés à l’Aquitanien des niveaux calcaires blanc et gris. Au cours de l’ère quaternaire, la Garonne a déposé plusieurs niveaux de terrasses argilo-graveleuses sur ce secteur. De ce fait, le relief a été fortement adouci et le paysage se présente sous la forme de coteaux mollement ondulés avec dans la partie inférieure des versants, un affleurement de calcaire dur formant une corniche boisée.
Au niveau pédologique, les sols sur calcaires gris donnent naissance à des sols bruns calciques peu épais et bien drainés. Les sols sur molasses aquitaniennes donnent des terrains plus profonds dont le nom local est « terrefort » présentant une teneur en argile variable avec une bonne alimentation en eau.
Les sols des terrasses moyennes sont des sols podzolisés de type boulbènes. Lorsque la partie supérieure du sol a été décapée, l’horizon d’accumulation riche en argile et oxyde de fer apparaît et donne des sols particuliers de teinte rouge appelés « rougets ». Enfin les sols des terrasses supérieures sur les parties sommitales des coteaux, sont constitués de dépôts argilo-graveleux affleurant en mélange avec une fraction fine limoneuse d’origine éolienne.
Le climat est de type océanique avec une légère tendance méridionale. La composante océanique est largement prédominante avec des vents d’ouest tempérés et humides qui amènent la douceur et la pluie avec des pics de précipitations en mai et en décembre. La tendance méridionale s’exprime en automne avec la remontée depuis la méditerranée en empruntant la vallée de la Garonne, du vent d’Autan, vent chaud et desséchant qui repousse les perturbations atlantiques vers le nord.

Source: https://www.tourisme-lotetgaronne.com/

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification et l’élaboration des vins sont assurées sur le territoire des communes suivantes du département de Lot-et-Garonne « sur la base du code officiel géographique de l’année 2019 » : Ambrus, Anzex, Barbaste, Bruch, Buzet-sur-Baïse, Calignac, Caubeyres, Damazan, Espiens, Feugarolles, Lavardac, Leyritz-Moncassin, Moncaut, Montagnac-sur- Auvignon, Montesquieu, Mongaillard, Nérac, Pompiey, Puch-d’Agenais, Razimet, Saint-Léon, Saint-Pierre-de-Buzet, Sainte-Colombe-en-Bruilhois, Sérignac-sur- Garonne, Vianne, Villefranche-du-Queyran et Xaintrailles.

CÉPAGES PRINCIPAUX

a) – Les vins blancs sont issus des cépages suivants :
– cépages principaux : muscadelle B, sauvignon B, sauvignon gris G, sémillon B ; colombard B, gros manseng B et petit manseng B.

Suppression des catégories « cépages principaux » et « cépages accessoires » : 14 avril 2024

b) – Les vins rouges et rosés sont issus des cépages suivants :
– cépages principaux : cabernet franc N, cabernet sauvignon N, cot N et merlot N ;

– cépages accessoires : abouriou N et petit verdot N.

Ajout des variétés à fin d’adaptation : Marselan N, nielluccio N, syrah N, tempranillo N, vidoc N et artaban N. Ajout du 14 avril 2024.

Règles de proportion à l’exploitation

Pour les vins rouges et rosés

la proportion de l’ensemble des cépages accessoires est inférieure ou égale à 30% de l’encépagement (préalablement 10 %)

En ce qui concerne les variétés à fin d’adaptation, la proportion des variétés marselan N, nielluccio N, syrah N, tempranillo N, vidoc N, artaban N, floréal B, voltis B et souvignier gris prises ensemble ou séparément, est inférieure ou égale à 5% de l’encépagement, pour chaque couleur considérée.

Assemblage des cépages

Vins rosés et rouges

La proportion des cépages principaux ne peut être inférieure à 70 % (Préalablement 90 %).

Pour les vins rosés et rouges, la proportion des variétés marselan N, nielluccio N, syrah N, tempranillo N, vidoc N et artaban N, prises ensemble ou séparément, est inférieure ou égale à 10% dans l’assemblage des lots de vins destinés à la commercialisation.

Vins blancs

La proportion des cépages muscadelle B, sauvignon B, sauvignon gris G et sémillon B ne peut être inférieure à 70% dans l’assemblage de chaque lot, au stade du conditionnement.

Pour les vins blancs, la proportion des variétés floréal B, voltis B, souvignier gris prises ensemble ou séparément est inférieure ou égale à 10% dans l’assemblage des lots de vins destinés à la commercialisation.

RENDEMENTS MAXIMAUX

Le rendement butoir est fixé à 66 hectolitres par hectares.

VINS ET CARACTÉRITIQUES ŒNOLOGIQUES

Pour l’élaboration des vins rosés, l’utilisation des charbons à usage œnologique est autorisée pour les moûts, dans la limite de 20% du volume de vins rosés élaborés par le vinificateur concerné, pour la récolte considérée (Préalablement : interdit). Modification du 14 avril 2025

Les techniques soustractives d’enrichissement (TSE) sont autorisées pour les vins rouges dans la limite d’un taux de concentration de 10 %. L’augmentation du titre alcoométrique volumique naturel, pour le lot faisant l’objet du traitement, est inférieure ou égale à 1 % vol.

Les vins ne dépassent pas, après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total de 12,5% pour les blancs et de 13% pour les rouges et rosés.
Outre les dispositions ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques oenologiques, les obligations figurant au niveau communautaire ( UE) et dans le code rural.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

Les vignes présentent une densité de plantation minimale de 4 000 pieds par hectare.
L’écartement entre les rangs ne peut être supérieur à 2, 5 mètres.
Chaque pied dispose d’une superficie maximale de 2, 50 mètres carrés. Cette superficie est obtenue en multipliant les distances d’inter-rang et d’espacement entre les pieds.

Les vignes sont taillées en taille Guyot (simple ou double) ou en taille courte (conduite en cordon de Royat bas palissé).
Chaque pied doit comporter au maximum 13 yeux francs.

L’irrigation peut être autorisée.

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

Toutes les indications facultatives sont inscrites, sur les étiquettes, en caractères dont les dimensions, en hauteur, largeur et épaisseur, ne sont pas supérieures au double de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée « Buzet » peut préciser l’unité géographique plus grande « Sud-Ouest ». Cette unité géographique plus grande peut également figurer sur les prospectus et récipients quelconques.

Les dimensions des caractères de l’unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, à celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Dernière modification du cahier des charges : 14 avril 2025

BRULHOIS AOP

NB: revue par J.Uztarroz. Corrèze hors échelle)

L’APPELLATION

L’appellation Brulhois est réservée aux vins secs tranquilles rouges et rosés élaborés sur le territoire de  certaines communes des départements Gers et Lot-et-Garonne.

HISTOIRE

Brulhois vient d’un mot gaulois « Brogilo » qui signifie, talus, bordure, taillis, bord de rivière boisé.
La viticulture s’y est implantée à l’époque gallo-romaine lorsque la production s’est déplacée de la Narbonnaise vers le Bordelais.
Le plus ancien document attestant de la présence de la vigne en Brulhois date de 1049.
En 1306-1307, le Brulhois vend sur la place de Bordeaux 5 542 tonneaux de vin, soit autant que le vignoble tarnais mais plus que le vignoble lotois. Au Moyen- Âge, le vignoble s’est développé autour des établissements religieux notamment autour des abbayes de Clairac, Moirax ou Layrac. Dés le XIIème siècle, les vins sont très appréciés par les rois d’Angleterre à tel point qu’ils bénéficient au XIVème siècle d’un privilège pour l’exportation vers ce pays. En 1640, les vins d’Auvillar reçoivent pour leur commerce des privilèges royaux et sont protégés des contrefaçons.
A la Révolution Française, l’essentiel du revenu agricole provient toujours du vin. On ne compte pas moins de 40 bateliers actifs sur les ports de Layrac, Lamagistère et Auvillar ainsi que la présence de 9 tonneliers sur cette dernière commune.
Juste avant le phylloxéra, le vignoble représente 34 % des surfaces à Auvillar, 33 % à Dunes et jusqu’à 50 % à Donzac.
Après les crises du XXème siècle et les terribles gelées de l’hiver 1956, ce sont 4 vignerons qui en 1964 vont revendiquer cette dénomination délaissée au niveau commercial.
Deux syndicats se créent, un en Lot-et-Garonne et l’autre en Tarn-et-Garonne pour fusionner en 1974.
Avec l’appui technique et commercial des caves coopératives de Goulens et de Donzac, les disciplines de production que se sont imposées les producteurs permettent la reconnaissance en appellation d’origine vin délimité de qualité supérieure des vins des Côtes du Brulhois le 21 novembre 1984.
En 2010, cinq vignerons indépendants et la cave des vignerons du Brulhois, issue de la fusion des deux caves originelles, assurent la vinification de la production de 250 hectares de vigne.

CLIMAT ET SOLS

Au cœur du Sud-Ouest, entre Gascogne et Quercy, la zone géographique de production se répartit de par et d’autre de la vallée de la Garonne entre Agen et Valence d’Agen.
En rive droite, on trouve les plateaux calcaires qui constituent la partie inférieure du Quercy. Constitués par les calcaires aquitaniens, ces plateaux sont encadrés par la vallée de la Séoune au nord et de la Barguelonne au sud. Le réseau hydrographique a profondément ciselé le paysage pour donner des cuestas abruptes qui portaient autrefois des vignes et qui sont aujourd’hui vouées aux friches ou à l’urbanisation. En rive gauche, le socle est constitué par les calcaires et les molasses de l’Oligocène et du Miocène avec sur les premiers coteaux dominant la vallée de la Garonne, la présence de hautes terrasses graveleuses très favorables à la viticulture. Le relief est plus adouci avec des cuestas peu marquées dégageant ainsi de vastes versants aux expositions variées.

Trois grands types de sols sont identifiés. Les sols des plateaux calcaires portent des sols argilo-calcaires plus ou moins lessivés et allégés par des débris rocheux. Bien qu’adaptés à la viticulture, ces sols sont plutôt destinés à la céréaliculture. Les sols des croupes molassiques sont de type sols bruns calcaires peu lessivés et de bonne fertilité. Ils doivent avoir subi un lessivage important pour donner des boulbènes aptes à porter de la vigne. Enfin les sols sur alluvions garonnaises ont subi en surface une évolution de type podzolique et présentent en profondeur une accumulation d’argiles rubéfiées. Dans ce type de sol meuble et profond, l’alimentation hydrique permet un bon équilibre avec la faible fertilité du sol.

Par sa position à mi-distance entre Bordeaux et Toulouse, le Brulhois subit à la fois les influences maritimes de l’Atlantique et celles plus méridionales de la méditerranée. La pluviométrie est celle d’un climat océanique avec un pic en mai et des précipitations plus faibles en été. Les hivers sont relativement doux et la chaleur est rarement excessive en été.

Le vent d’autan à l’automne repousse les perturbations atlantiques vers le nord- est, dessèche l’atmosphère et est très favorable à une maturation saine des raisins en absence de pourriture.
Certains versants bénéficient d’expositions privilégiées et connaissent ainsi un méso-climat très favorable à la viticulture.

Les coteaux calcaires de la rive droite, avec leur relief presque tabulaire, présentent de vastes espaces ouverts propices à la culture céréalière dans lesquelles s’intercalent quelques cultures maraîchères ou spécialisées. Seules les fortes pentes sont incultes et portent des taillis. La vallée de la Garonne est aussi entièrement mise en valeur avec les céréales mais aussi les vergers (prunier, cerisier, pécher) et les cultures maraîchères. Les coteaux de la rive gauche ont un relief plus adouci par les terrasses graveleuses. Quelques petits massifs boisés couronnent les buttes les plus arides. Les versants sont consacrés à la céréaliculture associée aux vignes et aux vergers. Les vallées des petites rivières, soulignées par leur ripisylve, sont occupées par des prairies permanentes.

Source: https://www.tourisme-tarnetgaronne.fr/

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins sont assurés sur le territoire des communes suivantes « sur la base du code officiel géographique de l’année 2018 » :

-département du Gers : Gimbrède, Flamarens, Saint-Antoine, Département du Lot-et-Garonne : Astaffort, Aubiac, Caudecoste, Clermont-Soubiran, Cuq, Fals, Fieux, Laplume, Layrac, Moirax, Nomdieu, Saumont,

-département du Tarn-et-Garonne : Auvillar, Bardigues, Donzac, Dunes, Saint-Cirice, Saint-Loup, Sistels.

AIRE DE PROXIMITÉ

L’aire de proximité immédiate est constituée par le territoire des communes suivantes (sur la base du code officiel géographique en date du 26 février 2020) :

— département de la Dordogne : Cause-de-Clérans, Saint-Géraud-de-Corps. – Département de la Gironde : Caplong, Castillon-la-Bataille, Francs, Gardegan-et-Tourtirac, Gensac, Les Lèves-et-Thoumeyragues, Margueron, Pineuilh, Puisseguin, Saint-Avit-Saint-Nazaire, Saint-Cibard, Saint-Emilion.

— département de Lot-et-Garonne : Duras, Loubès-Bernac et Saint-Jean-de-Duras.

CÉPAGES PRINCIPAUX

Les vins rouges et rosés sont issus des cépages suivants :

cépages principaux : cabernet-franc N, merlot N, tannat N,
cépages complémentaires : cabernet-sauvignon N, cot N, fer-servadou N,

abouriou N. (Ajout du 24 octobre 2024)

Les vins rosés proviennent de l’assemblage de raisins ou de vins issus d’au moins deux des cépages .
Les vins rouges proviennent de l’assemblage de raisins ou de vins issus d’au moins trois des cépages prévus , dont au minimum un cépage principal.

La proportion de cépages principaux est supérieure ou égale à 60 p.100 de l’encépagement (anciennement 70%). Modification du 24 octobre 2024

La proportion de cépages complémentaires est supérieure ou égale à 10 p.100 de l’encépagement.

RENDEMENTS MAXIMAUX

Vin rouge : 63 hectolitres par hectare

Vin rosé : 66 hectolitres par hectare

VINS ET CARACTÉRITIQUES ŒNOLOGIQUES

Pour l’élaboration des vins rosés, l’utilisation des charbons à usage œnologique est autorisée pour les moûts et vins nouveaux encore en fermentation, dans la limite de 20% du volume de vins rosés élaborés par le vinificateur concerné, pour la récolte considérée. Les vins ne dépassent pas, après enrichissement, un titre alcoométrique volumique total de 13 p.100. pour les vins rouges et de 12,5 p.100 pour les vins rosés. Outre les dispositions ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques oenologiques, les obligations figurant au niveau communautaire ( UE) et dans le code rural.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 4 000 pieds par hectare. Elles ne peuvent présenter un écartement entre rangs supérieur à 2,50 mètres et l’écartement entre pieds sur un même rang doit être compris entre 0,90 mètre et 1,10 mètre.

Les vignes sont conduites en taille guyot ou en taille à cots. Le nombre maximal d’yeux francs par pied est fixé à 12.

L’irrigation peut être autorisée.

–  L’enherbement permanent du contour des parcelles (tournières et espaces inter parcellaires non plantés ou non cultivée) est obligatoire. Cette obligation ne s’applique pas en cas de remise en état des tournières notamment suite à l’érosion, ou à des phénomènes climatiques exceptionnels. Ajout du 24 octobre 2024.

–  Le désherbage chimique des tournières est interdit. Ajout du 24 octobre 2024.

Lorsque l’irrigation est autorisée conformément aux dispositions de l’article D. 645-5 du code rural et de la pêche maritime, la charge maximale moyenne à la parcelle des parcelles irriguées est fixée à 7800 kilogrammes par hectare (9 000 kg sans irrigation). Ajout du 24 octobre 2024.

–  Le paillage plastique est interdit

Ajout du 24 octobre 2024.

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée « Brulhois » peut préciser l’unité géographique plus grande « Sud-Ouest ». Cette unité géographique plus grande peut également figurer sur les prospectus et récipients quelconques. Les dimensions des caractères de l’unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, à celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Dernière modification du cahier des charges : Ajout du 24 octobre 2024.

BERGERAC AOP

NB: revue par Jacqueline Uztarroz. Corrèze hors échelle)

L’APPELLATION

L’appellation Bergerac est réservée aux vins blancs, rouges et rosés élaborés sur le territoire de certaines communes du département de la Dordogne

HISTOIRE

Le berceau originel du vignoble est la « Vinée », territoire correspondant aux sept paroisses situées au nord de la ville de Bergerac. Après la Guerre de Cent Ans, cette « Vinée » devenue trop petite, s’étend et gagne les coteaux de la rive droite de la Dordogne.
Du XIIe siècle jusqu’à la fin de la Guerre de Cent Ans, l’histoire du vignoble de Bergerac est intimement liée à celle des rois d’Angleterre, l’Aquitaine ayant été apportée en dot par Aliénor à Henri II Plantagenêt.
En 1254, Henri III permettra aux vins de Bergerac embarqués à Libourne ou Bordeaux vers les ports de l’Europe du nord, de s’exporter en toute saison sans la moindre entrave du Bordelais. En effet, tous les vins du Haut Pays (via la Dordogne et la Garonne) ne pouvaient descendre à Bordeaux avant la Saint Martin (11 novembre) ou Noël. La région de Bergerac doit ainsi une part de sa notoriété aux vins rouges qui s’exportaient vers l’Angleterre mais surtout jusqu’à la fin du XIIIe siècle aux vins « clarets » issus indistinctement de raisins rouges et blancs.
Le Bergeracois étant converti au protestantisme, la révocation de l’Edit de Nantes en 1685 aura pour conséquence l’exil des huguenots vers la Hollande, l’Allemagne et la Suisse tout en permettant le développement d’un commerce florissant avec toute l’Europe du Nord. Les protestants exilés en Hollande s’arrachaient à prix d’or ces vins blancs et ces vins « clarets ».
Le commerce des vins était étroitement lié aux conditions de navigation sur la Dordogne. Ainsi le vignoble en amont de Bergerac a disparu en raison de la présence d’une succession de rapides connus sous le nom de « Pas de la Gratusse » qui rendaient très difficiles la montée et la descente des barques fluviales appelées « gabarres ».
Les viticulteurs et les négociants se sont regroupés depuis plus de 50 ans dans une structure interprofessionnelle chargée du développement et de la promotion de la production locale.
Les crises du XXe siècle ont favorisé la création de 10 caves-coopératives regroupées aujourd’hui en quatre pôles. La viticulture regroupe un peu plus de 1 000 vignerons, dont les deux tiers sont des vignerons coopérateurs (pour un tiers de la production). La communauté humaine de cette appellation s’est ainsi organisée pour préserver l’histoire et les savoir-faire.
Le vignoble initialement adapté à la traction animale, était planté à 1,80 mètre entre rangs et 1,10 mètre entre pieds. Les gelées de l’hiver 1956, le développement du machinisme agricole et le souci de polyvalence des matériels ont entraîné une évolution vers des vignes plus larges, présentant des plans de palissage élevés afin de maintenir une surface foliaire optimale. L’encépagement a pour sa part peu évolué avec la prédominance du merlot N et du sémillon B. Les conditions climatiques à la maturité ont permis la conservation d’un pourcentage important de cabernet franc N et de muscadelle B.

CLIMAT ET SOLS

La zone géographique s’étend de part et d’autre de la vallée de la Dordogne sur un ensemble de coteaux situés au sud-ouest du Périgord. La rivière occupe une un ensemble de coteaux situés au sud-ouest du Périgord. La rivière occupe une vallée, étroite et encaissée en amont de Bergerac, qui s’évase en aval pour atteindre une largeur de 7 à 8 kilomètres.
Sur la rive droite, la zone géographique se limite aux premiers coteaux qui dominent la vallée de la Dordogne, bordés au nord par la forêt du Landais. D’est en ouest, les formations géologiques affleurantes sont constituées :

– en amont de Bergerac, par les calcaires marins du Crétacé déposés au Secondaire,
– de Bergerac au Fleix, par les sables et argiles à graviers du Périgord qui proviennent du démantèlement des arènes granitiques du Massif Central,
– de la commune de Le Fleix jusqu’au département de la Gironde, par un substratum argilo-calcaire tertiaire qui correspond à la limite d’extension de la mer stampienne dans laquelle s’est déposé le calcaire à astéries au Tertiaire. Les niveaux de calcaires durs apparaissent nettement dans ce paysage en formant des corniches ou des cuestas souvent couronnées par des taillis ou des bois de chêne.

Sur la rive gauche, la zone géographique s’étend sur l’interfluve Dordogne – Dropt, cette vallée constituant la limite sud du département.
Sur cette rive affleurent uniquement des formations tertiaires avec des calcaires lacustres (Castillon, Monbazillac, Issigeac) intercalés dans des niveaux plus molassiques.

Ainsi l’ensemble de la zone géographique entre la vallée et les coteaux, s’étend sur un territoire de 90 communes.
Le paysage est constitué par une succession de coteaux aux expositions variées nettement ciselés par le réseau hydrographique.

Les parcelles destinées à la récolte des raisins sont précisément délimitées. Les sols les plus caractéristiques sont :
– les rendzines et sols bruns calcaires plus ou moins épais en fonction de l’origine du substrat (marin ou lacustre) et de leur position topographique,

– les sols lessivés de boulbènes sur les sables et argiles à graviers du Périgord et sur les molasses tertiaires,
– les sols alluviaux argilo-graveleux des terrasses de la Dordogne.
Ces sols pauvres assurent une bonne maîtrise de la production des raisins et un bon régime hydrique.

Le climat est un climat océanique atténué, moins pluvieux et un peu plus froid que sur la façade atlantique. L’éloignement de la côte atlantique crée quelques nuances dans le climat océanique avec des températures plus élevées l’été et plus froides l’hiver. La configuration particulière de la vallée de la Dordogne, ouverte tel un entonnoir vers l’océan à l’ouest, permet à la douceur atlantique de remonter jusqu’à près de 100 kilomètres à l’intérieur des terres amenant l’humidité et la douceur au printemps et en automne. Les mois les plus pluvieux sont décembre, janvier et mai alors que le précipitations sont faibles en mars et de juillet à septembre.
Cette région agricole, appelée Périgord pourpre en raison de la présence du vignoble, présente une mosaïque de paysages. Tout au nord, la forêt marque l’horizon, entrecoupée de clairières sur les croupes où l’élevage et la viticulture sont présents. La vallée de la Dordogne est entretenue comme un jardin avec une imbrication de parcelles destinées à la culture céréalière, au maraîchage, au tabac, aux vergers et à la vigne. A l’ouest vers Montravel et sur les coteaux sud, les calcaires marquent le paysage avec une forte présence de la vigne mais aussi des vergers, des céréales et des prairies. Plus on se rapproche de la vallée du Dropt et plus le paysage s’ouvre sur de grands espaces céréaliers.

Source: flickr.com

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification et l’élaboration des vins sont assurées sur le territoire des communes suivantes du

département de la Dordogne (sur la base du code officiel géographique en date du 26 février 2020) :

Communes retenues en entier :

Baneuil, Bergerac, Boisse, Bonneville-et-Saint-Avit-de-Fumadières, Bouniagues, Campsegret, Carsac-de-Gurson, Colombier, Conne-de-Labarde, Cours-de-Pile, Creysse, Cunèges, Eymet, Faurilles, (Le) Fleix, Fonroque, (La) Force, Fougueyrolles, Fraisse, Gageac-et-Rouillac, Gardonne, Ginestet, Issigeac, Lalinde, Lamonzie-Saint-Martin, Lamothe- Montravel, Lanquais, (Les) Lèches, Lembras, Lunas, Mescoules, Minzac, Monbazillac, Monestier, Monfaucon, Monmadalès, Monmarvès, Monsaguel, Montazeau, Montcaret, Montpeyroux, Mouleydier, Moulin-Neuf, Nastringues, Naussannes, Plaisance, Pomport, Port-Sainte-Foy-et-Ponchapt, Prigonrieux, Queyssac, Rampieux, Razac-de- Saussignac, Razac-d’Eymet, Ribagnac, Rouffignac-de-Sigoulès, Sadillac, Saint-Agne, Saint-Antoine-de-Breuilh, Saint- Aubin-de-Cadelech, Saint-Aubin-de-Lanquais, Saint-Capraise-d’Eymet, Saint-Cernin-de-Labarde, Saint-Germain-et- Mons, Saint-Géry, Saint-Julien-Innocence-Eulalie, Saint-Laurent-des-Vignes, Saint-Léon-d’Issigeac, Saint-Martin-de- Gurson, Saint-Méard-de-Gurçon, Saint-Michel-de-Montaigne, Saint-Nexans, Saint-Perdoux, Saint-Pierre-d’Eyraud, Saint-Rémy, Saint-Sauveur, Saint-Seurin-de-Prats, Saint-Vivien, Saussignac, Serres-et-Montguyard, Sigoulès-et- Flaugeac, Singleyrac, Thénac, Vélines, Verdon, Villefranche-de-Lonchat.

Communes retenues en partie :

Beaumontois en Périgord pour le seul territoire de l’ancienne commune de Nojals-et-Clotte devenue commune déléguée au sein de Beaumontois en Périgord au 1er janvier 2016, Eyraud-Crempse-Maurens pour le seul territoire de l’ancienne commune de Maurens devenue commune déléguée au sein de Eyraud-Crempse-Maurens au 1er janvier 2019.

AIRE DE PROXIMITÉ

L’aire de proximité immédiate est constituée par le territoire des communes suivantes (sur la base du code officiel géographique en date du 26 février 2020) :

— département de la Dordogne : Cause-de-Clérans, Saint-Géraud-de-Corps. – Département de la Gironde : Caplong, Castillon-la-Bataille, Francs, Gardegan-et-Tourtirac, Gensac, Les Lèves-et-Thoumeyragues, Margueron, Pineuilh, Puisseguin, Saint-Avit-Saint-Nazaire, Saint-Cibard, Saint-Emilion.

— département de Lot-et-Garonne : Duras, Loubès-Bernac et Saint-Jean-de-Duras.

CÉPAGES PRINCIPAUX

a) – Les vins rouges sont issus des cépages suivants :
– cépages principaux : cabernet franc N, cabernet sauvignon N, cot N et merlot N ; – cépages accessoires : fer servadou N, mérille N.

b) – les vins rosés sont issus des cépages suivants :
– cépages principaux : cabernet-sauvignon N, cabernet franc N, merlot N, cot N (ou malbec),

– cépages accessoires : fer servadou N, mérille N, sémillon B, sauvignon B, sauvignon gris G, muscadelle B.

c) – Les vins blancs sont issus des cépages suivants :
– cépages principaux : muscadelle B, sauvignon B, sauvignon gris G, sémillon B ; – cépage complémentaire : ugni blanc B ;
– cépages accessoires : chenin B, ondenc B.

Les vins proviennent de l’assemblage de raisins ou de vins issus d’au moins deux cépages principaux. La proportion de l’ensemble des cépages principaux ne peut être inférieure à 50 % de l’assemblage.

RENDEMENTS MAXIMAUX

Vin blanc : 77 hectolitres par hectare

Vin rouge : 68 hectolitres par hectare

Vin rosé : 72 hectolitres par hectare

VINS ET CARACTÉRITIQUES ŒNOLOGIQUES

Pour l’élaboration des vins rosés, l’utilisation des charbons à usage œnologique est autorisée pour les moûts, dans la limite de 20 % du volume de vins rosés élaborés par le vinificateur concerné, pour la récolte considérée

Les techniques soustractives d’enrichissement (TSE) sont autorisées pour les vins rouges dans la limite d’un taux de concentration maximum de 10 %. L’augmentation du titre alcoométrique volumique naturel, pour le lot faisant l’objet du traitement, est inférieure ou égale à 1 %.

Les vins ne dépassent pas, après enrichissement, un titre alcoométrique volumique total de 13,5 % pour les vins rouges et 13 % pour les vins rosés et les vins blancs. Outre les dispositions ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques œnologiques, les obligations figurant au niveau communautaire (UE) et dans le code rural et de la pêche maritime.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

Les vignes présentent une densité minimale de plantation de 4 000 pieds par hectare. L’écartement entre les rangs ne peut être supérieur à 2,50 mètres et l’espacement entre les pieds sur le même rang ne peut être inférieur à 0,80 mètre. Il est toutefois admis que cette densité puisse être réduite à 3 300 pieds par hectare. Dans ce cas, les vignes ne peuvent présenter un écartement entre rangs supérieur à 3 mètres et l’espacement entre les pieds sur le même rang ne peut être inférieur à 0,90 mètre.

L’irrigation est interdite.

Les vignes sont taillées selon les techniques suivantes : taille Guyot, taille à coursons en cordon de Royat ou taille à cots.

— pour les vignes présentant une densité de plantation > 4 000 pieds/ha , le nombre maximum d’yeux francs par hectare est 60 000 et de 16 par pied.

— pour les vignes présentant une densité de plantation < 4 000 pieds/ha , le nombre maximum d’yeux francs par hectare est 60 000 et de 20 par pied.

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée « Bergerac » peut préciser l’unité géographique plus grande « Sud-Ouest ». Cette unité géographique plus grande peut également figurer sur les prospectus et récipients quelconques. Les dimensions des caractères de l’unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, à celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Le terme «sec» figure obligatoirement sur l’étiquetage des vins blancs. Le terme «demi-sec» figure obligatoirement sur l’étiquetage des vins rosés dont la teneur en sucres fermentescibles (glucose+ fructose) est comprise entre 4 et 10 grammes par litre.

Dernière modification du cahier des charges : 08 septembre   2021

BÉARN AOP

NB: revue par J.Uztarroz. Corrèze hors échelle)

L’APPELLATION

L’appellation Béarn est réservée aux vins rouges, blancs et rosés élaborés danscertaines communes du département du Gers, du département des Hautes-Pyrénées et du département des Pyrénées-Atlantiques

HISTOIRE

Les cartulaires et les archives locales nous apprennent que le vignoble est déjà bien installé dans une partie de l’aire dès le XIIIème siècle et omniprésent au cours du XIVème siècle. Il participe de façon significative aux échanges commerciaux locaux.
Au milieu du XIVème siècle, les vins blancs et rouges du Béarn commencent à être exportés sous ce nom vers la Hollande, par le port de Bayonne, qu’ils atteignent en suivant la vallée de l’Adour ou celle du Gave de Pau. Le Béarn est alors un pays de petites propriétés et de métayage. Quelques notables et petits nobles locaux structurent cette voie de commercialisation. Ces exportations concernent les vins produits dans les trois secteurs viticoles du Béarn. Elles perdurent et se développent même jusqu’au XIXème siècle, par l’intermédiaire des nombreux protestants béarnais expatriés dans le nord de l’Europe. Ainsi, au XVIIIème siècle, Lespés de Hureaux, intendant à Bayonne, signale que « la province de Béarn fournit par la même rivière (l’Adour) une grande quantité de vins…Les vins s’envoient en Hollande » ».
Dès le XVème siècle, un autre débouché se met en place avec la Bigorre et les Pyrénées par la vallée de l’Adour. Il reste actif jusqu’au développement des voies de communication au XIXème siècle. Les vignerons échangent leur vin rouge contre du bois puis des pierres de construction. La demande des montagnards concerne des vins rouges colorés et corsés. Par la suite la demande s’est élargie aux vins clairets et aux vins blancs.
Dès le XVIème siècle, les vignes blanches comprennent essentiellement les cépages Petit Manseng B, Gros Manseng B, Arrufiac B et Courbu B. Le Raffiat de Moncade B, cépage que Béarn est la seule appellation à utiliser, produit des vins qui étaient appelés « rousselet du Béarn ».

Au XVIIIème siècle les cépages rouges utilisés sont peu nombreux : au fer N et au bouchy (cabernet franc N), implantés très anciennement, s’ajoute le tannat N, cépage local très coloré et tannique. Cette faible diversité de cépages est une preuve d’un niveau qualitatif élevé.
Dans ce secteur, la vigne fournit alors l’essentiel des revenus, ce qui le distingue des régions voisines. Elle reste cependant une culture parmi d’autres, dans un système de polyculture vivrière et d’élevage.
Le vignoble béarnais atteint presque 20 000 hectares au début du XIXème siècle. La taille des domaines viticoles croit, même si le Béarn reste un pays de petites propriétés où une part importante de la terre appartient aux paysans.
Au début du XXème siècle, les vins rosés de cette appellation connaissent une grande notoriété, liée à des marchés suivis en région parisienne.
La cave coopérative de Bellocq est créée en 1944, celle de Gan en 1949 et celle de Crouseilles en 1950. Elles représentent aujourd’hui une part largement majoritaire de la production de Béarn, notamment sur la partie ouest de l’aire. Elles ont permis la survie de petites exploitations de polyculture où la vigne est souvent minoritaire en surface. Plusieurs vignerons indépendants répartis sur l’ensemble de l’aire participent également à cette production de façon active.
L’Appellation d’Origine Vin Délimité de Qualité Supérieure Béarn, reconnue en 1951 pour les vins rosés et blancs (Rousselet du Béarn), s’étendait initialement sur le secteur ouest uniquement, puis s’est étendue aux secteurs sud et nord.
Béarn a été reconnu en Appellation d’Origine Contrôlée en 1975 pour les vins rouges, rosés et blancs.
Au XXème siècle le vignoble a fortement décru en surface, sous l’effet des maladies cryptogamiques, des deux guerres puis de l’avancée de la culture du maïs. Depuis 1980, le vignoble s’étend à nouveau, régulièrement et lentement. Les surfaces revendiquées restent comprises entre 200 et 300 hectares, avec une nette prédominance du secteur ouest.

Les vins rouges, rosés et blancs sont issus d’assemblage. On peut souligner que les principaux cépages utilisés sont d’origine locale bien adaptés aux caractéristiques pédoclimatiques de cette région. Ceci confère aux vins de cette appellation une partie de leur originalité.

Les producteurs affectent annuellement, avant le 1er février, les parcelles qu’ils souhaitent utiliser pour cette production.

CLIMAT ET SOLS

La zone géographique est constituée des trois noyaux viticoles historiques de la province du Béarn, petite région du sud-ouest de la France. Globalement située en zone de piémont des Pyrénées dans des secteurs de coteaux, elle présente des variations importantes de sols et de conditions topoclimatiques.
Le vignoble s’insère dans ce paysage de façon discrète et discontinue. Il fait partie d’un système de polyculture diversifié, aujourd’hui orienté notamment vers la maïsiculture et l’élevage bovin.
L’aire de production comprend le territoire de 74 communes répartis en trois secteurs Les sols associés sont également très variés même si la plupart sont lessivés et acides. Quelques sols sur calcaires sont visibles de façon discontinue et souvent en bas des coteaux pentus. La pierrosité de ces sols est variable : les nappes à galets sommitales enrichissent les versants par colluvionnement et le flysch, très altéré, est visible parfois sous forme de cailloux anguleux. Des sables et graviers issus de dépôts souvent chenalisés améliorent le drainage. Globalement, en dehors de certaines positions plates sommitales ou de fond de vallée, et de quelques bas de versants limoneux, les sols présentent une bonne aptitude à drainer l’eau et à se réchauffer, grâce notamment à leur pierrosité (graviers, galets, flysch…). Le relief, très découpé, crée des orientations diverses et notamment de nombreuses facettes sud, est ou ouest, chaudes, avec une pente suffisante pour éliminer l’eau de pluie excédentaire.

Le climat à dominante océanique, humide et doux, apporte de 1000 millimètres par an au nord de l’aire, à 1300 millimètres par an à l’ouest, répartis de façon assez homogène sur l’année, avec une période plus sèche en été et en début d’automne. C’est aussi à cette période que souffle préférentiellement (1 jour sur 3) le vent du sud, chaud et sec de type « fœhn ».

La végétation associée marque nettement les différences de sols : les Chênes pédonculés et les landes acides s’étendent largement sur les sols lessivés acides et sur les sols argileux peu calcaires alors que les Chênes pubescents et les pelouses sèches se développent sur les sols calcaires souvent localisés en bas de coteaux pentus orientés vers l’ouest, dans la partie nord de l’aire

on distingue :
-une zone ouest centrée sur les communes de Salies de Béarn et Bellocq, berceau de l’appellation Béarn.
-une zone située au sud et à l’ouest de la commune de Pau, entre les cours d’eau du Gave de Pau et du Gave d’Oloron.
-une zone située au nord-est, dans une boucle du fleuve Adour.

Dans cette aire géographique morcelée, la morphologie est cependant assez homogène. Les coteaux sont souvent dissymétriques avec un versant abrupt orienté vers l’ouest et un versant en pente douce vers l’est. Leur amplitude est assez homogène et atteint une centaine de mètres de dénivelé. Les roches qui forment ces reliefs sont composées essentiellement de sédiments d’origine continentale datant du Tertiaire (molasse, marne, calcaire, argile, Sables Fauves, nappes à galets), parfois marins et du Secondaire (flysch). Des limons éoliens ont recouvert le relief au Quaternaire et sont encore présents sur les plateaux et dans les pentes douces.

Vignoble à Monein au moment des vendanges (Monein, Pyrénées-Atlantiques). Source: By User:Jymm – Own work, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins sont assurés dans l’aire géographique dont le périmètre, à la date d’approbation du présent cahier des charges par le comité national compétent, englobe le territoire des communes suivantes sur la base du code officiel géographique de l’année 2023 :

— Département du Gers : Maumusson-Laguian, Riscle pour le seul territoire de l’ancienne commune de Cannet,

Viella ;

— Département des Hautes-Pyrénées : Castelnau-Rivière-Basse, Hagedet, Lascazères, Madiran, Saint-Lanne et

Soublecause ;

— Département des Pyrénées-Atlantiques : Abos, Arbus, Arricau-Bordes, Arrosès, Artiguelouve, Aubertin, Aubous, Aurions-Idernes, Aydie, Baigts-de-Béarn, Bellocq, Bérenx, Bétracq, Bosdarros, Burosse-Mendousse, Cadillon, Cardesse, Carresse, Castagnède, Castetpugon, Castillon (Canton de Lembeye), Conchez-de-Béarn, Corbères-Abères, Crouseilles, Cuqueron, Diusse, Escurès, Estialescq, Gan, Gayon, Gelos, Haut-de-Bosdarros, L’Hôpital-d’Orion, Jurançon, Lacommande, Lagor, Lahontan, Lahourcade, Laroin, Lasserre, Lasseube, Lasseubetat, Lembeye, Lespielle-Germenaud-Lannegrasse, Lucq-de-Béarn, Mascaraàs-Haron, Mazères-Lezons, Moncaup, Moncla, Monein, Monpezat, Mont-Disse, Mourenx, Narcastet, Ogenne-Camptort, Oraàs, Orthez,Parbayse, Portet, Puyoo, Ramous, Rontignon, Saint-Faust, Saint-Jean-Poudge, Salies-de-Béarn, Salles- Mongiscard, Sauvelade, Séméacq-Blachon, Tadon-Sadirac-Viellenave, Tadousse-Ussau, Uzos, Vialer, Vielleségure.

Modifications du 13/12/2024

CÉPAGES PRINCIPAUX

cabernet franc N, cabernet-sauvignon N,  gros manseng B, petit manseng B , raffiat de Moncade B,  tannat N

a) – Les vins blancs sont issus des cépages suivants :
– cépages principaux : gros manseng B, petit manseng B, raffiat de Moncade B ;
– cépages accessoires : camaralet de Lasseube B, courbu B, lauzet B, petit courbu B, sauvignon B.

b) – Les vins rouges et rosés sont issus des cépages suivants :
– cépages principaux : cabernet franc N, cabernet-sauvignon N, tannat N ; – cépages accessoires : courbu noir N, fer N, manseng N.

Pour les vins rouges : « La proportion du cépage tannat N peut être égale à 50 %.».

Pour les vins rosés, les cépages principaux représentent au moins 70 % de l’assemblage, le tannat N représente au moins 25 % de l’assemblage .

RÈGLES DE PROPORTION À L’EXPLOITATION

b) – Vins rouges :
Pour les vins rouges, la proportion des cépages principaux est supérieure ou égale à 80% de l’encépagement ;
– La proportion du cépage tannat N est supérieure à 50 %.

c) – Vins rosés :
La proportion des cépages accessoires est inférieure ou égale à 30 % de l’encépagement.

d) – Vins blancs :
– La proportion des cépages accessoires est inférieure ou égale à 30 % de l’encépagement.

– Le cépage raffiat de Moncade B est obligatoirement présent dans l’encépagement.

RENDEMENTX MAXIMAUX

Béarn – Vins rouges, rosés et blancs :  60 hectolitres par hectare

VINS ET CARACTÉRITIQUES ŒNOLOGIQUES

—  Les vins blancs et rosés sont issus de pressurages directs.

—  Pour l’élaboration des vins rosés, l’utilisation de charbons à usage Å“nologique, seuls ou en mélange dans des préparations, est interdite.

—  Un titre alcoométrique total ne dépassant pas 13,5 % après enrichissement.

— Outre la disposition ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques œnologiques, les obligations figurant au niveau communautaire et dans le code rural et de la pêche maritime.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 4 000 pieds à l’hectare avec un écartement entre les rangs supérieur à 2,50 mètres.

Les vignes destinées à la production de vins rouges et rosés, situées sur les communes suivantes du département des Pyrénées-Atlantiques : Abos, Arbus, Artiguelouve, Aubertin, Bosdarros, Cardesse, Cuqueron, Estialesq, Gan, Gelos, Haut-de-Bosdarros, Jurançon, Lacommande, Lahourcade, Laroin, Lasseube, Lasseubétat, Lucq-de-Béarn, Mazères- Lezons, Monein, Narcastet, Parbayse, Rontignon, Saint-Faust et Uzos, peuvent présenter un écartement entre les rangs de 2,80 mètres maximum.

Ces dispositions ne s’appliquent pas aux vignes plantées en terrasse.

Les vignes sont taillées en Guyot simple ou double avec un maximum d’yeux francs par pied de :

16 yeux francs pour les cépages tannat N, manseng N, gros manseng B, raffiat de Moncade B ;

20 yeux francs pour les autres cépages.

Le nombre de rameaux fructifères de l’année par pied, après floraison (stade phénologique 23 de Lorenz), est inférieur ou égal à :

12 yeux francs pour les cépages tannat N, manseng N, gros manseng B, raffiat de Moncade B ; 16 yeux francs pour les autres cépages.
— L’irrigation peut être autorisée.

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

L’AOC « Béarn » peut être complétée de la dénomination géographique complémentaire précisant l’unité géographique plus grande « Sud-Ouest ».

Dernière modification du cahier des charges : 13/12/2024