BORDEAUX AOP

Un rapport détaillé sur la météo et les récoltes de Bordeaux 2024, par Gavin Quinney. Source: AAWE

L’APPELLATION

L’appellation Bordeaux. AOP est réservée aux vins tranquilles blancs secs, aux vins tranquilles blancs avec sucres résiduels, aux vins tranquilles rosés et aux vins tranquilles rouges élaborés sur le  territoire de certaines communes du département de la Gironde sur la base du code officiel géographique en date du 1er janvier 2022

– La mention « claret » est réservée aux vins rouges.
– La mention « clairet » est réservée aux vins rosés foncés.
– La dénomination géographique « Haut-Benauge » est réservée aux vins tranquilles blancs.

HISTOIRE

Le vignoble en Bordelais, dont le véritable essor remonte aux XIIème et XIIIème siècles, apparaît au premier siècle de notre ère lorsque les Bituriges Vivisques de Bordeaux, une peuplade de guerriers d’origine celtique découvrant le vin sous l’influence romaine, implantent un nouveau cépage plus résistant au froid, le Vitis Biturica, ancêtre des cépages « cabernets ». Le développement de la culture de la vigne a été fortement conditionné par les relations commerciales privilégiées de Bordeaux avec l’Angleterre puis la Hollande, à l’origine de l’établissement d’un puissant négoce structuré autour du port de Bordeaux (DION, R. Histoire de la vigne et du vin en France : des origines au XIX ème siècle, 1959).

Ces échanges ont historiquement conduit et encouragé l’innovation technique et l’introduction de nouveaux procédés comme par exemple vers 1750, l’élevage en barriques puis en bouteilles grâce à « l’allumette hollandaise » (mèche soufrée) (ENJALBERT, H. La naissance des grands vins et la formation du vignoble moderne de Bordeaux : 1647 – 1767, 1978).

En vins rouges, comme en vins blancs, plusieurs cépages sont exploités par les viticulteurs en Bordelais, qui en assurent la répartition en fonction des potentialités de leurs parcelles. A la fin du XVIIIème siècle, les « cabernets » (cabernet- sauvignon N et cabernet franc N), cot N (ou malbec) et petit verdot N sont les cépages principaux du Bordelais. Le merlot N, proche parent des « cabernets » et cépage principal aujourd’hui, ne commence réellement à se propager qu’à partir de 1830 et surtout avec la mise en place du greffage, qui a réduit sa tendance à la coulure et au millerandage.

Le développement du commerce avec la Hollande a également favorisé la production de vins blancs secs à partir des cépages ugni blanc B et colombard B et de vins blancs avec sucres fermentescibles à partir des cépages sémillon B et muscadelle B.

L’habitude ancienne du négoce de classer les paroisses viticoles par ordre de mérite, puis à l’intérieur de celles-ci, d’identifier les crus, conduira à la codification de ces listes en 1855 pour l’Exposition Universelle par le Classement des Vins de Gironde à l’initiative de l’Empereur Napoléon III. Longtemps méconnu du consommateur, ce classement témoigne pourtant de la notion de « château » en Bordelais.

Au milieu du XIXème siècle, de terribles maladies frappent durement le vignoble : l’oïdium, en 1857 mais surtout le phylloxéra de 1875 à 1892. Une des premières grandes solutions a été de reconquérir les zones submersibles des plaines : en inondant les vignobles quelques semaines à l’automne cela permettait de tuer les larves des insectes et d’empêcher ainsi leur reproduction. Enfin, le mildiou a causé également d’énormes dégâts dans le vignoble et c’est par l’ingéniosité des scientifiques de Bordeaux, et notamment Ulysse Gayon, l’un des pères de l’œnologie, que le remède est trouvé avec l’invention de la « bouillie bordelaise », préparation à base de cuivre (MILLARDET, A., GAYON, U. Recherches sur les effets des divers procédés de traitement du mildiou par les composés cuivreux, 1887).

A la fin du XIXème et au début du XXème siècle, le vignoble connaît une nouvelle crise, celle des fraudes et de la baisse des prix. Pour s’en prémunir, les Girondins participent à l’élaboration d’une législation nationale sur l’origine des vins qui aboutit à l’établissement d’une délimitation départementale de l’appellation Bordeaux (décret du 18 février 1911), reconnue et confirmée en appellation d’origine contrôlée « Bordeaux » par le décret du 14 novembre 1936.

Au XXème siècle, les fortes gelées de l’hiver 1956 ont conduit à une profonde restructuration et modernisation du vignoble. La désaffection pour les « vins blancs doux » a conduit d’une part à une reconversion du vignoble en cépages noirs et d’autre part à un recentrage sur le sauvignon B pour la production de vins blancs secs plus aromatiques.

Le vignoble d’appellation d’origine contrôlée « Bordeaux » produit en moyenne 300 000 hectolitres (7 925 162 US gallons) de vins blancs, 200 000 hectolitres (5 283 441 US gallons) de vins rosés et plus de 2 000 000 hectolitres (52 834 410 US gallons)de vins rouges.
Ces vins tranquilles se déclinent en vins blancs (secs ou avec sucres fermentescibles), rosés ou « clairets » et surtout rouges.

La bouillie bordelaise est un mélange de sulfate de cuivre et de chaux éteinte, utilisé comme fongicide dans les vignes pour prévenir le mildiou et l’oïdium. Elle a été inventée à Bordeaux à la fin du XIXe siècle. Appliqué en grande quantité, le cuivre peut s’accumuler et devenir polluant. (Affiche de 1903). Source: AAWE

CLIMAT ET SOLS

La zone géographique bénéficie de conditions climatiques privilégiées  relativement homogènes pour la production viticole : une situation à proximité de grandes masses d’eau (océan Atlantique, estuaire de la Gironde, vallées de la Garonne et de la Dordogne) qui jouent un rôle thermorégulateur important. Les influences océaniques modératrices sur le gel de printemps s’estompent cependant à mesure que l’on s’éloigne de la mer et des grandes vallées, et que l’on se rapproche des massifs forestiers des Landes, de Saintonge et de la Double Périgourdine. Ces particularités expliquent la faible implantation de la vigne dans les extrémités nord et sud-sud-ouest de la zone géographique. Elle s’étend sur 501 des 542 communes du département de la Gironde, en excluant le sud-ouest du département, sans vocation viticole, et dévolu à la sylviculture.

Les précipitations sont bien réparties dans l’année et comprises en moyenne entre 700 millimètres et 800 millimètres (27,6 et 31,5 po) par an. Toutefois, en fin d’été, les perturbations océaniques venues de l’ouest sont variables d’une année à l’autre. Le climat océanique, imprévisible et accompagné certaines années de quelques dépressions automnales pluvieuses ou, au contraire d’arrière-saisons chaudes et très ensoleillées, est à l’origine de l’effet millésime marqué.

Plus vaste territoire viticole d’appellation d’origine contrôlée de France, les paysages du Bordelais, qu’ils soient urbains, périurbains ou ruraux sont toujours marqués par la vigne. La Gironde viticole est drainée par les deux bassins-versants de la Dordogne au nord et de la Garonne au sud, qui s’unissent au niveau du Bec d’Ambès pour former l’estuaire de la Gironde. Trois grands ensembles sont ainsi délimités : le Nord-Gironde sur la rive droite de la Dordogne et de l’estuaire, la zone limitée par la Dordogne au nord et la Garonne au sud, et enfin, la rive gauche de la Garonne et de l’estuaire.

Les formations géologiques supportant le vignoble bordelais sont relativement peu diversifiées. S’appuyant, au nord, sur les assises jurassiques et crétacées de la bordure charentaise du bassin d’Aquitaine, elles appartiennent exclusivement au Tertiaire et au Quaternaire. Il s’agit surtout de marnes, molasses et calcaires de l’Eocène et de l’Oligocène, et de formations alluviales graveleuses et sableuses plio-quaternaires, fréquemment masquées par une couverture de limons.

Les sols issus de ces formations sont diversifiés tout en constituant de grands ensembles. Sur les formations tertiaires, les sols bruns argilo-calcaire dominent. Les formations superficielles parfois épaisses de plusieurs mètres (argiles à graviers entre Garonne et Dordogne et limons éoliens dénommés localement « boulbènes ») sont fréquentes. Le long des fleuves, les dépôts graveleux constituent des terrasses bien drainées, chaudes et parfaites pour la vigne. Enfin, les dépôts alluviaux récents où l’argile domine constituent les sols de « palus ».

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION ((mise à jour du 25/11/2025

Source: https://www.vin-blaye.com

DÉROGATION SUR LA DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

L’aire de proximité immédiate, définie par dérogation pour la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins susceptibles de bénéficier de l’appellation d’origine contrôlée « Bordeaux » complétée ou non par les mentions « clairet » et « claret », est constituée par le territoire des communes suivantes sur la base du code officiel géographique en date du 1er janvier 2025:

– Département de la Dordogne : Le Fleix, Fougueyrolles, Gageac-et-Rouillac, Gardonne, Minzac, Pomport, Port-Sainte-Foy-et-Ponchapt, Razac-de-Saussignac, Saint-Antoine-de-Breuilh, Saint-Seurin-de-Prats, Saussignac, Thénac, Villefranche-de-Lonchat.

– Département de Lot-et-Garonne : Baleyssagues, Beaupuy, Cocumont, Duras, Esclottes, Lagupie, Loubès- Bernac, Sainte-Colombe-de-Duras, Savignac-de-Duras, Villeneuve-de-Duras.

PRINCIPAUX CÉPAGES

cabernet franc N , cabernet-sauvignon N,  carmenère N, cot N – malbec, merlot N , muscadelle B, petit verdot N, sauvignon B – sauvignon blanc ,sauvignon gris G – fié gris,  semillon B

a) – Les vins blancs sont issus des cépages suivants :

– Cépages principaux : sémillon B, sauvignon B, sauvignon gris G, muscadelle B ;

– Cépages accessoires : colombard B, merlot blanc B, ugni blanc B

Et pour les vins blancs présentant une teneur en sucres résiduels inférieure ou égale à 4 grammes par litre les variétés alvarinho B, floréal B, liliorila B, sauvignac B et souvignier gris.

Et pour les vins blancs présentant une teneur en sucres résiduels supérieure à 4 grammes/litre, les variétés floréal B, liliorila B, sauvignac B et souvignier gris

Modifications du 06/12/ 2023

b) – les vins rosés autres que ceux susceptibles de bénéficier de la mention « clairet » sont issus des cépages suivants :

– Cépages principaux : cabernet-sauvignon N, cabernet franc N, merlot N, cot N (ou malbec), carmenère N, petit verdot N ;

– Cépages accessoires : sémillon B, sauvignon B, sauvignon gris G

– Et des variétés suivantes : arinarnoa N, castets N, marselan N, touriga nacional N, vidoc N, alvarinho B, floréal B, liliorila B, sauvignac B et souvignier gris.

Modifications du 06/12/ 2023

c) – Les vins rouges et les vins rosés susceptibles de bénéficier de la mention « clairet » sont issus exclusivement des cépages suivants :

– Cabernet-sauvignon N, cabernet franc N, merlot N, cot N (ou malbec), carmenère N, petit verdot N

– Et des variétés arinarnoa N, castets N marselan N, touriga nacional N et vidoc N,

Pour les vins susceptibles de bénéficier de la mention « clairet », l’encépagement peut intégrer les cépages VIFA arinarnoa N, castets N, marselan N, touriga nacional N et vidoc N, dans la limite de 5 % de l’encépagement de l’exploitation.
Les autres règles d’encépagement sont maintenues sans modification. Modification du 25/11/2025

d) – Les vins susceptibles de bénéficier de la dénomination géographique « Haut-Benauge »

sont issus exclusivement des cépages suivants : sémillon B, sauvignon B, sauvignon gris G, muscadelle B.

RÈGLES DE PROPORTION À L’EXPLOITATION

a) – Vins blancs

La proportion des cépages accessoires est inférieure ou égale à 30 % de l’encépagement de l’exploitation pour les vins blancs.

La proportion des variétés alvarinho B, floréal B, liliorila B, sauvignac B et souvignier gris prises ensemble ou séparément, est inférieure ou égale à 5%. Modifications du 06/12/ 2023

b) – Vins rosés autres que ceux susceptibles de bénéficier de la mention « clairet »

La proportion de l’ensemble des cépages accessoires est inférieure ou égale à 20 % de l’encépagement de l’exploitation pour les vins rosés, dont au maximum 10% pour l’ensemble des cépages sauvignon B et sauvignon gris G.

La proportion des variétés d’intérêt à fin d’adaptation arinarnoa N, castets N, marselan N, touriga nacional N, vidoc N, alvarinho B, floréal B, liliorila B, sauvignac B et souvignier gris prises ensemble ou séparément, est Inférieure ou égale à 5%. Modifications du 06/12/ 2023

c) – Vins rouges et les vins rosés susceptibles de bénéficier de la mention « clairet ».

La proportion des variétés d’intérêt à fin d’adaptation arinarnoa N, castets N, marselan N et touriga nacional N et vidoc N, prises ensemble ou séparément, est inférieure ou égale à 5 % de l’encépagement de l’exploitation pour les vins rouges ou les vins rosés susceptibles de bénéficier de la mention « clairet ». Modifications du 06/12/ 2023

RENDEMENTS MAXIMUM

Vins tranquilles blancs (secs et avec sucres fermentescibles) : 77 hectolitres par hectare
Vins tranquilles rosés : 72 hectolitres par hectare

Vins tranquilles rouges :  :  68 hectolitres par hectare. Modifications du 26/11/ 2025

CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES AVANT CONDITIONNEMENT

CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES APRÈS CONDITIONNEMENT

Modifications du 12 juin 2025

Pour l’élaboration des vins rosés autres que ceux susceptibles de bénéficier de la mention «clairet», l’utilisation des charbons à usage œnologique est autorisée pour les moûts, dans la limite de 20 % du volume de vins rosés élaborés par le vinificateur concerné, pour la récolte considérée.

L’enrichissement par concentration partielle des vins rouges est autorisé, dans la limite d’une concentration de 15 % des volumes ainsi enrichis. Les vins ne dépassent pas, après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total suivant :

— Les vins rouges et les vins blancs avec sucres fermentescibles ne dépassent pas, après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total de 13,5 %.

— Les vins rosés et blancs secs ne dépassent pas, après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total de 13 %.

La fermentation malolactique est obligatoire pour les vins rouges hormis ceux pouvant bénéficier de la mention « claret ». Modifications du 26/11/ 2025

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

Pour les parcelles plantées à partir du 1er août 2008, les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 4 000 pieds par hectare. Ces vignes ne peuvent présenter un écartement entre les rangs supérieur à 2,50 mètres et un écartement entre les pieds sur un même rang inférieur à 0,85 mètre mais au minimum 0,8 mètre. Cette densité peut être réduite à 3 300 pieds par hectare. Dans ce cas, les vignes ne peuvent présenter un écartement entre les rangs supérieur à 3 mètres et un écartement entre les pieds sur un même rang inférieur à 0,80 mètre. Modifications du 25/11/2025

Seules sont autorisées la taille à coursons (cots) ou la taille à longs bois (astes). Pour les cépages merlot N, sémillon B et muscadelle B, le nombre d’yeux francs à la taille ne peut excéder 45 000 yeux francs par hectare et 18 yeux francs par pied. Pour les autres cépages, dont les cépages cabernet franc N, cabernet sauvignon N, sauvignon B, sauvignon gris G, le nombre d’yeux francs à la taille ne peut excéder 50 000 yeux francs par hectare et 20 yeux francs par pied.

Après ébourgeonnage, le nombre de rameaux fructifères par pied ne peut excéder :

– Pour les cépages merlot N, sémillon B et muscadelle B, 12 rameaux par pied pour les vignes présentant unedensité à la plantation supérieure ou égale à 4000 pieds par hectare, et 15 rameaux par pied pour les vignes présentant une densité à la plantation inférieure à 4000 pieds par hectare ;

– Pour les autres cépages, dont les cépages cabernet franc N, cabernet sauvignon N, sauvignon B, sauvignongris G, 14 rameaux par pied pour les vignes présentant une densité à la plantation supérieure ou égale à 4000 pieds par hectare, et 17 rameaux par pied pour les vignes présentant une densité à la plantation inférieure à4 000 pieds par hectare.

Modifications du 26/11 2025

 L’écartement entre les pieds sur un même rang passe  de 0,85 à  0,80 mètre minimum . Modifications du 26/11/2025

La taille est effectuée au plus tard au stade feuilles étalées (stade 9 de Lorenz).

L’ébourgeonnage est effectué avant la nouaison.

Modifications du 26/11 2025

Charge de la parcelle

10000 kilogrammes par hectare quel que soit la densité de plantation (variait précédemment avec la densité de plantation). Modifications du 26/11/2025

ÉLEVAGE

Les vins rouges autres que ceux susceptibles de bénéficier de la mention « claret » bénéficient d’un élevage au moins jusqu’au 31 décembre de l’année de récolte. Modifications du 26/11/ 2025

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

L’AOC «Bordeaux» peut être complétée des mentions «claret» pour les vins rouges et «clairet» pour les vins rosés foncés selon les dispositions fixées pour ce type de vin notamment en ce qui concerne les normes analytiques.

L’AOC «Bordeaux» peut être complétée de la dénomination géographique «Haut-Benauge» pour les vins blancs selon les dispositions fixées pour cette dénomination géographique complémentaire en ce qui concerne notamment la zone géographique, l’encépagement, le rendement et les normes analytiques. La dénomination géographique « Haut-Benauge » est inscrite immédiatement après le nom de l’appellation d’origine contrôlée « Bordeaux » en caractères dont les dimensions, aussi bien en hauteur qu’en largeur, ne devront pas dépasser celles des caractères de ladite appellation d’origine contrôlée.

Les vins blancs dont la teneur en sucres fermentescibles est supérieure à 5 grammes par litre et inférieure à 60 grammes par litre sont présentés avec la mention correspondant à la teneur présente dans le vin, telle qu’elle est définie par la réglementation communautaire.

L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser l’unité géographique plus grande « Vin de Bordeaux ». Les dimensions des caractères de l’unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, aux deux tiers de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Dernière modification du cahier des charges :26/11/2025

LES AOPs TRANSRÉGIONALES BORDELAISES 

Ce sont des appellation génériques réparties sur l’ensemble du territoire bordelais et elles comprennent les AOPs suivantes: Bordeaux, Bordeaux Supérieurs, Crémants De Bordeaux et Côtes de Bordeaux.

Source: la Carte des Vins

Elle se décomposent comme suit :

  • AOC Bordeaux rouge : 61.52% de la production, 35 636 hectares (90 530 acres)
  • AOC Bordeaux Supérieur rouge : 18.23% de la production, 12 405 hectares (30 653 acres)
  • AOC Bordeaux blanc : 10.84% de la production, 5 725 hectares (14 447 acres)
  • AOC Bordeaux Supérieur blanc : 0.06% de la production, 47 hectares (145 acres)
  • AOC Bordeaux rosé : 6.36% de la production, 3 537 hectares (8 740 acres)
  • AOC Bordeaux clairet : 0.64% de la production, 377 hectares (932 acres)
  • AOC Crémant de Bordeaux : 2.35% de la production, 910 hectares (2 250 acres)
  • Côtes de Bordeaux: 10% de la production, 10 800 hectares (26 637 acres)

HISTOIRE

L’histoire de ces appellations remonte à 1936 avec la création par décret des 6 AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur. 1967 voit la naissance du Syndicat Viticole Régional des AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur, à Bordeaux. En 1990, Création de l’AOC Crémant de Bordeaux. En 2009, l’appellation Côtes de Bordeaux voit le jour de En 2014, une IGP, Fine Bordeaux est créée.

CÉPAGES

Les principaux cépages de ces appellations sont :

• merlot (pour la rondeur),

• cabernet sauvignon (pour la charpente),

• cabernet franc (pour la finesse),

• sauvignon (pour l’arôme),

• sémillon (pour la structure et le gras),

• muscadelle (pour le bouquet).

LES AOPs GÉNÉRIQUES

On recense 34 AOPs génériques: Bordeaux, Bordeaux supérieur, et Crémant de Bordeaux et Côtes de Bordeaux.

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PESSAC-LÉOGNAN AOP

Vins de Bordeaux

L’APPELLATION

L’appellation Pessac-Léognan est réservée aux vins tranquilles secs rouges et blanc élaborés sur le territoire des certaines  communes du département de la Gironde

HISTOIRE

La région des « Graves » comprend, autour de la ville de Bordeaux, un territoire très original appelé au Moyen-Âge « Las Grabas de Bourdeus » (« Les Graves de Bordeaux »). Elles sont, voici 2000 ans, autour du port, le berceau d’un vignoble dont le nom prestigieux est maintenant connu du monde entier.
En 1152, le mariage d’ALIENOR d’Aquitaine avec le roi d’Angleterre apporte de sérieuses raisons de prospérer. Raisons d’autant plus sérieuses qu’elles vont bientôt s’appuyer sur l’octroi à la « Banlieue » de Bordeaux du fameux « Privilège » qui prohibe toute concurrence tant qu’il reste à vendre une seule barrique de « vin de ville ».
L’âge d’or s’ouvre, au XIVème siècle, sur un engouement anglais pour le « Claret ». Les domaines viticoles se développent alors et la « Banlieue Prévôtale », privilégiée, est étendue jusqu’aux limites actuelles de la zone géographique.

De 1531 à 1551, Jean de PONTAC construit, parcelle par parcelle, au lieu-dit « Haut-Brion », une véritable entreprise viticole qui préfigure parfaitement le grand « Château » bordelais et fait naître la notion de « Grand Cru ». Au cours de la première moitié du XIXème siècle, la plupart des domaines se parent du titre de « Château ».

Bien plus tard, par un lent processus de dégradation, des milliers d’hectares sont détruits par le développement de la ville de Bordeaux et de ses communes immédiatement suburbaines. Le vignoble des « Graves » perd, dans la seule zone géographique de la future appellation d’origine contrôlée « Pessac-Léognan », plus de 3 000 hectares (7 415 acres) et plusieurs centaines de « crus » entre le début du XXème siècle et les années 1970. A cette date, il ne compte plus que 550 hectares (1 360 acres), dont 100 hectares (250 acres) condamnés à court terme.

Un groupe de jeunes viticulteurs dynamiques et entreprenants se lance alors à la reconquête et demande la hiérarchisation de l’appellation d’origine contrôlée « Graves ». L’appellation d’origine contrôlée « Pessac-Léognan » est ainsi reconnue par décret du 9 septembre 1987, à l’image des appellations communales du « Médoc », confirmant les spécificités de cette zone géographique, partie intégrante de la zone géographique de d’origine contrôlée « Graves », dont elle fût le terroir originel.

Le vignoble de « Pessac-Léognan », d’une superficie de 1 640 hectares (4 050 acres) en 2010, exploités par 61 producteurs, produit en moyenne 70 000 hectolitres (1,85 M d’US gallons) dont plus de 80 % de vins rouges. Cet équilibre de production entre vins rouges et vins blancs secs est constant et témoigne d’une régularité séculaire.

Estate manager Georges Delmas (center right, in suit) oversees operations at Château Haut-Brion in 1924. Delmas served as the estate’s manager from 1923 to 1961. Jane Anson via AAWE

CLIMAT ET SOLS

La zone géographique s’étend sur la partie septentrionale de l’appellation d’origine contrôlée « Graves », bordant à  l’ouest et au sud, la ville de Bordeaux, sur la rive gauche de la Garonne.

Les sols caractéristiques sont les témoins des cours anciens de la Garonne qui fluctuèrent à la fin du Tertiaire et durant le Quaternaire, au gré des fontes successives des glaciers pyrénéens. Des quantités considérables de matériaux sont alors charriées et se déposent, selon la puissance des courants et la densité des sédiments, sur d’anciens fonds maritimes constitués de calcaires et de faluns coquilliers. L’érosion façonne alors les sols représentés par :

—  des sols développés sur des graves ou galets roulés par les eaux, d’une épaisseur pouvant atteindre trois mètres et plus,

—  des sols développés sur argiles calcaires, sables et faluns, le tout reposant sur un socle de roche calcaire fissuré et perméable.

Cette complexité pédologique fait la richesse du milieu naturel de l’appellation d’origine contrôlée.

Inscrits dans un relief légèrement ondulé, les dépôts de graves forment des croupes particulièrement bien dessinées dans le paysage. Les pentes douces assurent un remarquable drainage naturel facilité par un réseau hydrographique important de petits cours d’eau, affluents de la Garonne.

Le climat général est très représentatif de celui de la Gironde, tempéré et favorable à la vigne par sa douceur et son hygrométrie régulière. Il bénéficie de la protection thermorégulatrice de la forêt des Landes girondines, au sud, et de l’Océan Atlantique, à l’ouest.

La zone géographique présente la particularité de se situer en périphérie de la ville de Bordeaux, et quelquefois enclavée dans l’agglomération.

Le développement de la ville de Bordeaux déborde sur le vignoble. Le vignoble des « Graves » perd, dans la seule zone géographique de la future appellation d’origine contrôlée « Pessac-Léognan », plus de 3 000 hectares (7 415 acres) et plusieurs centaines de « crus » entre le début du XXème siècle et les années 1970. A cette date, il ne compte plus que 550 hectares (1 360 acres).

Un groupe de jeunes viticulteurs se lance alors à la reconquête et demande la hiérarchisation de l’appellation d’origine contrôlée « Graves ». L’appellation d’origine contrôlée « Pessac-Léognan » est ainsi reconnue par décret du 9 septembre 1987, à l’image des appellations communales du « Médoc », confirmant les spécificités de cette zone géographique, partie intégrante de la zone géographique de d’origine contrôlée « Graves », dont elle fût le terroir originel.

Les cépages, cultivés sous un climat océanique, ont, dès les XVIIème siècle, nécessité des échalas de soutien. La généralisation du palissage et d’un mode de taille suffisamment sévère a permis d’assurer une bonne répartition de la vendange et une surface foliaire suffisante pour une bonne photosynthèse et une maturité optimale. De même, afin d’éviter la surcharge en fruits des pieds de vigne, gage de maturité et de concentration optimale des vins, la densité de plantation est élevée.

L’aire parcellaire délimitée pour la récolte des raisins classe les parcelles caractérisées par un sol graveleux à sablo- graveleux, mais aussi parfois argilo-calcaire, et ayant un potentiel d’assainissement suffisant, du fait de leur perméabilité ou de leur relief. Les parcelles situées sur alluvions modernes, sur sables ou sur sous-sol imperméable ont été exclues.

Ces parcelles soigneusement délimitées permettent les expressions optimales des cépages locaux, sélectionnés au cours de l’histoire pour leurs aptitudes à la conservation et au vieillissement, liées à la nécessité historique de transports lointains de ces produits.

Les vins rouges bénéficient d’une longue période d’élevage, nécessaire à leur affinage et leur meilleure expression avant mise en marché à destination du consommateur.

Les vins blancs secs expriment une grande finesse sur les sols plus sableux ou à matrice argileuse avec des notes florales, fruitées mais ne manquant pas de fraîcheur.

Par sa proximité avec le port de Bordeaux, où un négoce puissant s’est installé distribuant ces vins de par le monde, l’appellation d’origine contrôlée « Pessac-Léognan » a acquis rapidement une notoriété mondiale, bénéficiant des innovations techniques, encourageant le dynamisme des exploitations, leur permettant ainsi de se développer dans le respect des usages séculaires.

Les producteurs de « Pessac-Léognan » pratiquent presque tous la « vente en primeur » sur la place de Bordeaux, tradition caractéristique des grands vins de Bordeaux. Elle se réalise au printemps suivant la récolte, entre les propriétaires et les négociants par l’intermédiaire des courtiers bordelais. Après cette transaction, le vin est, sous la responsabilité du vendeur, conservé et élevé jusqu’à son conditionnement.


Bordeaux, Quais des Chartrons, vers 1910. Fûts de vin, grues portuaires à vapeur et un petit bateau à vapeur aux hautes cheminées. Source: AAWE

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration, l’élevage et le conditionnement des vins sont assurés sur le territoire des communes suivantes du département de la Gironde sur la base du code officiel géographique en date du 26 février 2020 : Cadaujac, Canéjan, Gradignan, Léognan, Martillac, Mérignac, Pessac, Saint-Médard-d’Eyrans, Talence et Villenave-d’Ornon.

Château Haut-Brion. Source: Haut-Brion

DÉROGATION SUR LA DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

Aucune

CÉPAGES PRINCIPAUX

cabernet franc N , cabernet-sauvignon N,  carmenère N, cot N – malbec, merlot N , muscadelle B, petit Verdot N, Sauvignon B – Sauvignon blanc ,Sauvignon gris G – Fié gris,  Semillon B

a) – Lecs vins blancs sont issus des cépages suivants : muscadelle B, sauvignon B, sauvignon gris G, sémillon B.

b) – Les vins rouges sont issus des cépages suivants: cabernet franc N, cabernet-sauvignon N, carmenère N, cot N (ou malbec), merlot N et petit verdot N.

Pas de restriction pour les assemblages

RENDEMENTS MAXIMAUX

60 hectolitres par hectare

VINS ET CARACTÉRITIQUES ŒNOLOGIQUES

Les techniques soustractives d’enrichissement (TSE) sont autorisées pour les vins rouges dans la limite d’un taux de concentration de 15 % ; Les vins blancs ne dépassent pas, après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total de 13%. Les vins rouges ne dépassent pas, après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total de 13,5 %.

Outre la disposition ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques œnologiques, les obligations figurant au niveau communautaire et dans le code rural et de la pêche maritime.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 6 500 pieds par hectare. L’écartement entre les rangs ne peut être supérieur à 1,60 mètre et la distance entre les pieds sur un même rang ne peut être inférieure à 0,80 mètre.

Les vignes sont taillées au plus tard au stade feuilles étalées (stade 9 de Lorenz), avec un maximum 12 yeux francs par pied et selon les dispositions suivantes : – Taille dite à cots (ou coursons) et à astes (ou longs bois) : le long bois porte au maximum 7 yeux francs pour les cépages cabernet-sauvignon N, cot N, merlot N, muscadelle B, petit verdot N et sémillon B, et 8 yeux francs pour les cépages cabernet franc N, carmenère N et sauvignon B. Les cots de retour sont au maximum au nombre de 2, taillés à un œil franc ; – Taille à cots à 2 cordons, ou en éventail à 4 bras.

L’irrigation pendant la période de végétation de la vigne ne peut être autorisée, conformément aux dispositions du code rural et de la pêche maritime, qu’en cas de sécheresse persistante et lorsque celle-ci perturbe le bon développement physiologique de la vigne et la bonne maturité du raisin.

Le désherbage chimique total des parcelles est interdit.

Le désherbage chimique des tournières est interdit

Sur tous les inter-rangs, la maîtrise de la végétation, semée ou spontanée, est assurée par des moyens mécaniques ou physiques.

Tout opérateur calcule et enregistre son indice de fréquence de traitement (IFT). »

L’introduction du calcul de l’IFT répond à un souci de sensibilisation et pédagogie des opérateurs sur leurs pratiques et l’utilisation des produits phytosanitaires.

L’interdiction du désherbage chimique total vise à la réduction des herbicides ce qui doit permettre de renforcer la protection des sols viticoles et de préserver leurs fonctionnalités naturelles (fertilité, biodiversité, épuration biologique), ce qui participe à la qualité et l’authenticité des vins.

Ces modifications ont pour objectif la diminution des produits phytopharmaceutiques et de mieux prendre en compte la demande sociétale.

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

Afin de préserver les caractéristiques essentielles et l’authenticité des vins, ceux-ci sont conditionnés dans l’aire géographique soit en bouteilles de verre, soit dans des contenants hermétiques et sous vide de 5 litres maximum, chez l’opérateur récoltant les raisins et vinifiant ces vins.Les vins rouges sont élevés au moins jusqu’au 15 septembre de l’année qui suit celle de la récolte. Les vins blancs sont élevés au moins jusqu’au 15 mars de l’année qui suit celle de la récolte.

L’unité géographique plus grande « Vin de Graves » ou « Grand Vin de Graves » peut figurer sur les étiquettes, prospectus et récipients quelconques. Les dimensions des caractères de cette unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, aux deux tiers de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

La mention « Cru Classé de Graves » peut figurer en remplacement de l’unité géographique plus grande « Vin de Graves » ou « Grand Vin de Graves » ou « Vin de Bordeaux » ou « Grand Vin de Bordeaux » (Ajout du 10 décembre 2024) le respect des mêmes conditions de présentation et de dimension des caractères.

Dernière modification du cahier des charges : 10 décembre 2024

Ratification des modifications par l’Union Européenne le: 16/05/2025

GRAVES AOP (ANNULÉE)

Suite à la fusion des AOP Graves et Graves Supérieures, ce cahier des charges est remplacé par GRAVES AOP : https://www.terroirsdumondeeducation.com/article-sur-le-pays/parent-france/vignobles-de-bordeaux/vignobles-de-graves/graves-aop-3/

Vins de Bordeaux

L’APPELLATION

L’appellation Graves est réservée aux vins tranquilles rouges et blancs élaborés sur le territoire de certaines  communes du département de la Gironde.

HISTOIRE

La vigne a été implantée en Gironde dès l’Antiquité, aux portes de Bordeaux, dans la région des « Graves ».
Les fouilles archéologiques et les amphores permettent de dater la première implantation vers 40 après J.C. Toutefois, le véritable essor viticole débute au Moyen-Âge. A cette époque, les premières vignes sont plantées au cœur même de la ville de Bordeaux et dans ses alentours, sur des terres pauvres et caillouteuses impropres à toute autre culture.
En 1152, le mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec le roi d’Angleterre apporte la prospérité. Celle-ci va s’appuyer sur l’octroi à la « Banlieue » du fameux « Privilège » qui prohibe toute concurrence tant qu’il reste à vendre une seule barrique de vin de ville.
Du XVIème au XVIIIème siècle, sont constitués de grands domaines attachés à la production de vins de qualité, vins qui figurent alors sous le nom de « vins de Graves », un nom considéré comme le vin de Bordeaux par excellence. Les exportations vers l’Angleterre et le nord de l’Europe vont bon train. La cote des Graves domine alors le marché jusqu’à la fin du XVIIIème siècle.
Surmontant les crises viticoles successives des XIXème et XXème siècles liées aux maladies (oïdium, mildiou et phylloxéra), aux gelées hivernales de 1956, aux poussées de l’urbanisation des agglomérations bordelaise et langonnaise, le renouveau économique des vins de Bordeaux amorcé dans les années 1970 a pleinement profité à la région des Graves qui retrouve dans les années 2000 sa superficie historique.
Les cépages noirs, dont la superficie est en progression constante depuis les années 1950, représentent aujourd’hui près des deux tiers des superficies du vignoble. Les appellations d’origine contrôlées « Graves » et « Graves supérieures » s’étendent sur près de 5 000 hectares (12 355 acres) en 2010. Leur production annuelle s’élève à 160 000 hectolitres (3,95 US gallons), soit environ 21 millions de bouteilles dont trois quarts en vins rouges. Le tiers restant se partage entre les vins blancs secs (32 500 hectolitres / 80 310 US gallons) et les vins blancs avec sucres résiduels bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée « Graves supérieures » (7 500 hl / 198 129 US gallons).

CLIMAT ET SOLS

La zone géographique de l’appellation d’origine protégée « Graves » forme une bande d’environ dix kilomètres de largeur sur la rive gauche de la Garonne, du nord de Bordeaux au sud-est de Langon.

Comme le nom de l’appellation l’indique, le territoire des « Graves » est constitué de galets, cailloux, graviers plus ou moins grossiers, de sables mêlés à des limons et argiles, reposant par endroit sur des calcaires mais généralement sur du sable pur ou de l’alios (sables agrégés contenant des particules de fer) ou des argiles. Il s’étend sur 43 communes du département de la Gironde.

Les sols sont issus d’une histoire géologique longue et complexe, étroitement liée à la naissance de la Garonne, aux modifications de son tracé et aux épisodes glaciaires successifs de l’ère quaternaire. Au cours de ces périodes, les glaciers pyrénéens érodent leurs vallées et préparent les stocks rocheux que les rivières rouleront ensuite jusqu’à la région bordelaise. De ces dépôts successifs ne restent plus que des reliques sous la forme de croupes de graves de toutes dimensions et de tous types.

Les sols qui depuis s’y sont formés ont en commun une grande perméabilité due à leur richesse en graviers et galets. S’ils ne sont pas les seuls sols très qualitatifs des « Graves », ils en constituent l’ossature et l’image même de l’excellence. Leurs pentes, en favorisant l’écoulement des eaux sont garantes d’un parfait assainissement superficiel. Ce drainage est par ailleurs renforcé par un réseau hydrographique important de petits cours d’eau, affluents de la Garonne. Ce sont des sols où l’alimentation hydrique de la vigne est très fortement régulée.

Protégé des intempéries à l’ouest par la forêt de pins jouant un rôle thermorégulateur important, des grosses chaleurs et des excès d’humidité par une aération et une ventilation naturelle dues à la proximité de la Garonne, bénéficiant des influences océaniques modératrices sur le gel de printemps, le vignoble jouit d’un climat particulier et propice. Les paysages viticoles de ce secteur, constitués de pentes douces où les cailloux clairs et polis réfléchissent la lumière sur les raisins, s’inscrivent entre fleuve et forêts de pins.

Terres originelles de grands vins blancs et de grands vins rouges de la région bordelaise, la région des Graves est le berceau des pratiques encore en usage aujourd’hui. Les cépages, cultivés sous un climat océanique, ont, dès les XVIIème et XVIIIème siècles, nécessité des échalas de soutien puis la généralisation du palissage et un mode de taille rigoureux pour assurer une bonne répartition de la vendange et une surface foliaire suffisante à la photosynthèse pour une maturité optimale.

Dans le respect des usages déjà transcrits dans le décret du 4 mars 1937 définissant l’appellation d’origine contrôlée « Graves », l’aire parcellaire délimitée pour la récolte des raisins classe les parcelles possédant la caractéristique d’un assainissement naturel soit par leur qualité de drainage, soit par leur position sur croupe ou en pente. Sont exclues les situations géographiques et topographiques qui, par leur éloignement de la Garonne ou par leur enclavement dans la forêt (blocage de la circulation des masses d’air froid) sont soumises au gel printanier.

Les parcelles précisément délimitées permettent les expressions optimales des cépages locaux, sélectionnés au cours de l’histoire pour leurs aptitudes à la conservation et au vieillissement, liées à la nécessité de transports lointains de ces produits.

Si les sols caillouteux, chauds et peu fertiles de l’appellation limitent naturellement la production des vins rouges, ils permettent néanmoins une maturité optimale des cépages cabernet-sauvignon N et merlot, également favorisée par la régulation thermique assurée par la proximité du fleuve de la Garonne. Les vins ainsi obtenus présentent une bonne structure et font alors l’objet d’un élevage nécessaire à leur affinage et à leur meilleure expression avant mise en marché à destination du consommateur.

Les sols plus sableux ou à matrice argileuse sont eux plus propices à la production des vins blancs de l’appellation issus principalement des cépages sauvignon B et sémillon B, leur conférant une fraîcheur alliée à leur finesse et à leurs expressions florales et fruitées.

Afin d’assurer une récolte suffisante, sans surcharge des pieds de vigne, gage de maturité et de concentration optimale des fruits, la densité de plantation minimale est élevée.

La conjonction de la proximité avec le port de Bordeaux, où historiquement un négoce puissant s’est installé pour commercialiser ces vins de par le monde, et d’une situation géo-pédologique originale a permis à l’appellation d’origine contrôlée « Graves » d’acquérir une notoriété internationale.

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins sont assurés sur le territoire des communes suivantes du département de la Gironde sur la base du code officiel géographique en date du 26 février 2020: Arbanats, Ayguemorte-les-Graves, Beautiran, Bègles, La Brède, Budos, Cabanac-et-Villagrains, Cadaujac, Canéjan, Castres-Gironde, Cérons, Cestas, Eysines, Gradignan, Guillos, Le Haillan, Illats, Isle-Saint-Georges, Landiras, Langon, Léogeats, Léognan, Martillac, Mazères, Mérignac, Pessac, Podensac, Portets, Pujols-sur-Ciron, Roaillan, Saint-Médard- d’Eyrans, Saint-Michel-de-Rieufret, Saint-Morillon, Saint-Pardon-de-Conques, Saint-Pierre-de-Mons, Saint-Selve, Saucats, Talence, Toulenne, Villenave-d’Ornon, Virelade, et sur une partie du territoire de la commune de Coimères correspondant à la section A dite des Herrères 1ère feuille du cadastre (plan révisé pour 1934) certifié conforme au plan minute de conservation à la date du 5 novembre 2010.

Source: https://www.tourisme-sud-gironde.com/

DÉROGATION SUR LA DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

Toute dérogation de production hors de l’appellation est supprimée pour tous les styles de vin. Tous les vins doivent être produits et élevés dans l’aire d’appellation. Modifications du 3 mars 2025

CÉPAGES PRINCIPAUX

Cabernet franc N , cabernet-sauvignon N,  carménère N, cot N – malbec, merlot N , muscadelle B, petit verdot N, sauvignon B – sauvignon blanc , sauvignon gris G – fié gris,  sémillon B

a) – Vins rouges.
Les vins sont issus des cépages suivants : cabernet franc N, cabernet-sauvignon N, carmenère N, cot N (ou malbec), merlot N et petit verdot N.

b) – Vins blancs.
Les vins sont issus des cépages suivants : muscadelle B, sauvignon B, sauvignon gris G, sémillon B.

Pas de restriction pour les assemblages

RENDEMENTS MAXIMAUX

Vin rouge : 65 hectolitres par hectare

Vin blanc : 68 hectolitres par hectare

VINS ET CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES

Les techniques soustractives d’enrichissement (TSE) sont autorisées pour les vins rouges dans la limite d’un taux de concentration de 15 %

Les vins rouges ne dépassent pas, après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total de 13, 5 % . Les vins blancs ne dépassent pas, après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total de 13 %.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 5 000 pieds à l’hectare. Ces vignes ne peuvent présenter un écartement entre les rangs supérieur à 2 mètres et un écartement entre les pieds sur un même rang inférieur à 0, 80 mètre.

La taille est effectuée au plus tard au stade feuilles étalées (stade 9 de Lorenz). Les vignes sont taillées selon les techniques suivantes avec un maximum de douze yeux francs par pied :

— taille dite à cots (ou coursons) ou à astes (ou longs bois) ;

— taille à cots à deux cordons ou en éventail à quatre bras.

L’irrigation pendant la période de végétation de la vigne ne peut être autorisée qu’en cas de sécheresse persistante et lorsque celle-ci perturbe le bon développement physiologique de la vigne et la bonne maturation du raisin.

* Les pieds morts doivent être évacués des parcelles, tout stockage de ces pieds morts est interdit sur les parcelles.

* Le désherbage chimique total des parcelles est interdit.

* L’enherbement permanent du contour des parcelles (tournières et espaces inter parcellaires non plantés ou non cultivés) est obligatoire. Cette obligation ne s’applique pas en cas de remise en état des tournières notamment suite à l’érosion, ou à des phénomènes climatiques exceptionnels.

* Tout opérateur calcule et enregistre son indice de fréquence de traitement (IFT).

Ajouts du 03 mars 2025

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser l’unité géographique plus grande « Vin de Graves». Les dimensions des caractères de cette unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, aux deux tiers de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

* A compter de la récolte 2026, l’étiquetage des vins comporte l’identifiant collectif selon les dispositions de la charte en vigueur établie par le Syndicat Viticole des Graves et mise à disposition de tous les opérateurs.

* L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser l’unité géographique plus grande « Vin de Bordeaux » ou « Grand Vin de Bordeaux ».

* Les dimensions des caractères de cette unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, aux deux tiers de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Ajouts du 03 mars 2025

Dernière modification du cahier des charges : Ajout du 03 mars 2025

GRAVES SUPÉRIEURES AOP (ANNULÉE)

Suite à la fusion des AOP Graves et Graves Supérieures, ce cahier des charges est remplacé par GRAVES AOP : https://www.terroirsdumondeeducation.com/article-sur-le-pays/parent-france/vignobles-de-bordeaux/vignobles-de-graves/graves-aop-3/

NB: les producteurs de vin de sucres résiduels ne pourront continuer à utiliser l’appellation Graves Supérieures que jusqu’en 2028, date à laquelle Graves Supérieures disparaitra pour et les vins de sucres résiduels qui seront vendus sous l’appellation Graves.

Vins de Bordeaux

L’APPELLATION

L’appellation Graves supérieures  est réservée aux vins blancs tranquilles avec sucres résiduels issus de raisins récoltés à surmaturation et vendangés par tries successives manuelles, structurés autour du sémillon B et élaborés sur le territoire de certaines  communes  du département de la Gironde.

HISTOIRE, CLIMAT ET SOLS

La zone géographique de l’appellation d’origine protégée « Graves supérieures» forme une bande d’environ dix  kilomètres de largeur sur la rive gauche de la Garonne, du nord de Bordeaux au sud-est de Langon.

Comme le nom de l’appellation l’indique, le territoire des « Graves supérieures » est constitué de galets, cailloux, graviers plus ou moins grossiers, de sables mêlés à des limons et argiles, reposant par endroit sur des calcaires mais généralement sur du sable pur ou de l’alios (sables agrégés contenant des particules de fer) ou des argiles. Il s’étend sur 43 communes du département de la Gironde.

Les sols sont issus d’une histoire géologique longue et complexe, étroitement liée à la naissance de la Garonne, aux modifications de son tracé et aux épisodes glaciaires successifs de l’ère quaternaire. Au cours de ces périodes, les glaciers pyrénéens érodent leurs vallées et préparent les stocks rocheux que les rivières rouleront ensuite jusqu’à la région bordelaise. De ces dépôts successifs ne restent plus que des reliques sous la forme de croupes de graves de toutes dimensions et de tous types.

Les sols qui depuis s’y sont formés ont en commun une grande perméabilité due à leur richesse en graviers et galets. S’ils ne sont pas les seuls sols très qualitatifs des « Graves supérieures», ils en constituent l’ossature et l’image même de l’excellence. Leurs pentes, en favorisant l’écoulement des eaux sont garantes d’un parfait assainissement superficiel. Ce drainage est par ailleurs renforcé par un réseau hydrographique important de petits cours d’eau, affluents de la Garonne. Ce sont des sols où l’alimentation hydrique de la vigne est très fortement régulée.

Protégé des intempéries à l’ouest par la forêt de pins jouant un rôle thermorégulateur important, des grosses chaleurs et des excès d’humidité par une aération et une ventilation naturelle dues à la proximité de la Garonne, bénéficiant des influences océaniques modératrices sur le gel de printemps, le vignoble jouit d’un climat particulier et propice. Les paysages viticoles de ce secteur, constitués de pentes douces où les cailloux clairs et polis réfléchissent la lumière sur les raisins, s’inscrivent entre fleuve et forêts de pins.

Terres originelles de grands vins blancs et de grands vins rouges de la région bordelaise, la région des Graves supérieures est le berceau des pratiques encore en usage aujourd’hui. Les cépages, cultivés sous un climat océanique, ont, dès les XVIIème et XVIIIème siècles, nécessité des échalas de soutien puis la généralisation du palissage et un mode de taille rigoureux pour assurer une bonne répartition de la vendange et une surface foliaire suffisante à la photosynthèse pour une maturité optimale.

Dans le respect des usages, l’aire parcellaire délimitée pour la récolte des raisins classe les parcelles possédant la caractéristique d’un assainissement naturel soit par leur qualité de drainage, soit par leur position sur croupe ou en pente. Sont exclues les situations géographiques et topographiques qui, par leur éloignement de la Garonne (perte du pouvoir de régulation thermique du fleuve) ou par leur enclavement dans la forêt (blocage de la circulation des masses d’air froid) sont soumises au gel printanier.

Les parcelles précisément délimitées permettent les expressions optimales des cépages locaux, sélectionnés au cours de l’histoire pour leurs aptitudes à la conservation et au vieillissement, liées à la nécessité de transports lointains de ces produits.

Les vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée « Graves supérieures » sont exclusivement des vins blancs avec sucres résiduels structurés autour du cépage sémillon B qui, récolté à surmaturation et vendangé par tries successives manuelles, donne des vins ronds, amples, de couleur or, aux arômes de fruits confits. Les caractéristiques climatiques de l’aire géographique de l’appellation sont particulièrement propices à cette technique de récolte. Les cépages sauvignon B et muscadelle B, récoltés selon les mêmes techniques, apportent aux vins de la fraîcheur lors de l’assemblage. Cette fraîcheur est également le reflet de la nature des sols sableux ou à matrice argileuse sur lesquels sont plantées les parcelles de l’appellation, qui confèrent au final à ces vins avec sucres résiduels un bon équilibre, finesse et des expressions florales et fruitées. Aptes à bénéficier de quelques années de vieillissement, les vins peuvent aussi être appréciés jeunes.

Afin d’assurer une récolte suffisante, sans surcharge des pieds de vigne, gage de maturité et de concentration optimale des fruits, la densité de plantation minimale est élevée.

La conjonction de la proximité avec le port de Bordeaux, où historiquement un négoce puissant s’est installé pour commercialiser ces vins de par le monde, et d’une situation géo-pédologique originale a permis à l’appellation d’origine contrôlée « Graves supérieures » d’acquérir une notoriété internationale.

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins sont assurés sur le territoire des communes suivantes du département de la Gironde sur la base du code officiel géographique en date du 26 février 2020: Arbanats, Ayguemorte-les-Graves, Beautiran, Bègles, La Brède, Budos, Cabanac-et-Villagrains, Cadaujac, Canéjan, Castres-Gironde, Cérons, Cestas, Eysines, Gradignan, Guillos, Le Haillan, Illats, Isle-Saint-Georges, Landiras, Langon, Léogeats, Léognan, Martillac, Mazères, Mérignac, Pessac, Podensac, Portets, Pujols-sur-Ciron, Roaillan, Saint-Médard- d’Eyrans, Saint-Michel-de-Rieufret, Saint-Morillon, Saint-Pardon-de-Conques, Saint-Pierre-de-Mons, Saint-Selve, Saucats, Talence, Toulenne, Villenave-d’Ornon, Virelade, et sur une partie du territoire de la commune de Coimères correspondant à la section A dite des Herrères 1ère feuille du cadastre (plan révisé pour 1934) certifié conforme au plan minute de conservation à la date du 5 novembre 2010.

Source: https://www.tourisme-sud-gironde.com/

DÉROGATION SUR LA DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

Toute dérogation de production hors de l’appellation est supprimée pour tous les styles de vin. Tous les vins doivent être produits et élevés dans l’aire d’appellation. Modification du 03 mars 2025.

CÉPAGES PRINCIPAUX

Muscadelle B , sauvignon B – sauvignon blanc, sauvignon gris G – fié gris, semillon B

Pas de restriction pour les assemblages

RENDEMENTS MAXIMAUX

48 hectolitres par hectare

VINS ET CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES

– Les techniques soustractives d’enrichissement (TSE) sont autorisées pour les vins rouges dans la limite d’un taux de concentration de 15 % ;
– Les vins blancs d’appellation d’origine contrôlée « Graves » ne dépassent pas, après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total de 13 % ;

– Les vins rouges d’appellation d’origine contrôlée « Graves » ne dépassent pas, après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total de 13,5 % ;

– Pour les vins d’appellation d’origine contrôlée « Graves supérieures » l’enrichissement par sucrage à sec ou par moût concentré rectifié ne peut avoir pour effet de porter le titre alcoométrique volumique total après enrichissement au-delà de 15%. L’enrichissement par concentration partielle des moûts destinés à l’élaboration de vins est autorisé dans la limite d’une concentration de 10% des volumes ainsi enrichis. Il peut permettre de porter le titre alcoométrique volumique total à un niveau de 19% vol.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 5 000 pieds à l’hectare.

Ces vignes ne peuvent présenter un écartement entre les rangs supérieur à 2 mètres et un écartement entre les pieds sur un même rang inférieur à 0, 80 mètre.


La taille est effectuée au plus tard au stade feuilles étalées (stade 9 de Lorenz).
Les vignes sont taillées selon les techniques suivantes avec un maximum de douze yeux francs par pied : — taille dite à cots (ou coursons) ou à astes (ou longs bois) ;
— taille à cots à deux cordons ou en éventail à quatre bras.

Les vins proviennent de raisins récoltés à surmaturation (présence de pourriture noble et / ou passerillage sur souche) et récoltés manuellement par tries successives.

* Les pieds morts doivent être évacués des parcelles, tout stockage de ces pieds morts est interdit sur les parcelles.

* Le désherbage chimique total des parcelles est interdit.

* L’enherbement permanent du contour des parcelles (tournières et espaces inter parcellaires non plantés ou non cultivés) est obligatoire. Cette obligation ne s’applique pas en cas de remise en état des tournières notamment suite à l’érosion, ou à des phénomènes climatiques exceptionnels.

* Tout opérateur calcule et enregistre son indice de fréquence de traitement (IFT).

Ajout du 3 mars 2025

Georges de Sonneville (French 1889-1978) Vendanges à Martillac, 1927. (Grape Harvest in Martillac – near Bordeaux). Musée des Beaux-Arts Bordeaux. Source: AAWE

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser l’unité géographique plus grande « Vin de Graves».

Les dimensions des caractères de cette unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, aux deux tiers de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

* A compter de la récolte 2026, l’étiquetage des vins comporte l’identifiant collectif selon les dispositions de la charte en vigueur établie par le Syndicat Viticole des Graves et mise à disposition de tous les opérateurs.

* L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser l’unité géographique plus grande « Vin de Bordeaux » ou « Grand Vin de Bordeaux ».

* Les dimensions des caractères de cette unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, aux deux tiers de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Ajout du 3 mars 2025

Dernière modification du cahier des charges : 3 mars 2025

CÉRONS AOP

Vins de Bordeaux

L’APPELLATION

L’appellation Cérons est réservée aux vins tranquilles blancs avec sucres fermentescibles élaborés sur le territoire des communes suivantes du département de la Gironde sur la base du code officiel géographique en date du 26 février 2020 : Cérons, Illats et Podensac.

HISTOIRE, CLIMAT ET SOLS

La zone géographique de l’appellation d’origine contrôlée « Cérons » est incluse dans l’appellation Graves. Situé à 35 kilomètres (22 mi) en amont de Bordeaux, le plateau de Cérons est séparé de Barsac par un petit ruisseau affluent de la Garonne, le Saint-Cricq. La zone géographique s’étend sur 3 communes du département de la Gironde (Cérons, Illats et Podensac), sur la rive gauche de la Garonne,

La région de Cérons, comme l’ensemble des Graves, est issue d’une histoire géologique de très longue durée. Sur un substratum de calcaires et de marnes correspondant à une sédimentation marine carbonatée à l’ère tertiaire se sont succédées des phases de dépôts de matériaux étroitement liées à la naissance de la Garonne, aux modifications de son tracé et aux épisodes glaciaires successifs de l’ère quaternaire, accompagnées de phénomènes d’érosion, de mouvements tectoniques et de variations climatiques très complexes.

L’appellation Cérons présente ainsi une grande diversité de sols se répartissant entre les sols typiques de l’appellation Graves, au Nord, sols à forte concentration de graviers, et de l’appellation Barsac au Sud, sols argilo-calcaires sur sous- sol de calcaire à Astéries. Néanmoins, certains sols ne se retrouvent que dans cette appellation. Ils sont formés de croupes de graves résiduelles sur un socle argilo-calcaire plus ou moins sableux, séparées par des cuvettes généralement sableuses, alignées sur la rive gauche de l’ancien Ciron et du ruisseau du Saint-Cricq.

Voisine de Barsac, la particularité de Cérons tient surtout à son climat et mésoclimat particulier : l’océan, la Garonne et l’immense forêt des landes girondines à proximité créent un effet thermorégulateur bénéfique à la vigne. Les hivers doux et humides, les étés aux chaleurs modérées permettent une maturation lente propice aux raisins blancs. A l’automne, la confluence de la Garonne et des ruisseaux affluents est à l’origine de brouillards matinaux qui couvrent le vignoble, dissipés lors d’après-midis ensoleillés et par une aération et une ventilation naturelle asséchant et concentrant les raisins déjà très mûrs. Ces conditions climatiques particulières sont à l’origine du développement d’un minuscule champignon sur le raisin, le « Botrytis cinerea ». Cette symbiose du champignon et du raisin appelée « pourriture noble» est à l’origine de la concentration des sucres et des arômes ainsi que de la synthèse de substances originales conférant leur spécificité aux vins.

Le paysage céronnais couvert de vignobles où quelques moulins anciens dominent, parsemé de villages de pierre calcaire, alterne entre fleuve et forêt d’acacias ou de pins, là où le « Sable des Landes » (sable éolien du Quaternaire) recouvre toutes les formations à l’ouest ou entre les croupes de graves. On y voit encore les traces d’anciennes carrières d’exploitation de pierre ou de graves, pour certaines encore en cours d’exploitation.

Cérons a la même racine étymologique que la rivière du Ciron se jetant dans la Garonne à Cérons jadis. Sirione, en latin, est le seul nom de la région mentionné sur la carte d’Antonin, carte du réseau routier sous l’empereur Caracalla (211-217) et sur la Table de Peutinger (III ème siècle). L’existence d’un passage à gué lors des basses marées pourrait être à l’origine de la mention de cette étape militaire et marchande.

Même si la présence de la vigne est attestée dès le Moyen Âge, c’est le commerce avec les Hollandais à la fin du XVI ème siècle et surtout au XVII ème siècle qui oriente la production de cette région vers des vins blancs doux, à sucres résiduels. Faisant partie de la Prévôté Royale de Barsac, le vignoble acquiert progressivement son amplitude et les vins s’expédient par le port de la juridiction, à Barsac.

A la fin du XVII ème siècle et durant le XVIII ème siècle, les savoir-faire par le choix des cépages et la pratique des tries sur une vendange sur-mûrie ou botrytisée, développés sur les appellations Sauternes et Barsac, le sont également dans la région de Cérons.

Les raisins très mûrs sont recouverts par le duvet du Botrytis qui perce et amincit la peau des grains. Le soleil reflété par le sol caillouteux dessèche doucement les grains qui deviennent bruns et ridés et concentrent sucres et arômes. Les vendangeurs sélectionnent alors au ciseau ces grains « rôtis », de pied en pied : c’est la première trie, très concentrée. Elle est suivie de deux ou trois autres tries, ou davantage, décidées par les alternances climatiques favorisant le développement du champignon et la concentration des raisins. Les vendanges sont exclusivement manuelles. Le raisin pressé fermente alors très lentement, sa richesse conduisant à l’arrêt naturel de la fermentation des vins encore chargés de sucres, lorsque le taux d’alcool tue les levures.

L’appellation « Cérons » est reconnue par décret le 30 septembre 1936 instituant alors règlementairement les pratiques locales : art.6 – La vinification devra être faite avec des raisins arrivés à surmaturation (pourriture noble) récoltés par triées successives .

La superficie délimitée de l’appellation Cérons est de 2 089 hectares (5 162 acres), mais n’est plus revendiquée aujourd’hui que par une vingtaine de producteurs sur 30 à 80 hectares (74 à 198 acres) selon les millésimes. Les vendanges sont beaucoup plus tardives qu’ailleurs en Gironde. Elles commencent rarement avant octobre et durent souvent jusqu’en novembre. A cette saison, les périodes climatiques humides dues aux dépressions atlantiques d’automne peuvent compromettre la concentration et la botrytisation des raisins et expliquent les productions fluctuantes de cette appellation. En effet, les producteurs de Cérons peuvent également produire les appellations Graves en vins blancs secs et rouges et Graves supérieures dans cette zone, et le vignoble s’est largement reconverti à la production de vins rouges ces cinquante dernières années, passant de 95 % de production de vins blancs il y a cinquante ans à 40 % aujourd’hui.

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins sont assurés sur le territoire des communes suivantes du département de la Gironde sur la base du code officiel géographique en date du 26 février 2020 : Cérons, Illats et Podensac.

Mathieu Anglada. Bordeaux Tourisme

DÉROGATION SUR LA DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

L’aire de proximité immédiate, définie par dérogation pour la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins susceptibles de bénéficier de l’appellation d’origine contrôlée « Cérons » est constituée par le territoire des communes suivantes du département de la Gironde sur la base du code officiel géographique en date du 26 février 2020 : Arbanats, Barsac, Béguey, Cadillac, Gabarnac, Haux, Ladaux, Landiras, Langoiran, Loupiac, Monprimblanc, Portets, Preignac, Pujols-sur-Ciron, Rions, Saint-Selve, Sainte-Croix-du-Mont, Toulenne, Villenave-de-Rions et Virelade.

CÉPAGES PRINCIPAUX

Muscadelle B , sauvignon B – sauvignon blanc, sauvignon gris G – fié gris,  semillon B

Pas de restriction pour les assemblages

RENDEMENTS MAXIMAUX

44 hectolitres par hectare

VINS ET CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES

Les vins ne dépassent pas, après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total de 21 %.

Outre la disposition ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques œnologiques, les obligations figurant au niveau communautaire ( UE) et dans le code rural et de la pêche maritime.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 5 000 pieds par hectare. Ces vignes ne peuvent présenter un écartement entre les rangs supérieur à 2 mètres et un écartement entre les pieds sur un même rang inférieur à 0,85 mètre. Modification du 28  avril  2021

La taille est obligatoire avant le 1er mai. Les vignes sont taillées selon les techniques suivantes avec un maximum de 12 yeux francs par pied: taille Guyot double, Guyot simple et mixte, taille à la bordelaise, cordon de Royat bilatéral, taille en éventail.

Les vins proviennent de raisins récoltés à surmaturité, botrytisés et / ou passerillés sur souche et sont issus exclusivement de raisins récoltés manuellement par tries successives.

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser l’unité géographique plus grande « Vin de Bordeaux » ou « Grand Vin de Bordeaux ». Les dimensions des caractères de l’unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, aux deux tiers de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Dernière modification du cahier des charges : 28  avril  2021

Dernière homologation du cahier des charges français de l’appellation: 17 novembre 2023

VIGNOBLES DES GRAVES

La Carte des Vins s’il vous plaît

La région des Graves longe à l’est la rive gauche de la Garonne de Eysines au nord de la ville de Bordeaux à Saint-Pardon-de-Conques au sud-est de Langon. Le vignoble s’étend sur environ 50 kilomètres de long et 15 kilomètres de large, il enclave le vignoble de Cérons, Barsac et Sauternes. A l’ouest, la forêt des Landes le sépare de l’Océan Atlantique. La région doit son nom à la composition de son sous-sol fait de graves.

La région se décompose en deux sous-régions principales :

 la région de Pessac-Léognan produit des Grands Crus de vins rouges et blancs secs, elle est située en périphérie de la ville de Bordeaux. Plusieurs Grands Crus classés de Graves sont enclavés dans l’agglomération au milieu des immeubles et des zones pavillonnaires à Pessac et Talence.

la région des Graves s’étend de Labrède à Langon avec la production de vins rouges, vins blancs secs et vins moelleux. La production des vins moelleux d’appellation Graves Supérieurs se concentre à proximité du Sauternais.

Les vignobles de Cérons, Barsac et Sauternes situés dans la région des Graves produisent de grands vins liquoreux. Ils sont regroupés dans la région CERONS, BARSAC, SAUTERNES.

HISTOIRE

Ce furent les Gaulois qui adaptèrent la vigne méditerranéenne du conquérant romain à des climats océaniques.

Le véritable essor viticole ne débute qu’au Moyen-Âge. A cette époque, les premières vignes sont plantées au cœur même de la ville de Bordeaux et dans ses alentours, sur des terres pauvres et caillouteuses impropres à toute autre culture.

En 1152, le mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec le roi d’Angleterre Henry II apporte la prospérité. Celle-ci viendra s’appuyer sur l’octroi à la « Banlieue » du fameux « Privilège ». Cette loi empêche alors toute importation de vins extérieurs à Bordeaux, et ce jusqu’à épuisement des stocks. Les vignobles de Bordeaux s’épanouissent ainsi loin de toute concurrence déloyale.
La croissance de la demande locale et internationale couplée à l’essor des domaines viticoles, qui se trouvaient à l’étroit dans les limites de la cité, força peu à peu l’extension de la « Banlieue Prévôtale » aux limites Sud et Est des terres bordelaises, incluant alors le Langonnais, les domaines de La Brède, Mérignac et Martillac, amenant une plus grande diversité de sols.

L’Age d’or s’ouvre au XIVème siècle avec l’engouement pour le « clairet ». Ce vin rosé connût alors un grand succès de par sa vivacité et son caractère rafraichissant, qui plaisait fortement aux marchands des ports d’Angleterre et de la Hanse. Les vignobles du Bordelais en vinrent à ne produire que 17% de vin rouge, pour 80% de vins rosés, les vins blancs étant alors anecdotiques dans cette région.

Du XVIème au XVIIIème siècle, se constituèrent de grands domaines attachés à la production de vins de qualité. Ces vins qui figurent alors sous le nom commun de « vins de Graves », étaient considérés comme le vin de Bordeaux par excellence. Les exportations vers l’Angleterre et le nord de l’Europe allaient bon train. La côte des Graves domine alors le marché jusqu’à la fin du XVIIIème siècle.

Surmontant les crises viticoles successives des XIXème et XXème siècles liées aux maladies (oïdium, mildiou et phylloxera), aux gelées hivernales de 1956, aux poussées de l’urbanisation des agglomérations bordelaise et langonnaise ainsi qu’à la concurrence des vins du Nouveau Monde, le renouveau économique des vins de Bordeaux est  amorcé dans les années 1970. 

Les vins de Graves en profitèrent pleinement , et retrouvent peu à peu leur surface et leur rang historique parmi les grandes appellations du Bordelais.

Bordeaux, femmes déchargeant des tonneaux de vin, 1916. Source: AAWE

CLIMAT ET SOLS

La région jouit d’un climat océanique tempéré. La forêt des Landes protège le vignoble des pluies et des vents venant de l’océan. La Garonne apporte sa douceur.

Au Tertiaire, à l’époque oligocène et miocène, des couches géologiques sédimentaires se déposent sur le Bassin d’Aquitaine lors des avancées et régressions marines.

À l’Oligocène se déposent les calcaires à astéries[1] et les marnes,

Au Miocène : argiles, marne et faluns de Saucats[2], de Léognan et calcaires lacustres de Saucats.

Sur ces substratums on trouve des sols qui sont tantôt :

argilo-graveleux, siliceux, formés de sables, de silex, de graves de différentes de taille (graviers, cailloux, galets, sables grossiers).

argilo-calcaires

Et parfois constitué d’alios, de cémentation des grains de sable et de graviers par des hydroxydes de fer, d’aluminium et de manganèse.


[1] Calcaire sableux, composé de fragments de coquilles d’animaux marins du type étoile de mer, oursins, mollusques lamellibranches et gastéropodes.

[2] Roche sédimentaire qui s »est formée en eaux peu profondes, constituée de sables et de débris coquillers. Site de Saucats-La Brède.

LES AOPs DE BARSAC

La superficie viticole couvre 5 196 hectares dont 2 528 hectares de Graves rouges, 749 hectares de Graves blanc secs, 153 hectares de Grave Supérieures, 275 hectares de Pessac-Léognan blancs secs, 1491 hectares de Pessac-Léognan rouge.

La région de Graves (hors Sauternais et Céron) possède 3 appellations AOP : Pessac-Léognan, Graves Supérieures et Graves.

Vins de Bordeaux

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CÉPAGES ET STYLES DE VINS

– Les vins rouges sont élaborés avec les cépages : merlot (50%), cabernet-sauvignon (25%) et cabernet franc ;

– les vins blancs secs sont élaborés avec les cépages sémillon (70%) et sauvignon ;

– les vins moelleux sont élaborés avec les cépages sémillon (85%) et sauvignon.

Dans la zone d’appellation Pessac-Léognan, le cépage cabernet-sauvignon est majoritaire dans l’élaboration des vins rouges (49%). Le cépage sauvignon domine dans l’élaboration des vins blancs (69 %).

CLASSEMENTS DES VINS DE GRAVES

Le classement des vins de Graves a été effectué à la demande du Syndicat de défense de l’appellation des Graves, par l’Institut national des appellations d’origine (INAO) en 1953. Les critères de ce classement étaient les communes de production et le type de vin (blanc ou rouge). Il n’existe qu’un seul niveau de classement sans hiérarchie, ce classement n’est pas sujet à révisions.

Le classement comporte 16 crus classés qui appartiennent tous à l’AOC Pessac-Léognan:

7 crus en rouge, 3 crus en blanc, 6 crus en rouge et blanc.

Château Haut-Brion est le seul vin de Bordeaux à être classé deux fois. En effet, il figure dans le classement des Crus Classés de Graves et dans celui des Grands Crus Classés en 1855.

CRUS CLASSÉS DE GRAVES

Château Bouscaut, Cadaujac, rouge et blanc

Château Carbonnieux, Léognan, rouge et blanc

Domaine de Chevalier, Léognan, rouge et blanc

Château Couhins, Villenave-d’Ornon, blanc

Château Couhins-Lurton, Villenave-d’Ornon, blanc

Château de Fieuzal, Léognan, rouge

Château Haut-Bailly, Léognan, rouge

Château Haut-Brion, Pessac (également Premier Cru classé en 1855), rouge 

Château Latour-Martillac, Martillac, rouge et blanc

Château Laville-Haut-Brion, Talence, blanc

Château Malartic-Lagravière, Léognan, rouge et blanc

Château La Mission-Haut-Brion, Talence, rouge

Château Olivier, Léognan, rouge et blanc

Château Pape-Clément, Pessac, rouge

Château Smith-Haut-Lafite, Martillac, rouge

Château La Tour-Haut-Brion, Talence, rouge

Château Haut-Brion. Source: Haut-Brion

BARSAC AOP

Vins de Bordeaux

L’APPELLATION

L’appellation Barsac est réservée aux vins tranquilles blancs avec sucres résiduels dont la récolte des raisins, la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins sont assurés sur le territoire de la commune de Barsac, sur la base du code officiel géographique en date du 19 mars 2021, dans le département de la Gironde.

HISTOIRE

Même si la présence de la vigne est attestée en Sauternais dès le Moyen-Âge, c’est le commerce avec les Hollandais à la fin du XVIème siècle et surtout au XVIIème siècle qui oriente la production de cette région  vers des vins blancs doux, à sucres résiduels. A la fin du XVIIe et durant le XVIIie la
plupart des crus actuels se sont développés et se sont nettement démarqués des vins destinés à être distillés. Des vignerons locaux développent les savoir-faire par le choix des cépages et la pratique des « tries » ( tris) sur une vendange sur-mûrie ou botrytisée. Ces pratiques de « tries », vendanges en plusieurs fois, se généralisent au XIXème siècle à l’ensemble des propriétés et ce vin liquoreux est adopté par toutes les cours d’Europe.

A l’automne, les raisins mûrs, recouverts par le fin duvet du Botrytis, se dessèchent doucement sous l’effet conjugué du soleil et du vent. Ces conditions favorisent les concentrations en sucres et composés aromatiques caractéristiques. Les vendangeurs sélectionnent alors aux ciseaux ces grains rôtis, de pied en pied : c’est la première trie. Elle est suivie de deux ou trois autres tries, ou davantage, décidées en fonction des alternances climatiques favorisant le développement du champignon et la concentration des raisins. Les vendanges sont exclusivement manuelles. Le raisin foulé fermente alors très lentement, sa richesse conduisant à l’arrêt de la fermentation des vins encore chargés de sucres, lorsque le taux d’alcool tue les levures.

L’appellation « Barsac » est reconnue par décret le 11 septembre 1936 instituant réglementairement les pratiques locales : art.6 – La vinification devra être faite avec des raisins arrivés à surmaturation (pourriture noble) récoltés par tries successives.

La commune de Barsac a obtenu que ses vins portent son nom, tout en ayant droit à l’appellation « Sauternes ». Les propriétaires de Barsac usent de l’un ou l’autre de ces noms selon des usages souvent bien antérieurs au décret de l’appellation. La superficie actuelle du vignoble de l’appellation est de 660 hectares (1 630 acres) dont les deux-tiers portent le nom de « Barsac » et un-tiers celui de « Sauternes ». Il produit en moyenne 10 000 hectolitres (264 172 US gallons de vins. Les rendements à l’hectare sont très faibles de par la concentration des raisins, et très variables entre millésimes selon les conditions climatiques.

Les vins sont élaborés principalement à partir du sémillon B, cépage originaire du Sauternais d’après Georges Cazeaux-Cazalet, expert en viticulture à la fin du XIXème siècle. Ce cépage, aux grains à pellicules épaisses, se prête particulièrement bien à la botrytisation et à la production de grands vins liquoreux. Le sauvignon B, le sauvignon gris G et la muscadelle B contribuent souvent à l’encépagement car recherchés pour leurs arômes.

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CLIMAT ET SOLS

Le climat original offre des conditions microclimatiques particulières qui sont à l’origine du développement d’un minuscule champignon sur le raisin, le « Botrytis cinerea » développant la « pourriture noble» qui confère leur typicité aux vins du Sauternais dans cet environnement spécifique.

Les vins sont issus de parcelles ou parties de parcelles faisant l’objet d’une délimitation rigoureuse et précisreposant sur des critères objectifs, techniques et d’antériorité de production.

Les hommes ont sélectionné les cépages se prêtant le mieux à cette botrytisation des raisins au cours du temps, c’est ainsi que le Sémillon B serait originaire du Sauternais.

Par ailleurs, pour atteindre la concentration suffisante à l’élaboration de ces vins, la taille est sévère, précisée pour chacun des cépages. On utilise souvent un mode de taille courte spécifique à cette région, la taille en éventail.

Afin d’atteindre l’excellence, les vins proviennent de raisins récoltés à surmaturation (présence de pourriture noble), manuellement, par « tries » successives. Les rendements sont très faibles après surmaturation d’autant plus que les conditions climatiques variables selon les millésimes réduisent parfois les récoltes de façon drastique. Témoin de cette surmaturation, les vins présentent un titre alcoométrique volumique naturel moyen minimum de 15 %.

Les densités de plantation sont élevées car la production de vin par pied est très faible après concentration. La fermentation de ces vins est lente, souvent effectuée en barriques. Les vins font l’objet d’un élevage long avant mise en bouteille, nécessaire à leur affinage et à leur meilleure expression.

Toutes ces conditions de production sont identiques à celles de l’appellation Sauternes. La distinction de Barsac parmi les autres communes de l’appellation « Sauternes » repose essentiellement sur les caractéristiques particulières de ses sols et de son paysage. L’alimentation hydrique et les éléments minéraux calcaires du sol confèrent des nuances originales à ses vins, assez nerveux, et aux arômes persistants aux nuances très fruitées.

La notoriété des vins de Barsac s’est établie tôt dans l’histoire autour de châteaux emblématiques. Barsac jouissait dès le XIIIème siècle du titre de « Prévôté royale » et le port de Barsac était l’un des plus importants de la rive gauche de la Garonne, où transitaient de nombreuses marchandises, dont les vins en barriques, descendant la Garonne en gabares (bateaux de transports traditionnels) jusqu’à Bordeaux.

Le classement des vins de Bordeaux de 1855 à l’initiative de l’empereur Napoléon III pour l’Exposition Universelle reconnaissait très largement cette appellation de Gironde en classant dix crus (deux premiers crus et huit seconds crus) sur la commune de Barsac, parmi les 27 crus classés des cinq communes de l’appellation « Sauternes ». Ce classement prenait en compte les prix des vins car ils traduisaient leur qualité. Les crus classés représentent 30 % de la production de l’appellation « Barsac ». Ces vins sont connus dans le monde entier et très largement exportés, et, aujourd’hui encore, leur notoriété ne se dément pas.

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins sont assurés sur le territoire de la commune de Barsac, sur la base du code officiel géographique en date du 19 mars 2021, dans le département de la Gironde.

Mathieu Anglada. Bordeaux Tourisme

DÉROGATION SUR LA DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

L’aire de proximité immédiate, définie par dérogation pour la vinification, l’élaboration et l’élevage est constituée par le territoire des communes suivantes du département de la Gironde sur la base du code officiel géographique en date du 19 mars 2021 : Bommes, Budos, Cadillac, Cérons, Fargues, Illats, Langon, Omet, Preignac, Pujols-sur-Ciron, Roaillan, Sainte- Croix-du-Mont, Sauternes.

CÉPAGES PRINCIPAUX

Muscadelle B , sauvignon B – sauvignon blanc, sauvignon gris G – fié gris,  sémillon B

Aucune proportion imposée

RENDEMENTS MAXIMAUX

28 hectolitres par hectare

VINS ET CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES

L’enrichissement par sucrage à sec ou par moût concentré rectifié ne peut avoir pour effet de porter le titre alcoométrique volumique total après enrichissement au-delà de 15%.
L’enrichissement par concentration partielle des moûts destinés à l’élaboration de vins est autorisé dans la limite d’une concentration de 10% des volumes ainsi enrichis. Il peut permettre de porter le titre alcoométrique volumique total à un niveau de 21% vol.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 6 500 pieds à l’hectare. L’écartement entre les pieds sur un même rang ne peut être inférieur à 0,80 mètre. L’écartement moyen entre les rangs ne peut être supérieur à 1,90 mètre.

La taille est effectuée au plus tard le 1er mai.

Les vignes sont taillées selon les techniques suivantes :

—  cépage muscadelle B : en éventail, le cep, formé de 2 à 5 bras, portant un maximum de 6 coursons taillés à deux yeux francs avec un maximum de 8 yeux francs ;

—  cépage sémillon B : en éventail, le cep, formé de 2 à 5 bras, portant un maximum de 6 coursons taillés à 2 yeux francs, ou en Guyot mixte, avec 6 yeux francs au maximum sur le long bois (latte) et deux coursons taillés à 2 yeux francs maximum, l’un étant en retour de latte ;

—  cépage sauvignon B et sauvignon gris G : en éventail, le cep, formé de 2 à 5 bras, portant un maximum de 6 coursons taillés à 2 yeux francs, en Guyot mixte, avec 6 yeux francs au maximum sur le long bois (latte) et deux coursons taillés à 2 yeux francs maximum, l’un étant en retour de latte, en taille bordelaise, le cep portant deux longs bois (lattes) avec 4 yeux francs maximum sur chaque long bois.

Les vins proviennent de raisins récoltés à surmaturité (présence de pourriture noble) et manuellement par tries successives.

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

L’unité géographique plus grande « Vin de Bordeaux » ou «Grand Vin de Bordeaux » peut figurer sur les étiquettes, prospectus et récipients quelconques.

Les dimensions des caractères de cette unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, aux deux tiers de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Dernière modification du cahier des charges : 26 octobre 2021

SAINTE-CROIX-DU-MONT AOP

Vins de Bordeaux

L’APPELLATION

L’appellation Sainte-Croix-du-Mont est réservée aux vins tranquilles blancs  avec sucres fermentescibles élaborés sur le territoire de la commune de Sainte-Croix-du-Mont, située dans le département de la Gironde.

HISTOIRE,

Le vignoble apparait dès l’Antiquité en Bordelais. Mais c’est au Moyen Âge que le développement du vignoble a été fortement conditionné par les relations commerciales privilégiées de Bordeaux avec l’Angleterre, puis la Hollande au XVIIème siècle, à l’origine de l’établissement d’un puissant négoce structuré autour du port de Bordeaux (DION, R. Histoire de la vigne et du vin en France : des origines au XIXème siècle, 1959).

Le développement du commerce avec la Hollande a favorisé la production de vins blancs doux et ces échanges ont conduit et encouragé l’innovation technique et l’introduction de nouveaux procédés comme par exemple vers 1750, le vieillissement en barriques, puis en bouteilles, grâce à « l’allumette hollandaise » (mèche soufrée) (ENJALBERT, H. La naissance des grands vins et la formation du vignoble moderne de Bordeaux : 1647 – 1767, 1977).

Après la destruction du vignoble par le phylloxera à la fin du XIXème siècle, les vignes ont été replantées avec les cépages nobles les plus adaptés à la production de vins fins, le sémillon B dominant largement, accompagné des sauvignon B et muscadelle B. En 1908, les producteurs fondent le Syndicat des Propriétaires de Grands Vins Blancs de Sainte-Croix-Du-Mont, puis, en 1936, l’appellation d’origine contrôlée « Sainte-Croix-du-Mont » est reconnue par décret, dans les limites de la commune telles que l’arrêt de la Cour d’Appel de Bordeaux en date du 28 juillet 1930 les avait définies.

Une cinquantaine de producteurs consacrent environ 370 hectares (915 acres) à cette appellation pour une production moyenne de 12 000 hectolitres (317 000 US gallons), celle-ci pouvant fluctuer considérablement d’un millésime à l’autre car les périodes climatiques humides dues aux dépressions atlantiques d’automne peuvent compromettre la concentration ou la botrytisation des raisins, exigées pour cette production.

Les raisins mûrs, recouverts par le duvet du Botrytis, subissent une période de surmaturation et se dessèchent doucement sous l’effet conjugué du soleil et des vents secs de Nord, Nord-est fréquents en octobre et novembre. Ces conditions favorisent les concentrations en sucres et composés aromatiques caractéristiques. Les vendangeurs sélectionnent alors manuellement ces grains rôtis, de pied en pied : c’est le premier tri. Il est suivi de deux ou trois autres tris, décidés par les alternances climatiques favorisant le développement du champignon et la concentration des raisins. Le raisin pressé fermente alors très lentement, sa richesse conduisant à l’arrêt naturel de la fermentation des vins encore chargés de sucres, lorsque le taux d’alcool tue les levures.

Les vins sont élaborés principalement à partir du sémillon B, cépage originaire de la région et particulièrement bien adapté à la concentration sur pied et à la botrytisation. Le sauvignon B ou le sauvignon gris G contribuent souvent à l’encépagement pour leur intérêt olfactif, ainsi que la muscadelle B, apportant un arôme particulier mais restant minoritaire car plus sensible à la « pourriture grise ».

CLIMAT ET SOLS

La zone géographique de l’appellation « Sainte-Croix-du-Mont » dans le département de la Gironde est limitée à la commune de Sainte-Croix-du-Mont, sur la rive droite de la Garonne, en amont, à 45 kilomètres Sud-est de Bordeaux. Cette commune est par ailleurs incluse dans l’aire géographique de l’appellation « Premières Côtes de Bordeaux ».

Bénéficiant d’un climat tempéré et des influences de la vallée de la Garonne et de l’Océan Atlantique modératrices sur le gel de printemps, Sainte-Croix-du-Mont associe sur son territoire pied de coteau, versant et plateau.

La commune de Sainte-Croix-du-Mont possède un potentiel paysager riche et varié hérité d’une longue histoire viticole. Elle se caractérise par un relief bien marqué et parfois escarpé (les points hauts culminent à 120 mètres d’altitude). De nombreux ruisseaux, tel celui du Padouen, qui ont creusé leur lit dans le socle calcaire, drainent parfaitement cet ensemble. La falaise calcaire, dominant la Garonne et située sous le château et l’église, laisse apparaître un calcaire gréseux, recouvert d’un niveau très riche en Ostrea aquitanica qui forment un banc d’huitres, dans lequel ont été creusées des grottes utilisées par certains viticulteurs pour la conservation des vins. Ainsi, le plateau calcaire domine la vallée de la Garonne par une pente orientée au Sud-ouest. Les paysages viticoles se composent de petites collines couvertes de vignobles et de frais vallons boisés.

Les formations géologiques rencontrées dans l’appellation sont peu nombreuses mais bien différenciées. Elles sont constituées de formations du Tertiaire où l’on trouve le socle de calcaire à Astéries qui, recouvert par des argiles de décalcification sablo-graveleuses, constitue un milieu très propice à la culture de la vigne. Sur les versants de plateaux, le calcaire à Astéries est souvent recouvert par la molasse dite de l’Agenais. Sur les pentes orientées au Sud et au Sud-ouest on trouve des sols bruns plus ou moins calcaires, avec des débris d’huîtres fossiles par endroits, et des sols de graves argileuses, constituant des sols très qualitatifs pour la vigne. Les pentes orientées au Nord et à l’Est sont fréquemment recouvertes de limons éoliens constituant souvent le domaine de la forêt. En pied de coteau, on retrouve les formations du Quaternaire, constituées de limons et argiles sableuses, recouvrant localement la terrasse ancienne constituée quant à elle de graviers argileux.

Ce vignoble, en face de l’appellation Sauternes de l’autre coté du fleuve, bénéficie d’un mésoclimat particulier à l’automne. Au confluent du Ciron et de la Garonne l’humidité des brumes matinales s’élève des méandres de la Garonne alternant avec des périodes très chaudes et ensoleillées sur ces coteaux bien exposés en pentes Sud et au Sud-ouest. Le vent est très présent sur ce coteau, contribuant à l’assèchement du feuillage après les pluies et les rosées. Ces conditions écologiques particulières favorisent le développement du Botrytis cinerea sur les pellicules des raisins, champignon microscopique qui recouvre les pellicules des raisins sous forme de « pourriture noble », à l’origine de transformations biochimiques du raisin, engendrant de grands vins liquoreux.

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins sont assurés sur le territoire de la commune de Sainte-Croix-du-Mont, située dans le département de la Gironde. Mise à jour rédactionnelle le 29 décembre 2025.

Vins de Bordeaux

DÉROGATION SUR LA DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

L’aire de proximité immédiate, définie par dérogation pour la vinification, l’élaboration et l’élevage est constituée par le territoire des communes suivantes : Cérons, Donzac, Gabarnac, Loupiac, Monprimblanc, Mourens, Semens, Saint-Germain-de-Graves, Saint- Pierre-d’Aurillac et Verdelais.

CÉPAGES PRINCIPAUX

sémillon B, sauvignon gris G, sauvignon B, muscadelle B, sauvignon gris G

Pas de restriction pour les assemblages

RENDEMENTS MAXIMAUX

44 hectolitres par hectare

VINS ET CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES

L’enrichissement est autorisé selon les règles fixées dans le cahier des charges.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 5 000 pieds par hectare. Ces vignes ne peuvent présenter un écartement entre les rangs supérieur à 2,20 mètres et un écartement entre les pieds sur un même rang inférieur à 0,85 mètre.

La taille est effectuée au plus tard le 1er juin. Les vignes sont taillées selon les techniques suivantes, avec un maximum de douze yeux francs par pied : taille Guyot double, Guyot simple et mixte, cordon de Royat bilatéral, taille à la bordelaise, taille en éventail.

Les vins proviennent de raisins récoltés à surmaturité, botrytisés et / ou passerillés sur souche. Les vins sont issus exclusivement de raisins récoltés manuellement par tris successifs.

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser l’unité géographique plus grande « Vin de Bordeaux » ou «Grand Vin de Bordeaux ».

Les dimensions des caractères de l’unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, aux deux tiers de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Dernière modification du cahier des charges : 29/12/2025

VIGNOBLES DU SAUTERNAIS

La Carte des Vins s’il vous plaît

PRÉSENTATION DE LA RÉGION VITICOLE

Les vignobles de ces trois appellations sont situés à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Bordeaux, sur la rive gauche de la Garonne.

On distingue deux zones viticoles :

 La zone géographique de l’appellation d’origine contrôlée « Cérons » incluse dans l’appellation Graves et Graves supérieures. Le petit ruisseau, Saint-Cricq, affluent de la Garonne sépare l’appellation Cérons de l’appellation Barsac.

 La zone géographique de l’appellation d’origine contrôlée Sauternes, enclavée dans les graves. Elle est limitée à l’ouest et au sud par la forêt de pins des Landes. Elle est traversée par la vallée du Ciron, une petite rivière qui prend sa source dans les Landes et se jette dans la Garonne entre Barsac et Preignac. L’appellation « Barsac » est incluse dans la zone d’appellation Sauternes et séparée de celle-ci par le Ciron.

La région s’entend sur 1557 ha (47 acres)pour Sauternes et 390 ha (964 acres) pour Barsac et 120 hectares (297 acres) pour Cérons qui produisent entre 18 559 hectolitres (490 275 US gallons) par ans que se partagent quelques 140 producteurs. Le vignoble s’articule autour de cinq village, Barsac, Preignac, Bommes, Sauternes et Fargues.

HISTOIRE

Deux légendes circulent sur la naissance des vins de Sauternes. La première a lieu en 1836. Le négociant bordelais Focke, d’origine allemande, aurait attendu la fin de longues pluies automnales pour commencer les vendanges en son Château. Une fois le soleil revenu, les grappes se desséchèrent, la pourriture noble se développa et le vin, liquoreux à souhait, fut une réussite.

La seconde histoire en appelle aussi au hasard providentiel. En 1847, le Marquis de Lur-Saluces, parti chassé le loup en Russie, est retardé. Or, il a donné l’ordre d’attendre son retour pour vendanger. La pourriture noble fut alors exceptionnelle et le vin prestigieux.

Sans nier ces deux anecdotes, les historiens partent de données plus complexes. Ils nous apprennent notamment que, dès la fin du XVIème siècle, les marchands hollandais sont très demandeurs de vins blancs. Ils y ajoutent du sucre, de l’alcool, des sirops et y font macérer des plantes pour satisfaire leurs clients des pays nordiques, gourmands de boissons sucrées. Au XVIIème siècle, les Hollandais sont très présents à Bordeaux et dans le vignoble de Barsac qu’ils orientent vers des vins blancs doux à sucre résiduel mais absolument étrangers à la pourriture noble.

Au début du XVIIIème siècle, la zone viticole prédominante du sauternais est parallèle à la Garonne, les années 1770-1810 voient son extension vers l’arrière-pays, celui des croupes de graves de Bommes et Sauternes. Le rôle des familles Sauvage puis Lur-Saluces, propriétaires d’Yquem, de St Cricq, de Filhot et de Coutet, s’avère prépondérant pour le choix des plantiers, des cépages blancs et la pratique des tries sur une vendange surmûrie. Jefferson, le futur président des Etats-Unis ne s’y est pas trompé. De retour en Amérique, il a commandé 85 caisses de 12 bouteilles dont du Sauternes. L’Intendant de Guyenne a écrit dès 1741, qu’on les vendange seulement “quand les raisins sont presque pourris”… et qu’on fait ces vendanges “à plusieurs reprises pour leur donner plus de douceur”. C’est attester la présence de la pourriture noble et de l’usage des tries.

CLIMAT ET SOLS

Le climat est océanique tempéré. Le vignoble est protégé des vents d’ouest par la forêt landaise. la proximité de la Garonne et de l’océan atlantique lui apporte douceur et hygrométrie. – Le Ciron, petite rivière, favorise en automne la formation de brouillards matinaux qui provoquent la formation sur le raisin d’un champignon microscopique, le Botrytis cinerea. Ce champignon donne naissance à la pourriture noble. Cette pourriture noble augmente la teneur en sucre des raisins et permet d’obtenir des vins liquoreux.

Enclavé dans les Graves, le Sauternais a connu les mêmes étapes de formations géologiques que celui-ci. La rivière Ciron, affluent de la Garonne  sépare les appellations Barsac et Sauternes, et se jette dans le fleuve entre Barsac et Preignac.

Le calcaire à astéries et les sédiments de l’Aquitanien (argiles, marne et faluns) constituent le substratum. Il  est recouvert d’alluvions quaternaires de plusieurs mètres d’épaisseur : Graves garonnaises du Günz et graves pyrénéennes mélangées à des sables. L’érosion a fait affleurer le calcaire à astéries le long des rives du Ciron et sur la commune de Barsac.

Le vignoble s’étire sur 3 terrasses :

La haute terrasse argilo-graveleuse d’une altitude de 70 à 80 mètres (230 et 262 pi) au sud-ouest en bordure des Landes. (Château d’Yquem)

La terrasse moyenne de graves garonnaises de Günz et Mindel moins argileuses d’une altitude de 70 à 40 mètres (230 à 130 pi). (Château d’Yquem et la majorité des Grands Crus)

La basse terrasse sableuse à Preignac et à Barsac en bordure de fleuve.

La nature des sols recouvrant le substrat rocheux est de deux types

 Rive gauche du Ciron :   le plateau calcaire à astéries, dit « Haut-Barsac », sur la commune de Barsac recouvert de colluvions sableuses, formant une couche de terre rouge de 40 à 60 cm (1,3 et 2 pi). La couleur rouge du sol argilo-sableux est due aux sables grossiers faiblement argileux soufflés sur la région à la fin de la glaciation mindélienne.

 Le calcaire à astéries est très fissuré et perméable, les racines de la vigne pénètrent très profondément dans les fissures du sous-sol calcaire, jusqu’à plus de 10 m (33 pi), pour s’alimenter en eau et en éléments minéraux.

 .

Rive droite du Ciron : les sols sont constitués de graves plus ou moins épaisses, de sables et d’argile.  Les sols sont gravelo-sableux  et argilo-graveleux.

On retrouve les mêmes types de sols dans l’aire d’appellation Cérons.

LES AOPs du SAUTERNAIS

Le Sauternais possède trois AOPs, Sauternes et Barsac et Cérons est qui est parfois classé dans les Graves.

Vins de Bordeaux

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CÉPAGES ET STYLES DE VINS

Les vins sont élaborés principalement à partir du sémillon (75 %), complétés des cépages sauvignon (20 %) et muscadelle (5 %)..

Les vins blancs liquoreux sont obtenus à partir de raisins botrytisés (pourriture noble) arrivés à surmaturation et vendangés par tries successives.

Le vignoble de Cérons se reconvertit de plus en plus à la production de vins rouges. La production de vins blancs est passée en cinquante ans de 95 % à 40 % aujourd’hui. Les vins blancs moelleux de Cérons peuvent prétendre à l’appellation Graves supérieures.

CLASSEMENTS DES VINS DU SAUTERNAIS

Il s’agit du vignoble bordelais ayant le plus de crus classés 1855 : les 27 grands crus, soit 40% des propriétés du Sauternais classés crus en 1855.

PREMIER CRUS SUPERIEUR

Château YQUEM (Sauternes)

PREMIERS CRUS

Château LA TOUR BLANCHE (Sauternes)
Château LAFAURIE-PEYRAGUEY (Sauternes)
Château CLOS HAUT-PEYRAGUEY (Sauternes)
Château de RAYNE-VIGNEAU (Sauternes)
Château SUDUIRAUT (Sauternes)
Château COUTET (Barsac)
Château CLIMENS (Barsac)
Château GUIRAUD (Sauternes)
Château RIEUSSEC (Sauternes)
Château RABAUD-PROMIS (Sauternes)
Château SIGALAS-RABAUD (Sauternes)

SECONDS CRUS

Château de MYRAT (Barsac)
Château DOISY DAËNE (Barsac)
Château DOISY – DUBRAOCA (Barsac)
Château DOISY – VEDRINES (Barsac)
Château d’ARCHE (Sauternes)
Château FILHOT (Sauternes)
Château BROUSTET (Barsac)
Château NAIRAC (Barsac)
Château CAILLOU (Barsac)
Château SUAU (Barsac)
Château de MALLE (Sauternes
Château ROMER DU HAYOT (Sauternes)
Château ROMER (Sauternes)
Château LAMOTHE
Château LAMOTHE – GUIGNARD (Sauternes)

Château d’Yquem (Sauternes). Source: https://commons.wikimedia.org/