CHAMPAGNE AOP

L’APPELLATION

L’appellation Champagne est réservée aux vins mousseux de qualité rosés et blancs élaborés sur le territoire  de la  Champagne reconnue initialement par le décret du 29 juin 1936, ainsi que par les dispositions de la loi du 6 mai 1919 relative à la protection des appellations d’origine.

HISTOIRE

Remontant à l’Antiquité, la vigne est bien établie en Champagne au IXe siècle, suite au développement de la viticulture monastique. La particularité du vin blanc naturellement mousseux et de la prise de mousse est expérimentée à la fin du XVIIe siècle. A la fin du XIXe siècle, Weinmann, un oenologue renommé, constate que « le vin champenois est éminemment fermentescible. Les vins de champagne accomplissent le travail de la prise de mousse beaucoup plus facilement, plus régulièrement et mieux que n’importe quel autre ferment ». Les premières références de ce vin, baptisé « saute-bouchon », apparaissent dans les poèmes de l’abbé Chaulieu en 1700. La méthode est cependant exposée pour la première fois en 1718 par le chanoine Godinot, auteur présumé de Manière de cultiver la vigne et de faire le vin de Champagne (…), précisant que ces vins blancs qui doivent être « clairs comme larmes d’oeil (…) sont faits avec des raisins noirs. Quand les raisins sont coupés, plus tôt ils sont pressurés, plus le vin est blanc ». Ainsi les vignerons s’efforcent de préserver l’intégrité des raisins à la vendange, d’apporter un grand soin à leur transport et à leur stockage et de les amener intacts au pressoir. Le pressurage doit être doux et progressif, avec fractionnement des jus (cuvée et taille) qui sont vinifiés séparément. Les centres de pressurage répondent donc à des règles strictes et font l’objet d’une habilitation rigoureusement contrôlée. Savoir-faire précis développé dans les abbayes ; Jules Guyot constate en 1866 l’importance de l’assemblage de raisins issus de différents cépages ou de différentes parcelles. Dès le début du XXe siècle, trois cépages sont sélectionnés pour leurs qualités d’équilibre sucre/acidité et leur bonne aptitude à la prise de mousse : le pinotnoir N, le chardonnay B et le meunier N. L’élaborateur construit les assemblages en dégustant les différents vins de base obtenus. Les vins de base assemblés sont mis en bouteille pour la prise de mousse et l’élevage sur lies qui est nécessairement long, tout particulièrement pour les vins millésimés.
Les caves champenoises crayeuses, réunissant les conditions idéales naturelles de température et d’hygrométrie, ont favorisé le développement de cette étape de prise de mousse. L’élevage sur lies terminé, vient l’étape du remuage, pour faire glisser lentement les lies dans le col de la bouteille, puis du dégorgement, action d’évacuer les lies présentes dans la bouteille. Après le dégorgement est ajoutée la liqueur d’expédition, qui va participer à la définition de plusieurs types de vins de Champagne.
La prise de mousse par seconde fermentation en bouteilles maîtrisée, la « méthode champenoise » est exportée et, très vite le nom « Champagne » est utilisé en dehors des limites de la région de production. Dès 1882, des actions judiciaires sont entreprises par les maisons de Champagne qui s’unissent en association syndicale (l’Union des maisons de Champagne) et, à la veille de la loi du 1er août 1905 sur les fraudes et les falsifications, la jurisprudence reconnait que le nom « Champagne » est réservé aux vins élaborés et issus de raisins récoltés en Champagne, et consacre ainsi, pour la première fois, la protection d’une appellation d’origine. Les travaux de délimitation de la zone géographique débutent alors dès 1908.

Les Champenois sont solidaires et le concrétisent au travers d’importantes organisations professionnelles. Les maisons et les vignerons ont très tôt joint leurs efforts pour lutter contre le phylloxera à l’origine de la fondation de l’Association viticole champenoise en 1898. Le Syndicat général des vignerons de la Champagne (créé en 1904) et l’Union des maisons de Champagne (créée en 1882) se retrouvent au sein du comité interprofessionnel du vin de Champagne créé par la loi du 12 avril 1941.

Les vins peuvent être blancs (issus de l’assemblage de raisins blancs et raisins noirs, issus seulement de raisins blancs [blanc de blancs], ou seulement de raisins noirs [blanc de noirs]) ou rosés (obtenus par assemblage ou par saignée), élaborés à partir de raisins provenant d’une ou plusieurs communes. Ils peuvent être millésimés ou non.

CLIMAT ET SOLS

La zone géographique se situe au nord-est du territoire français et s’étend sur des communes réparties dans les départements de l’Aisne, de l’Aube, de la Haute- Marne, de la Marne et de Seine-et-Marne.
Les parcelles, précisément délimitées pour la récolte des raisins, s’inscrivent dans un paysage caractérisé par un vignoble de coteau reposant sur des cuestas de l’est du Bassin parisien, structures géomorphologiques imposantes :
– la Côte d’Ile-de-France dans la Marne, ainsi que les versants des vallées associées, regroupant du nord au sud la Montagne de Reims, la vallée de la Marne (qui se prolonge dans le sud de l’Aisne et jusqu’en Seine-et-Marne), la Côte des Blancs et la Côte du Sézannais pour les secteurs les plus emblématiques ;
– la Côte de Champagne avec le Vitryat marnais et le secteur aubois de Montgueux ;
– la Côte des Bar entrecoupée de multiples vallées, réunissant le Bar-sur-Aubois à l’est et le Bar séquanais à l’ouest, dans l’Aube et la Haute-Marne.
Ce relief typique de cuesta, avec ces vallées adjacentes, présente des coteaux exposés à l’est et au sud, quelquefois au nord comme pour la Montagne de Reims septentrionale et la rive gauche de la vallée de la Marne.
Les fronts de côte sont constitués de couches dures de calcaire ou de craie. Les pentes des coteaux sont crayeuses, marneuses ou sableuses, plus tendres, déblayées par l’érosion puis recouvertes de produits de colluvionnement provenant des fronts de côte sus-jacents.
Le vignoble champenois se situe en zone septentrionale. Il est soumis à une double influence climatique :
– océanique, apportant de l’eau en quantité régulière avec des contrastes thermiques peu marqués d’une saison à l’autre ;
– continentale, responsable de gelées parfois destructrices et d’un ensoleillement favorable l’été.

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration des vins, incluant l’élevage et le conditionnement sont assurés sur les territoires délimités par l’article 17 de la loi du 6 mai 1919, sous réserve des dispositions suivantes :

― dans l’arrondissement de Vitry-le-François (département de la Marne), l’aire parcellaire délimitée est celle approuvée par le comité national compétent de l’Institut national de l’origine et de la qualité lors de la séance la séance des 7 et 8 novembre 1990 et dont les plans sont déposés dans les mairies des communes concernées ;

― dans les communes suivantes du département de l’Aube : Arsonval, Cunfin, Dolancourt, Jaucourt, l’aire parcellaire délimitée est celle approuvée par le comité national compétent de l’Institut national de l’origine et de la qualité lors des séances des 23 juin 1994, 8 septembre 1994 et 19 mai 1995 et dont les plans sont déposés dans les mairies des communes concernées ;

― dans les communes suivantes du département de l’Aube : Brienne-le-Château, Epagne, Précy-Saint-Martin et Saint-Léger-sous-Brienne et dans les communes suivantes du département de la Marne : Esclavolle-Lurey, Potangis, Saint-Quentin-le-Verger et Villiers-aux-Corneilles, aucune parcelle n’a été retenue conformément aux décisions du comité national compétent de l’Institut national de l’origine et de la qualité en séance des 23 et 24 juin 1994,7 et 8 septembre 1994,18 et 19 mai 1995 et 6 et 7 septembre 1995 ;

― dans les communes suivantes du département de l’Aube : Marcilly-le-Hayer et La Villeneuve-au-Châtelot, aucune parcelle n’a été retenue conformément à la décision du comité national compétent de l’Institut national de l’origine et de la qualité en séance du 10 septembre 1997 ;

― dans la commune du département de la Marne de Fontaine-sur-Ay, l’aire parcellaire délimitée est celle approuvée par le comité national compétent de l’Institut national de l’origine et de la qualité en séance des 9 et 10 septembre 1999 et dont les plans sont déposés dans la mairie de la commune concernée ; ― dans les communes suivantes du département de la Marne : Corfélix, Corrobert, Le Thoult-Trosnay, Verdon, Reuves et Broussy-le-Petit, aucune parcelle n’a été retenue conformément à la décision du comité national compétent de l’Institut national de l’origine et de la qualité en séance des 5 et 6 septembre 2001.

CÉPAGES PRINCIPAUX

Les vins sont issus exclusivement des cépages arbane B, chardonnay B, meunier N, petit meslier B, pinot blanc B, pinot gris G et pinot noir N.

Ajout de la variété   Voltis B,  à des fins d’adaptation: 26/06/2023

L’introduction de cette variété́ est soumise à certaines règles.

  1. La proportion des cépages principaux est supérieure ou égale à 95% de l’encépagement.
  2. La  proportion de la variété Voltis B est inférieure ou égale à 5% de l’encépagement..
  3. Les vins sont issus d’un ou plusieurs cépages. Ils ne peuvent être issus de la seule variété d’intérêt à fin d’adaptation
  4. La proportion du (des) cépage(s) principal(aux) est supérieure ou égale à 90 % de l’assemblage.
  5. La proportion de la variété d’intérêt à fin d’adaptation est inférieure ou égale à 10 % de l’assemblage.

RENDEMENTS MAXIMAUX

15 500 kilogrammes de raisins par hectare

VINS ET CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES

Les vins présentent un titre alcoométrique volumique naturel minimum de 9 %.

Après enrichissement, les vins ne dépassent pas, après prise de mousse, le titre alcoométrique volumique total de 13 %.

Les teneurs en acidité volatile, acidité totale, anhydride sulfureux et anhydride carbonique sont celles fixées par la réglementation communautaire.

L’utilisation de copeaux de bois est interdite.

L’augmentation du volume de moût en fermentation mis en œuvre ne peut être supérieure à 1,12 %, pour 1 % d’augmentation du titre alcoométrique volumique, lors de l’opération d’enrichissement.

Outre les dispositions ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques œnologiques, les obligations figurant au niveau communautaire et dans le code rural.

Les vins sont exclusivement élaborés par seconde fermentation en bouteilles de verre.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

Les vignes sont plantées avec un écartement entre les rangs qui ne peut être supérieur à 2,00 mètres.

L’écartement entre les pieds sur un même rang est compris entre 0,70 mètre et 1,50 mètres.

La somme de l’écartement entre les rangs et de l’écartement entre les pieds sur un même rang ne peut être supérieure à 3,00 mètres.

Toute transformation de la parcelle engendrant un changement de densité de plantation est interdite jusqu’à son arrachage.

Modifications du: 26/06/2023

Afin de permettre le passage d’engins adaptés, les parcelles présentant
— soit une pente supérieure à 35%,
—soit une pente supérieure à 25% associée à un dévers supérieur à 10%

Les vignes peuvent présenter des allées, d’une largeur comprise entre 1,5 mètre et 3 mètres, avec une fréquence maximale d’un rang sur 6. Dans ce cas, la somme de l’écartement entre les autres rangs et de l’écartement entre pieds sur un même rang ne peut être supérieure à 2,3 mètres.

Tout chevauchement entre pieds ainsi que toute superposition de branches à fruits est interdit. Le nombre d’yeux francs est inférieur ou égal à 18 yeux par mètre carré. La taille est effectuée au plus tard avant le stade phénologique (F) (12 de Lorentz), soit quatre feuilles étalées.

Les vignes sont taillées selon les techniques suivantes:

— taille Chablis,
— taille en cordon (de Royat),
— taille de la vallée de la Marne,

— taille Guyot simple, Guyot double et Guyot asymétrique.

Tout moyen ne permettant pas la récolte de grappes de raisin entières est interdit.

ÉLABORATION DU CHAMPAGNE

Vendanges

La date de début des vendanges est fixée par le Comité Interprofessionnel du Vin de Champagne en fonction de l’état de la vendange qui diffère chaque année en termes de maturité des raisins, de degré d’acidité et de degré d’alcool. La vendange est manuelle et dure environ 3 semaines. On récolte le raisin par grappes entières. Le tri de la vendange se fait dans le vignoble pendant la cueillette. Les cagettes  comportent au fond et sur tous les côtés des orifices permettant l’écoulement rapide et complet du jus inévitable des raisins et des eaux de pluies éventuelles. 

Pressurage

Dès leur arrivée au centre de pressurage, les raisins sont répertoriés, pesés et inscrits sur un registre. Un contrôle du titre alcoométrique minimum fixé pour la récolte est également effectué. On constitue des lots (appellés marcs) homogènes  de 4 000 kilos de raisins d’un même cépage provenant d’une même parcelle ou d’un regroupement de parcelles comparables d’une même commune. Le pressurage se fait de façon homogène, cru par cru, cépage par cépage, parcelles par parcelles pour préserver la typicité des vins.

D’un lot (marc) de 4 000 kg de raisins, la réglementation autorise d’extraire 25,5 hectolitres de jus en plusieurs presses appelées aussi « serrées ». Le pressurage est fractionné en séparant les premiers jus  extraits , 20,50 hl qui constituent la « cuvée », des 5 hl suivants, appelés «taille».

Après la presse de la cuvée et de la taille, le jus additionnel extrait appelé « la rebêche » est envoyé en distillerie pour être transformé en alcool. A l’issue du pressurage, les matières solides (pellicules, rafles et pépins) accumulées au fond du  pressoir,  les «aignes»( marcs), sont envoyées en distillerie  pour faire du marc de Champagne,  une eau de vie.

Débourbage et sulfitage des moûts

Le  moût qui s’écoule du pressoir est recueilli dans des cuves appelées  «belons», il est refroidi pour que les impuretés en suspension décantent (sédimentent) le plus vite possible. C’est le débourbage.  En même temps, et ce dès la sortie du pressoir, on pratique un sulfitage du moût. Le sulfitage consiste à ajouter de l’anhydride sulfureux pour limiter l’oxydation du moût au contact de l’air et préserver la qualité du moût. Après 12 à 24 heures de décantation, les particules en suspension (lies, impuretés, pépins, restes de peaux, …) se sont déposées au fond de la cuve en un dépôt boueux, ce   sont les bourbes.  Le jus est soutiré par pompage et acheminé vers la cuverie pour les premières étapes de la vinification.

Élaboration du vin de base

Les moûts clarifiés sont mis en cuves de fermentation séparément cépage par cépage, cru par cru pour être vinifiés en vin blanc. Différents types de cuves de fermentation sont utilisés, il existe des cuves: en acier émaillé, en inox, en ciment vitrifié ou en bois (foudres en bois ou pièces).

Après la fermentation alcoolique suivie ou non d’une fermentation malolactique, on obtient des vins blancs tranquilles de Champagne non effervescents stables, dits vins blancs de base qui vont être conservés en cuve à une température de 10°C jusqu’à la constitution de l’assemblage.  Ils peuvent également être commercialisés en Appellation Coteaux Champenois.

Si le jus n’est pas assez riche en sucre, les moûts sont chaptalisés (ajout de saccharose pure extraite de la betterave ou de la canne) pour obtenir 11 % vol d’alcool maximum en fin de fermentation.

Élaboration de la cuvée (assemblage du vin de Champagne)

Les vins sont répertoriés par cépages, années, crus, parcelles, vins de cuvée, vins de taille, les vins blancs de base de pinot noir, de pinot meunier et de chardonnay  et il vont servir pour les assemblages.  Ils consistent à assembler, à mélanger dans des éprouvettes graduées de grande capacité des vins blancs de cépages différents ou non dans des proportions différentes pour élaborer une cuvée, un vin de qualité supérieure à ceux retenus dans l’assemblage. La cuvée est un vin blanc de Champagne non effervescent aux caractéristiques déterminées après de nombreuses dégustations et essais d’assemblage.  Une fois l’assemblage finalisé, l’assemblage final des vins dans de grandes cuves de plusieurs centaines d’hectolitres ou plus rarement dans des foudres en bois selon le style propre à chaque maison de champagne peut être effectué. Le nombre de vins assemblés est variable, il peut être de trois à quatre vins dans une cuvée à cinquante vins et plus dans une autre cuvée.

Vins de réserve

Les vins de réserve sont les vins qui n’ont pas servi à l’élaboration de la cuvée. Ils sont stockés pour constituer une réserve qui permettra de lisser les variations de typicité, de maturité et de quantité des vendanges. Ils vont être gardés en fût ou en cuve pendant plusieurs années, ils seront utilisés dans les cuvées des années suivantes en addition aux vins de l’année. Les vins de réserve arrondissent les vins de l’année et assurent un goût propre à une maison de Champagne.

Réserve Perpétuelle


Inspirée de la technique espagnole de la Soléra, la réserve perpétuelle en Champagne consiste à isoler un millésime qui servira de base. Chaque année suivante sera incorporée à cette hauteur de base un certain montant (25% en moyenne). Le vigneron soutire de sa cuve ou fût 20% vin de réserve par exemple et incorporer 20% vin de la nouvelle récolte.

Le but de la méthode est de communiquer au vin jeune l’esprit de ses aînés. Je l’ai trouvée dans la somme entre la fougue et la sagesse…

Les vins et champagnes qui exigent de cette méthode sont d’une grande complexité et richesse. Cuvées rares et intenses, elles sont généralement associées maturité et fraîcheur. Les quantités sont soumises à des limites.

Les vignerons pratiquant cette méthode ne sont pas légions : Selosse est un des précurseurs,

Tirage (mise en bouteilles) et prise de mousse 

Le tirage ou mise en bouteille du vin ne peut avoir lieu avant le premier janvier qui suit la vendange. En général au printemps, la cuvée est refroidie, filtrée, une liqueur de tirage composée de sucre de canne, de levures et d’un adjuvant de remuage est ajoutée à la cuvée. Le vin de la cuvée est brassé. Les cuves sont munies de mélangeurs automatiques.  Enrichi en levures et en saccharose, le vin est tiré en bouteilles. Les bouteilles sont bouchées avec une capsule couronne munie d’un obturateur en polyéthylène appelé « bidule » complété d’une capsule couronne ou avec un bouchon à agrafe et mises en cave horizontalement sur lattes où elles sont superposées par centaines. Le vin reste sur lattes un minimum d’ un an après le tirage pour le Champagne non  millésimé  et trois ans après la vendange pour le Champagne millésimé. La température des caves creusées dans la craie, constante entre 10°C à 12°C est idéale pour la prise de mousse et la maturation du vin sur lies (dépôt des levures mortes).

Dans les bouteilles, le sucre apporté par la liqueur de tirage se transforme lentement en alcool et en gaz carbonique. Le gaz carbonique se dissout dans le vin, la mousse et les bulles se forment, le vin devient effervescent, mousseux, d’où la dénomination «prise de mousse». 

Durée de garde

La durée de garde en cave est réglementée.

15 mois minimum après le tirage pour le Champagne non millésimé

Trois ans après la vendange pour le Champagne millésimé,

Dans bon nombre de Maisons de Champagne, le temps de garde est supérieur, deux à trois ans après le tirage pour le Champagne sans années, quatre à cinq ans après la vendange pour le Champagne millésimé et cinq à dix ans et plus pour les cuvées de prestige. 

Remuage 

Au bout du temps minimum requis de garde en cave, les bouteilles sont mises dans un pupitre sur pointe, tête en bas et remuées pour clarifier le vin. Le remuage consiste à amener et à rassembler dans le col de la bouteille les impuretés dues aux levures. Cette opération peut-être manuelle ou mécanisée (sur gyro-palette, caisses métalliques contenant 500 bouteilles).
Manuellement, chaque jour un remueur imprime à chaque bouteille un mouvement vif de rotation de 1/8ème ou 1/4 de tour accompagné d’une trépidation qui fait glisser progressivement  le dépôt de lies vers le col de la bouteille. Le temps nécessaire pour rassembler manuellement tout le dépôt dans le col de la bouteille est de trois à 6 semaines. Lorsque le dépôt est entièrement descendu, les bouteilles sont stockées tête en bas en attentant l’opération de dégorgement.

Dégorgement

 Il consiste à éliminer le dépôt des levures accumulé dans le goulot de la bouteille. L’opération est mécanisée. Le col de la bouteille est trempé dans un bain de saumure réfrigérée à – 27°C, un bouchon de glace se forme, emprisonnant le dépôt. La bouteille est redressée et débouchée. Le gaz interne sous pression chasse le bouchon de glace contenant le dépôt de levures emprisonnées et un peu de vin est perdu.

Égalisage, dosage, liqueur d’expédition.
 

Après le dégorgement, le niveau de vin dans les bouteilles est égalisé mécaniquement. Le volume de vin perdu lors de l’opération de dégorgement est compensé par l’ajout de champagne issu du même lot complété de liqueur d’expédition. La liqueur d’expédition (ou liqueur de dosage) est composée de sucre de pure canne dissous dans un vin vieux de Champagne. Le taux de sucre de la liqueur ajoutée détermine le type de champagne  que l’on veut obtenir

Bouchage, poignetage, mirage, habillage et commercialisation.

Bouchage.
La bouteille est ensuite rebouchée par un bouchon de champagne en liège revêtu d’une capsule, l’ensemble étant retenu par un muselet en fer. Le bouchon doit obligatoirement être marqué du nom de l’appellation Champagne et de l’année du millésime pour les Champagnes millésimés.
Poignetage 
La bouteille museletée est énergiquement agitée pour mélanger vin et liqueur d’expédition. Ce procédé est appelé piquetage ou poignetage car autrefois, elle était faite par des ouvriers à  la main.
Mirage
La bouteille est ensuite mirée, une personne vérifie qu’aucun dépôt ne trouble le vin, avant d’être replacée en caisses-palettes et descendue en cave pour un dernier stockage de deux à six mois avant son habillage. Pendant ce temps de repos, la liqueur d’expédition va parfaitement se mélanger au vin et le bouchon de son côté va s’assouplir, afin de pouvoir être retiré facilement de la bouteille lors de la consommation.
Habillage
Habillée d’une coiffe qui couvre le bouchon et son muselet, d’une collerette à la base de la coiffe, d’une étiquette comportant les mentions obligatoires et parfois d’une contre étiquette avec des informations complémentaires, la bouteille de Champagne est  conditionnée en cartons pour sa commercialisation.

Le dosage des vins de la Champagne

Il  est règlementé par l’Union Européenne

Doux plus de 50 grammes de sucre par litre

Demi-sec entre 32 et 50 grammes de sucre par litre

Sec entre 17 et 32 grammes de sucre par litre

Extra dry entre 12 et 17 grammes de sucre par litre

Brut moins de 12 grammes de sucre par litre

Extra brut entre 0 et 6 grammes de sucre par litre

Les styles des vins de la Champagne

Champagnes bruts

Les champagnes bruts sont les champagnes les plus « génériques » dans le sens où ils sont les plus grands représentants d’un style établi. Chaque Maison de Champagne ou grande marque possède un Brut qui lui permet de garantir une constance de goût et de texture à travers les années.

Champagnes millésimés

Les champagnes millésimés sont issus d’un assemblage de vin d’une seule et même année. Ils sont donc généralement plus représentatifs de leur année de production et ont des profils moins constants d’une année à l’autre.

Blanc de blancs et blanc de noirs

Un Champagne blanc de blancs est un Champagne élaboré exclusivement à partir d’un cépage blanc, donc à partir du Chardonnay. Un blanc de noirs est lui composé uniquement de cépages noirs (Pinot Meunier ou Pinot Noir). 

Champagnes rosés

Un Champagne rosé est élaboré soit par macération des baies de raisins noires, comme c’est le cas pour l’obtention des vins rouges ou rosés. Mais il peut également être élaboré par ajout de vin rouge tranquille (c’est-à-dire sans bulle) au Champagne blanc. L’assemblage de vins blanc et rouge est interdit pour tout autre vin en France.

Zéro dosage

C’ est un champagne auquel aucun sucre n’a été ajouté après le dégorgement. On dit aussi qu’il est « non dosé » ou que c’est un « brut nature ».

PRATIQUES OENOLOGIQUE SPÉCIFIQUES

L’utilisation de morceaux de bois est interdite.

L’augmentation du volume de moût en fermentation mis en œuvre ne peut être supérieure à 1,12 %, pour 1 % d’augmentation du titre alcoométrique volumique, lors de l’opération d’enrichissement.

Outre les dispositions ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques oenologiques, les obligations figurant au niveau communautaire et dans le code rural.

Les vins sont exclusivement élaborés par seconde fermentation en bouteilles de verre.

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

Aucune bouteille ne peut circuler, sauf entre deux sites du même opérateur ou entre deux opérateurs, que terminée, habillée et revêtue d’un étiquetage conforme à la réglementation en vigueur.

Les bouteilles contenant les vins sont fermées d’un bouchon portant le nom de l’appellation d’origine contrôlée sur la partie contenue dans le col de la bouteille ou, lorsqu’il s’agit d’une bouteille d’un contenu nominal de 0,20 litre ou moins, sur une autre partie interne du dispositif de fermeture.

Les étiquetages et documents commerciaux comportent les immatriculations prescrites par le comité interprofessionnel du vin de Champagne permettant d’identifier les opérateurs.

La mention de l’élaborateur qui apparaît sur l’étiquetage en toutes lettres, de façon claire et lisible, est complétée par le nom de la commune d’élaboration si le siège de l’élaborateur est situé en dehors de l’aire.

L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser le nom des seules unités géographiques plus petites suivantes, selon les conditions ci-après :

— un lieu-dit cadastré ;

— une commune.

Le lieu-dit revendiqué ou le nom de la commune revendiquée figure sur la déclaration de récolte.

Tous les raisins mis en oeuvre pour l’élaboration des vins de base sont des raisins provenant de la commune ou du lieu-dit considéré.

Le nom de la commune peut être associé à « Premier Cru » et « Grand Cru » dans les conditions fixées aux b et c du II du Chapitre Ier du cahier des charges.

En dehors des communes concernées ci-dessus, le nom de la commune doit être associé à la mention « Vigne de » ou « Vignoble de ».

Le nom d’une commune ou d’un lieu-dit cadastré est imprimé dans des caractères dont les dimensions, tant en hauteur qu’en largeur, ne peuvent excéder la taille des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

L’étiquetage du nom de la commune, selon les modalités fixées ci-avant, peut être complété par la reprise du nom de la commune dans la dénomination de la cuvée.

Le cépage peut être indiqué en caractères dont les dimensions, aussi bien en hauteur qu’en en largeur, ne sont pas supérieures à 3 millimètres et à la moitié de la taille des caractères composant le nom de l’appellation. L’indication du cépage n’est possible que si la totalité des raisins mis en œuvre pour l’élaboration des vins de base est issue dudit cépage.

Publication d’une communication relative à l’approbation d’une modification standard concernant le cahier des charges d’une dénomination dans le secteur vitivinicole visée à l’article 17, paragraphes 2 et 3, du règlement délégué (UE) 2019/33 de la Commission

En cas d’indication du millésime, celui-ci figure sur le bouchon ou, lorsqu’il s’agit d’un contenu nominal de 0,20 litres ou moins, sur un autre dispositif de fermeture approprié, et sur l’étiquetage. L’indication du millésime figure également sur les factures et les documents d’accompagnement.

Les vins sont élaborés et commercialisés dans la bouteille à l’intérieur de laquelle a été réalisée la prise de mousse, à l’exception des vins vendus dans des bouteilles d’un volume inférieur à 75 centilitres ou supérieur à 150 centilitres.

Les vins sont mis en marché à destination du consommateur à l’issue d’une période d’élevage de 15 mois minimum à compter de la date du tirage en bouteille ou de 36 mois pour les vins millésimés.

LES AOPs DE LA CHAMPAGNE

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Dernière modification du cahier des charges : 26 juin 2023