Vins de Bordeaux

L’APPELLATION

L’appellation Sauternes est réservée aux vins tranquilles blancs avec sucres résiduels élaborés sur le territoire des communes suivantes du département de la Gironde sur la base du code officiel géographique en date du 19 mars 2021: Barsac, Bommes, Fargues, Preignac et Sauternes.

HISTOIRE

La présence de la vigne est attestée en Sauternais dès le Moyen-Age. A la fin du XVIème siècle et surtout au XVIIème siècle, le commerce maritime s’intensifie. La prévôté de Barsac, englobant les communes actuelles de l’appellation d’origine contrôlée « Sauternes », développe largement sa notoriété. Les textes de l’époque en attestent (« usances et privilèges » de ce cru en 1613, « taxation des vins » par les jurats de Bordeaux et les commerçants hollandais en 1647).

C’est à cette époque que la plupart des crus actuels se sont développés. L’Intendant de Guyenne a écrit, dès 1741, qu’on y vendange seulement « quand les raisins sont presque pourris », et qu’on fait ces vendanges « à plusieurs reprises pour leur donner plus de douceur ».

Ces pratiques se généralisent au XIXème siècle à l’ensemble des propriétés et le Sauternes est adopté par toute l’Europe. Ce succès se traduit par le classement des vins de Bordeaux de 1855, par les courtiers de la place, pour l’Exposition Universelle à l’initiative de l’empereur Napoléon III. On y dénombre 27 crus classés, seuls vins blancs de Gironde promus dans ce classement.

Les vins sont élaborés principalement à partir du sémillon B, cépage originaire du Sauternais d’après Georges Cazeaux-Cazalet, expert en viticulture à la fin du XIXème siècle. Sa bonne résistance au mildiou et àl’oïdium lui a valu de résister et de dominer très largement l’encépagement local, devant le sauvignon B, lorsque ces maladies ont menacé de détruire le vignoble à la fin du XIXème siècle. Ce cépage, aux grains à pellicules épaisses, se prête particulièrement bien à la botrytisation et à la production de grands vins liquoreux. Le sauvignon B, le sauvignon gris G et la muscadelle B contribuent souvent à l’encépagement car recherchés pour leurs arômes.

Les raisins mûrs, recouverts par le fin duvet du Botrytis, se dessèchent doucement sous l’effet conjugué du soleil et du vent. Ces conditions favorisent les concentrations en sucres et composés aromatiques caractéristiques Les vendangeurs sélectionnent alors aux ciseaux ces grains « rôtis », de pied en pied : c’est la première trie. Elle est suivie de deux ou trois autres tries, ou davantage, décidées en fonction des alternances climatiques favorisant le développement du champignon et la concentration des raisins. Les vendanges sont exclusivement manuelles. Le raisin pressé fermente alors très lentement, sa richesse conduisant à l’arrêt de la fermentation des vins encore chargés de sucres, lorsque le taux d’alcool tue les levures.

L’appellation « Sauternes » est reconnue par décret le 30 septembre 1936 instituant alors règlementairement les pratiques locales : art.6 – La vinification devra être faite avec des raisins arrivés à surmaturation (pourriture noble) récoltés par tries successives.

Le vignoble de Sauternes, d’une superficie en 2010 de plus de 2 200 hectares (5 435 acres) produit en moyenne 41 000 hectolitres (1,98 M d’US gallons) de vins, sur environ 190 exploitations indépendantes. Les rendements à l’hectare sont très faibles de par la concentration des raisins, et très variables entre millésimes.

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CLIMAT ET SOLS

La région de Sauternes est issue d’une histoire géologique longue et complexe, étroitement liée à la naissance de la Garonne, aux modifications de son tracé et aux épisodes glaciaires successifs de l’ère quaternaire. Au cours de ces périodes, les glaciers pyrénéens érodent leur vallée et préparent les stocks rocheux que les rivières rouleront ensuite jusqu’à l’estuaire. De ces dépôts successifs ne restent plus que des reliques sous la forme de croupes gravelo-sableuses reposant sur un soubassement calcaire de l’ère tertiaire que l’on retrouve proche de la surface surtout à Barsac.

Les sols de cette région sont diversifiés : graveleux, argileux, siliceux, calcaire, avec des alternances marquées, et reposent sur un sous-sol le plus souvent argileux mais aussi graveleux ou calcaire et parfois constitué d’alios, cimentation des grains de sable et graviers par des hydroxydes de fer, d’aluminium et de manganèse.

Situé au cœur du Bordelais et bénéficiant de son climat océanique, le Sauternais présente des particularités climatiques. Les hivers doux et humides et les étés aux chaleurs modérées permettent une maturation lente propice aux raisins blancs. Les collines douces des différentes terrasses pédologiques sont situées dans l’axe de la vallée de la Garonne dans une orientation est-sud-est favorisant une bonne ventilation naturelle du vignoble. Dans le même temps, au confluent du « Ciron » et de la « Garonne » les phénomènes de condensation apportent une humidité abondante. Cette alternance d’humidité nocturne et de ventilation diurne rapide et puissante sont à l’origine de l’envahissement des raisins par un minuscule champignon le « Botrytis cinerea » développant la « pourriture noble » et la concentration des raisins.

Le paysage sauternais, entre fleuve et forêt, est constitué de croupes couvertes de vignes en rangs serrés longées de murets de pierres sèches et ponctuées de magnifiques châteaux de toutes époques, depuis le XVème siècle, et de villages anciens en pierre calcaire.

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins sont assurés sur le territoire des communes suivantes du département de la Gironde sur la base du code officiel géographique en date du 19 mars 2021: Barsac, Bommes, Fargues, Preignac et Sauternes.

Mathieu Anglada. Bordeaux Tourisme

DÉROGATION SUR LA DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

L’aire de proximité immédiate, définie par dérogation pour la vinification, l’élaboration et l’élevage est constituée par le territoire des communes suivantes du département de la Gironde sur la base du code officiel géographique en date du 19 mars 2021 : Budos, Cadillac, Cérons, Escoussans, Gabarnac, Illats, Ladaux, Langon, Mazères, Monprimblanc, Omet, Pujols-sur-Ciron, Roaillan et Sainte-Croix-du-Mont.

CÉPAGES PRINCIPAUX

Muscadelle B , sauvignon B – sauvignon blanc, sauvignon gris G – fié gris,  sémillon B

Pas de restriction pour les assemblages

RENDEMENTS MAXIMAUX

28 hectolitres par hectare

VINS ET CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES

L’enrichissement par sucrage à sec ou par moût concentré rectifié ne peut avoir pour effet de porter le titre alcoométrique volumique total après enrichissement au-delà de 15%.
L’enrichissement par concentration partielle des moûts destinés à l’élaboration de vins est autorisé dans la limite d’une concentration de 10% des volumes ainsi enrichis. Il peut permettre de porter le titre alcoométrique volumique total à un niveau de 21% vol.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 6 500 pieds à l’hectare. L’écartement entre les pieds sur un même rang ne peut être inférieur à 0,80 mètre. L’écartement moyen entre les rangs ne peut être supérieur à 1,90 mètre.

La taille est effectuée au plus tard le 1er mai.

Les vignes sont taillées selon les techniques suivantes :

—  cépage muscadelle B : en éventail, le cep, formé de 2 à 5 bras, portant un maximum de 6 coursons taillés à deux yeux francs avec un maximum de 8 yeux francs ;

—  cépage sémillon B : en éventail, le cep, formé de 2 à 5 bras, portant un maximum de 6 coursons taillés à 2 yeux francs, ou en Guyot mixte, avec 6 yeux francs au maximum sur le long bois (latte) et deux coursons taillés à 2 yeux francs maximum, l’un étant en retour de latte ;

—  cépage sauvignon B et sauvignon gris G : en éventail, le cep, formé de 2 à 5 bras, portant un maximum de 6 coursons taillés à 2 yeux francs, en Guyot mixte, avec 6 yeux francs au maximum sur le long bois (latte) et deux coursons taillés à 2 yeux francs maximum, l’un étant en retour de latte, en taille bordelaise, le cep portant deux longs bois (lattes) avec 4 yeux francs maximum sur chaque long bois.

Les vins proviennent de raisins récoltés à surmaturité (présence de pourriture noble) et manuellement par tries successives.

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

L’unité géographique plus grande « Vin de Bordeaux » ou «Grand Vin de Bordeaux » peut figurer sur les étiquettes, prospectus et récipients quelconques.

Les dimensions des caractères de cette unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, aux deux tiers de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Dernière modification du cahier des charges : 26 octobre 2021

Labour au Château d’Yquem, Sauternes, France, v. 1930. Source: AAWE

Too late to save Sauternes?

Jancis Robinson

Saturday 26 July 2025 • 1 min read: https://www.jancisrobinson.com/articles/too-late-save-sauternes

La baisse spectaculaire et durable des prix du vignoble de Sauternes : entre 1991 et 2024, les prix ont chuté de plus de 90 %, soit un taux de croissance annuel composé de -7 %. En revanche, sur la même période, le prix moyen du vignoble de l’AOP Bordeaux a légèrement augmenté et est désormais plus de quatre fois supérieur à celui du hashtag #Sauternes, malgré une forte baisse depuis 2021.

Vins de Bordeaux

L’APPELLATION

L’appellation Loupiac est réservée aux vins tranquilles blancs  avec sucres fermentescibles élaborés sur le territoire de la commune de Loupiac, située dans le département de la Gironde.

HISTOIRE, CLIMAT ET SOLS

L’activité viticole dans la région de « Loupiac » est ancienne et contrainte par un relief relativement accidenté.
Propice au développement de « Botrytis cinerea » et de la « pourriture noble » , le climat particulier offre des conditions mésoclimatiques qui confèrent leur originalité aux vins de «Loupiac».

L’aire parcellaire précisément délimitée exclu les situations qui ne réunissent pas les conditions favorables à la surmaturation et à la « botrytisation » des raisins : parcelles situées sur alluvions modernes, fonds de vallons lorsque les parcelles en bordure ou à proximité des ruisseaux n’ont pas de pente ou ont un profil concave ne permettant pas un écoulement facile des eaux, parcelles naturellement mal drainées avec des sols hydromorphes.

Sont également exclus les bois de fond de vallons, constituant une bande parallèle aux ruisseaux, sans usage viticole historique.
Le paysage de « Loupiac » est cependant marqué par la forêt. Les vieux bois de feuillus font partie intégrante du paysage et la délimitation protège ce patrimoine paysager, fait d’alternances de vignobles et de bois.

Cette délimitation parcellaire implique une gestion optimale de la plante avec une maîtrise de la vigueur et du potentiel de production. Le nombre de grappes par pied et la charge maximale à la parcelle avant surmaturation sont limités. La densité de plantation est élevée pour limiter la charge en raisin par pied de vigne. Les conditions de production avec des rendements limités permettent d’obtenir des vendanges dont les moûts présentent une richesse suffisante en sucre. Les vins blancs de cette région se révèlent adaptés au transport maritime qui n’altère pas leurs caractéristiques. Ils sont ainsi très prisés par les marchés du nord de l’Europe qui se sont développés, en particulier avec les Hollandais au XVII ème siècle. D’après Pierre Célestin dans « Les Appellations d’Origine Bordelaises » en 1932, le savant œnologue Julien, en 1832, classait les premiers crus de « Loupiac » au même rang que les seconds crus de l’appellation d’origine contrôlée « Sauternes ».

A cette époque, la région devient la préférée des bourgeois bordelais qui s’y installent dans de belles demeures appelées « folies », implantées sur les coteaux viticoles et boisés surplombant la vallée de la Garonne.
Les paysans, les viticulteurs poursuivent leurs efforts en améliorant les règles collectives pour promouvoir la notoriété de son appellation d’origine contrôlée et s’efforce d’en faire respecter la personnalité et le nom. par tries successives.

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins sont assurés sur le territoire de la commune de Loupiac, située dans le département de la Gironde.

Vins de Bordeaux

DÉROGATION SUR LA DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

L’aire de proximité immédiate, définie par dérogation pour la vinification, l’élaboration et l’élevage est constituée par le territoire des communes suivantes du département de la Gironde : Arbis, Barsac, Cadillac, Cantois, Capian, Cérons, Donzac, Gabarnac, Illats, Landiras , Monprimblanc, Mourens, Omet, Saint-André-du-Bois, Sainte-Croix-du-Mont, Saint-Félix-de-Foncaude, Saint-Germain-de- Grave, Saint-Martial, Saint-Maixant, Saint-Pierre-d’Aurillac, Saint-Pierre-de-Bat, Sauternes, Semens et Verdelais.

Mise à jour administrative sans changement du périmètre le : 29 décembre 2025

CÉPAGES PRINCIPAUX

Sémillon B ,sauvignon gris G ,sauvignon B. muscadelle B

Pas de restriction pour les assemblages

RENDEMENTS MAXIMAUX

44 hectolitres par hectare

VINS ET CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES

L’enrichissement est autorisé selon les règles fixées dans le cahier des charges.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 5 000 pieds par hectare. Ces vignes ne peuvent présenter un écartement entre les rangs supérieur à 2 mètres et un écartement entre les pieds sur un même rang inférieur à 1 mètre. Toutefois, sur les pentes supérieures à 33 %, les vignes présentent un écartement entre les rangs inférieur ou égal à 2,20 mètres et un écartement entre les pieds sur un même rang supérieur ou égal à 0,90 mètre.

La taille est effectuée au plus tard le 1er juin. Les vignes sont taillées selon les techniques suivantes, avec un maximum de douze yeux francs par pied : taille Guyot double, Guyot simple et mixte, cordon de Royat bilatéral, taille à la bordelaise, taille en éventail.

Les vins proviennent de raisins récoltés à surmaturité, botrytisés et / ou passerillés sur souche et exclusivement de raisins récoltés manuellement par tries successives.

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser l’unité géographique plus grande « Vin de Bordeaux » ou «Grand Vin de Bordeaux ».

Les dimensions des caractères de l’unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, aux deux tiers de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Dernière modification du cahier des charges : 29 décembre 2025

Vins de Bordeaux

L’APPELLATION

L’appellation Cadillac est réservée aux vins tranquilles blancs avec des sucres résiduels  élaborés sur le territoire de certaines  communes du département de la Gironde.

HISTOIRE

Dans la partie septentrionale de la région des « Premières Côtes de Bordeaux » les viticulteurs ont développé historiquement la production de vins rouges quand, plus au sud, grâce à un mésoclimat particulièrement favorable au développement du botrytis, le vignoble s’est constitué avec une plus grande proportion de cépages blancs.

Le développement du commerce avec la Hollande au XVIIème siècle a favorisé la production de vins blancs doux et ces échanges ont conduit et encouragé l’innovation technique et l’introduction de nouveaux procédés comme par exemple vers 1750, le vieillissement en barriques, puis en bouteilles, grâce à « l’allumette hollandaise » (mèche soufrée) (ENJALBERT, H. La naissance des grands vins et la formation du vignoble moderne de Bordeaux : 1647 – 1767, 1977).

Suite à la crise phylloxérique, il faut rappeler la création du comice agricole de Cadillac en 1884 sous l’action d’une élite de vignerons. Cette association avait pour objectif la lutte contre les maladies et le développement du progrès en viticulture. Elle joua un grand rôle à la fin du XIXème siècle et jusqu’au milieu du XXème siècle dans la reconstitution du vignoble : formation à la greffe, à la défense contre les maladies, à l’évolution des techniques (citons la greffe de Cadillac). En 1889, le comice participa à l’exposition universelle, où le diplôme d’honneur lui fut attribué comme récompense collective.

C’est en 1919, lors de la délimitation administrative du bordelais, que la commission mixte décide d’individualiser 24 communes de l’Entre-Deux-Mers sous la dénomination de « Grands vins blancs de la rive droite ». Ce sont ces communes qui sont à l’origine des appellations « Premières Côtes de Bordeaux » puis « Cadillac », cette dernière se distinguant par la nécessité d’obtenir des raisins en surmaturité (présence de pourriture noble et/ou passerillage sur souche) à l’aide de vendanges manuelles par tris successifs, à l’image des grands vins liquoreux.

La loi qui permit la fondation de l’INAO fut déposée par Joseph CAPUS directeur de la station de pathologie végétale de Cadillac et parlementaire de cette circonscription de 1919 à 1940.

Le savoir-faire des viticulteurs de la région de « Cadillac » était déjà reconnu par le décret du 31 juillet 1937, complété par ceux du 22 mai 1944 et 8 novembre 1955, permettant notamment l’adjonction du nom Cadillac pour les vins blancs de certaines communes du Sud des « Premières Côtes de Bordeaux ». Plus tard, avec le décret du 10 août 1973, l’appellation d’origine contrôlée «Cadillac» est reconnue définitivement. C’est à cette époque que le règlement intérieur de l’appellation met en place l’obligation de vente mise en bouteille au domaine.

La superficie consacrée à cette appellation, revendiquée par une soixantaine de producteurs est variable selon les conditions climatiques de l’année, allant de 50 à 250 hectares (125 et 620 acres), car les périodes climatiques humides dues aux dépressions atlantiques d’automne peuvent compromettre la concentration ou la botrytisation des raisins, exigées pour cette production.

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CLIMAT ET SOLS

La zone géographique de l’appellation d’origine contrôlée « Cadillac » se caractérise par un relief bien marqué et parfois escarpé (les points hauts culminent a une hauteur de 120 mètres d’altitude). De nombreux ruisseaux, affluents de la Garonne qui ont creusé leur lit dans le socle calcaire, drainent parfaitement cet ensemble. Bénéficiant d’un climat tempéré et des influences de la vallée de la Garonne et de l’Océan Atlantique modératrices sur le gel de printemps, la zone géographique de « Cadillac » s’étire du Nord au Sud sur une trentaine de kilomètres, avec, au centre, la bastide de Cadillac, située a 40 kilomètres (25 mi) de Bordeaux, qui a donne son nom a l’appellation. Elle concerne 22 communes du département de la Gironde en bordure de Garonne, qui associent sur leur territoire plaine, pied de coteau, versant et plateau. Ce territoire fait partie intégrante du Sud de l’appellation « Premières Cotes de Bordeaux », sur la rive droite de la Garonne, en amont et au Sud-est de l‘agglomération Bordelaise, mais ne concerne pas les enclaves de Sainte-Croix-du-Mont et Loupiac.

La zone géographique bénéficie d’un mésoclimat particulier à l’automne. L’humidité des brumes matinales s’élevant des méandres de la Garonne alterne avec des périodes très chaudes et ensoleillées sur ces coteaux bien exposés. Il favorise, sur les coteaux bien exposés, le développement de la « pourriture noble » (Botrytis cinerea) sur la peau des raisins, champignon microscopique à l’origine de grands vins liquoreux, dans des conditions écologiques particulières.

A l’exception des parcelles situées sur alluvions modernes, aucun type de sol particulier n’est a priori exclu de l’aire parcellaire de production. Toutefois, les fonds de vallons en sont exclus lorsque les parcelles en bordure ou à proximité des ruisseaux, n’ont pas de pente ou ont un profil concave ne permettant pas un écoulement facile des eaux. De même, les parcelles naturellement mal drainées, hydromorphes, ne sont pas délimitées en appellation. Les zones à urbanisation très dense, non plantées, sont exclues.

Le paysage est marqué par les boisements qui sont de diverses natures. Les bois de fond de vallons, constituant une bande parallèle aux ruisseaux, sans usage viticole historique sont exclus de l’aire parcellaire de production. Les vieux bois de feuillus font partie intégrante du paysage de « Cadillac » et, de ce fait, sont également exclus.

Cette délimitation implique une gestion optimale de la plante avec une maitrise de la vigueur et du potentiel de production. En effet, les vins de « Cadillac » sont obtenus à partir de raisins sur-muris. Pour ce faire, le nombre de grappes par pied est limité. La densité de plantation est assez élevée et la charge maximale à la parcelle est limitée avant surmaturation. Les raisins murs, recouverts par le duvet du Botrytis, se dessèchent doucement et concentrent sucres et arômes. Les vendangeurs sélectionnent alors manuellement ces grains rôtis, de pied en pied : c’est le premier tri. Il est suivi de deux ou trois autres tris, décidés par les alternances climatiques favorisant le développement du champignon et la concentration des raisins. Le raisin pressé fermente alors très lentement, sa richesse conduisant à l’arrêt naturel de la fermentation des vins encore chargés de sucres, lorsque le taux d’alcool tue les levures.

Ces vins tranquilles blancs avec sucres résiduels sont issus des cépages sémillon B, largement majoritaire, sauvignon B, sauvignon gris G et muscadelle B.

Leur robe dorée s’ambre doucement au vieillissement. Ces vins développent fréquemment des arômes de fruits blancs et de fleurs lorsqu’ils sont jeunes et évoluent souvent vers des arômes de fruits confits et d’agrumes lorsqu’ils vieillissent, avec parfois des notes grillées quand ils sont élevés en barriques. Ces vins équilibrés allient douceur, et élégance, avec une grande persistance aromatique. Ce sont de grands vins de garde.

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration, l’élevage et le conditionnement des vins sont assurés sur le territoire des communes suivantes du département de la Gironde, sur la base du code officiel géographique en date du 1er janvier 2021 : Baurech, Béguey, Cadillac, Capian, Cardan, Donzac, Gabarnac, Haux, Langoiran, Laroque, Lestiac-sur-Garonne, Monprimblanc, Omet, Paillet, Rions, Saint-Germain-de-Grave, Saint-Maixant, Semens, Tabanac, Le Tourne, Verdelais et Villenave-de-Rions.

DÉROGATION SUR LA DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

CÉPAGES PRINCIPAUX

semillon B, sauvignon gris G, sauvignon B, muscadelle B, sauvignon gris G

Pas de restriction sur les assemblages

RENDEMENTS MAXIMAUX

40 hectolitres par hectare

VINS ET CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES

L’enrichissement par sucrage à sec ou par moût concentré rectifié ne peut avoir pour effet de porter le titre alcoométrique volumique total après enrichissement au-delà de 15%. L’enrichissement par concentration partielle des moûts destinés à l’élaboration de vins est autorisé dans la limite d’une concentration de 10% des volumes ainsi enrichis. Il peut permettre de porter le titre alcoométrique volumique total à un niveau de 19% vol.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 4 500 pieds à l’hectare. Ces vignes ne peuvent présenter un écartement entre les rangs supérieur à 2,50 mètres et un écartement entre les pieds sur un même rang inférieur à 0,80 mètres.

La taille est effectuée au plus tard au stade feuilles étalées (stade 9 de Lorenz). Les vignes sont taillées selon les techniques suivantes : taille Guyot simple ou double ou mixte ou taille à cot, en cordon de Royat, en éventail ou à astes avec un maximum de 12 yeux francs par pied.

Les vins proviennent de raisins récoltés à surmaturité (présence de pourriture noble et / ou passerillage sur souche). Les vins sont issus de raisins récoltés manuellement par tries successives.

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser l’unité géographique plus grande « Vin de Bordeaux » ou «Grand Vin de Bordeaux ».

Les dimensions des caractères de l’unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, aux deux tiers de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Dernière modification du cahier des charges : 01 avril   2022

Au moins 70% de parcelles aptes à la production de vin rouge à Cadillac: https://www.vitisphere.com/actualite-99363-58390d664c7495561d98270199cc9500.html

Vins de Bordeaux

L’APPELLATION

L’appellation Premières Côtes de Bordeaux est réservée aux vins blancs vins tranquilles blancs avec sucres fermentescibles(surmaturation des raisins liée au développement du botrytis cinerea) élaborés sur le territoire de certaines  communes du département de la Gironde.

HISTOIRE

Le vignoble en Bordelais apparait dès l’Antiquité mais son développement a été fortement conditionné par les relations commerciales privilégiées de Bordeaux avec l’Angleterre au Moyen-Âge puis avec la Hollande au XVIIème siècle, à l’origine de l’établissement d’un puissant négoce structuré autour du port de Bordeaux (DION, R. Histoire de la vigne et du vin en France : des origines au XIXème siècle, 1959).

Dans la partie septentrionale de la région des « Premières Côtes de Bordeaux » les viticulteurs ont développé historiquement la production de vins rouges quand, plus au sud, grâce à un microclimat particulièrement favorable au développement du Botrytis cinerea, le vignoble s’est constitué autant autour des cépages blancs que des cépages rouges.

Le développement du commerce avec la Hollande a favorisé la production de vins blancs et ces échanges ont conduit et encouragé l’innovation technique et l’introduction de nouveaux procédés comme par exemple vers 1750, le vieillissement en barriques puis en bouteilles grâce à « l’allumette hollandaise » (mèche soufrée) (ENJALBERT, H. La naissance des grands vins et la formation du vignoble moderne de Bordeaux : 1647 – 1767, 1977). La loi qui permit la fondation de l’INAO fut déposée par Joseph CAPUS directeur de la station de pathologie végétale de Cadillac et parlementaire de cette circonscription de 1919 à 1940.
Dès la seconde moitié du XIXème siècle, dans sa Statistique Générale de la Gironde, Edouard FERET distingue dans la région les « Côtes » et les « Palus » attribuées respectivement à la production de vins blancs et de vins rouges. Malgré une période économique difficile due notamment à l’oïdium et au phylloxéra, la production de vins blancs perdure et s’ancre dans la région des « Premières Côtes de Bordeaux ».

Le savoir-faire des viticulteurs de cette région est ainsi reconnu en appellation d’origine contrôlée par le décret du 31 juillet 1937, complété par ceux du 22 mai 1944 et 8 novembre 1955, permettant notamment l’adjonction du nom Cadillac pour les vins blancs de certaines communes du sud de la région. Plus tard, avec la reconnaissance de l’appellation d’origine contrôlée « Cadillac », le décret des « Premières Côtes de Bordeaux » est redéfini par celui du 10 août 1973.

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CLIMAT ET SOLS

La zone géographique de l’appellation d’origine contrôlée « Premières Côtes de Bordeaux » se situe sur la rive droite de la Garonne et s’étire sur un territoire d’une soixantaine de kilomètres qui associe plaine, pied de coteau, versant et plateau. Ce territoire s’étend sur 39 communes du département de la Gironde, à l’est et au sud-est de l’agglomération Bordelaise.

Bénéficiant d’un climat tempéré et des influences de la vallée de la Garonne et de l’Océan Atlantique modératrices sur le gel de printemps, la région des « Premières Côtes de Bordeaux » se caractérise par un relief bien marqué (les points hauts culminent à une hauteur de 120 mètres d’altitude). De nombreux ruisseaux, affluents de la Garonne qui ont creusé leur lit dans un socle calcaire, drainent parfaitement cet ensemble.

L’activité viticole dans la région des « Premières Côtes de Bordeaux » est ancienne et contrainte par un relief relativement accidenté. Ainsi la diversité des paysages qui en découle est relevée dans l’édition de Bordeaux et Ses Vins de Cocks et Féret de 1929 : « Faut-il ajouter que la contrée dans laquelle sont récoltés ces produits exquis est, pour le touriste, l’objet d’un enchantement, il n’est pas de spectacle à la fois plus riant ni plus pittoresque que celui qui s’offre aux yeux du voyageur lorsque, par un après-midi clair, il chemine sur les cimes des coteaux qui sont au premier plan de la rive droite et alors que le soleil, sur son déclin, éclaire la belle vallée de la Garonne. »

Dans les « Premières Côtes de Bordeaux », la vigne est présente sur tous les types de sols existants. A l’exception des parcelles situées sur alluvions modernes, aucun type de sol particulier n’est à priori exclu de l’aire parcellaire de production. Toutefois, les fonds de vallons en sont exclus lorsque les parcelles en bordure ou à proximité des ruisseaux, n’ont pas de pente ou ont un profil concave ne permettant pas un écoulement facile des eaux. De même, les parcelles naturellement mal drainées, hydromorphes, ne sont pas reconnues aptes à produire de l’appellation.

Le paysage des Premières Côtes de Bordeaux est également marqué par les boisements qui sont de diverses natures. Les bois de fond de vallons, constituant une bande parallèle aux ruisseaux, sans usage viticole historique, sont exclus de l’aire parcellaire de production. Les vieux bois de feuillus font partie intégrante du paysage des « Premières Côtes de Bordeaux » et, de ce fait, sont également exclus.

Cette délimitation implique une gestion optimale de la plante avec une maîtrise de la vigueur et du potentiel de production. En effet, les vins des Premières Côtes de Bordeaux, caractérisés par leur moelleux, leur rondeur et leur expression aromatique sont obtenus à partir de raisins concentrés. Pour ce faire, le nombre de grappes par pied est limité. De même, la charge maximale à la parcelle est limitée avant surmaturation. Enfin, le rendement est également maîtrisé. Ces conditions de production favorisant une bonne maturation ainsi qu’une période de surmaturation liée au développement du Botrytis cinerea sous forme de pourriture noble permettent d’obtenir des vendanges dont les moûts présentent une bonne concentration de sucres.

Ces vins tranquilles blancs dont la robe se pare de teintes jaune d’or, sont issus des cépages sémillon B, sauvignon B, sauvignon gris G et muscadelle B et développent fréquemment des notes fleuries, de fruits frais lorsqu’ils sont jeunes et évoluent vers des notes vanillées et de fruits confits lorsqu’ils vieillissent.

Riches en sucres et en alcool, ces vins se sont révélés adaptés au transport maritime qui n’altère pas leurs caractéristiques. Le développement du commerce du vin au XVIII ème siècle avec notamment les marchés du nord de l’Europe a grandement contribué à l’enrichissement de la région des « Premières Côtes de Bordeaux ». La région est alors très appréciée des bourgeois bordelais qui s’y installent dans de belles demeures appelées « folies », ces dernières participant aujourd’hui à l’identité de la région viticole.

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins sont assurés sur le territoire des communes suivantes du département de la Gironde : Bassens, Baurech, Béguey, Bouliac, Cadillac, Cambes, Camblanes-et-Meynac, Capian, Carbon-Blanc, Cardan, Carignan-de-Bordeaux, Cénac, Cenon, Donzac, Floirac, Gabarnac, Haux, Langoiran, Laroque, Latresne, Lestiac-sur-Garonne, Lormont, Loupiac, Monprimblanc, Omet, Paillet, Quinsac, Rions, Saint-Caprais-de-Bordeaux, Saint-Germain-de-Grave, Saint-Maixant, Sainte-Croix-du-Mont, Sainte-Eulalie, Semens, Tabanac, Le Tourne, Verdelais, Villenave-de-Rions et Yvrac.

Mise à jour administrative le 29 décembre 2025

DÉROGATION SUR LA DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

Non précisée

CÉPAGES PRINCIPAUX

Sémillon B, sauvignon gris G, sauvignon B, muscadelle B, muscadelle B, sauvignon gris G

Pas de restriction pour les assemblages

RENDEMENTS MAXIMAUX

55 hectolitres par hectare

VINS ET CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES

L’enrichissement par sucrage à sec ou par moût concentré rectifié ne peut avoir pour effet de porter le titre alcoométrique volumique total après enrichissement au-delà de 15 %. L’enrichissement par concentration partielle des moûts destinés à l’élaboration de vins est autorisé dans la limite d’une concentration de 10 % des volumes ainsi enrichis. Il peut permettre de porter le titre alcoométrique volumique total à un niveau de 18 % vol.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 4 500 pieds à l’hectare ; Ces vignes ne peuvent présenter un écartement entre les rangs supérieur à 2,50 mètres et un écartement entre les pieds sur un même rang inférieur à 0,80 mètres.

La taille est effectuée au plus tard au stade feuilles étalées (stade 9 de Lorenz). Les vignes sont taillées selon les techniques suivantes avec un maximum de douze yeux francs par pied : taille guyot simple, double et mixte, en taille à cot ou en cordon de Royat et en éventail, ou à astes.

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser l’unité géographique plus grande « Vin de Bordeaux » ou «Grand Vin de Bordeaux ».

Les dimensions des caractères de l’unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, aux deux tiers de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Dernière modification du cahier des charges : 29 décembre 2025

Vins de Bordeaux

L’APPELLATION

L’appellation Entre-deux-Mers est réservée aux vins blancs secs tranquilles élaborés sur le territoire de certaines communes  du département de la Gironde, situées entre la Garonne et la Dordogne

HISTOIRE

Alors que certains vignobles bordelais ont été introduits seulement depuis quelques siècles, ceux de la région « Entre-deux-Mers » sont issus d’une présence viticole très ancienne. La colonisation gallo- romaine est la première à faire de « l’Entre-deux-Mers » une région viticole de prédilection.

A partir du XIème siècle, les moines, plus particulièrement, développent la viticulture. L’installation des Bénédictins à La Sauve Majeure est un moment décisif. Les religieux de l’Abbaye étendent le vignoble, travaillent à l’amélioration des méthodes culturales et accroissent ainsi leurs revenus. Cette viticulture, faisant du moine le véritable « pater vinearum » (père des vignes) assure l’expansion, le commerce et la pérennité du vignoble de « l’Entre-deux-Mers ».

En 1850, le vignoble couvre 42 000 hectares, soit à peu près la même superficie qu’en 2009. La production totale de « l’Entre-deux-Mers », équilibrée alors entre vins rouges et vins blancs, avoisine le million d’hectolitres, soit le tiers du volume produit en Gironde. En 1870 le vignoble dépasse les 70 000 hectares / 172 975 acres (FERET, E. Statistique générale du Département de la Gironde, tome II, 1874).

La région pouvait rêver de prospérer quand surgit le phylloxéra. Le plateau de « l’Entre-deux-Mers » est particulièrement concerné. En 1876, celui-ci est touché en totalité. Au début du XX ème siècle, le vignoble ne recouvre pas encore les deux tiers de la superficie de 1870.

Durant la période judiciaire de reconnaissance des appellations d’origine, un jugement du Tribunal Civil de Libourne, en date du 28 octobre 1924, a réservé l’appellation « Entre-deux-Mers » aux vins blancs et rouges produits dans le département de la Gironde entre la rive gauche de la Dordogne et la rive droite de la Garonne. Par la suite, le décret du 31 juillet 1937 reconnait l’appellation d’origine contrôlée « Entre-deux-Mers », pour les vins blancs uniquement.

En 1953, à la demande du Syndicat viticole, le décret de l’appellation d’origine contrôlée est modifié et celle-ci est désormais réservée aux seuls vins blancs secs. En 1955, l’usage de la dénomination « Haut- Benauge » est autorisé pour neuf communes. Dès les années 1930 le mouvement coopératif a été très présent en Entre-deux-Mers. Elles sont aujourd’hui au nombre de 18 et regroupent 1 700 viticulteurs et vinifient 85 % des vins blancs. Le vignoble de l’« Entre-deux-Mers » produit en moyenne 90 000 hectolitres (2,37 M d’US gallons).

Au même moment, le vignoble rouge se développe et devient dans les années 2000 majoritaire, la production de vin rouge devient aussi emblématique de la région et des exploitations jusque-là reconnues pour leur production de vin blanc sec. La reconnaissance des vins rouges dans l’appellation vient consacrer cette évolution.

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CLIMAT ET SOLS

La zone géographique de l’appellation d’origine contrôlée « Entre- deux-Mers » constitue un vaste plateau délimité par la rive gauche de la Dordogne au nord et la rive droite de la Garonne au sud. Dans le département de la Gironde, cette appellation concerne 133 communes.

Malgré son climat de type océanique, la région de « l’Entre-deux- Mers » bénéficie d’une pluviosité modérée. Si les vents océaniques dominent, ce secteur de la Gironde bénéficie plus largement des vents du sud-est moins humides. A cela s’ajoute un nivellement relatif des fluctuations saisonnières grâce à sa situation « entre deux marées ». En effet, l’influence des mascarets, ces vagues montantes lors des grandes marées, est très sensible à l’intérieur des terres. Les caractéristiques principales de cette région sont surtout liées à sa topographie, sa géologie et aux formations lithologiques rencontrées.

Les deux fleuves, qui enserrent le plateau calcaire d’âge tertiaire, ont déposé des nappes de sables, de graves et d’argiles à la fin du Tertiaire et au Quaternaire. La région a ainsi reçu les alluvions des Pyrénées par la Garonne, et celles du Massif Central par la Dordogne. Le plateau argilo-calcaire s’étend entre 60 mètres et 100 mètres (197 et 328 pi) d’altitude en moyenne.

Les secteurs de plateau présentent des sols qui sont fréquemment constitués de formations de recouvrements limoneux d’origine éolienne plus ou moins épais, dénommés boulbènes. Le vignoble se situe sur de hautes terres disséquées par de nombreux cours d’eau qui ont formé les coteaux. Associant diverses expositions, les sols à prédominance argileuse sont très propices à l’implantation des cépages blancs.

Les formations superficielles de versant sont plantées en vignes lorsqu’elles sont associées à des expositions sud et ouest, le ruissellement en ayant éliminé les recouvrements sablo-limoneux pour laisser place à des sols de nature plus caillouteuse.

Dans les deux vallées principales, la dualité dans les apports d’alluvions est un trait essentiel car la Garonne a d’abord déposé ces alluvions avec une telle extension que celles de la Dordogne sont restreintes à la marge nord-ouest où elles sont déposées en terrasses étagées. Les sols sont graveleux dans une matrice sablo-argileuse.

Enfin, l’érosion des coteaux peut mettre en évidence la couche de molasse sous-jacente aux calcaires, en particulier ceux regardant la Dordogne.

Le paysage de « l’Entre-deux-Mers » est varié, les bois et prairies se partagent les coteaux exposés au nord, comme les parties humides ou alluviales. Ailleurs, la vigne cerne les multiples bastides, ces bourgs historiques dont les places centrales sont le théâtre de marchés traditionnels.

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

a) La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration des vins sont assurées sur le territoire des communes suivantes du département de la Gironde, situées entre la Garonne et la Dordogne sur la base du code officiel géographique en date du 1er janvier 2025 : Ambarès-et-Lagrave, Artigues-près- Bordeaux, Auriolles, Bagas, Baigneaux, Baron, Bellebat, Bellefond, Beychac-et-Caillau, Blasimon, Blésignac, Bonnetan, Bossugan, Branne, Cabara, Cadarsac, Camarsac, Camiac-et-Saint-Denis, Camiran, Casseuil, Castelmoron-d’Albret, Castelviel, Caumont, Cazaugitat, Cessac, Civrac-de- Dordogne, Cleyrac, Coirac, Coubeyrac, Courpiac, Cours-de-Monségur, Coutures-sur-Dropt, Créon, Croignon, Cursan, Daignac, Dardenac, Daubèze, Dieulivol, Doulezon, Escoussans, Espiet, LesEsseintes, Faleyras, Fargues-Saint-Hilaire, Flaujagues, Fossés-et-Baleyssac, Frontenac, Génissac, Gironde-sur-Dropt, Gornac, Grézillac, Guillac, Izon, Jugazan, Juillac, La Sauve, Ladaux, Lamothe-Landerron, Landerrouet-sur-Ségur, Lignan-de-Bordeaux, Listrac-de-Durèze, Loubens, Loupes,Lugaignac, Lugasson, Madirac, Martres, Mauriac, Mérignas, Mesterrieux, Mongauzy, Monségur,Montagoudin, Montignac, Montussan, Morizès, Mouliets-et-Villemartin, Moulon, Mourens, Naujan-et-Postiac, Nérigean, Neuffons, Pompignac, Porte-de-Benauge, Le Pout, Pujols, Le Puy, Rauzan, La

Réole, Rimons, Romagne, Roquebrune, Ruch, Sadirac, Saint-Antoine-du-Queyret, Saint-Aubin-de-Branne, Saint-Brice, Saint-Exupéry, Saint-Félix-de-Foncaude, Saint-Ferme, Saint-Genès-de-Lombaud,Saint-Genis-du-Bois, Saint-Germain-du-Puch, Saint-Hilaire-de-la-Noaille, Saint-Hilaire-du-Bois,Saint-Jean-de-Blaignac, Saint-Léon, Saint-Loubès, Saint-Martin-de-Lerm, Saint-Martin-du-Puy, Saint- Michel-de-Lapujade, Saint-Pey-de-Castets, Saint-Pierre-de-Bat, Saint-Quentin-de-Baron, Saint-Sève, Saint-Sulpice-de-Guilleragues, Saint-Sulpice-de-Pommiers, Saint-Sulpice-et-Cameyrac, Saint-Vincent-de-Pertignas, Saint-Vivien-de-Monségur, Sainte-Florence, Sainte-Gemme, Sainte-Radegonde, Sallebœuf, Sauveterre-de-Guyenne, Soulignac, Soussac, Taillecavat, Targon, Tizac-de-Curton etTresses.

Mise à jour des commune le 19 septembre 2025

b)  Pour la dénomination géographique « Haut-Benauge », la récolte des raisins, la vinification, et l’’élaboration des vins blancs sont assurées sur le territoire des communes suivantes du département de la Gironde sur la base du code officiel géographique en date du 1er janvier 2025 : Escoussans, Gornac, Ladaux, Mourens, Porte-de-Benauge, Saint-Pierre-de-Bat, Soulignac et Targon. Mise à jour des commune le 19 septembre 2025

Vins de Bordeux

DÉROGATION SUR LA DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

CÉPAGES PRINCIPAUX

colombard B, muscadelle, merlot Blanc, mauzac B, sémillon B, sauvignon gris G, sauvignon B et ugni blanc

Vins blancs :

–  Cépages principaux : muscadelle B, sémillon B, sauvignon B, sauvignon gris G ;

–  Cépages accessoires : colombard B et ugni blanc B.

Vins rouges :

–  Cépages principaux : cabernet sauvignon N, cabernet franc N, cot N (ou malbec), merlot N, petit verdot N.

–  Cépage accessoire : carménère N.

Modifications du cahier des charge français de l’appellation: 31 août 2023

Assemblage

– Les vins proviennent d’au moins deux des cépages principaux.

La proportion d’un cépage principal n’est pas supérieure à 80% dans l’assemblage des vins. Modification du 19 septembre 2025.


– La proportion des cépages accessoires ne pourra être supérieure à 30 % dans l’assemblage des vins.

Règles de proportion à l’exploitation Vins blancs et rouges :
La proportion des cépages principaux est supérieure ou égale à 70% de l’encépagement de l’exploitation.

Modifications du cahier des charge français de l’appellation: 31 août 2023

RENDEMENTSMAXIMAUX

Cépages blancs et gris : 75 hectolitres par hectare.

Cépages noirs : 65 hectolitres par hectare.

VINS ET CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES

Modifications du cahier des charge français de l’appellation: 31 août 2023

Les vins ne dépassent pas, après enrichissement, un titre alcoométrique volumique total de 13 %.

  • –  L’emploi de morceaux de bois de chêne dont la dimension la plus élevée est inférieure à 5 centimètres est interdit après écoulage du vin.
  • –  Tout traitement thermique de la vendange faisant intervenir une température supérieure à 40°C est interdit.
  • –  Les techniques soustractives d’enrichissement sont autorisées dans la limite d’un taux de concentration de 15%

Outre les dispositions ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques œnologiques, les obligations figurant au niveau communautaire (UE) et dans le code rural et de la pêche maritime.

Les vins blancs sont élaborés sur lies jusqu’au 15 novembre suivant la récolte. Modification du 19 septembre 2025.


Les docks du port de Bordeaux, vers 1920. Source: AAWE

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

a) – Densité de plantation .

Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 4 500 pieds par hectare.

Ces vignes ne peuvent présenter un écartement entre les rangs supérieur à 2,50 mètres, et un écartement entre les pieds sur un même rang inférieur à 0, 85 mètre.

b) – Règles de taille

Les vignes sont taillées au plus tard au stade feuilles étalées (stade 9 de Lorenz) et selon les techniques suivantes :
Seules sont autorisées les tailles suivantes :

  • –  Les tailles Guyot simple et mixte ;
  • –  La taille Guyot double ;
  • –  Les tailles à cots (ou coursons) de type cordon bas et éventail. Pour les cépages blancs et gris :
    Dans tous les cas, chaque pied ne peut porter plus de 14 yeux francs. Pour les cépages noirs :
    Dans tous les cas, chaque pied ne peut porter plus de 12 yeux francs.

Modifications du cahier des charge français de l’appellation: 31 août 2023

c) – Irrigation
L’irrigation pendant la période de végétation de la vigne est autorisée; en cas de sécheresse persistante et lorsque celle-ci perturbe le bon développement physiologique de la vigne et la bonne maturation du raisin. Elle est limitée à deux fois seulement par récolte et par parcelle.

  • –  Le désherbage chimique total des parcelles est interdit.
  • –  Tout opérateur calcule et enregistre son Indice de Fréquence de Traitement (IFT).
  • Les pieds morts doivent être évacués des parcelles, tout stockage de ces pieds morts est interdit sur les parcelles.

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

Les vins sont mis en marché à destination du consommateur à partir du 1er janvier de la deuxième année suivant celle de la récolte.

Modifications du cahier des charge français de l’appellation: 31 août 2023

géographique « Haut-Benauge » selon les dispositions fixées dans le cahier des charges en ce qui concerne notamment la zone géographique.

La dénomination géographique « Haut-Benauge » est inscrite immédiatement après le nom de l’appellation d’origine contrôlée en caractères dont les dimensions, aussi bien en hauteur qu’en largeur, ne dépassent pas celles des caractères du nom de l’appellation d’origine contrôlée.

b) – L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser l’unité géographique plus grande.

Les dimensions des caractères de l’unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, aux deux tiers de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Dernière du cahier des charge français de l’appellation: 19 septembre 2025.

Ratification des modifications par l’Union Européenne le 07/01/2025

Vins de Bordeaux

L’APPELLATION

L’appellation Sainte-Foy-Bordeaux est réservée aux vins tranquilles blancs secs, moelleux et liquoreux et aux vins rouges tranquilles secs élaborés sur le territoire de certaines communes  du département de la Gironde.

HISTOIRE

Dès le XIème siècle la vigne est bien installée dans la région de Sainte-Foy-la- Grande. Lorsque la bastide est fondée en 1255 sur les bords de la Dordogne par Alphonse de Poitiers, frère de Saint-Louis, la vigne est déjà mentionnée. Sa position stratégique aux portes du Périgord en a fait une place-forte convoitée au cours des temps. Elle fut ainsi place anglaise, conquise au XVème siècle, puis devint un bastion protestant au XVIème siècle.
Par cette bastide située en bordure de Dordogne, de nombreuses marchandises issues de la région ont été d’abord exportées vers l’Angleterre, puis vers de multiples destinations. Les vins y transitant ont ainsi pris très tôt la dénomination de Sainte-Foy.

Le vignoble de la région se développe surtout à partir du XVIIème siècle grâce à l’essor du commerce avec la Hollande. A la fin du XVIIIème siècle, le vignoble couvre plus de 4 000 hectares (9 985 acres). Au début du XXème siècle, avec la reconnaissance des appellations d’origine par les tribunaux, cette région est d’abord rattachée à l’appellation « Entre-deux-Mers ». Ce n’est que par un jugement du Tribunal Civil de la Gironde en date du 24 mai 1928, à l’initiative des viticulteurs de plusieurs communes de cette région que Sainte-Foy-Bordeaux se distingue comme appellation à part entière pour ses vins rouges et blancs. L’appellation d’origine contrôlée « Sainte-Foy-Bordeaux » est reconnue par décret le 31 juillet 1937 pour ses vins rouges et blancs.

A la suite des fortes gelées de 1956 et avec les restructurations du vignoble entreprises dans les années 1960, la région de Sainte-Foy-la-Grande connait une reconversion de son vignoble. Jusque là productrice surtout de vins blancs, cette région connait une augmentation progressive de sa production de vins rouges.

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CLIMAT ET SOLS

La zone géographique de l’appellation « Sainte-Foy-Bordeaux » est située dans le département de la Gironde, sur la rive gauche de la Dordogne autour de la commune de Sainte-Foy-la-Grande. La rivière est à l’origine d’un microclimat humide et doux, avec des brouillards nocturnes à la fin de l’été. Située à l’est du département, cette zone géographique est limitée au nord par la rivière de la Dordogne et à l’est et au sud respectivement par les départements de la Dordogne et du Lot-et-Garonne. Elle s’étend sur 19 communes.
Deux ensembles principaux peuvent être distingués : les formations alluviales de la vallée de la Dordogne et les zones de plateaux.
Les formations alluviales du Quaternaire sont constituées d’anciennes terrasses graveleuses de la Dordogne surplombant de plusieurs mètres le cours actuel du fleuve. Sur le plan agronomique, ces terrasses graveleuses présentent une bonne aptitude viticole de par leur faible fertilité, leur excellent drainage et leur situation peu gélive.
Dans les zones de plateaux, les sols sont peu fertiles (caractère « lessivé » prononcé) et sont formés à partir de la molasse d’âge tertiaire et de ses remaniements. C’est ici une zone de transition originale avec le pays de Monbazillac et de Duras, car la formation des calcaires durs (calcaire à Astéries) sous-jacente à la molasse est réduite et les calcaires lacustres dits « calcaires de Castillon » se développent sur quelques mètres d’épaisseur. Ceux-ci reposent, à l’altitude de 40 à 50 m (130 et 165 pi), sur des mollasses argileuses et sableuses qui ont favorisé l’encaissement du réseau hydrographique.
A la morphologie générale de croupes douces des plateaux molassiques, se juxtapose celle plus heurtée des phénomènes d’encastrement des vallées. En bordure de ces vallées, des réseaux karstiques se développent localement surtout dans la partie nord de l’aire géographique. L’ensemble des plateaux et des pentes supérieures non gélives sont partout favorables à la culture de la vigne. Inscrite dans un paysage de plateaux que séparent des vallées irriguées par des rivières et des ruisseaux, la vigne alterne avec bois et près.

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins sont assurés sur le territoire des communes suivantes du département de la Gironde : Caplong, Eynesse, Gensac, Landerrouat, Les Lèves-et-Thoumeyragues, Ligueux, Margueron, Massugas, Pellegrue, Pessac-sur-Dordogne, Pineuilh, Riocaud, La Roquille, Saint-André-et-Appelles, Saint-Avit-de-Soulège, Saint-Avit-Saint-Nazaire, Saint-Philippe-du-Seignal, Saint-Quentin-de-Caplong et Sainte-Foy-la-Grande.

Source: Vins de Bordeaux

DÉROGATION SUR LA DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

L’aire de proximité immédiate, définie par dérogation pour la vinification, l’élaboration et l’élevage est constituée par le territoire des communes suivantes : Département de la Dordogne
Bergerac, Bonneville-et-Saint-Avit-de-Fumadière, Bosset, Cunèges, Flaugeac, Le Fleix, La Force, Fraisse, Gageac-et-Rouillac, Gardonne, Ginestet, Lamonzie-Saint- Martin, Lamothe-Montravel, Les Lèches, Lunas, Mescoules, Monbazillac, Monestier, Monfaucon, Montazeau, Montcaret, Nastringues, Pomport, Port-Sainte- Foy-et-Ponchapt, Prigonrieux, Razac-de-Saussignac, Ribagnac, Rouffignac-de- Sigoulès, Saint-Antoine-de-Breuilh, Saint-Georges-de-Blancaneix, Saint-Géry, Saint-Michel-de-Montaigne, Saint-Pierre-d’Eyraud, Saint-Seurin-de-Prats, Saint- Vivien, Saussignac, Sigoulès, Thénac et Vélines.

Département de la Gironde
Auriolles, Bossugan, Caumont, Cazaugitat, Civrac-sur-Dordogne, Coubeyrac, Doulezon, Flaujagues, Juillac, Listrac-de-Durèze, Mouliets-et-Villemartin, Pujols, Rauzan, Saint-Antoine-du-Queyret, Saint-Ferme, Saint-Jean-de-Blaignac, Saint- Pey-de-Castets, Saint-Vincent-de-Pertignas, Sainte-Florence, Sainte-Radegonde et Soussac.
Département de Lot-et-Garonne
Auriac-sur-Dropt, Baleyssagues, Duras, Esclottes, Loubès-Bernac, Moustier, Pardaillan, Saint-Astier, Sainte-Colombe-de-Duras, Saint-Jean-de-Duras, Saint- Sernin, La Sauvetat-du-Dropt, Savignac-de-Duras, Soumensac et Villeneuve-de- Duras.

CÉPAGES PRINCIPAUX

carménere N, sauvignon gris G, sauvignon B, merlot N, cabernet-sauvignon N, merlot blanc B, sémillon B, cabernet franc N et petit verdot N.

a) – Vins rouges.
– cépages principaux : cabernet franc N, cabernet-sauvignon N, cot N (ou malbec) et merlot N ;

– cépages accessoires : carmenère N et petit verdot N.

b) – Vins blancs.
– cépages principaux : muscadelle B, sauvignon B, sauvignon gris G, sémillon B ;

– cépages accessoires : colombard B et ugni blanc B.

La proportion des cépages accessoires ne peut être supérieure à 25 %.

RENDEMENTS MAXIMAUX

Le rendement butoir est fixé à :
– 40 hectolitres par hectare pour les vins blancs liquoreux ;

– 55 hectolitres par hectare pour les vins blancs moelleux ;

– 65 hectolitres par hectare pour les vins rouges ;
– 72 hectolitres par hectare pour les vins blancs secs.

VINS ET CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES

– Les techniques soustractives d’enrichissement (TSE) sont autorisées pour les vins rouges dans la limite d’un taux de concentration de 15 %.
– Les vins rouges ne dépassent pas, après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total de 13, 5 %.
– Les vins blancs secs ne dépassent pas, après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total de 13 %.
– Les autres vins blancs ne dépassent pas, après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total de 15 %.
Outre les dispositions ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques œnologiques, les obligations figurant au niveau communautaire et dans le code rural et de la pêche maritime.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

a) – Densité de plantation.
Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 4 500 pieds par hectare.
Ces vignes ne peuvent présenter un écartement entre les rangs supérieur à 2,50 mètres, et un écartement entre les pieds sur un même rang inférieur à 0,85 mètre.

b) – Règles de taille.
La taille est effectuée au plus tard au stade feuilles étalées (stade 9 de Lorenz). Les vignes sont taillées selon les techniques suivantes : taille à cots (coursons) ou taille à astes (longs bois), avec un maximum de :
– 12 yeux francs par pied pour les cépages merlot N, muscadelle B et sémillon B ; – 15 yeux francs par pied pour les autres cépages.

c) – Dispositions particulières de récolte.
Les vins doux dits « liquoreux » proviennent exclusivement de raisins récoltés manuellement par tries successives.

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

a) – Les vins dont la teneur en sucres fermentescibles (glucose et fructose) est inférieure ou égale à 4 grammes par litre sont présentés avec la mention « sec ». b) – Les vins dont la teneur en sucres fermentescibles (glucose et fructose) est comprise entre 17 et 45 grammes par litre sont présentés avec la mention « moelleux ».
c) – L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser l’unité géographique plus grande « Vin de Bordeaux » ou « Grand Vin de Bordeaux ».
Les dimensions des caractères de l’unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, aux deux tiers de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Dernière modification du cahier des charges : 09 décembre 2011

Vins de Bordeaux

L’APPELLATION

L’appellation Graves de Vayres est réservée aux vins tranquilles blancs secs, moelleux et liquoreux et aux vins rouges tranquilles secs élaborés sur le territoire des communes suivantes du département de la Gironde : Arveyres et Vayres,

HISTOIRE

Au carrefour entre la voie romaine menant de Bordeaux à Lyon et la voie navigable de la Dordogne, les Romains, arrivés vers l’an 50 avant J.C., créent un grand domaine rural. Autour, un village de pêcheurs, de potiers et de tisserands s’installe. Le village, au confluent de la Dordogne et du Gestas, prend le nom de Varatedo, « Grand Passage ». Les premières vignes sont probablement plantées à cette époque à Vayres.

De 1154 à 1453, Vayres fait partie des possessions anglaises en Guyenne, et de nombreuses batailles se déroulent autour du Château, qui est fortifié au cours cette période. Le droit de haute justice accordé au seigneur de Vayres (1238) et confirmé par Edouard 1er (1373) atteste de l’importance de la citadelle qui organise trois foires annuelles, facilitant la commercialisation des vins de la région. A la fin de la guerre de Cent Ans, la région redevient française. En 1583, Henri de Bourbon, le futur Henri IV, vend le fief au vicomte de Gourgue, dont la famille conserve la propriété jusqu’au début du XXème siècle. Ainsi, par sa situation géographique, la région viticole des « Graves de Vayres » s’est historiquement révélée comme un carrefour commercial incontournable, assurant le développement du vignoble.

Au XIXème siècle le nom « Graves de Vayres » est revendiqué par plusieurs producteurs. Le nom de cette appellation d’origine contrôlée qui fait référence à la nature des sols, a fait l’objet de nombreuses contestations lors de la période judiciaire de reconnaissance des appellations d’origine entre 1919 et 1935.

Le 3 janvier 1926, le « Syndicat viticole des Graves de Vayres » est fondé. Il décide, en vertu des usages locaux, loyaux et constants, d’inclure au sein du parcellaire, les parcelles présentant des sols graveleux du plateau d’Arveyres comme celles de Vayres. Reste alors à faire reconnaître par le Tribunal civil, seule autorité compétente, le droit à l’appellation d’origine.

Le « syndicat des Graves de Bordeaux », prétextant la confusion possible avec les vins portant le nom de Graves, tente de s’opposer à la reconnaissance de l’appellation d’origine « Graves de Vayres » mais il est débouté par le Tribunal dans son jugement du 11 février 1928 qui confirme le bienfondé de l’appellation d’origine « Graves de Vayres ».

L’appellation d’origine contrôlée « Graves de Vayres » est reconnue par le décret du 31 juillet 1937.
En 2010, le vignoble, qui couvre 500 hectares (1 235 acres), produit en moyenne 25 000 hectolitres (660 430 US gallons) de vins rouges et 8 000 hectolitres (211 338 US gallons) de vins blancs dont environ deux tiers de vins blancs secs. Il est exploité par une quarantaine de producteurs.

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CLIMAT ET SOLS

La zone géographique est située sur la rive gauche de la Dordogne, à l’ouest de Libourne, dans le département de la Gironde. Cette zone géographique inscrite dans le vignoble du Bordelais, bénéficie d’un climat océanique où les entrées maritimes jouent un rôle thermorégulateur important. En bordure du fleuve, le vignoble profite des effets modérateurs de la masse d’eau, mais aussi d’un mesoclimat particulier, dû au relief plus escarpé de la rive opposée et à la proximité du tertre de Fronsac. La zone géographique s’étend sur le territoire des communes de Vayres et Arveyres.

Le paysage est marqué par le plateau viticole, au sud, et la plaine alluviale, au nord-est d’Arveyres, dans la boucle convexe du méandre de la Dordogne, vouée aux peupleraies, aux cultures de céréales et aux pâturages.
Le plateau viticole, profondément entaillé, dans le sens nord-sud, par deux affluents de la Dordogne, le Gestas et la Souloire, qui coulent au cœur de deux vallons humides boisés, domine la rive concave de la Dordogne. Les deux bourgs des communes sont implantés dessus. Son altitude moyenne oscille entre 20 mètres et 30 mètres (65 et 98 pi), et il présente une légère pente générale vers le nord/nord- est, en direction de la rivière.

Sur le substratum composé d’argiles sableuses et de graviers siliceux, se sont développés des sols de couleur beige, très sableux, ou, lorsque la couche de recouvrement de limons diminue, des sols argilo-graveleux dont l’importante fraction caillouteuse et graveleuse est enrobée dans une argile ocre. Faciles à travailler, ces sols bien drainés, légèrement lessivés et généralement peu acides sont favorables à la culture de la vigne.

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins sont assurés sur le territoire des communes suivantes du département de la Gironde : Arveyres et Vayres.

CÉPAGES PRINCIPAUX

carmenere N, sauvignon gris G, sauvignon B, merlot N, cabernet-sauvignon N, merlot Blanc B, sémillon B, cabernet Franc N et petit verdot N.

RENDEMENTS MAXIMAUX

Vins rouges :  65 hectolitres par hectare.

Vins blancs (secs) : 72 hectolitres par hectare.

Vins blancs (autres) : 55 hectolitres par hectare.

VINS ET CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES

– Les techniques soustractives d’enrichissement (TSE) sont autorisées pour les vins rouges dans la limite d’un taux de concentration de 15 %.
– Les vins rouges ne dépassent pas, après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total de 13, 5 %.
– Les vins blancs secs ne dépassent pas, après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total de 13 %.
– Les autres vins blancs ne dépassent pas, après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total de 15 %.
Outre les dispositions ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques œnologiques, les obligations figurant au niveau communautaire et dans le code rural et de la pêche maritime.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

a) – Densité de plantation :
Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 4 500 pieds par hectare. Ces vignes ne peuvent présenter un écartement entre les rangs supérieur à 2, 50 mètres et un écartement entre les pieds sur un même rang inférieur à 0, 85 mètre.

b) – Règles de taille :
La taille est obligatoire. Elle est effectuée au plus tard au stade feuilles étalées (stade 9 de Lorenz).
Les vignes sont taillées selon les techniques suivantes avec un maximum de 14 yeux francs par pied :
– taille Guyot double, simple et mixte ;
– taille à cots (ou coursons) en cordon bas et éventail.

Les pieds morts doivent être évacués des parcelles, tout stockage de ces pieds morts est interdit sur les parcelles.

Le désherbage chimique des tournières est interdit.

Le désherbage chimique total des parcelles est interdit.

Sur tous les inter-rangs, la maîtrise de la végétation, semée ou spontanée, est assurée par des moyens mécaniques ou physiques.

Les pulvérisateurs non face par face à jets non dirigés (turbines aéroconvecteur montées sur tracteur enjambeur ou canons oscillants) sont interdits. Lorsque la pente de la parcelle est supérieure à 20%, l’usage des turbines aéroconvecteur montées sur tracteur enjambeur ou des canons oscillants peut être autorisé.

La qualité du réglage du matériel de pulvérisation est vérifiée en début de campagne et au moment de la floraison, en contrôlant le volume de bouillie appliqué par hectare (mesure de la vitesse d’avancement réelle et du débit au niveau de chaque diffuseur).

L’exploitant intervient et adapte la dose par hectare de produit phytosanitaire en fonction de la pression de la maladie, du stade phénologique et de la surface totale du végétal à protéger.

L’apport d’azote minéral de synthèse est limité à 30 unités par hectare et par an.

Afin de préserver le paysage caractéristique du vignoble, la destruction des éléments structurant le paysage (murets, terrasses, talus, banquettes, haies, arbres et bosquets, mares…) est interdite, sauf justification.

Le paillage plastique est interdit
Tout opérateur calcule et enregistre son indice de fréquence de traitement (IFT).

Ajouts du 10 décembre 2024.

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser l’unité géographique plus grande « Vin de Bordeaux » ou «Grand Vin de Bordeaux ».
Les dimensions des caractères de l’unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, aux deux tiers de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Dernière modification du cahier des charges : 26/11/2025

Ratification des modifications par l’Union Européenne le 05/08/2025

La Carte des Vins s’il vous plaît

La région géographique de l’Entre-Deux-Mers couvre un triangle dont le sommet est le Bec d’Ambès, les côtés sont la Dordogne au nord, la Garonne au sud-ouest, et la base la limite du département à l’est. L’Entre-Deux-Mers est un vaste plateau, en légère pente vers le sud-ouest, découpé par les rivières et l’érosion en un paysage de collines, de coteaux, de plateaux et de vallées qui s’étendent sur 60 km (37 mi) de long et 30 km (18,5 mi)de large et dont l’altitude varie de 5 à 140 mètres (16 et 460 pi). La superficie de l’appellation est d’environ 7 500 hectares (18 535 acres) de vignes mais seuls 1 700 hectares ( 4 200 acres)sont plantés en vignes qui produisent un peu plus de 80 000 hectolitres (2,1 M d’US gallons) de vin par an que se partagent 300 vignerons.

HISTOIRE

L’histoire et l’identité culturelle de l’Entre-deux-Mers sont intimement liées à la vigne. Si la colonisation gallo-romaine instaure les bases d’un grand domaine agricole, ce sont les moines du Moyen Âge qui assoient la réputation de ce terroir et de ses vins. En 1079, Gérard de Corbie fonde l’abbaye de La Sauve-Majeure. Les moines bénédictins défrichent la forêt, la silva major, et plantent la vigne. Ils travaillent à l’amélioration des méthodes culturales et établissent un commerce privilégié avec l’Angleterre. L’abbaye étend rapidement son influence. Un siècle après sa fondation, l’abbaye de La Sauve compte 76 prieurés sous sa dépendance.

La région se couvre alors d’Églises romanes, véritables trésors de simplicité et de grâce.

Dans ce bout de l’Aquitaine anglaise des Plantagenêt, à la fin du XIIIe et au début du XIVe siècle, on voit également émerger les premières bastides : Monségur (1265), Sauveterre, Pellegrue, Blasimon, Créon (1312). Ces cités fortifiées signent encore aujourd’hui la personnalité historique de l’Entre-deux-Mers.

L’abbaye de La Sauve est aujourd’hui la propriété de l’État. Elle a été classée en 1998 au patrimoine mondial de l’Unesco au titre des chemins de Saint-Jacques de Compostelle.

CLIMAT ET SOLS

L’Entre-deux-Mers aurait tout aussi bien pu s’appeler entre-deux-marées. La région est située entre la Garonne, au sud, et la Dordogne, au nord, deux fleuves sous influence océanique. Lorsque viennent les grandes marées, les surfeurs s’y donnent rendez-vous pour dompter le mascaret, cette fameuse vague provoquée par la marée montante. 

Les deux fleuves ont laissé au fil des âges des nappes de sables, de graves et d’argiles qui s’entrecroisent avec les roches calcaires plus anciennes et offrent une inimitable diversité de terroirs. Le vignoble se situe sur de hautes terres entaillées par de nombreux cours d’eau qui ont formé des coteaux.

 La formation du sous- sol date des époques oligocène, miocène et pliocène de l’ère tertiaire recouvert par endroits d’alluvions quaternaires. Les dépôts sont soit marins (calcaires à astéries, marnes à ostrea), soit détritiques (molasse de l’Agenais), soit lacustres (argiles, calcaire de Castillon) , soit alluviaux sur les hautes terrasses graveleuses de la Dordogne et de la Garonne, soit des alluvions argileuses récentes dans le fond des vallées. 

Ces substrats sont recouverts de sols variés de 4 types principaux :

Graveleux et argileux sur les graves garonnaises  épaisses de 2 à 10 m (6,5 et 33 pi) , dans les communes de Premières-Côtes-de-Bordeaux, de Créon, de la Sauve et dans le vignoble des Graves-de-Vayres.

Argileux sur la molasse  de l’Agenais. La molasse affleure au sommet des coteaux des Premières-Côtes-de-Bordeaux, des collines de Rauzan, Castelviel,   Soussac. et de Sauveterre.

Bruns calcaires sur le calcaire à astéries. 
Le calcaire à astéries est la principale formation du sousbassement de la région. En légère pente vers le sud-ouest, il forme le sommet et les pentes des plateaux, on le trouve proche de l’affleurement sur les plateaux de Rauzan, de Grézillac, en sommet de côte sur la rive gauche de la Dordogne et à la base de la falaise qui longe la Garonne à Sainte-Croix-du-Mont. L’épaisseur des sols calcaires sur ce substrat est variable (50 cm à 1,50 mètres / 1, 6 et 4.9 pi ).

Boulbènes. Ce sont des sols   limono-argileux, limono-sableux, profonds, très fertiles qui se sont développés sur des alluvions fines de la Garonne et des molasses de l’Agenais

LES AOPs de l’ENTRE-DEUX-MERS

L’Entre-Deux-Mers comprend 8 appellations, l’appellation multi-régionale Côtes de Bordeaux n’est pas incluse dans ce décompte et pour la région de l’Entre-Deux-Mers, elle peut se décliner en Côte de Bordeaux Haut-Benauge, Côtes de Bordeaux Cadillac et Côtes de Bordeaux Saint-Macaire. Un Cadillac AOP est different d’un Côtes de Bordeaux Cadillac AOP.

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CÉPAGES ET STYLES DE VINS

Le principal cépage à vins rouges est le merlot. Toute la gamme de vins blancs de secs à liquoreux est présente. Les cépages : sauvignon blanc et sémillon dominent les assemblages.

La région produit donc :

Des vins blancs secs : Entre-Deux-Mers, Graves de Vayres, Sainte-Foy Bordeaux.

Des vins blancs liquoreux : Premières Côtes de Bordeaux, Cadillac, Loupiac, Sainte-Croix-du-Mont, Côtes de Bordeaux Saint-Macaire.

Des vins blancs moelleux : Premières Côtes de Bordeaux, Côtes de Bordeaux Saint-Macaire.

des vins rouges : Graves de Vayres,  Cadillac Côtes de Bordeaux (depuis octobre 2009, l’appellation Premières-Côtes-de-Bordeaux,  ne concerne plus que les vins blancs moelleux).

La production de vins d’appellation Bordeaux, Bordeaux blancs et Bordeaux supérieurs est importante dans toute la région de l’Entre-Deux-Mers. Dans la région de l’Entre-deux-mers, comme dans tout le Bordelais, les vins sont élaborés dans des propriétés viticoles qui portent le nom de Château. Les vins portent le nom du Château. Château est synonyme de cru.

Nicolae Grigorescu (roumain 1838-1907). Paysanne française dans la vigne (Taranca franceza in vie), entre 1878 et 1887. Source: AAWE

Vins de Bordeaux

L’APPELLATION

L’appellation Canon Fronsac est réservée aux vins tranquilles secs rouges élaborés sur le territoire des communes de Fronsac et Saint-Michel-de-Fronsac dans le département de la Gironde.

HISTOIRE

Sous l’occupation romaine de la Gaule au temps de la Pax romana, les Romains furent les premiers à asseoir la toute jeune réputation de la région de Fronsac, dont l’histoire est intimement liée à la naissance de l’appellation d’origine contrôlée « Canon-Fronsac ». Ils ne considéraient comme bonne vigne que celle qui s’étageait à flanc de coteau.
Au XVIIème siècle, l’arrivée du cardinal de Richelieu prépare les vins de Fronsac à la célébrité qu’ils connaîtront dans la haute société aristocratique. Achetant la terre de Fronsac en 1633, il lègue ces terres aux enfants de sa sœur cadette. C’est au XVIIIème siècle que Louis-François ARMAND du PLESSIS, surnommé « Fronsac », arrière-petit neveu du Cardinal de RICHELIEU et du Maréchal Duc de RICHELIEU, hérite du duché de Fronsac. Ce « maréchal libertin », ami de Casanova, fit plus pour la réputation des vins de Fronsac que tout autre homme d’Etat. A l’occasion des fêtes galantes qu’il donna dans ses murs, une « folie » au genre italien, il prôna l’usage de ces vins à la cour de Versailles. C’est ainsi que les vins de Fronsac et de Canon-Fronsac deviendront très à la mode à Paris, vins qui étaient, dit-on, « la tisane préférée de Richelieu ».

Mais le point d’orgue du souci qualitatif du vignoble de Canon-Fronsac a lieu à la fin du XVIIIème siècle lorsque des négociants libournais (Fontemoing, Boyer et Lafon) achètent des propriétés dont les vins acquièrent une notoriété et des prix élevés. Ces personnages révolutionnent la viticulture en implantant des cépages soigneusement choisis à la place des vieilles vignes anarchiques et en pratiquant le vieillissement des vins. Ainsi Canon-Fronsac est-il devenu, selon le professeur Henri Enjalbert : « le berceau historique des grands vins du Libournais » (ENJALBERT, H. – Les Grands Vins de Saint-Emilion, Pomerol et Fronsac – 1983). L’appellation « Canon-Fronsac », dont le nom a été simplifié en 1964, est initialement reconnue par décret du 1er juillet 1939 sous la dénomination « Côtes de Canon Fronsac ».

Depuis quelques décennies, l’espace agricole de cette appellation est consacré à la monoculture de la vigne. Comme tout le Libournais, la production y reste familiale, la cinquantaine de propriétés viticoles ayant une surface moyenne de six hectares. En 2010, le vignoble de l’appellation d’origine contrôlée « Canon- Fronsac » couvre 270 hectares (665 acres) pour une production annuelle moyenne de 11 000 hectolitres (290 590 US gallons).

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CLIMAT ET SOLS

La zone géographique de l’appellation d’origine contrôlée « Canon-Fronsac », située sur la rive droite de la Dordogne au confluent avec l’Isle, est incluse au sud ouest de la zone géographique de l’appellation d’origine contrôlée « Fronsac » sur les communes de Saint-Michel-de-Fronsac et de Fronsac. Cette appellation se situe au nord-est du département de la Gironde, séparée de Libourne à l’est par la vallée de l’Isle.
Le climat, comme pour l’ensemble de la Gironde en bordure de l’Océan Atlantique, est océanique tempéré, avec des écarts de températures modérés favorisant la culture de la vigne. Les coteaux assez abrupts et la proximité des deux rivières, la Dordogne et l’Isle, favorisent la protection des vignes contre les gelées et les accumulations d’air froid. Imprévisible, le climat océanique peut, certaines années, se traduire par des dépressions automnales pluvieuses ou, au contraire, par des arrière-saisons chaudes et très ensoleillées. Cette variabilité est à l’origine de l’effet millésime marqué.
Les coteaux assez abrupts et la proximité des deux rivières, la Dordogne et l’Isle, favorisent la protection des vignes contre les gelées et les accumulations d’air froid. Le paysage est marqué par des promontoires rocheux dominant la Dordogne avec un sommet de 61 m au tertre de Canon, où sont bâtis de magnifiques châteaux bénéficiant de points de vue lointains sur la vallée de la Dordogne. Le paysage s’inscrit parmi ceux du Libournais viticole, formé de tertres et de combes, coteaux soulignés d’une corniche boisée, surplombant la Dordogne et recouverts de vignobles. Ceux-ci sont ponctués de villages de pierre calcaire aux toits de tuiles, aux églises érigées aux XIème, XIIème siècles et XIIIe siècle. Les parcelles destinées à la récolte du raisin font partie d’une aire précisément délimitée qui exclut les zones alluviales de la basse vallée de la Dordogne pour ne retenir que les vignes en coteaux.

De la base vers les hauteurs du plateau, on rencontre successivement des formations d’âge tertiaire :
– les molasses du Fronsadais qui affleurent dans la vallée de la Dordogne, représentées par des sables plus ou moins grossiers, parfois accompagnés de grès, ou d’une argile sableuse ;

– le calcaire de Castillon qui forme une corniche généralement boisée affleurant sur le flanc des plateaux longeant la Dordogne ;
– le calcaire à Astéries, de nature très variable, plus ou moins compact, fossilifère ou en bancs entremêlés d’argiles et de sables calcarifères, recouvert de colluvions sablo-argileuses ou graveleuses de faible épaisseur.
Le vignoble de Canon Fronsac est implanté sur les versants molassiques, où se sont formés des sols bruns calcaires et en très grande majorité sur le plateau sur calcaire à Astéries où se sont formés des sols argilo-calcaires ou des sols argilo- sableux.

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins sont assurés sur le territoire des communes suivantes du département de la Gironde : Fronsac et Saint-Michel-de-Fronsac.

DÉROGATION SUR LA DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

L’aire de proximité immédiate, définie par dérogation pour la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins, est constituée par le territoire des communes suivantes du département de la Gironde : Galgon, Lugon-et-l’Ile-du-Carnay, La Rivière, Saillans, Saint-Aignan, Saint-Germain-de-la-Rivière et Villegouge.

CÉPAGES PRINCIPAUX

merlot N, cabernet franc N, cabernet-sauvignon N, cot N et petit verdot N, c.

Les vins sont issus des cépages suivants : 
― cépages principaux : cabernet franc N, cabernet-sauvignon N, merlot N ; cot N (ou malbec). Ajout du 10 décembre 2024.

― cépages accessoires : carmenère N, , petit verdot N.

Les vins ne peuvent être issus des seuls cépages accessoires. supprimé le 10 décembre 2024.

La proportion des cépages principaux ne peut être inférieure à 50 % dans les assemblages.

RENDEMENTS MAXIMAUX

65 hectolitres par hectare

VINS ET CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES

Les techniques soustractives d’enrichissement (TSE) sont autorisées dans la limite d’un taux de concentration de 15 %.
Les vins ne dépassent pas, après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total de 13,5 %.

Outre les dispositions ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques œnologiques, les obligations figurant au niveau communautaire ( UE) et dans le code rural et de la pêche maritime.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 5 000 pieds par hectare.
Ces vignes ne peuvent présenter un écartement entre les rangs supérieur à 2 mètres et un écartement entre les pieds sur un même rang inférieur à 0,80 mètre. La taille est effectuée au plus tard au stade feuilles étalées (stade 9 de Lorenz) selon les techniques suivantes : taille Guyot simple ou Guyot double, ou taille à cots (ou coursons) en cordon ou en éventail, ou à astes (ou longs bois) avec un maximum de 12 yeux francs par pied.

Dans tous les cas, le chevauchement des longs bois (astes) est interdit. L’irrigation pendant la période de végétation de la vigne ne peut être autorisée qu’en cas de sécheresse persistante et lorsque celle-ci perturbe le bon développement physiologique de la vigne et la bonne maturité du raisin.

Les pieds morts doivent être évacués des parcelles, tout stockage de ces pieds morts est interdit sur les parcelles. La végétation est maitrisée soit mécaniquement, soit par des matériels assurant une localisation précise des produits de traitement. Ajout du 10 décembre 2024

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser l’unité géographique plus grande « Vin de Bordeaux » ou «Grand Vin de Bordeaux ». Les dimensions des caractères de l’unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, aux deux tiers de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Date de ise sur le marché : 30 juin. modification du 10 décembre 2024.

Dernière modification du cahier des charges : 10 décembre 2024

Ratification par l’Union Européenne le 02/07/2025

Vins de Bordeaux

L’APPELLATION

L’appellation Fronsac est réservée aux vins tranquilles secs rouges élaborés sur le territoire de certaines  communes autour de Fronsac dans le département de la Gironde.

HISTOIRE

La culture de la vigne est introduite sous l’occupation romaine. Plus tard, convaincu de la position militaire stratégique du Tertre de Fronsac, CHARLEMAGNE y bâtit une des plus puissantes forteresses de la région, Franciacus, le camp des francs, sur d’anciennes fortifications gallo-romaines, à l’origine du nom de la région.
Au XVIIIème siècle, Louis-François ARMAND du PLESSIS, surnommé « Fronsac », arrière-petit neveu du Cardinal de RICHELIEU et du Maréchal Duc de RICHELIEU, hérite du duché de Fronsac et prône l’usage de ces vins à la cour de Versailles. Il érige au sommet du Tertre de Fronsac une folie que l’on peut continuer d’admirer.
Au cours de la seconde moitié du XVIIIème siècle, des notables libournais voisins s’installent sur les coteaux dominant la Dordogne, perfectionnent l’activité viticole et produisent des vins reconnus, faisant de ces coteaux, selon le professeur Henri ENJALBERT : « le berceau historique des grands vins du Libournais » (ENJALBERT, H. – Les Grands Vins de Saint-Emilion, Pomerol et Fronsac – 1983). Comme l’ensemble des vins du Libournais, le port de Libourne et son activité de négoce participent activement à cette époque et tout au long du XIXème siècle au commerce et à la diffusion des vins de « Fronsac ».
Les vins rouges de cette région, initialement reconnus sous l’appellation d’origine contrôlée « Côtes de Fronsac » par décret du 4 mars 1937, sont, à la demande du syndicat viticole, reconnus en appellation d’origine contrôlée « Fronsac » par décret du 21 septembre 1976.

Depuis plusieurs décennies, l’espace agricole de la commune est largement consacré à la culture de la vigne.
La production y reste familiale, les exploitations ayant une surface moyenne d’environ 6 hectares (15 acres).

Le vignoble de l’appellation d’origine contrôlée « Fronsac » couvre, en 2009, 818 hectares (2 020 acres) pour une production annuelle moyenne de 40 000 hectolitres (98 840 US gallons).

CLIMAT ET SOLS

La zone géographique de l’appellation d’origine contrôlée « Fronsac », se situe sur la rive droite de la Dordogne, au confluent avec l’Isle. Cette région se situe au nord-est du département, séparée de Libourne, à l’est, par la vallée de l’Isle.
Le climat est océanique tempéré avec des écarts de températures modérés favorisant la culture de la vigne, comme pour l’ensemble de la Gironde en bordure de l’Océan Atlantique. Imprévisible, le climat océanique peut, certaines années, se traduire par des dépressions automnales pluvieuses ou, au contraire, par des arrière-saisons chaudes et très ensoleillées. Cette variabilité est à l’origine de l’effet millésime marqué.

Les coteaux assez abrupts et la proximité des deux rivières, la Dordogne et l’Isle, favorisent la protection des vignes contre les gelées et les accumulations d’air froid. Le relief est accidenté, marqué par plusieurs promontoires rocheux appelé « tertres ». Le plus élevé est le Tertre de Fronsac qui culmine à 76 mètres (249 pi) dominant la vallée de l’Isle et de la Dordogne, et depuis lequel on peut voir à quelques kilomètres, Pomerol et Saint-Emilion.

Les parcelles destinées à la récolte du raisin font partie d’une aire précisément délimitée qui exclut les zones alluviales des basses vallées de l’Isle et de la Dordogne pour ne retenir que les vignes en coteaux.
Le vignoble est principalement implanté sur les versants molassiques (molasses du « Fronsadais ») représentés par des sables plus ou moins grossiers, parfois accompagnés de grès, ou d’une argile sableuse où se sont formés des sols bruns calcaires et sur le plateau sur calcaire à « Astéries » où se sont formés des sols argilo-calcaires ou des sols argilo-sableux. Le calcaire de « Castillon » forme une corniche généralement boisée qui affleure sur le flanc des plateaux longeant la Dordogne.
Ainsi la zone géographique de l’appellation d’origine contrôlée « Fronsac » s’étend sur le territoire de 6 communes du département de la Gironde et quelques parcelles de la commune de Galgon.
Le paysage s’inscrit parmi les paysages viticoles libournais, formé de coteaux recouverts de vignobles parfois établis sur des terrasses et soulignés d’une corniche de calcaire blanc boisée, surplombant la Dordogne et l’Isle. Les vignobles sont ponctués de villages construits en pierre calcaire aux toits de tuiles et d’églises romanes érigées pour certaines aux XIème et XIIème siècles.
De magnifiques châteaux viticoles, témoins du dynamisme historique de l’appellation d’origine contrôlée, surplombent la vallée de la Dordogne, en haut des coteaux.

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins sont assurés sur le territoire des communes suivantes du département de la Gironde : Fronsac, La Rivière, Saillans, Saint-Aignan, Saint-Germain-de-la-Rivière, Saint- Michel-de-Fronsac et sur une partie du territoire de la commune de Galgon pour les parcelles cadastrées BM 67, BN 24, BN 25, BN 26, BN 27, BN 28, BN 29, BN 30, BN 31, BN 32, BN 33, BN 81 et BN 87.

DÉROGATION SUR LA DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

L’aire de proximité immédiate, définie par dérogation pour la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins, est constituée par le territoire des communes suivantes du département de la Gironde : Galgon, Libourne, Lugon-et-l’Ile-du- Carnay et Villegouge.

CÉPAGES PRINCIPAUX

merlot N, cabernet franc N, cabernet-sauvignon N, cot N et petit verdot N.

Les vins sont issus des cépages suivants :
– cépages principaux : cabernet franc N, cabernet-sauvignon N, merlot N ; cot N (ou malbec). Modification du 10 décembre 2024

– cépages accessoires : carmenère N, petit verdot N.

– Les vins ne sont pas issus des seuls cépages accessoires. (disposition supprimée le 10 décembre 2024)

– La proportion des cépages principaux est supérieure ou égale à 50 % dans les assemblages.

RENDEMENTS MAXIMAUX

65 hectolitres par hectare

VINS ET CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES

Les techniques soustractives d’enrichissement (TSE) sont autorisées dans la limite d’un taux de concentration de 15 %.
Les vins ne dépassent pas, après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total de 13,5 %.

Outre les dispositions ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques œnologiques, les obligations figurant au niveau communautaire (UE) et dans le code rural et de la pêche maritime.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 5 000 pieds par hectare.
Ces vignes ne peuvent présenter un écartement entre les rangs supérieur à 2 mètres et un écartement entre les pieds sur un même rang inférieur à 0,80 mètre. La taille est effectuée au plus tard au stade feuilles étalées (stade 9 de Lorenz) selon les techniques suivantes : taille Guyot simple ou Guyot double, ou taille à cots (ou coursons) en cordon ou en éventail, ou à astes (ou longs bois) avec un maximum de 12 yeux francs par pied.

Dans tous les cas, le chevauchement des longs bois (astes) est interdit. L’irrigation pendant la période de végétation de la vigne ne peut être autorisée qu’en cas de sécheresse persistante et lorsque celle-ci perturbe le bon développement physiologique de la vigne et la bonne maturité du raisin

Les pieds morts doivent être évacués des parcelles, tout stockage de ces pieds morts est interdit sur les parcelles.

La végétation est maitrisée soit mécaniquement, soit par des matériels assurant une localisation précise des produits de traitement.

Les pieds morts doivent être évacués des parcelles, tout stockage de ces pieds morts est interdit sur les parcelles.

Ajout du 10 décembre 2024.

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

Date de mise en marché à destination du consommateur: 30 juin 2024. Modification du10 décembre 2024.

L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser l’unité géographique plus grande « Vin de Bordeaux » ou «Grand Vin de Bordeaux ». Les dimensions des caractères de l’unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, aux deux tiers de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Dernière modification du cahier des charges : 10 décembre 2024

Ratification des modifications par l’Union Européenne le 26/06/2025