FITOU AOP

Source: non identifiée

L’APPELLATION

L’appellation Fitou est réservée aux vins secs tranquilles rouges élaboré sur le territoire de certaines communes du département de l’Aude. 

HISTOIRE

Arrivés il y a 2700 ans, les Grecs retrouvent à Leucate (du grec « leukos » traduit par « blanc ») les falaises blanches de leurs îles, s’y installent et établissent la vigne sur le littoral, au voisinage des ports.
Mais ce sont les Romains, lors de la conquête des Gaules, qui font du vin un produit de commerce utilisant pour ce négoce la « Via Domitia ».

Après l’époque trouble des invasions barbares, l’archevêque, primat de toutes les Gaules, (duc de Narbonne), étend son autorité sur toute la région et sous cette unité administrative, les échanges entre les différentes parties du pays s’intensifient. Les moines, et notamment les cisterciens de l’abbaye de Fontfroide, fondée à la fin du XIIème siècle, participent largement au développement viticole local.

Plus tard, en 1773, le diocèse de Narbonne dispose de 25 800 hectares de vignes et Leucate y figure pour 1551 arpents (environ 800 hectares).
Au cours du XIXème siècle, le recul de la culture des céréales et des oliviers se poursuit et, en 1850, la zone géographique est vouée à la seule viticulture. Après les évènements de 1907 et la révolte des vignerons, la coopération s’organise et sont créées la société coopérative des vignerons de Cascastel, puis de Fitou.

En 1935, les producteurs des communes de Fitou, Leucate, La Palme, Caves et Treilles s’engagent dans une demande de reconnaissance en appellation d’origine contrôlée pour les vins rouges. La Sconde Guerre Mondiale interrompt toutes ces démarches. La paix revenue, le « Comité de Défense des vins de Fitou » reprend ses démarches et suivi par les villages des hauts cantons, Tuchan, Paziols, Villeneuve et Cascastel qui trouvèrent une légitimité au projet, appellation d’origine contrôlée « Fitou » est reconnue par décret du 28 avril 1948.
Le vignoble produit uniquement des vins rouges. Il compte 2 600 hectares en 2010 pour une production moyenne annuelle d’environ 85 000 hectolitres répartie entre 3 caves coopératives et 37 caves particulières.

CLIMAT ET SOLS

Entre Méditerranée et Massif des Corbières dans le département de l’Aude, la zone géographique est constituée de deux entités distinctes, séparées par un plateau calcaire et distantes d’une quinzaine de kilomètres :
– l’une à l’est, s’étend sur 5 communes du piémont des Corbières maritimes, en bordure d’étangs et de la mer Méditerranée,
– l’autre à l’ouest, regroupe 4 communes, plus en altitude, au pied du Mont Tauch (917 mètres).
En façade maritime, le paysage offre une série de petites collines prolongées par une longue plaine caillouteuse, limitée, dans sa partie orientale, par les étangs et surplombée par la presqu’île du plateau de Leucate, promontoire de 50 mètres d’altitude visible de la mer.
Côté « Corbières », le paysage est constitué de petits bassins organisés autour de vallées étroites et fermées, dominées par des coteaux aux pentes abruptes.
Les parcelles précisément délimitées pour la récolte des raisins présentent :
– en zone littorale, des sols argilo-calcaires issus de l’altération des calcaires et des sols alluvio-colluviaux dans les zones basses ;
– sur la zone montagneuse, des sols développés sur schistes, calcaires ou grès ou développés sur quelques rares terrasses caillouteuses.
Ces sols ont en commun d’être généralement caillouteux, peu profonds et chauds. Le climat est de type méditerranéen chaud et sec mais nuancé selon les secteurs. Sur le littoral, très souvent venté, (200 jours de vent de nord/ouest), la faible quantité de précipitations (600 millimètres en moyenne par an) est compensée par l’humidité maritime. Dans l’arrière-pays, plus en altitude, et éloigné de la mer, le climat est moins venté, plus frais, avec des précipitations plus élevées de l’ordre de 700 millimètres en moyenne par an. L’ensoleillement pour les deux secteurs reste élevé.

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins sont assurés sur le territoire des communes suivantes du département de l’Aude : Cascastel-des-Corbières, Caves, Fitou, Leucate, La Palme, Paziols, Treilles, Tuchan, Villeneuve-les-Corbières.

Source: Par Serbus — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/

DÉROGATION SUR LA DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

Aucune

PRINCIPAUX CÉPAGES

mourvèdre N, grenache N, syrah N, carignan N

Les vins sont issus des cépages suivants :
– cépages principaux : carignan N, grenache N ;
– cépages complémentaires : mourvèdre N, syrah N.

– Les vins proviennent de l’assemblage de raisins, de moûts, ou de vins, issus d’au moins 2 cépages dont au moins un cépage principal. Le cépage principal (ou les cépages principaux) est (sont) présent(s) majoritairement dans l’assemblage.
– La proportion du cépage le plus important est inférieure ou égale à 80 %.

RENDEMENTS MAXIMAUX

Le rendement butoir est fixé à 54 hectolitres par hectare.

CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES

Les techniques soustractives d’enrichissement (TSE) sont autorisées pour les vins rouges dans la limite d’un taux de concentration de 10 %.

Outre les dispositions ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques oenologiques, les obligations figurant au niveau communautaire et dans le code rural et de la pêche maritime.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 4 000 pieds à l’hectare.

Ces vignes ne peuvent présenter un écartement entre les rangs supérieur à 2,50 mètres.

Chaque pied dispose d’une superficie maximale de 2,5 mètres carrés. Cette superficie est obtenue en multipliant les distances d’inter-rang et d’espacement entre les pieds sur un même rang.

Pour les vignes plantées au carré ou en quinconce, chaque pied dispose d’une superficie maximale de 3 mètres carrés. Cette superficie est obtenue en multipliant les distances d’inter-rang et d’espacement entre les pieds sur un même rang. L’écartement entre les rangs et l’écartement entre les pieds sur un même rang est inférieur ou égal à 1,70 mètre.

Les vignes sont taillées en taille courte avec un maximum de 12 yeux francs par pied.

Chaque courson porte un maximum de 2 yeux francs.

Le cépage syrah N peut être taillé en taille Guyot simple avec un maximum de 10 yeux francs par pied dont 8 yeux francs maximum sur le long bois et 1 courson portant un maximum de 2 yeux francs.

L’irrigation peut être autorisée.

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser l’unité géographique plus grande «Languedoc».
Les dimensions des caractères de cette unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, à la moitié de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Dernière modification du cahier des charges : 07  juin   2019

FAUGÈRES AOP

Source: non identifiée

L’APPELLATION

L’appellation Faugères est réservée aux vins secs tranquilles blancs, rouges ou rosés, élaboréS sur le territoire de certaines communes du département de l’Hérault. 

HISTOIRE

L’histoire de la viticulture dans la région de Faugères se confond avec celle du Languedoc.
La vigne y est implantée assez tardivement, à la différence de la côte méditerranéenne où Grecs et Phocéens ont introduit les premiers plants, quelques siècles avant notre ère. Néanmoins sur les coteaux de la commune de Faugères, des toponymes comme, «La Jasse» ou «La Colombelle» évoquent le souvenir de grandes propriétés romaines où étaient cultivés le blé, les vergers et la vigne. Après que des communautés religieuses présentes dans la zone géographique au XII ème siècle, aient réimplanté un vignoble, il faut attendre la fin du prosélytisme religieux et ses guerres fratricides sanglantes du XVIème siècle, pour que s’installe une relative prospérité, accompagnée de l’extension du vignoble.

Marcel Larchiver dans son ouvrage «Vins, Vignes et Vignerons» (Fayard 1988) caractérise l’apport du XVIIème siècle dans le domaine de la viticulture de la façon suivante:
« Avec la croissance de la population locale, les plantations de vignes progressent…De 1600 à 1660, garrigues et rocailles sont défrichées, car à cette époque, les ceps ne descendent pas dans la plaine, trop indispensable à la production du blé; ils se cantonnent aux sols secs, incapables de porter d’autres cultures. La vigne monte vers les terres en friches où le vin est généreux»

Le phylloxéra et la déprise, conséquence de la Seconde Guerre Mondiale, conduisent à une réduction importante de la superficie du vignoble. Cependant, grâce à la constance et l’entêtement d’une communauté humaine décidée, la reconstitution du vignoble se réalise. Les plantations en cépages grenache N et syrah N se développent au côté des cépages carignan N et cinsaut N, tandis que les superficies de cépages gros producteurs régressent.

Tous ces efforts sont tout d’abord récompensés le 18 mai 1955, par la reconnaissance en appellation d’origine vins délimités de qualité supérieure, puis sous l’impulsion de Jean VIDAL, vigneron, maire de Cabrerolles, et Président du « Syndicat du cru Faugères», par la reconnaissance de l’appellation d’origine contrôlée « Faugères », le 5 mai 1982.
Le vignoble s’étend, en 2009, sur 2 100 hectares, pour une production moyenne annuelle de 65000 hectolitres récoltés par 160 producteurs (2 caves coopératives et 50 caves particulières.
Les vins rouges représentent 80% de la production, tandis que les vins rosés, en progression, représentent 18 % des volumes pour la récolte 2009.

CLIMAT ET SOLS

La zone géographique s’étend sur 10 kilomètres de long d’est en ouest et sur 4 kilomètres de large, et présente un relief de collines parfois en forte pente et de vallées étroites, conséquences des phénomènes tectoniques et de l’érosion.
Elle est bordée :
– au nord, par de petits massifs appelés « Les Avant-Monts » parmi lesquels « le Pic de la Coquillade » sur la commune de Cabrerolles (696 mètres) qui offre un point de vue unique sur l’ensemble du vignoble ;
– au sud, par une zone de vallons en pente douce, terminaison du secteur de collines à fortes pentes au-delà de la commune d’Autignac, à 95 mètres d’altitude A l’est et à l’ouest par des collines plus élevées (350 mètres) couvertes de chêne vert, qui constituent les limites naturelles de l’aire.
Cette zone est délimitée sur 7 communes au cœur du département de l’Hérault, à 25 kilomètres au nord de Béziers.

Entre garrigues et espaces boisés, le paysage viticole offre l’originalité d’innombrables murets et « capitelles » (constructions en pierres sèches) à la forme caractéristique d’une coupole, construites selon la technique dite « de la fausse voute en encorbellement ».
La végétation naturelle, selon la topographie du lieu, se compose de chênes pubescents et de châtaigniers au-dessus de 600 mètres, de chênes verts au- dessus de 350 mètres, d’arbousiers en zone plus basse, de bruyère et de genêts mais aussi de 6 variétés de cistes.
Les parcelles, précisément délimitées pour la récolte des raisins, reposent uniquement sur les schistes du Viséen supérieur, gréseux et feuilletés, de couleur grise, parfois jaune ou ocre dans les parties altérées. Dans la zone viticole, ces roches relativement tendres se délitent rapidement sous l’effet du travail du sol. Les sols, bien drainés, assurent en profondeur une alimentation en eau régulière. Ils sont souvent acides et pauvres en matières organiques.

Adossé aux derniers reliefs du Massif Central, entre 100 mètres et 350 mètres d’altitude, le vignoble est à l’abri des vents du nord, froids l’hiver et desséchants l’été. Son orientation principale sud/sud-est est favorable au cumul des températures pendant la période estivale. La somme des températures annuelles est de 1800° C. La pluviométrie moyenne annuelle est inférieure à 700 mm, répartis en automne (pluies d’équinoxe) et au printemps avec toutefois des variations interannuelles caractéristiques du climat méditerranéen.

Ce contexte offre un bon ensoleillement et limite les risques de gelée. La protection vis-à-vis des vents venant du nord limite la casse des sarments.

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins rouges, rosés et blancs, sont assurés sur le territoire des communes suivantes du département de l’Hérault : Autignac, Cabrerolles, Caussiniojouls, Faugères, Fos Laurens et Roquessels.

Source: By Fagairolles 34 – Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/

DÉROGATION SUR LA DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

Non précisée. ? Aucune.

PRINCIPAUX CÉPAGES

vermentino B, mourvedre N, viognier B, grenache N, grenache blanc, cinsaut N, clairette B, roussanne B, syrah N, marsanne B, lledoner pelut N, carignan N.

Rouges

Cépages principaux : carignan N, grenache N, lledoner pelut N, mourvèdre N, syrah N. 
Cépages accessoires : cinsaut N, grenache gris G, piquepoul noir N et terret noir N. 

es vins proviennent de l’assemblage de raisins, de moûts ou de vins issus d’au moins 2 cépages, dont au moins un cépage principal. 
La proportion du (des) cépage (s) principal (aux) est supérieure ou égale à 40 % dans l’assemblage. 
Un cépage ne peut représenter plus de 80 % de l’assemblage. 

Rosés

Cépages principaux : carignan N, cinsaut N, grenache N, lledoner pelut N, mourvèdre N, piquepoul noir N, syrah N. 
Cépages accessoires : bourboulenc B, clairette B, grenache blanc B, grenache gris G, macabeu B, marsanne B, muscat à petits grains B, piquepoul blanc B, roussanne B, terret blanc B, terret noir N, vermentino B. 

es vins proviennent de l’assemblage de raisins, de moûts ou de vins, à l’exception de vins issus de cépages blancs lorsque ceux-ci sont vinifiés séparément, issus d’au moins 2 cépages dont au moins un cépage principal. 
La proportion du (des) cépage (s) principal (aux) est supérieure ou égale à 40 % dans l’assemblage. 
Un cépage ne peut représenter plus de 80 % de l’assemblage. 

Blancs

Cépages principaux : bourboulenc B, grenache blanc B, macabeu B, marsanne B, roussanne B, vermentino B. 
Cépages accessoires : clairette B, muscat à petits grains B, piquepoul blanc B, terret blanc B. 

Les vins proviennent de l’assemblage de raisins, de moûts ou de vins issus d’au moins 2 cépages, dont au moins un des cépages suivants : grenache blanc B, macabeu B, marsanne B, roussanne B, vermentino B. 
La proportion du (des) cépage (s) principal (aux) est supérieure ou égale à 40 % dans l’assemblage. 

RENDEMENTS MAXIMAUX

Le rendement butoir est fixé à :
Vins rosés : 57 hectolitres par hectare
Vins rouges et vins blancs : 54 hectolitres par hectare

CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES

a) – Vins blancs :
Toute opération d’enrichissement est interdite.

– Tout traitement thermique de la vendange faisant intervenir une température supérieure à 40°C est interdit ;
– Pour l’élaboration des vins rosés, l’utilisation des charbons à usage œnologique, seuls ou en mélange dans des préparations est interdite.
Outre les dispositions ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques oenologiques, l’ensemble des obligations figurant au niveau communautaire et dans le code rural et de la pêche maritime.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

– Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 4000 pieds à l’hectare ;
– Ces vignes ne peuvent présenter un écartement entre les rangs supérieur à 2,50 mètres ;
– L’écartement entre les pieds sur un même rang est supérieur ou égal à 0,80 mètre ;
– Chaque pied dispose d’une superficie maximale de 2,50 mètres carrés. Cette superficie est obtenue en multipliant les distances d’inter-rang et d’espacement entre les pieds sur un même rang.
Pour les vignes plantées au carré ou en quinconce et conduites en gobelet, chaque pied dispose d’une superficie maximale de 3 mètres carrés. Cette superficie est obtenue en multipliant les distances d’inter-rang et d’espacement entre les pieds sur un même rang. L’écartement entre les rangs et l’espacement entre les pieds sur un même rang est inférieur ou égal à 1,70 mètre.
– La taille est effectuée avant le 30 avril de l’année de la récolte ;
– Les vignes sont taillées en taille courte à coursons, avec un maximum de 10 yeux francs par pied ; chaque courson porte un maximum de 2 yeux francs ;
– L’ébourgeonnage est obligatoire au cours de la formation des bras du cordon de Royat et de la transformation d’une taille longue en taille courte.
– L’irrigation peut être autorisée

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

Toutes les mentions facultatives, dont l’utilisation, en vertu des dispositions communautaires, peut être règlementée par les États membres (UE) , sont inscrites dans des caractères dont les dimensions ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, à la moitié de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Dernière modification du cahier des charges : 19 décembre    2012

BOUTENAC AOP

L’appellation Corbière Boutenac a changé de nom pour devenir Boutenac.

Source : RÈGLEMENT D’EXÉCUTION (UE) 2024/899 DE LA COMMISSION du 14 mars 2024

Approuvant une modification, au niveau de l’Union, apportée au cahier des charges relatif à une appellation d’origine protégée («Corbières-Boutenac»).

Source: non identifiée

L’APPELLATION

L’appellation Corbières-Boutenac est réservée aux vins secs tranquilles rouges élaborés sur le territoire de certaines communes du département de l’Aude.

HISTOIRE

La vigne est présente dans la région des Corbières dès la fin du Ier siècle, sous le règne d’Auguste. A cette époque, les légionnaires vétérans reçoivent des concessions de terre dans le « Narbonnais » et y fondent des domaines viticoles et oléicoles. Des traces de cette implantation romaine existent sur le territoire des commues de Boutenac, Fabrezan, Ferrals-les-Corbières, Lézignan-Corbières, Montséret.

Les grandes invasions n’affectent pas le vignoble, hormis les conquêtes sarrasines qui freinent son expansion du VIIème au IXème siècle.
Au Moyen-Âge, les monastères et les abbayes contribuent au développement du vignoble dans l’agriculture locale.

La viticulture connaît cependant son véritable essor avec le développement du transport du vin par l’ouverture du port de Sète en 1670, puis la mise en service du canal du midi en 1681. La polyculture maintient son potentiel, mais l’arrivée du chemin de fer, après 1850, accélère le commerce du vin et de l’alcool et favorise l’épanouissement des grandes propriétés viticole.

Entre 1852 et 1878, la surface viticole est multipliée par deux dans l’arrondissement de Narbonne.

Vers 1870, l’arrivée du phylloxéra entraîne la fin de l’âge d’or de la croissance économique et démographique de la région des Corbières. Après la révolte de 1907, la profession s’organise pour lutter contre la fraude.
Un Syndicat de défense est créé dans la région des « Corbières », en 1908, Après la délimitation de la zone géographique, en 1923, reconnu dans un premier temps en appellation d’origine vin délimité de qualité supérieure en 1951, l’appellation d’origine contrôlée « Corbières » est reconnue par décret du 24 décembre 1985. Cependant, les professionnels de la région de Boutenac ont toujours été convaincus qu’ils disposaient d’un territoire et d’un savoir-faire capable de marquer de son empreinte l’originalité de leur production de vins rouges.

La confirmation de l’existence d’un terroir viticole homogène autour d’hommes unis, ayant mis en place un outil de production performant pour révéler un produit original et de qualité, se concrétise en 2005 avec la reconnaissance de l’appellation d’origine contrôlée « Corbières-Boutenac ».

Les rendements sont très faibles et limités à 45 hectolitres par hectare.
Afin d’obtenir des produits expressifs, la récolte des jeunes vignes des cépages syrah N et grenache N ne bénéficie de l’appellation d’origine contrôlée qu’a partir de la 4ème année qui suit celle de la plantation, qu’a partir de la 7ème année pour le cépage mourvèdre N et 9ème année pour le cépage carignan N.
La production totale est d’environ 6 000 hectolitres, pour une superficie de 189 hectares, vinifiés par 5 caves coopératives (11 % de la production) et 25 domaines particuliers.

CLIMAT ET SOLS

Au centre du département de l’Aude, entre Carcassonne et Narbonne, autour du « Pinada de Boutenac » qui culmine à 273 mètres d’altitude, la zone géographique est limitée :
– par trois rivières, l’Orbieu, au nord, l’Aussou, à l’est, et la Nielle, à l’ouest ;
– au sud, par les plateaux calcaires de Thézan-des-Corbières et Saint-Laurent-de- la-Cabrerisse.

Cette unité géographique orientée sud/sud-ouest est caractérisée par un relief doux formé d’une succession de petites collines, de « serres » allongées, et de croupes dont les sommets sont coiffés de pinèdes.
Les vignes occupent la majeure partie des pentes jusqu’à une altitude d’environ 180 mètres.

L’histoire tectonique mouvementée de la région suite à la surrection des Pyrénées toutes proches, explique la coexistence de couches géologiques des différentes périodes. Toutefois, la majeure partie des parcelles délimitées pour la récolte des raisins présentent sols développés sur des molasses du Miocène. Peu fertiles, bien drainés, chargés en galets roulés et en éléments siliceux, ces sols permettent un enracinement profond de la vigne, limitant le stress hydrique, et forment l’épine dorsale de l’appellation d’origine contrôlée « Corbières-Boutenac ». Quelques parcelles présentent des sols développés sur des affleurements de calcaire et de grés.

La zone géographique bénéficie d’un climat méditerranéen, avec des étés secs, ventés, et chauds. Ce climat est caractérisé par un déficit hydrique estival très marqué. Les hivers sont par contre relativement doux. Les précipitations, principalement au printemps et en automne, dépassent rarement 500 millimètres par an. Très présent, le Cers vent venant de l’ouest, desséchant et parfois violent, protège le vignoble des maladies cryptogamiques.

Venant de l’est et de la mer Méditerranée toute proche, le vent marin, vent humide, voit cependant son influence limitée par le massif de Fontfroide.
Dans ce paysage typiquement méditerranéen, la vigne partage le territoire avec la garrigue, les pinèdes, et quelques oliviers.
La zone géographique s’étend sur le territoire de 10 communes autour de la commune de Boutenac.

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration, l’élevage et le conditionnement des vins sont assurés sur le territoire des communes suivantes du département de l’Aude sur la base du code officiel géographique de l’année 2019 : Boutenac, Fabrezan, Ferrals-les-Corbières, Lézignan-Corbières, Luc-sur-Orbieu, Montséret, Ornaisons, Saint-André-de- Roquelongue, Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, Thézan-des-Corbières.

Source: Par ryanovineyards — https://www.flickr.com/photos/mroconnell/6017332008/, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/

DÉROGATION SUR LA DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

L’aire de proximité immédiate, définie par dérogation pour la vinification, l’élaboration, l’élevage et le conditionnement des vins, est constituée par le territoire des communes suivantes du département de l’Aude sur la base du code officiel géographique de l’année 2019 : Bizanet et Narbonne.

PRINCIPAUX CÉPAGES

carignan N , grenache N, mourvèdre N – monastrell,  syrah N – Shiraz

—  La proportion de l’ensemble des cépages carignan N, grenache N et mourvèdre N est supérieure ou égale à 70 %.

—  La présence du cépage carignan N est au minimum de 30 % dans l’assemblage.

—  Un cépage ne peut pas représenter plus de 80 % de l’assemblage.

—  Les vins sont élevés au moins jusqu’au 31 décembre de l’année qui suit celle de la récolte, dont 2 mois au moins en bouteille.

—  A l’issue de la période d’élevage, les vins sont mis en marché à destination du consommateur àpartir du 1er janvier de la deuxième année qui suit celle de la récolte.

—  Tous les lots sont conditionnés en bouteille.

RENDEMENTS MAXIMAUX

50 hectolitres par hectare

CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES

—  L’utilisation de copeaux de bois est interdite ;

—  Tout traitement thermique de la vendange faisant intervenir une température supérieure à 40°C est interdit.

—  Outre les dispositions ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques œnologiques, les obligations figurant au niveau communautaire et dans le code rural.

—  L’emploi de vinificateurs continus, de pressoirs continus, d’érafloirs centrifuges (érafloirs à axe vertical) et d’égouttoirs à vis est interdit.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

Les vignes présentent une densité minimale de 4 400 pieds à l’hectare. L’écartement entre rangs ne peut être supérieur à 2,50 mètres.

Chaque pied dispose d’une superficie maximale de 2,25 mètres carrés. Cette superficie est obtenue en multipliant les distances d’inter-rang et d’espacement entre les pieds sur un même rang. Pour les vignes plantées au carré ou en quinconce et conduites en gobelet, chaque pied dispose d’une superficie maximale de 3 mètres carrés.

Pour une conduite en gobelet, les vignes sont taillées en taille courte avec un maximum de 6 coursons par pied. Chaque courson porte un maximum de 2 yeux francs.

Pour une conduite en cordon de Royat, les vignes sont taillées en taille courte :

— soit avec un maximum de 6 coursons par pied, chaque courson portant un maximum de 2 yeux francs ;

— soit avec un maximum de 10 coursons par pied, chaque courson portant au maximum 1 œil franc.

L’irrigation peut être autorisée.

La charge maximale moyenne à la parcelle est fixée à 7 000 kilogrammes par hectare. Lorsque l’irrigation est autorisée la charge maximale moyenne à la parcelle des parcelles irriguées est fixée à 5 500 kilogrammes par hectare.

Ne peuvent être considérés comme étant à bonne maturité les raisins présentant une richesse en sucre inférieure à 224 grammes par litre de moût.

Les raisins issus du cépage carignan N sont récoltés manuellement et sont transportés entiers jusqu’au lieu de vinification.

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

a)-  L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser le nom d’une unité géographique plus petite, sous réserve :

— qu’il s’agisse d’un lieu-dit cadastré ;
— que celui-ci figure sur la déclaration de récolte.

Le nom du lieu-dit cadastré est imprimé en caractères dont les dimensions ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, à la moitié de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

b)-  L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser l’unité géographique plus grande «Corbières».

Les dimensions des caractères de cette unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, à la moitié de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Les vins sont élevés au moins jusqu’au 31 décembre de l’année qui suit celle de la récolte, dont 2 mois au moins en bouteille.

En intégrant dans les conditions de production une durée d’élevage en bouteille dans la zone géographique délimitée et la zone de proximité immédiate restreinte, les producteurs se fixent pour objectif de mieux sauvegarder la qualité et la spécificité du produit et par conséquent la réputation de l’appellation d’origine contrôlée.

Dernière modification du cahier des charges : 29  janvier    2021

Modifications du cahier des charges en attente de validation par l’Union Européenne. Pas de details des modification de l’AOC par l’INAO

CORBIÈRES AOP

Source: non identifiée

L’APPELLATION

L’appellation Corbières est réservée aux vins secs tranquilles blancs, rouges et rosés élaborés  sur le territoire de certaines  communes du département de l’Aude.

HISTOIRE

La vigne est introduite par les commerçants grecs au IIème siècle avant Jésus- Christ, mais connaît son véritable essor avec l’occupation romaine.
Les conditions sont si favorables pour la viticulture de la « région Narbonnaise » que la production de vin fait ombrage à la production romaine et contraint l’empereur Domitien, en 92, à exiger une limitation de la production. Cette prospérité dure jusqu’à la fin de la « Pax romana » (fin du IIème siècle).
Les grandes invasions, venues de l’est, du nord ou du sud du IIIème siècle au VIIIème siècle affectent le vignoble.
La paix revenue, les abbayes, bénédictines et cisterciennes, contribuent au développement du vignoble, malheureusement interrompu, à nouveau, au XIIIème siècle par la croisade contre les Albigeois.
Le Canal du Midi ouvert en 1680, l’amélioration du réseau routier au XVIIIème siècle, puis l’arrivée du chemin de fer, favorisent le désenclavement de la région. Le vignoble audois est alors réhabilité au détriment de la culture d’oliviers et de céréales.
Cette prospérité est soumise aux aléas de la crise phylloxérique et de la surproduction, avec comme point d’orgue la crise viticole de 1907 qui impose à toute la région une réorganisation en profondeur.
Un Syndicat de défense est créé dans la région des « Corbières » en 1908. Après la délimitation de la zone géographique, en 1923, reconnu dans un premier temps en appellation d’origine vin délimité de qualité supérieure en 1951, les « Corbières » sont reconnues en appellation d’origine contrôlée par décret du 24 décembre 1985.
La production d’environ 500 000 hectolitres pour une superficie de 13 000 hectares, est élaborée, en 2009, par 27 caves coopératives (pour 1 500 déclarants et 63% des volumes) et 250 domaines de vignerons indépendants.
Les vins rouges représentent 90% de la production. Les cépages principaux, grenache N, lledonner pelut N, mourvèdre N et syrah N sont majoritaires et le cépage carignan N est limité à 50%.
Les vins rosés, représentent 6% des volumes, soit environ 31 000 hectolitres. Ils obéissent aux mêmes règles d’encépagement que les vins rouges, mais la proportion du cépage cinsaut N est limitée à 75% de l’encépagement.
Les vins blancs représentent 2,5% des volumes, soit environ 11 000 hectolitres.

CLIMAT ET SOLS

– Le massif des Corbières constitue une unité géomorphologique majeure à l’extrémité nord-orientale des Pyrénées, limitée :
– à l’ouest, par la haute vallée de l’Aude ;
– au nord, par la dépression languedocienne empruntée par la vallée de l’Aude ;
– au sud, par la ligne de crête séparant le département de l’Aude de celui des Pyrénées-Orientales ;
– à l’est, par la mer Méditerranée.
Dans ce massif trois sommets dominent un paysage de plateaux entaillés de gorges ou vallées plus larges, de petites dépressions, de crêtes et d’un ensemble de collines plus ou moins isolées autour de Mouthoumet, Durban, Tuchan, Boutenac :
– le pic de Bugarach, d’une altitude de 1230 mètres ;
– le mont Tauch, d’une altitude de 917 mètres, au sud, et qui borde la dépression de Tuchan-Paziols ;
– le pic Alaric, d’une altitude de 600 mètres, à la limite nord de la zone géographique.
Dans ce relief très compartimenté, sur une distance de 60 kilomètres d’ouest en est, l’altitude décroit, depuis le pic Bugarach, jusqu’au niveau de l’étang, puis de la mer, autour des communes de Peyriac, Leucate et Sigean.
L’histoire tectonique mouvementée de la région, suite à la surrection des Pyrénées toutes proches, explique la diversité géologique de la zone géographique qui s’étend au sein de ce massif sur le territoire de 87 communes, à l’est du département de l’Aude.
Les parcelles délimitées pour la récolte des raisins présentent des sols, issus de ces formations géologiques, essentiellement argilo-calcaires et développés sur des molasses de l’Eocène. Ces sols sont généralement peu fertiles, peu profonds, caillouteux et bien drainés.
Le climat méditerranéen est sec, ensoleillé et chaud. Les vents sont omniprésents :
– la Tramontane ou Cers, vent soufflant de l’ouest ;
– le vent marin, soufflant principalement en automne et au printemps et apportant humidité et pluies.
La quantité annuelle moyenne des précipitations augmente avec l’altitude. Ainsi le littoral reçoit en moyenne moins de 450 millimètres par an contre plus de 700 millimètres pour les zones montagneuses de la zone géographique. Les températures moyennes annuelles montrent une évolution décroissante d’est en ouest, passant de 15,4°C, en bord de mer, à 13,4°C, près de Carcassonne.
Dans ce paysage tourmenté, la vigne se partage le territoire avec la garrigue et quelques oliviers.

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification et l’élaboration des vins sont assurées sur le territoire des communes suivantes du département de l’Aude sur la base du code officiel géographique de l’année 2019 :

Albas, Arquettes-en-Val, Bages, Barbaira, Bizanet, Boutenac, Camplong-d’Aude, Canet, Capendu, Cascastel-des- Corbières, Caunettes-en-Val, Caves, Comigne, Conilhac-Corbières, Coustouge, Cruscades, Cucugnan, Davejean, Dernacueillette, Douzens, Duilhac-sous-Peyreperthuse, Durban-Corbières, Embres-et-Castelmaure, Escales, Fabrezan, Felines-Termenès, Ferrals-les-Corbières, Feuilla, Fitou, Floure, Fontcouverte, Fontiès-d’Aude, Fontjoncouse, Fraisse-des- Corbières, Gruissan, Jonquières, Labastide-en-Val, Lagrasse, Laroque-de-Fa, Leucate, Lézignan-Corbières, Luc-sur- Orbieu, Mayronnes, Maisons, Montbrun-des-Corbières, Montgaillard, Montirat, Montlaur, Montredon-des-Corbières, Montséret, Monze, Moux, Narbonne, Névian, Ornaisons, Padern, Palairac, La Palme, Paziols, Peyriac-de-Mer, Port-la- Nouvelle, Portel-des-Corbières, Pradelles-en-Val, Quintillan, Ribaute, Rieux-en-Val, Roquefort-des-Corbières, Rouffiac- des-Corbières, Saint-André-de-Roquelongue, Saint-Jean-de-Barrou, Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, Saint-Pierre-des- Champs, Serviès-en-Val, Sigean, Talairan, Taurize, Termes, Thézan-des-Corbières, Tournissan, Treilles, Tuchan, Vignevieille, Villar-en-Val, Villeneuve-les-Corbières, Villerouge-Termenès, Villesèque-des-Corbières, Villetritouls.

Source: Par Richard Randall — Flickr: Villeneuve les Corbieres – The vines, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/

DÉROGATION SUR LA DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

L’aire de proximité immédiate, définie par dérogation pour la vinification et l’élaboration des vins, est constituée par le territoire des communes suivantes :

—  Département de l’Aude : Argens-Minervois, Armissan, Auriac, Badens, Blomac, Bouilhonnac, Carcassonne, Castelnau-d’Aude, Clermont-sur-Lauquet, Coursan, Cuxac-d’Aude, Fajac-en-Val, Fleury, Greffeil, Ladern-sur-Lauquet, Lairière, Mailhac, Marcorignan, Marseillette, Mas-des-Cours, Massac, Montjoi, Moussan, Mouthoumet, Palaja, Paraza, Puicheric, Raissac-d’Aude, Roquecourbe-Minervois, Roubia, Rustiques, Saint-Couat-d’Aude, Saint-Martin-des-Puits, Soulatgé, Tourouzelle, Trèbes, Villedaigne, Vinassan ;

PRINCIPAUX CÉPAGES

vermentino B – Rolle, carignan N,  grenache N , lledoner pelut N, mourvèdre N – monastrell, syrah N – shiraz, cinsaut N – cinsault, marsanne B, bourboulenc B – doucillon blanc,  grenache blanc B, macabeu B – macabeo,  roussanne B

Rouges

– cépages principaux : carignan N, grenache N, lledoner pelut N, mourvèdre N, syrah N.
– cépages accessoires : cinsaut N, grenache gris G, piquepoul noir N et terret noir N. et marselan N (ajout du 06  mars   2020)

Rosés

cépages principaux : carignan N, cinsaut N, grenache N, lledoner pelut N, mourvèdre N, syrah N.

– cépages accessoires : bourboulenc B, carignan blanc, clairette B, grenache blanc B, grenache gris G, macabeu B, marsanne B, piquepoul blanc B, piquepoul N, roussanne B, terret blanc B, terret noir N, vermentino B, viognier (Ajout du carignan blanc B et du viognier B le 06  mars   2020). le piquepoul noir N passe de cépage principal en cépage secondaire et le muscat à petits grains blancs B est supprimé de la liste des cépages secondaires car il n’est pas utilisé pour produire les vins de l’AOC (modifications du 06  mars   2020).

Blancs

cépages principaux : bourboulenc B, grenache blanc B, macabeu B, marsanne B, roussanne B, vermentino B ;
– cépages accessoires : carignan blanc B, clairette B, muscat à petits grains B, piquepoul blanc B, terret blanc B, viognier B. (Ajout du carignan blanc B et du viognier B le 06  mars   2020)

RENDEMENTS MAXIMAUX

Pourg les vins blancs et rosés :  60 hectolitres par hectare

Pour les vins rouges : 58 hectolitres par hectare

CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES

Pour l’élaboration des vins rosés, l’utilisation des charbons à usage œnologique est autorisée chez le vinificateur, exclusivement sur les moûts issus de presse et vins nouveaux encore en fermentation et dans une proportion qui ne peut être supérieure à 20 % du volume de vins rosés élaborés par le vinificateur concerné, pour la récolte considérée.

Outre les dispositions ci-dessus les vins doivent respecter, en matière de pratiques œnologiques, les obligations figurants au niveau communautaire et dans le code rural et de la pêche maritime.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 4 000 pieds à l’hectare.

Ces vignes ne peuvent présenter un écartement entre les rangs supérieur à 2,50 mètres.

Chaque pied dispose d’une superficie maximale de 2,5 mètres carrés. Cette superficie est obtenue en multipliant les distances d’inter-rang et d’espacement entre les pieds sur un même rang.

Conduites en gobelet, les vignes sont taillées en taille courte avec un maximum de 6 coursons par pied. Chaque courson porte un maximum de 2 yeux francs.

Conduites en cordon de Royat, les vignes sont taillées en taille courte :
— soit avec un maximum de 6 coursons par pied, chaque courson portant un maximum de 2 yeux francs ; — soit avec un maximum de 10 coursons par pied, chaque courson portant au maximum 1 œil franc. L’irrigation peut être autorisée.

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

– L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser le nom d’une unité géographique plus petite, sous réserve :

— qu’il s’agisse d’un lieu-dit cadastré ;

— que celui-ci figure sur la déclaration de récolte.

Le nom du lieu-dit cadastré est inscrit immédiatement après le nom de l’appellation d’origine contrôlée et imprimé en caractères dont les dimensions ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, à la moitié de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser le nom de l’unité géographique plus grande «Languedoc».

Les dimensions des caractères de cette dénomination ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, à la moitié de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Dernière modification du cahier des charges : 06  mars   2020

LANGUEDOC AOP

Source: non identifiée

L’APPELLATION

L’appellation Languedoc / Coteaux du Languedoc est réservée aux vins secs tranquilles qui se déclinent en vins rouges, rosés et blancs. Ils sont élaborés sur le territoire de certaines communes du département de l’Aude, du département du Gard, du département de l’Hérault et  du Département des Pyrénées-Orientales.

HISTOIRE

Dans l’histoire de la viticulture languedocienne, la culture de la vigne sur les pentes des coteaux offrant des sols secs et pierreux est permanente depuis son implantation.

Les aléas historiques et l’influence des monastères et des abbayes, les contraintes économiques d’un vignoble implanté sur les coteaux, et l’évolution des groupes humains ont entraîné diversité et évolution des produits depuis l’époque romaine avec, au fil du temps, une production de vins sucrés, de vins mutés, de vins secs, rouges et blancs, ou une production de raisins de table, qui exigent tous une bonne maturité.

Ainsi ont été identifiés sur ces coteaux, au fil des générations, toute une palette de sites particuliers reconnus pour la qualité et l’originalité de leur production.

De Collioure jusqu’aux portes de Nîmes, des coteaux ensoleillés portent des vignes depuis plus de 2 000 ans et les témoignages sur la qualité et l’identité des vins sont nombreux.

Les vins issus de ces coteaux ont acquis, au cours de leur histoire, une réputation souvent construite à partir des abbayes (Caunes-Minervois, Valmagne, Lagrasse, Fontfroide…). « Ainsi Saint-Saturnin, Cabrières ont pour origine un compagnon de Saint-Benoît-d’Aniane. Montpeyroux était dès le XIVème siècle, une possession et une résidence des Evêques de Montpellier qui en retiraient des vins réputés. Il en va de même avec Saint-Aignan (Saint-Chinian) écrit Jean Clavel dans “ Histoire et Avenir des vins en Languedoc ” (Edition Privat -1985)».

En 1788, dans un rapport au roi, l’intendant Ballainvillers s’exprime ainsi : « Il s’agit là de tous les vins avec appellation, qui sous le nom générique des vins de Narbonne étaient appréciés fort justement en dehors de la province et du royaume, ces vins étaient surtout les vins de Lapalme, Leucate, Fitou… ».

En 1816 A. Jullien dans la « Topographie de tous les vignobles connus » relève la spécificité des vins liée à leur origine et cite les vignobles situés au nord de la Têt jusqu’à Espira-de-l’Agly et Rivesaltes ainsi que les crus ceux de « Saint- Christol », « Saint-Georges d’Orques » ou « Saint-Drézéry » : « les vins sont d’un goût agréable et franc, ils ont du corps, du spiritueux et font après 5 à 6 ans de garde, des vins distingués…».

Feux de minuit sur le vignoble du Domaine Flo Busch à Jonquières, Languedoc, Source ; AAWE

CLIMAT ET SOLS

Pour atteindre cette spécificité des vins liée à leur origine, l’aire parcellaire délimitée pour la récolte des raisins classe les parcelles présentant des sols, sans contrainte à l’enracinement, capables d’assurer une alimentation en eau modérée et régulière de la plante pour résister aux étés chauds et secs. Elle classe les parcelles étagées entre le bord de mer et 400 mètres d’altitude en exposition favorable.

Elle privilégie les parcelles situées sur les pentes des collines, à proximité de la mer, ou sur les coteaux plus pentus de la zone pré-montagneuse, parfois aménagés en terrasses.

La surface de cette aire précisément délimitée représente moins du tiers de la surface globale du vignoble de la région, et la production qui y est associée, moins de 15 % des volumes régionaux produits.

Les conditions climatiques et la nature des sols ont conditionné le choix des cépages et leur lieu d’implantation. Ils ont un cycle végétatif plutôt long, une résistance suffisante à la sècheresse et à la chaleur et optimisent une somme de températures élevée. La maîtrise de la production, traduite par la définition de rendements modérés, assure une bonne maturité de la vendange avant les pluies automnales, et la présence des vents contribue à préserver la qualité sanitaire des raisins.

Le climat méditerranéen particulier, chaud et sec, permet la présence de tanins mûrs dans les vins rouges et l’expression de la rondeur caractéristique des vins rosés et blancs.

Le renouvellement nécessaire d’une bonne partie du vignoble implanté sur les coteaux, au lendemain de la seconde guerre mondiale, a renforcé l’emprise des cépages traditionnels. Avec ce renouvellement débute une démarche collective basée sur la reconstruction de la viticulture historique, associant les caves coopératives et les domaines indépendants regroupés en syndicats.

L’introduction de la mécanisation et le développement de la culture d’un cépage à pampres longs comme le cépage syrah N, obligatoirement palissé, ont fait évoluer les pratiques culturales. Les parcelles de vigne jadis plantées au carré et non palissées ont été le plus souvent remplacées par des parcelles à écartement entre les rangs ne dépassant pas 2,50 mètres, avec une densité minimale à la plantation de 4 000 pieds à l’hectare. S’est toutefois perpétué le mode de taille, essentiellement court et devant présenter, dans tous les cas, un nombre d’yeux francs par pied limité.

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

Source: Par Fagairolles 34 — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2067090

DÉROGATION SUR LA DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

Mise à jour des deux délimitations le: 29/06/2023

PRINCIPAUX CÉPAGES

bourboulenc B – doucillon blanc,clairette B, grenache N, grenache blanc B, lledoner pelut N, marsanne B
mourvèdre N – monastrell,  piquepou l blanc B, roussanne B, syrah N –Shiraz, tourbat B, vermentino B – rolle

Vins Blancs

– cépages principaux : bourboulenc B, clairette B, grenache blanc B, marsanne B, piquepoul blanc B, roussanne B, tourbat B, vermentino B ;
– cépages accessoires : carignan blanc B, grenache gris G, macabeu B, muscat à petits grains B, terret blanc B, viognier B, et les variétés suivantes : assyrtiko B, carignan gris G, clairette rose Rs, piquepoul gris G, rivairenc blanc B, rivairenc gris G, terret gris G

– Les vins proviennent de l’assemblage de raisins, de moûts ou de vins, issus au moins de deux cépages principaux ;
– Un cépage ne peut représenter plus de 80% dans l’assemblage ;

– Les cépages principaux sont majoritaires dans l’assemblage.

– La proportion du cépage muscat à petits grains B est inférieure ou égale à 5% dans l’assemblage ;
– La proportion des cépages accessoires assyrtiko B, carignan gris G, clairette rose Rs, piquepoul gris G, rivairenc blanc B, rivairenc gris G, terret gris G est inférieure ou égale à 10% dans l’assemblage.

Vins Rouges

– cépages principaux : grenache N, lledoner pelut N, mourvèdre N, syrah N ;
– cépages accessoires : carignan N, cinsaut N, counoise N, grenache gris G, morrastel N, piquepoul noir N, rivairenc N, terret noir N, et les variétés suivantes : agiorgitiko N, calabrese N, marselan N, montepulciano N, œillade N

– Les vins proviennent de l’assemblage de raisins, de moûts ou de vins, issus au moins de deux cépages dont un cépage principal ;
– Un cépage ne peut représenter plus de 80 % dans l’assemblage ;

– La proportion des cépages grenache N, lledoner pelut N, mourvèdre N et syrah N, ensemble ou séparément, est supérieure ou égale à 40 %, dans l’assemblage ;

– La proportion des cépages accessoires, counoise N, grenache gris G, morrastel N, piquepoul noir N, rivairenc N et terret N, est inférieure ou égale à 30 % dans l’assemblage.

– La proportion des cépages accessoires agiorgitiko N, calabrese N, marselan N, montepulciano N, œillade N, est inférieure ou égale à 10% dans l’assemblage.

Vins Rosés

– cépages principaux : grenache N, lledoner pelut N, mourvèdre N, syrah N ;
– cépages accessoires : bourboulenc B, carignan blanc B, carignan N, cinsaut N, clairette B, counoise N, grenache blanc B, grenache gris G, macabeu B, marsanne B, morrastel N, piquepoul blanc B, piquepoul noir N, rivairenc N, roussanne B, terret blanc B, terret noir N, tourbat B, vermentino B, viognier B, et les variétés suivantes : carignan gris G, clairette rose Rs, marselan N, œillade N, piquepoul gris G, rivairenc blanc B, rivairenc gris G, terret gris G

– Les vins proviennent de l’assemblage de raisins, de moûts ou de vins, à l’exception des vins issus des cépages blancs lorsque ceux-ci sont vinifiés séparément, issus au moins de 2 cépages, dont un cépage principal ;

– Un cépage ne peut représenter plus de 80 % dans l’assemblage ;
– La proportion des cépages grenache N, lledoner pelut N, mourvèdre N et syrah N, ensemble ou séparément, est supérieure ou égale à 40 %, dans l’assemblage ;

– La proportion des cépages accessoires, bourboulenc B, carignan blanc B, clairette B, counoise N, grenache blanc B, grenache gris G, macabeu B, marsanne B, morrastel N, piquepoul blanc B, piquepoul noir N, rivairenc N, roussanne B, terret blanc B, terret noir N, tourbat B, vermentino B, viognier B, est inférieure ou égale à 30 % dans l’assemblage.

– La proportion des cépages accessoires carignan gris G, clairette rose Rs, marselan N, œillade N, piquepoul gris G, rivairenc blanc B, rivairenc gris G, terret gris G est inférieure ou égale à 10% dans l’assemblage.

NB: Les dénominations complémentaires (ci-dessous) ont des proportions d’assemblage légèrement différentes. Le cahier des charges complet de l’appellation est annexé.

RENDEMENTS MAXIMAUX

Rendement des vins rouges et rosés : 60 hectolitres par hectare
Rendement des vins blancs : 70 hectolitres par hectare

CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES

— Pour l’élaboration des vins rosés, l’utilisation des charbons à usage œnologique, seuls ou en mélange dans des préparations est autorisée chez le vinificateur, exclusivement sur les moûts issus de presse et vins encore en fermentation, dans une proportion qui ne peut être supérieure à 20 % du volume de vins rosés élaborés par le vinificateur concerné, pour la récolte considérée, et à une dose inférieure ou égale à 30 g/hl pour le volume traité.

— Outre la disposition ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques oenologiques, les obligations figurant au niveau communautaire et dans le code rural.

Au cours des 50 dernières années, le hashtag #Languedoc a perdu plus de 50 % de sa superficie viticole, passant de 434 700 ha en 1974 à 211 200 ha en 2023, même si le rythme de déclin a ralenti au cours de la dernière décennie. Néanmoins, la superficie du vignoble languedocien reste deux fois plus grande que celle de l’Allemagne et 60 % supérieure à celle de l’Australie. Source: AAWE

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 4 000 pieds par hectare. L’écartement entre les rangs ne peut être supérieur à 2,50 mètres.

Chaque pied dispose d’une superficie maximale de 2,50 mètres carrés. Cette superficie est obtenue en multipliant les distances d’inter-rang et d’espacement entre les pieds sur un même rang.

La taille est effectuée avant le stade E, trois feuilles étalées sur les 2 premiers yeux francs. Les vignes sont taillées en taille courte, à coursons, avec un maximum de 12 yeux francs par pied ; chaque courson porte un maximum de 2 yeux francs ;

  • —  Le cépages yrahN peut être taillé en taille Guyot simple avec un maximum de10 yeux francs par pied, dont 6 yeux francs maximum sur le long bois et 1 ou 2 coursons de rappel à 1 ou 2 yeux francs maximum ;
  • —  Pour le cépage grenache N, les pieds sujets à coulure, peuvent être taillés avec un long bois portant 5 yeux francs au maximum.

L’irrigation peut être autorisée conformément aux dispositions de l’article D. 645-5 du code rural et de la pêche maritime.

Lors de la récolte, les grappes sur pied ne sont en contact avec aucun autre végétal que la vigne. Ajout du 26 juin 2023

—  Le paillage plastique est interdit.

—  Afin de préserver les caractéristiques du milieu physique et biologique qui constitue un élément fondamental du terroir,

— le désherbage chimique des tournières est interdit

— la maitrise de la végétation, semée ou spontanée, est assurée par des moyens mécaniques ou physiques sur l’inter-rang, à l’exception des vignes dont la distance inter-rang est inférieure ou égale à 1,8 m. ».

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

les vin « primeur » et « nouveau » sont présentés obligatoirement avec l’indication du millésime.

—  Les vins de l’appellation d’origine contrôlée «Languedoc» peuvent être complétés  non par les dénominations géographiques complémentaires « Cabrières », « Grés de Montpellier », « La Méjanelle », « Montpeyroux », « Pézenas », « Quatourze », « Saint-Christol », « Saint-Drézéry », « Saint-Georges-d’Orques », « Saint-Saturnin », « Sommières », l’appellation d’origine contrôlée susvisée soit inscrite, complétée le cas échéant par les dénominations géographiques complémentaires.

NB: Grés de Montpellier est une AOC depuis le 14 mai 2024.

Ajout d’une dénomination géographique complémentaire transitoire  « Saint-Drézéry » L’ODG de l’AOC « Languedoc » demande d’inscrire dans le cahier des charges une mesure transitoire visant à permettre jusqu’à la récolte 2030 l’usage de la dénomination complémentaire « Saint-Drézéry » pour les vins issus de raisins récoltés sur les parcelles appartenant à l’aire délimitée « Languedoc » sur la commune de Saint-Drézéry. Cette commune non retenues dans la délimitation parcellaire de l’AOC « Languedoc »  initialement mais reconnue en juin 2021. Modification du 26 juin 2023.

Dernière modification du cahier des charges : 10/08/2024

Ratification des modifications par l’Union Européenne le 20/02/2025

VIGNOBLES DU LANGUEDOC-ROUSSILLON

PRÉSENTATION GÉNÉRALE DE LA RÉGION VITICOLE

Le vignoble du Languedoc longe la Mer méditerranée, de Nîmes à l’étang de Leucate . Il s’appuie à l’intérieur sur les contreforts des Cévennes, la Montagne noire et va se nicher jusqu’aux pieds des Pyrénées-Orientales.

Un vaste réseau hydrographique composé de fleuves et de rivières descendant des massifs environnants a modelé et façonné un relief de coteaux, de collines et de vallées. Une végétation de type méditerranéen (pins d’Alep, chênes verts, et garrigue) se partage l’espace laissé libre par la vigne.

La production de vin du Languedoc-Roussillon représente au total le tiers de la production française. Il y a 20 ans, la production totale avoisinait 30 millions d’hectolitres. Elle a diminué d’un tiers, et de plus de 10 millions d’hectolitres. 80% de la diminution de production française de vins de table ont été obtenus dans le Midi.

Les vignobles de qualité AOP : 35 182 hectares de vignes AOP (2015 et IGP Sud de France : 30 802  hectares de vignes IGP (2015). Ce qui représente au total seulement 30 % de la superficie totale du vignoble régional Languedoc-Roussillon (9% du vignoble français).

En France, les des vins AOP du Languedoc, représentent 893 750 hl, pour 402 millions d’euros de CA. 

Les débouchés en France se répartissent entre : 50 % vers la Grande Distribution, 35 % vers le circuit traditionnel CHR et cavistes, 15 % de vente à la propriété.

HISTOIRE

L’histoire du vignoble du Languedoc débute avec les Grecs qui introduisirent la vigne au Ve siècle avant J.C. Ce vignoble se développe à l’époque romaine, comme en témoigne la Villa gallo-romaine de Loupian.

Mosaïques de la Villa de Loupian Source: By Emeraude – Own work, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1620818

La région narbonnaise devient l’un des fournisseurs en vin de Rome. De nombreuses amphores fabriquées dans les ateliers de Béziers à l’époque romaine ont été retrouvées en Italie. Les vins du Languedoc étaient généralement des vins doux obtenus par séchage des raisins. L’empereur Dominitien, pour protéger les vins italiens, mit un frein à la prospérité viticole languedocienne en 92. Il interdit toute plantation de vignes dans l’Empire et imposa l’arrachage de la moitié des vignes dans les provinces. L’interdiction sera annulée 200 ans plus tard, par l’empereur Probus.

La fin de l’Empire Romain d’Occident est une période difficile, la région voit disparaître une partie de son vignoble, disputée par les Wisigoths, les Francs et les Arabes, elle perd peu à peu de son unité. 

Le Moyen Âge voit la mainmise de l’Église qui s’intéresse à la vigne, source de richesse et de pouvoir. En 782, saint Benoît d’Aniane, fils du Comte de Maguelonne fonde l’abbaye d’Aniane. Dès le VIIIe siècle, un réseau d’abbayes et de monastères se développe avec Saint-Saturnin et Cabrières, St-Chinian, Valmagne. La culture de la vigne est l’une des principales activités monastiques.

À la fin du XIIIe siècle, les vins du Languedoc recommencent à être exportés tant par les ports de Villeneuve-lès-Maguelone, de Saint-Gilles et d’Aigues-Mortes. En 1280,  Arnaud de Villeneuve (1235-1311), médecin né en Catalogne qui a fait ses études à Montpellier, distille du vin et met au point l’alambic et créant ainsi « l’eau-de-vie »

Bien avant la Champagne, le Languedoc produit des vins pétillants. En 1531 naît le premier brut du monde dans les caves de l’abbaye bénédictine de Saint-Hilaire près de Limoux. Un moine y découvre que le vin qu’il avait mis en bouteilles et soigneusement bouché formait des bulles, comme s’il commençait une nouvelle fermentation.

En 1623 Henri II de Lorraine interdit que les vins importés soient plus chers que ceux de sa région, mais cette ordonnance ne s’appliquait pas aux vins muscats. Au XVIIe siècle, le Languedoc est loin des lieux de consommation, les vins n’étaient donc consommés que par les riches notables. Mais l’ouverture du canal du Midi en 1680 permit aux vins d’atteindre Bordeaux par voie d’eau.

Le « terrible hiver » 1709 toucha beaucoup de vignes du royaume. Heureusement le Languedoc et le Roussillon furent moins durement affectés. La couronne facilita l’approvisionnement vers Paris en abaissant les douanes intérieures pour les vins en provenance de ces régions.

Ces allégements durèrent jusqu’en 1740. En 1729, les États du Languedoc font soumettre à la signature royale un arrêté du 27 septembre organisant la production et le commerce des vins et eaux-de-vie du Languedoc, fixant les modes de fabrication et les contenances des futailles, le contrôle de la production, la marque à feu à apposer sur le fond de la barrique. C’est l’un des premiers exemples d’organisation régionale de la production vinicole en France.

En 1776, l’économiste français Turgot contrôleur général des finances (1774-1776) sous Louis XVI supprime le « Privilège de Bordeaux», les vins du Languedoc peuvent transiter librement vers l’Atlantique. 

Le développement des chemins de fer permit d’expédier plus facilement du vin aux mineurs et ouvriers du nord de la France notamment. Ce fut la période de plus grande prospérité du vignoble languedocien.

Malgré l’apparition de maladies inconnues (le mildiou et l’oïdium en 1852), la production est en très forte augmentation, de 1850 à 1869 la récolte s’accroît de 380 % [Hérault : de 4 M hl à + 15 M hl (record absolu jamais atteint), Aude + Gard : 21 M hl]. C’est à Fabrègues qu’Henri Marès invente la bouillie au sulfate de cuivre qui sera appelée « bouillie bordelaise ».

Béziers s’autoproclame « Capitale mondiale du vin ». C’est l’époque de l’enrichissement des négociants qui se font construire des « folies » dans la campagne, autour de Montpellier, Béziers ou Narbonne mais aussi des hôtels particuliers en ville.

En 1868, le phylloxéra met un coup d’arrêt à cette expansion.

Les vins d’Algérie viennent combler le déficit de production et la contrefaçon est massive. À partir de 1880, on replante le vignoble avec des cépages particulièrement productifs. Il en résulte une surproduction mais les viticulteurs l’imputent aux vins contrefaits. Cette situation déclenche des mouvements sociaux d’ampleur qui feront 7 morts à Narbonne le 20 juin 1907. Le gouvernement emploie l’armée pour mater les révoltes mais une partie des forces armées fraternise avec les manifestants. La mutinerie du 17e Régiment d’infanterie sera immortalisée par les  paroles de la chanson de Montéhus , dont le refrain clame : « Salut, salut à vous, Braves soldats du dix-septième…

La Loi du 29 juin 1907 permet une sortie de crise car elle empêche le mouillage des vins et les abus de sucrage.

Cette surproduction chronique est absorbée pendant la Première Guerre et le vin bon marché devient partie intégrante de la ration alimentaire des poilus qui le baptisent « le pinard ».

Il y a plus de 100 ans, l’échaudage était un traitement antiparasitaire important dans les vignobles. De l’eau bouillante était versée sur les vignes afin de tuer les larves de la tordeuse européenne de la vigne (Lobesia botrana). Ici, une carte postale représentant des ouvriers viticoles à Saint-Couat-d’Aude (Languedoc-Roussillon), ca. 1910

C’est en 1945, après la création de l’INAO (Institut National des Appellations d’Origine) en 1936, que l’appartenance du vin à son lieu de production s’amorce. Les appellations se crééent en succession rapide. De 1945 à 1960, de nombreux VDQS seront reconnus : les 12 terroirs actuels ainsi que Faugères et St-Chinian. Parallèlement, la Clairette du Languedoc, l’une des plus anciennes AOC de la région est classée en AOC en 1948.

Mais le vin du Languedoc souffre d’une très faible notoriété et produit massivement de vin de table dans un contexte de consommation qui commence à baisser.  Cela entraine de nouveaux mouvements sociaux avec la manifestation de Montredon en 1976.. 

À partir des années 1980, le vignoble languedocien n’a pas d’autre choix que d’abandonner la quantité pour viser à la qualité. On assiste à une restructuration générale du vignoble. D’un côté, un arrachage massif des plants de vigne et d’un autre, les cépages typiquement méditerranéens sont développés en parallèle avec réimplantation  des cépages traditionnels. En 1988, la possibilité de produire des vins blancs est reconnue sur l’ensemble de l’appellation (elle était réservée auparavant à La Clape et Picpoul de Pinet).

Cette stratégie aboutit à la classification progressive de son terroir en diverses Appellations d’Origine Contrôlée, garantes de la qualité et de l’authenticité des vins désormais offerts à des consommateurs nationaux et internationaux.

Depuis 2007 l’appellation Languedoc permet la réorganisation pour une meilleure visibilité au consommateur. En 2011 : l’aire de l’AOC Languedoc s’agrandit de 40 communes, en 2013 : reconnaissance de l’AOC Picpoul de Pinet, 2014 : reconnaissance de l’AOC Terrasses du Larzac, 2015 : reconnaissance de l’AOC La Clape, 2016 : reconnaissance de l’AOC Pic Saint Loup.

CLIMAT ET SOLS

Le climat est de type méditerranéen : chaud et sec en été avec de fortes précipitations en automne et au printemps. Deux cents jours par an, un vent sec appelé tramontane ou cers balaie la région. En automne et au printemps, un vent marin (le marin) se lève et apporte humidité et pluies. Du littoral à la zone montagneuse, on note des différences de pluviométrie et de température. À proximité du seuil de Naurouze, les influences océaniques se font sentir.

Le vignoble est installé sur toutes les formations géologiques qui vont des schistes de l’ère primaire aux alluvions du Quaternaire. Les formations les plus présentes sont les hautes, moyennes et basses terrasses alluviales du Rhône, de l’Hérault ou de l’Aude, les schistes de la Montagne Noire, des Pyrénées ou des Corbières et les formations calcaires secondaires et tertiaires : sols argilo-calcaires, calcaire dur, des garrigues, des molasses, des marnes …

PRINCIPALES RÉGIONS VITICOLES

On   recense 31 AOPs dans la région du Languedoc-Roussillon (l’Aude, Gard, l’Hérault et Pyrénées-Orientales et Bouche-du-Rhone pour la nouvelle appellation Sable de Camargue).


Source: Jacqueline Uztarroz, terroirsdumondeeducation.com 

CÉPAGES PRINCIPAUX ET STYLE DE VIN

Les vins sont des vins d’assemblage de cépages principaux, complémentaires et accessoires.

Les cépages principaux sont pour les vins traditionnels : cabernet franc, cabernet-sauvignon, carignan, grenache noir, merlot, syrah pour les rouges et les rosés et clairette, bourboulenc, grenache blanc, macabeu, marsanne, roussanne, vermentino pour les blancs.

Dans le Limouxin (Limoux) sont présents trois cépages allochtones : le mauzac (cépage gaillacois), le chenin (cépage de Loire) et le chardonnay (cépage bourguignon) et pinot noir (cépage bourguignon) pour le Crémant de Limoux.

Le cépage mauzac est utilisé pour élaborer la Blanquette de Limoux.

Le muscat à petits grains est le cépage principal des Vins Doux Naturels blancs.  

LES AOPs DU LANGUEDOC-ROUSSILLON

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CLASSIFICATIONS DES VINS ET VIGNOBLES DE BORDEAUX

Bordeaux, inaugure la notion de classification dès 1855 sous Napoléon III.

Il existe en Gironde plusieurs classements, énumérés par ordre d’ancienneté :

Le classement de 1855

Le classement des Graves

Le classement de Saint-Émilion

Classement des crus bourgeois du médoc

Le classement des Crus Artisans

Il n’y a pas de classification officielle des vins de Pomerol.

CLASSIFICATION DE 1855

Historique

En 1855 se tint à Paris une Exposition Universelle qui assembla des produits venus de toutes les régions françaises, et du monde entier. Bordeaux envoya des vins sélectionnés par la Chambre de Commerce. Les organisateurs se heurtèrent alors à un délicat problème : ce choix ne comportait que six bouteilles pour chaque domaine, quantité tout juste suffisante pour un étalage, et pour une dégustation restreinte par un comité de juges. Les milliers de visiteurs de l’Exposition n’auraient donc pas la possibilité de juger par eux-mêmes des diverses qualités des vins de Bordeaux. Ils devraient se contenter de voir l’alignement des bouteilles dans les vitrines, et de disposer d’une carte détaillée du Bordelais, destinée à mieux attirer l’attention sur la richesse et l’excellence des régions de production. Cette carte était accompagnée d’un tableau des plus grands vins, établi par le Syndicat des courtiers à la demande la Chambre de commerce.

Les courtiers étaient tout indiqués pour cette tâche, car des trois acteurs de commerce du vin (producteurs, négociants, courtiers), c’étaient ceux qui en avaient la vue la plus complète. Les propriétaires connaissaient leur vin mieux que personne, mais avaient une idée moins nette du destin de leur production hors des limites de leur domaine. Les négociants connaissaient bien le marché, mais avaient des notions peu précises sur les conditions de production des vins qu’ils vendaient. Seuls les courtiers unissaient une connaissance directe des vignobles en raison de leurs visites aux producteurs tout au long de l’année, et un sens concret des conditions commerciales grâce à leurs rapports avec le marché.

Ainsi, le 5 avril 1855, la Chambre de commerce adressa au Syndicat des courtiers une lettre demandant « une liste de tous les crus classés de vin rouge du département, aussi exacte et complète que possible, précisant à laquelle des cinq catégories appartient chaque domaine et dans quelle localité il est situé ». L’exposition devant s’ouvrir dans le mois, le délai accordé était très bref. Le syndicat des courtiers disposait heureusement de toutes les sources nécessaires pour fournir dans un délai aussi court la liste des meilleurs crus.

Le 18 avril, cette dernière fut connue sous le nom de « classification de 1855 », et 150 ans après son établissement elle fait encore autorité dans le monde du vin.

Cette classification n’incluait pas nécessairement les vins envoyés à Paris par la Chambre de commerce. En fait, la plupart des domaines classés ne furent pas présentés à l’Exposition : en lisant de près le document original, on s’aperçoit que leur absence est signalée après leur nom par le mot point.

Enfin, cette classification n’incluait pas nécessairement un vin qui avait atteint une qualité exceptionnelle en 1854, le système de classement était fondé sur une appréciation de plusieurs années, et seule une qualité constante assurait à un cru sa place dans la hiérarchie. En conséquence, la seule raison de la présence d’un domaine dans la classification de 1855 était son mérite intrinsèque, et sa capacité constante, prouvée au long des années, de produire un grand vin.

Avec le temps, cette liste de courtiers affirma une autorité que n’atteignit aucune version antérieure à 1855. Durant toute la moitié du 19ème siècle, elle fixa les idées sur l’excellence des grands bordeaux. Cependant, il ne faut pas croire que cette référence pour les amateurs de vin ait empêché le marché de réévaluer les prix en fonction de l’évolution de la qualité. Comme le montrent certains crus, le génie de la classification de 1855 est de n’avoir jamais interdit au marché d’assurer à un vin de qualité sa juste récompense commerciale. Même s’il n’y a eu, en 150 ans, que deux changements dans la liste d’origine — la promotion du Mouton Rothschild en juin 1973, et l’inclusion du Cantemerle parmi les cinquièmes crus le 16 septembre 1855 —, les prix sont toujours restés mobiles en fonction de la qualité, et, selon les années, un grand cru peut toujours, par ses tarifs, se trouver au-dessus ou au-dessous de son rang «officiel » de 1855.

Personne aujourd’hui n’affirmerait que ce jugement des courtiers de 1855 peut encore s’appliquer très exactement à la situation actuelle du Bordelais, mais leur liste reste d’une remarquable validité. Elle conserve un grand pouvoir promotionnel, non seulement pour les vins classés, mais aussi pour ceux de toute la région. Aucune autre région viticole au monde ne possède un aussi prestigieux outil de classification. C’est une carte incomparable, fiable et rassurante, pour guider les novices dans leurs premiers choix de bouteilles. Le label «Grand Cru Classé en 1855 » est une garantie légendaire de qualité, et c’est toujours avec fierté qu’on sert à des invités un vin qui le mérite.

Ainsi, cette ancienne liste de courtiers demeure un élément moteur pour toute la région bordelaise, à mesure que de nouveaux marchés, comme l’Amérique du nord au milieu du 20ème siècle et l’Asie quelques décennies plus tard, découvrent la qualité de ses vins et le plaisir de les déguster.

CLASSEMENT DE 1855

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CLASSEMENT DES CRUS BOURGEOIS DU MÉDOC

Historique

Il y a plusieurs siècles, lorsque le bourg de Bordeaux est sous domination anglaise, les marchands étaient exonérés de charges sur la vente locale ainsi qu’à l’export de vins issus de leurs vignes.
Ce privilège assurera leur fortune, permettant à ces « bourgeois » d’acquérir dès le XVème siècle les meilleures parcelles du Médoc, rapidement dénommées « Crus des Bourgeois ». Le prix de ces différents crus sera établi pour la première fois en 1740 dans un document rédigé par la chambre de commerce de Bordeaux.

Une hiérarchisation va alors progressivement apparaître, conduisant M. d’Armailhac à publier un ouvrage en 1858 répartissant officieusement 248 Crus Bourgeois en trois catégories. Pendant plusieurs années, certains de ces Crus Bourgeois sont pressentis pour intégrer le Classement de 1855 en 5ème et 6ème Crus Classés mais cela ne se fera pas.

Il faut attendre le début du XXème siècle (1932) pour que soit créé un premier véritable classement sous la houlette de la chambre de commerce de Bordeaux et de la chambre d‘agriculture de la Gironde recensant 444 « Crus Bourgeois du Médoc ». Bien que ce classement n’ait jamais été soumis à l’homologation ministérielle, il servira de référence pendant plusieurs décennies. 

1962 voit naître le Syndicat des Crus Bourgeois du Médoc et, en 1979, la réglementation communautaire sur l’étiquetage reconnait la mention traditionnelle « Cru Bourgeois » sous réserves que son utilisation soit encadrée par l’État français.

Le 17 juin 2003, un arrêté ministériel homologue le premier classement officiel des Crus Bourgeois du Médoc qui consacre 247 châteaux sur 490 candidats répartis en 151 « Crus Bourgeois », 87 « Crus Bourgeois Supérieurs » et 9 « Crus Bourgeois Exceptionnels ». 

Certains crus non classés dénoncent alors un manque d’équité car le jury d’experts était composé de 18 professionnels dont le Président du Syndicat des Crus Bourgeois du Médoc de l’époque (conformément à l’organisation prévue par l’arrêté ministériel du 30 novembre
2000). En 2007 la Cour Administrative d’Appel de Bordeaux prononce finalement l’annulation de l’arrêté du 17 juin 2003 sur un critère retenu :
« On ne peut être juge et partie ». 

Afin de sauver la mention, le syndicat et ses adhérents se mobilisent pour établir une démarche de qualité. L’homologation par les pouvoirs publics français d’une démarche de sélection qualitative sera mise en place par le décret du 20 octobre 2009 & l’arrêté du 16 novembre 2009. 
En 2010, le Syndicat des Crus Bourgeois du Médoc achève la mise en œuvre de sa nouvelle démarche de qualité et publie sa première Sélection Officielle en septembre (millésime 2008).
La Sélection Officielle des Crus Bourgeois du Médoc est alors publiée chaque année en septembre.

En septembre 2016 lors d’une Assemblée Générale Extraordinaire, les adhérents du syndicat valident à 78% des voix le cahier des charges du futur Classement qui sera publié en 2020. Cette validation sera suivie par l’homologation des pouvoirs publics fin 2017 du cahier des charges et du plan de vérification qui serviront à établir le nouveau Classement des Crus Bourgeois du Médoc (arrêté ministériel du 29 décembre 2017 publié au Journal Officiel le 4 janvier 2018).
Après dix ans, cette sélection évolue vers un classement quinquennal qui réinstaure les niveaux « Cru Bourgeois », « Cru Bourgeois Supérieur » et « Cru Bourgeois Exceptionnel » à partir du millésime 2018.

LES CRUS BOURGEOIS

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CLASSEMENT DES VINS ET DES VIGNOBLES DE SAINT-ÉMILION

Historique

Le classement des vins de Saint-Émilion date 1955, à la suite d’une décision prise en 1954 par le Syndicat viticole des vins de Saint-Émilion (appelé désormais le Conseil des vins de Saint-Émilion). Depuis sa création, ce classement décennal a été revu six fois : en 1959, 1969, 1986 (les dix ans n’ont pas été respectés), 1996, 2006, et 2012. En septembre 2022, un nouveau classement est rendu public.

Saint-Émilion possède deux AOPS, Saint-Émilion Grand cru AOP et Saint-Émilion AOP. Le classement des vins de Saint-Émilion ne s’applique uniquement qu’aux vins de l’AOP Saint-Émilion Grand cru. L’AOP Saint-Émilion n’a pas de classement.

On appelle couramment les Premiers grand crus classés A les vins qui sont, dans le classement officiel, situés dans la partie Premiers grands crus classés et qui ont reçu la « distinction A.

On appelle couramment les « Premiers grand crus classés B » les vins qui sont, dans le classement officiel, situés dans la partie Premiers grands crus classés et qui n’ayant pas reçu la « distinction A » sont considérés comme B (même si aucune distinction B n’existe officiellement).

Le Conflit de 2006

Le classement de 2006 est devenu un véritable imbroglio judiciaire  puisque, tout d’abord suspendu par le tribunal administratif de Bordeaux le 29 mars 2007 avant d’être rétabli par le Conseil d’État en novembre de la même année, un recours en annulation déposé par huit propriétés déclassées lors de cette dernière révision du classement a provoqué l’annulation formelle du classement le 1er juillet 2008 par le tribunal administratif de Bordeaux, annulation qui a conduit le Sénat, une semaine plus tard, à rétablir de fait par un amendement le classement de 1996 en autorisant les exploitations en ayant bénéficié de 1996 à 2006 à en utiliser la mention sur les étiquettes des millésimes allant de 2006 à 2009.

L’annulation prononcée par le tribunal administratif de Bordeaux a été ensuite confirmée par la cour administrative d’appel de Bordeaux le 12 mars 2009 puis par le Conseil d’État le 23 décembre 2011.

Toutefois, après deux tentatives mises en échec par le Conseil constitutionnel en décembre 2008 et février 2009, le Parlement, par une loi du 12 mai 2009, a complété l’initiative prise par le Sénat en 2008, en étendant la durée de vie du classement de 1996 jusqu’en 2011 et en autorisant l’utilisation des mentions « grand cru classé » (châteaux Bellefont-Belcier, Destieux, Fleur Cardinale, Grand Corbin, Grand Corbin-Despagne et Monbousquet) et « premier grand cru classé » (châteaux Pavie-Macquin et Troplong-Mondot) pour les huit propriétés promues par le classement annulé de 2006 et non comprises dans le classement de 1996 remis en vigueur.

À la suite de ces incidents, une nouvelle procédure de classement avait été mise en place pour la récolte de 2012, plaçant l’ensemble de la procédure sous l’autorité de l’INAO. Ce nouveau classement a été rendu public le 6 septembre 2012 par l’INAO et est entré en vigueur en novembre de la même année au moment de sa publication au Journal officiel. En 2013, le classement établi en 2012 fait l’objet de plusieurs demandes d’annulation, en raison d’erreurs et de non-respect de la réglementation. La même année, trois viticulteurs déchus de ce classement portent plainte contre X pour prise illégale d’intérêts, considérant que les lauréats de ce classement sont juges et partie car participent à la désignation des membres et du président de la commission de classement, Hubert de Boüard, propriétaire du Château Angélus.

Le classement de 2012

En 2012, 82 châteaux ont été classés, dont 18 premiers grands crus classés et 64 grands crus classés, avec deux montées en premier grand cru classé A, quatre entrées en premier grand cru classé B et neuf entrées en grand cru classé. Ce dernier classement a été proposé provisoirement par l’INAO en date du 6 septembre 2012 et a fait l’objet d’une validation définitive et est entré en vigueur au moment de sa publication au Journal officiel.

La classification des Crus A et B s’établit comme suit :

Premiers grands crus classés A

Château Angélus – promu en 2012

Château Ausone

Château Cheval Blanc

Château Pavie – promu en 2012

Premiers grands crus classés B

Château Beau-Séjour Bécot

Château Beauséjour (Duffau-Lagarrosse)

Château Bélair-Monange

Château Canon

Château Canon-La-Gaffelière (en) – promu en 2012

Château-Figeac

Château La Gaffelière

Château La Mondotte (de) – promu en 2012

Château Larcis-Ducasse (en) – promu en 2012

Château Pavie-Macquin

Château Troplong-Mondot

Château Trottevieille

Château Valandraud (en) – promu en 2012

Clos Fourtet

Le Classement de 2022

Le 8 septembre 2022, l’INAO publie la liste des 85 châteaux classés, dont 14 premiers grands crus et 71 grands crus ; ce classement est valable pour les récoltes 2022 à 2031 incluses.

Le règlement du classement a été publié par l’arrêté du 14 mai 2020 ; pour candidater au classement de l’appellation saint-émilion-grand-cru, un total de 144 propriétaires ont déposé un dossier auprès de l’INAO de mars à juin 2021. En juin 2021, les propriétaires de Château Ausone et de Château Cheval Blanc annoncent dans un communiqué qu’ils ne candidatent pas, critiquant les critères d’évaluation fixés par la commission de classement. Le 5 janvier 2022, le Château Angélus se retire de la procédure, puis en juin 2022 le Château La Gaffelière fait de même.

Trois propriétaires ont attaqué l’INAO en justice pour avoir rejeté leur candidature : Château Croix de Labrie, Château Tour Saint-Christophe et Château Rocheyron. Si les deux premiers ont gagné leur procédure auprès du tribunal administratif de Bordeaux en décembre 2021, le troisième a été débouté en février 2022. Source française : https://fr.wikipedia.org/wiki/Classements_des_vins_de_Saint-Émilion

Source anglaise : https://en.wikipedia.org/wiki/Classification_of_Saint-Émilion_wine

Le classement des vins de Saint-Émilion Grands crus s’établit comme suit :

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CLASSEMENT DES VINS ET DES VIGNOBLES DE GRAVES

Historique

C’est en 1953, qu’un un jury de professionnels, réunis par l’Institut National des Appellations d’Origine (I.N.A.O.), s’est réuni afin d’établir un classement pour ces vins d’exception..
Il y a fort à penser que dès l’époque antique, les vignes avaient commencé à coloniser ces terroirs, autour du castrum gallo-romain de Burdigala (ancien nom de Bordeaux). Mais peu de témoignages de cette époque sont parvenus jusqu’à nous… Le nom de Graves est apparu dans les textes sous la forme de « Las Gravas de Bordeu » au Moyen-Age, regroupant alors les terres entourant les murs de Bordeaux…

C’est véritablement à partir du XIIIe siècle, sous l’occupation anglaise, que ces vins de Graves vont accroitre leur renommée, grâce à la place que leur attribueront les marchands anglais dans le commerce international. La réputation de ces vins de Graves atteint son apogée au XVIIe siècle.Le 27 Octobre 1647, la région viticole des Graves est citée en tête dans la première classification des vins de Bordeaux, établie par la Jurade.

Un siècle plus tard, dans une nouvelle nomenclature, dressée pour l’Intendant de Guyenne, tous les vins classés premiers ou seconds crus sont issus des « Bonnes Graves » de Bordeaux. (correspondant aujourd’hui à l’A.O.C. Pessac-Léognan)….

, les propriétaires des Graves se fédèrent et créent, en 1904, le Syndicat Viticole des Graves de Bordeaux, qui demande officiellement en 1950 le classement des Graves à l’Institut National des Appellations d’Origine.

Trois ans plus tard, en janvier 1953, l’I.N.A.O. promulgue le Classement officiel des Graves, en rouge et en blanc, et publie une liste de 16 crus des Graves, aux côtés du Château Haut-Brion. La liste entérinée en août 1953, est par la suite, légèrement élargie, en 1959 (sans apporter de grands changements) . C’est ce classement qui prévaut actuellement.

CLASSEMENT

16 crus classés qui appartiennent tous à l’AOC Pessac-Léognan:

7 crus en rouge, 3 crus en blanc, 6 crus en rouge et blanc.

Château Haut-Brion, le seul vin de Bordeaux à être classé deux fois. En effet, il figure dans le classement des Crus Classés de Graves et dans celui des Grands Crus Classés en 1855.

VINS ROUGES : Château Haut Brion, (premier cru en 1855) ; Château Bouscaut ; Château Carbonnieux ; Domaine de Che- valier ; Château de Fieuzal ; Château Haut Bailly ; Château La Mission Haut-Brion ; Château La Tour Haut-Brion* ; Château Latour-Martillac ; Château Malartic-Lagravière ; Château Olivier ; Château Pape Clément ; Château Smith Haut Lafitte.

VINS BLANCS : Château Bouscaut ; Château Carbonnieux ; Domaine de Chevalier ; Château Couhins ; Château Couhins- Lurton ; Château Latour-Martillac ; Château Laville Haut-Brion* ; Château Malartic-Lagravière ; Château Olivier.

*Depuis 2014, deux de ces châteaux, Château La Tour Haut-Brion et Château Laville Haut-Brion ont fusionné dans les
propriétés existantes du Domaine Clarence Dillon. Depuis le millésime 2009, le Château Laville Haut-Brion est produit sous son nom originel, Le château La Mission Haut-Brion blanc.

CRUS ARTISANS

Historique

En médoc, la dénomination Crus Artisans existe depuis plus de 150 ans. «Cook & Ferret » dans l’édition de « Bordeaux et ses vins » de 1968 en faisait largement état.

Au cours du XVII° siècle apparaît la notion de Crus. Elle identifie soit des zones viticoles plus ou moins importantes, soit certains lieux dits, soit des propriétés particulières.

A cette époque – comme aujourd’hui- créer, entretenir un vignoble, produire un vin de qualité n’est pas mince affaire et exige construction, matériel, animaux de trait et beaucoup de main d’œuvre. De ce fait nos campagnes sont peuplées et nécessitent l’installation de nombreuses activités pour subvenir aux besoins de chacune telles que : charron, maréchal ferrant, sellier, tonnelier….

Souvent ces artisans sont propriétaire de vignes et les cultivent eux-mêmes.
Cette désignation, de prime abord simpliste, permet de distinguer une nouvelle famille de crus, ainsi que la qualité de leurs vins.

Au fils des temps les désignations s’affinent, outres les Crus Classés, apparaissent des Crus Bourgeois supérieur, des Crus Bourgeois, des 1ers Artisans, des Crus Artisans et des Crus Paysans.
Tous les Corps de métiers sont présents, Sébileau et Rapet charpentiers à St Estpehe, Lagarde maréchal ferrant à Saint Julien, Videau tonnelier à Saint Germain d’Esteuil…

La plupart des ces propriétés sont de dimension modeste, leurs propriétaires travaillent eux même les vignes, faisant parfois appel à de la main d’œuvre locale.

Les crises des années 30, les guerres, ont raison de certaines de ces petites propriétés et de l’usage de ces désignations. Les viticulteurs ayant survécu à ces aléas ne les utilisent plus pour qualifier leurs vins. Pire, ils les dédaignent. Dans l’esprit de beaucoup, l’expression «artisan » devient péjorative.

Pourtant ce terme d’artisans n’est il pas des plus valorisant ?
Ne vient il pas entre autre du Latin ars (art) ? D’après E.Littré, le mot artisan était anciennement l’équivalent d’artiste.
L’expression Crus Artisans n’évoque t’elle pas la propriété où seule la passion de la vigne et du vin règne sans partage.

Au cours des années 80 l’ardeur l’emporte, une nouvelle génération s’installe et bouscule avec respect certaines habitudes.
Il faudra toute l’opiniâtreté d’une poignée de vignerons du Médoc pour relancer cette distinction Crus Artisans en créant en 1989 le syndicat des Crus Artisans du Médoc. Selon l’article IV des ses statuts il a pour « but de regrouper les exploitations autonomes de petite et moyenne taille, où le chef d’exploitation participe effectivement à la conduite de son vignoble, produit des vins AOC et commercialise sa production mise en bouteilles au château ».

En Juin 1994, la réglementation européenne remet à l’honneur cette dénomination et autorise l’inscription sur l’étiquette principale de la mention « Crus Artisans ».
Publié au Journal officiel français en 2006 et 2012, une quarantaine de propriétés peuvent aujourd’hui utiliser le terme « Crus artisans » et en ont l’exclusivité.

le classement est revu tous les 5 ans. 36 propriétés sont classées pour les millésimes 2017 à 2021. Le classement est revu tous les 5 ans.

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POMEROL

Malgré l’absence de classement officiel, de nombreux écrivains et critiques de vin ont au fil des ans proposé leurs propres classifications personnelles qui ont été citées par d’autres sources. En 2001, Master of Wine Clive Coates a inclus un classement des domaines de Pomerol dans son livre Une Encyclopédie des Vins et Domaines de France comme suit :

Premier Grand Cru Classé : (à égalité avec les Premiers Crus Classés du Médoc et Premier Grand Cru Classé (A) du Château Cheval Blanc à Saint-Émilion) Château Pétrus

Cru exceptionnel : (à égalité avec de nombreux deuxièmes et troisièmes crus du Médoc) Château L’Évangile, Château La Fleur-Pétrus, Château Lafleur, Château Latour à Pomerol, Château Trotanoy, Vieux Château Certan et Château Séraphine

Cru exceptionnel :  (à égalité avec de nombreux deuxième, troisième et quatrième crus du Médoc) Château Le Pin, Château Certan de May, Château Clinet, Château La Conseillante, Château Clos l’Église, Château La Fleur-de-Gay et Château Gazin .

Très beau cru: (à égalité avec de nombreux deuxième, troisième, quatrième et cinquième crus du Médoc) Château Beauregard, Château Bon-Pasteur, Château Hosanna, Clos du Clocher, Château la Croix-de-Gay, Château l’Enclos, Château le Gay, Château La Grave-à-Pomerol, Château Lagrange, Château Nenin, Château La Pointe, Château Taillefer et Château Clos-René.

TURSAN AOP

Corrèze AOP par J.Uztarroz (hors échelle)

L’APPELLATION

L’appellation Tursan est réservée aux vins secs tranquilles blancs, rosés ou rouges élaborés sur certaines communes du département du Gers et du département des Landes.

HISTOIRE

L’histoire de « Tursan » est liée à l’existence du Vicomté de Tursan dont le centre historique, Geaune fût fondé en 1318 par le Sénéchal de Gascogne. « Tursan » correspond à une région historique bien définie et délimitée.
L’usage du nom de « Tursan » pour les vins issus de cette petite région des Landes remonte à quelques siècles.

Dès les XIIème et XIIIème siècles, ces vins sont vendus à Cordoue, Séville, Valence et le Royaume de Léon. Par ailleurs, la réunion de la Gascogne à la Couronne d’Angleterre conduit à un intense courant d’échanges commerciaux avec ce pays. La Flandre commerce aussi avec Bayonne et achète les vins de « Tursan ». Le départ des Anglais, en 1453, ruine le commerce bayonnais et bordelais.

Le XVIIème siècle correspond à l’apogée des vins de « Tursan ». A partir de 1620, les quantités de vins présents dans le port de Bayonne croissent sans cesse. Ils descendent l’Adour par bateau à partir de Saint-Sever. Plus de 14 % des surfaces agricoles sont alors consacrées à la vigne.

Vers 1789 des difficultés de transport sont relatées. Moins de 25 ans après, il n’y a plus trace d’exportation. A la fin du XIXème siècle, la région de « Tursan » n’a pas su évoluer, ses anciens acheteurs préfèrent des vins blancs plus doux et ses débouchés sont d’autant plus vite perdus que son vin a baissé en qualité. L’encépagement destiné à la production de vins rouges reposait essentiellement sur le cépage tannat N. Ce cépage robuste est un de ceux qui a le mieux résisté au phylloxéra. Il était associé au cépage cabernet franc N qui apporte de la finesse au rude vin issu du cépage tannat N.

Avant 1850, l’encépagement destiné à la production de vins blancs reposait essentiellement sur le cépage claverie B. Avec l’arrivée de l’oïdium, ce plant très fragile ne put être sauvé que partiellement. Il y avait aussi le cépage piquepoul blanc B, destiné à la consommation du métayer et qui a disparu depuis. D’autres cépages blancs étaient également présents comme les cépages « cruchinet » (chenin B), baroque B et sauvignon B.

Les attaques successives par le phylloxéra, le mildiou et l’oïdium, puis les conséquences des deux guerres et l’avancée de la monoculture du maïs ont pour conséquence une diminution considérablement des superficies des vignes et font reculer le vignoble qui se retranche dans son noyau historique.
Avec la création du « Syndicat de défense du Tursan », en 1952, puis de la Cave Coopérative à Geaune, en 1955, le vignoble est réhabilité avec un encépagement qui repose sur des cépages locaux et régionaux comme les cépages noirs, fer N et tannat N, cabernet franc N ou cabernet-sauvignon N ou les cépages blancs gros manseng B et petit manseng B, baroque B ou sauvignon B.
Les particularités de ce vignoble historique réhabilité sont mises en valeur par la reconnaissance de l’appellation d’origine vin délimité de qualité supérieure le 11 juillet 1958

« Tursan».

La production est assez stable et proche de 15 000 hectolitres par an. Les densités de plantation sont supérieures à 4 000 pieds par hectare.
Même si la vigne reste minoritaire, en surface, au sein de la zone géographique, des structures viticoles importantes se sont développées récemment. Les vignerons sont une petite centaine pour la plupart adhérents à la coopérative « Les Vignerons Landais ». Il existe également 4 caves particulières dont 2 sont récentes, preuve de la vitalité du vignoble de « Tursan ».
Les ventes sont réalisées dans toute la France, avec toutefois, une forte prédominance du département des Landes et des départements limitrophes. Une petite part de la production est expédiée hors du territoire national, notamment vers le nord de l’Europe.

L’appellation d’origine contrôlée « Tursan » est reconnue en 2011.

CLIMAT ET SOLS

La zone géographique est localisée à 70 kilomètres de l’océan Atlantique, au sud de la forêt des Landes. Elle s’inscrit dans un triangle dont la vallée du Gabas forme la base. Les deux autres côtés sont, au nord, la vallée de l’Adour entre les villes de Aire-sur-l’Adour et Saint-Sever, et à l’est, la vallée du Lées, qui rejoint l’Adour à l’entrée de la ville d’Aire-sur-l’Adour.
Dans cette région de coteaux, les parcelles de vignes sont cultivées sur les pentes et s’insèrent dans une agriculture diversifiée où la culture du maïs occupe une place importante. Les versants les plus en pente sont souvent boisés.

La zone géographique s’étend au sud-est du département des Landes, sur le territoire de 36 communes (35 dans le département des Landes et 1 dans le département du Gers) réparties autour de l’ancienne bastide de Geaune.

La zone géographique est soumise à un climat sous influence océanique. Le régime des pluies est abondant avec 900 millimètres à 1 000 millimètres par an, pour 180 jours de pluies. Il est décroissant d’ouest en est. La zone géographique bénéficie aussi des incursions des vents d’est qui favorisent le beau temps et les fortes chaleurs estivales, mais parfois aussi les risques de gelées de printemps. L’été est chaud, et l’arrière saison automnale est souvent longue, douce et chaude.

Les formations géologiques les plus anciennes, qui affleurent significativement, datent de l’Eocéne et sont constituées de grés quartzitiques qui apparaissent sous forme de gros blocs isolés et qui marquent un peu le relief au nord de la zone géographique, vers la commune de Coudures. Mais elles couvrent de petites surfaces peu viticoles.

La molasse continentale datée du Miocène est bien plus présente, notamment en bas des coteaux orientés au couchant, au cœur de la zone géographique où les bancs calcaires marquent le relief par leur dureté et par la végétation où se développent des prairies à orchidées.

La formation géologique, la plus représentée en surface et qui porte l’essentiel du vignoble, date du Serravallien, et est représenté par les « sables fauves ». Cette formation est surtout constituée de sables mais aussi de bancs de graviers et de passages argileux.

Les formations les plus récentes sont représentées par des nappes à galets, dont la « nappe de Maucor », localisée sur les points hauts, de Mauriés à Geaune. Elle colluvionne sur les pentes et est à l’origine de sols très riches en galets. Au Quaternaire se forment des nappes à galets dont la « nappe de Garlin » et la « nappe de Thèze ». Ces nappes sont recouvertes de limons lœssiques épais et forment deux plateaux aux sols humides et profonds, mais elles colluvionnent sur les flancs des vallées et créent ainsi de belles facettes à galets roulés. Ces deux plateaux entourent le cœur de la zone géographique, formé de vallées parallèles et dissymétriques avec un versant pentu orienté vers l’ouest et un versant en pente douce orienté vers l’est.

Les sols développés sur ces substrats sont des sols brunifiés qui dépendent de la nature de la roche mère, de la position dans le relief et de la durée de la pédogénèse.
Les sols plus représentés sont des sols bruns, bien aérés. Ils se développent sur les versants longs des vallons sur substratum sablo-calcaire peu limoneux.

Les sols bruns développés sur galets sont présents sur la « nappe de Maucor » et sur les pentes raides avec colluvions de galets.
Quelques rendzines brunifiées se sont développées sur le substratum calcaire. Enfin des sols argilitisés et rubéfiés se développent sur substratum argileux, notamment sur le sommet des « sables fauves ».

Source: https://www.guide-des-landes.com/

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification et l’élaboration des vins sont assurées sur le territoire des communes suivantes :
1) Dans les communes dont le territoire, dans sa totalité, appartient à l’aire géographique

-dans le département du Gers : Ségos ;

-dans le département des Landes : Aubagnan, Bahus-Soubiran, Bats-Tursan, Buanes, Castelnau-Tursan, Classun, Clèdes, Coudures, Eugénie-les-Bains, Fargues, Geaune, Latrille, Lauret, Mauries, Miramont-Sensacq, , Montsoué, Payros-Cazautets, Pécorade, Puyol-Cazalet, Saint-Agnet, Saint-Loubouer, Sarraziet, Sarron, Serres-Gaston, Sorbets, Urgons, Vielle-Tursan.

2) Dans les communes dont le territoire appartient, pour partie, à l’aire géographique

dans le département des Landes : Aire-sur-l’Adour, Arboucave, Duhort-Bachen, Eyres- Moncube, Larrivière, Montgaillard, Pimbo, Renung.

AIRE DE PROXIMITÉ

Aucune

CÉPAGES PRINCIPAUX

cabernet franc N, baroque B, gros manseng B,  tannat N

Les vins blancs sont issus des cépages suivants :
– cépages principaux : baroque B et gros manseng B.
– cépages accessoires : chenin B, petit manseng B, sauvignon B et sauvignon G

Les vins rosés et rouges sont issus des cépages suivants :
– cépages principaux : cabernet franc N et tannat N
– cépages accessoires : cabernet sauvignon N et fer N

Pour tous les types, les vins proviennent de l’assemblage de raisins ou de vins issus obligatoirement d’au moins des deux cépages principaux.

RENDEMENTS MAXIMAUX

Vins rouges : 63 hectolitres par hectare

Vins blancs et rosés : 68 hectolitres par hectare

VINS ET CARACTÉRITIQUES ŒNOLOGIQUES

Pratique œnologique spécifique
Les vins ne dépassent pas, après enrichissement, un titre alcoométrique volumique total de 13%. Les techniques soustractives d’enrichissement sont autorisées pour les vins rouges et le taux maximum de concentration partielle par rapport aux volumes mis en œuvre est fixé à 10 %.

L’utilisation de charbons à usage œnologique, seuls ou en mélange dans des préparations, est interdite pour l’élaboration des vins rosés.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

Les vignes sont taillées en taille courte (cordon de Royat), en Guyot simple ou double avec un maximum d’yeux francs par pied de :
-14 pour le cépage cabernet franc N ;
-16 pour le cépage petit manseng B ;
-12 pour les autres cépages.
Après le stade phénologique dit « fermeture de la grappe » (stade 33 de Lorenz), le nombre de rameaux fructifères de l’année, par pied, est inférieur ou égal à :
-14 pour le cépage petit manseng B ;
-12 pour les autres cépages.

L’irrigation peut être autorisée.

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée « Tursan » peut préciser l’unité géographique plus grande « Sud-Ouest ».

Dernière modification du cahier des charges : 09  décembre   2016

SAUSSIGNAC AOP

Corrèze AOP par Jacqueline Uztarroz (hors échelle)

L’APPELLATION

L’appellation Saussignac est réservée aux vins blancs tranquilles avec des sucres résiduels élaborés sur le territoire des communes suivantes du département de la Dordogne : Gageac-et-Rouillac, Monestier, Razac-de-Saussignac et Saussignac.

HISTOIRE

Le vignoble de « Saussignac » est d’origine monastique comme en témoigne la charte de donation à Saint-Sylvain qui fait état, dès le XIème siècle, de nombreuses vignes.
Le vignoble se développe au XIIème siècle sous l’impulsion des pèlerins, de plus en plus nombreux sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, qu’il faut nourrir et héberger.
En 1520, les lettre patentes du Roi confirment que la ville de Bergerac et pays circonvoisins, Maurens, Mouleydier, Saint-Nexans, Labarre, Montcuq, Saussignac, La Force, Maduran, Le Fleix et Montréal ont le privilège de faire descendre leurs vins par la Dordogne jusqu’au port de Libourne.
Au XVIIIème siècle, la production de vins présentant des sucres fermentescibles se développe grâce à l’introduction du cépage muscadelle B, appelée localement « muscat fou ».
Le développement de la production des vins de « Monbazillac » et leur succès commercial incitent les producteurs des communes voisines, et notamment ceux de Gageac-Rouillac, à vendre leurs vins sous le nom de « Monbazillac ». Le jugement du tribunal civil de Bergerac du 16 mars 1934 règle définitivement le litige en définissant les limites de la zone géographique de « Monbazillac » et en excluant, en particulier, la commune de Gageac-Rouillac.

Le nom de « Saussignac » réapparaît en octobre 1956, avec la dénomination « Côtes de Saussignac » qui peut compléter le nom de l’appellation d’origine contrôlée « Côtes de Bergerac ».
L’appellation d’origine contrôlée « Saussignac » est enfin reconnue par le décret du 28 avril 1982 et se définit comme un vin blanc moelleux.

La vendange est obligatoirement réalisée par tries successives manuelles des raisins à surmaturité, laquelle est due, soit à l’action de botrytis cinerea, soit au passerillage naturel sur souches.
La production reste encore confidentielle, en 2009, d’environ 1 500 hectolitres produits par an par un groupe de producteurs passionnés constitué d’une trentaine de vignerons indépendants et d’adhérents à une cave-coopérative.

CLIMAT ET SOLS

La zone géographique est limitée naturellement au nord, par la vallée de la Dordogne, à l’ouest, par celle du Seignal, et à l’est, par celle de la Gardonnette et de son affluent le Brajaud qui la sépare de la zone géographique de l’appellation d’origine contrôlée « Monbazillac ».
Elle se caractérise par un ensemble de plateaux, aux versants parfois abrupts et soulignés par des haies et des taillis, dont les parties intermédiaires sont occupées essentiellement par le vignoble.
Le sommet des croupes porte souvent des boisements naturels, particulièrement visibles dans le paysage, et vestiges d’un vignoble pré-phylloxérique. Dans la vaste plaine alluviale de la Dordogne, le vignoble est implanté uniquement sur les colluvions de pied de coteau et la plaine est essentiellement céréalière, avec des vergers de pruniers.
La zone géographique, constituée par 4 communes, se situe dans la partie sud- ouest du département de la Dordogne, aux confins des départements de la Gironde et du Lot-et-Garonne.
Les formations affleurantes du substratum géologique appartiennent exclusivement aux dépôts fluvio-lacustres du Tertiaire. Ces formations sont issues soit de plaines deltaïques marécageuses dans lesquelles se sont déposées des molasses argileuses, soit de lacs dans lesquels se sont déposés des éléments carbonatés.
La structure des plateaux tertiaires est ainsi conditionnée par la présence de niveaux calcaires venus s’insérer dans les niveaux molassiques. Deux niveaux calcaires présentent un intérêt viticole important :
– le calcaire de Castillon, dur et blanchâtre, qui forme une falaise d’une dizaine de mètres de hauteur ; il affleure sous forme de replats pierreux qui s’étendent parfois sur plusieurs centaines de mètres de largeur, à partir de la falaise.
– le calcaire de Monbazillac, blanc, plus friable, de faible épaisseur (de 1 mètre à 4 mètre selon les endroits) et intercalé dans la puissante formation des molasses de « l’agenais » constituée d’argiles carbonatées.
Les sols développés sur versants molassiques sont des sols bruns argileux, épais. La présence d’argiles gonflantes, en limitant l’alimentation hydrique, réduit la vigueur qu’ils peuvent induire à la plante.
Les sols développés sur calcaire dur sont peu épais, chlorosants, capables d’assurer une alimentation hydrique limitée de la plante et induisant à celle-ci une faible vigueur.
Les sols molassiques de plateau sont des sols bruns plus ou moins lessivés. Ils peuvent être à l’origine de boulbènes battantes en sommet de croupes, lorsqu’ils sont recouverts par les limons éoliens. Cultivés en vigne avant le phylloxéra, ils portent aujourd’hui souvent des bois. Ces sols lessivés ont parfois une teneur élevée en fer, comme le soulignent certains noms de lieux-dits : « La Ferrière », « Rouillac », « Ferriol ».
La zone géographique recouvre un vaste plateau argilo-calcaire culminant à 152 mètres d’altitude et présentant un pendage général d’orientation nord, vers la vallée de la Dordogne. Le calcaire de Castillon forme une cuesta et les molasses, qui la surmontent, donnent des formes plus arrondies. De nombreuses vallées creusées par de petits ruisseaux ont largement ciselé le paysage.
Le climat est un climat océanique atténué, avec une pluviométrie plus faible, des températures plus élevées en été et plus froides en hiver, que sur la façade atlantique. Par rapport à la région bordelaise voisine, l’insolation est plus importante en été et la nébulosité plus élevée en été et en automne.

Source: Par paysbergerac — https://www.flickr.com/photos/paysbergerac/8427228104/, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration, et l’élevage des vins sont assurés sur le territoire des communes suivantes du département de la Dordogne : Gageac-et-Rouillac, Monestier, Razac-de-Saussignac et Saussignac.

AIRE DE PROXIMITÉ

L’aire de proximité immédiate pour la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins est constituée par le territoire des communes suivantes du département de la Dordogne : Cunèges, Gardonne, Lamonzie-Saint-Martin, Mescoules, Pomport, Saint-Laurent-des-Vignes, Thénac.

CÉPAGES PRINCIPAUX

muscadelle B, semillon B, sauvignon gris G, sauvignon B

– cépages accessoires : chenin B, ondenc B, ugni blanc B.

La proportion de l’ensemble des cépages principaux est supérieure ou égale à 50 % dans l’assemblage.

RENDEMENTS MAXIMAUX

30 hectolitres par hectare

VINS ET CARACTÉRITIQUES ŒNOLOGIQUES

Toute pratique d’enrichissement, tout traitement thermique de la vendange faisant intervenir une température inférieure à -5°C ainsi que l’utilisation des copeaux de bois sont interdites.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 5 000 pieds à l’hectare par hectare. L’écartement entre les pieds sur le même rang est supérieur ou égal à 0,90 mètre. Chaque pied dispose d’une superficie maximale de 2 mètres carrés.
Les vignes sont taillées selon les techniques suivantes : taille Guyot, taille à coursons en cordon de Royat ou taille à cots.
Chaque pied porte au maximum 10 yeux francs.

L’irrigation est interdite.

Les vins sont issus de raisins récoltés à surmaturité et présentant une concentration par action de la pourriture noble ou par passerillage naturel.
Les parcelles doivent être vendangées manuellement par tries successives.

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée « Saussignac » peut préciser l’unité géographique plus grande « Sud-Ouest ».
Cette unité géographique plus grande peut également figurer sur les prospectus et récipients quelconques. Les dimensions des caractères de l’unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, à celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Dernière modification du cahier des charges : 19 mai  2017

SAINT-SARDOS AOP

Corrèze AOP par J.Uztarroz (hors échelle)

L’APPELLATION

L’appellation Saint-Sardos est réservée aux vins tranquilles rouges et rosés élaborés sur le territoire de certaines  communes du département de la Haute-Garonne et du département du Tarn-et-Garonne.

HISTOIRE

L’histoire du vignoble de « Saint-Sardos » est étroitement liée à celle de l’abbaye de Grand-Selve, fondée en 1114, sur la commune de Bouillac. Cette abbaye de l’ordre de Cîteaux est à l’origine du développement de la viticulture au sein des exploitations familiales, vouées alors à la polyculture. Dès le XIIIème siècle, l’abbaye étend son vignoble de manière significative pour satisfaire les demandes des marchés de Toulouse et de Bordeaux, avant-port de marchés plus lointains, développés surtout à partir du XIVème siècle. Elle possède un chai de 200 tonneaux à Bordeaux et obtient du roi d’Angleterre Edouard Ier une exemption de « leude » (droit de péage) allant jusqu’à 300 tonneaux. Parallèlement, deux autres abbayes contribuent à l’histoire viticole de la région, l’abbaye de Mas-Grenier, fondée en 1179, et l’abbaye de Belleperche, fondée à Cordes-Tolosannes, également au XIIème siècle. Pendant la guerre de cent ans, le commerce est perturbé mais subsiste. Après les dégâts causés par la guerre, les moines s’attachent à reconstituer le vignoble à Belleperche et à Grand-Selve.
Après un commerce du vin très actif au XVIème et au XVIIème siècle, la Révolution vient marquer la fin de l’abbaye de Grand-Selve et le développement des chais particuliers. La vigne représente alors plus du tiers de la surface cultivée. Ainsi, en 1850, 4600 hectares de vigne sont plantés sur le territoire de « Saint-Sardos ». Le phylloxéra touche la région en 1876. Le vignoble est alors replanté en divers cépages d’origine méditerranéenne et atlantique.
En 1955, la cave coopérative de Saint-Sardos est créée et, malgré les fortes gelées de 1956, les producteurs réhabilitent leur vignoble afin d’obtenir un produit de qualité leur assurant un revenu décent. D’importants travaux d’expérimentation et de sélection sont alors engagés chez les producteurs et dans le vignoble expérimental départemental situé sur la commune de Saint Sardos. Ces travaux ont permis d’étudier le comportement des cépages cultivés au sein de la zone géographique en fonction du climat et des différentes situations géo-pédologiques, afin d’apprécier leurs aptitudes culturales. D’autre part, des vinifications ont été réalisées au chai expérimental sur tous les cépages afin de juger de leurs qualités organoleptiques et de leur complémentarité.
Ces efforts techniques aboutissent à la reconnaissance de l’appellation d’origine simple « Vins de Saint-Sardos » le 10 juin 1973, année de création du Syndicat des Producteurs de « Saint-Sardos » puis à la reconnaissance de l’appellation d’origine vin délimité de qualité supérieure en 2005.

En 2008, une superficie de plus de 120 hectares est récoltée par près de 30 producteurs, répartis entre un chai de vigneron indépendant et la cave coopérative de Saint-Sardos. La production se répartit approximativement entre 70% de vins rouges et 30% de vins rosés.

CLIMAT ET SOLS

La zone géographique se situe sur la rive gauche de la Garonne, en Gascogne garonnaise, et plus particulièrement dans la région naturelle de la Lomagne. Le vignoble est implanté sur les terrasses d’alluvions anciennes de la Garonne, déposées sur le substrat molassique tertiaire au cours des différentes glaciations du quaternaire.
Ces terrasses culminent à presque 300 mètres d’altitude et descendent par paliers successifs jusqu’à la basse plaine du fleuve, qui se situe à 100 mètres d’altitude. Plus ou moins larges, elles sont entrecoupées par de nombreuses vallées secondaires. Le paysage, ainsi composé de plateaux disséqués en lanières, présente des versants, souvent en forte pente, aux expositions très variées. Au sud-ouest, la vallée de la Gimone constitue la vallée secondaire la plus large de la zone géographique et met à jour le substrat molassique.
Les alluvions anciennes sont caractérisées par leur richesse en éléments siliceux, graves et sables, et par l’absence de calcaire.
La moyenne terrasse se présente sous la forme de larges plateaux aux sols lessivés, de nature hétérogène, où se mêlent limons, sables plus ou moins grossiers et argiles, irrégulièrement répartis.
Sur la haute terrasse, le réseau hydrographique secondaire a découpé les plateaux en coteaux. L’érosion ayant entraîné les éléments les plus fins, les sols y sont riches en graviers et galets. En situation plane, les sols présentent une altération et un lessivage plus important que sur la moyenne terrasse.
Sur les niveaux supérieurs, les plus anciens cailloutis déposés par le fleuve ne forment parfois plus qu’un mince liseré au sommet des crêtes entre deux vallées parallèles. Les coteaux molassiques présentent des sols bruns argilo-calcaires.
Le paysage est agricole, caractérisé majoritairement par les grandes cultures, essentiellement les céréales et oléagineux, l’arboriculture fruitière et le maraîchage (ail, melons), peu de prairies et quelques massifs forestiers. Le vignoble est dispersé dans le paysage en îlots de taille variable. Sur les plateaux, des unités viticoles importantes sont implantées sur les parcelles présentant les sols les moins fertiles et les mieux drainés. Le reste du vignoble est installé sur le haut des versants des coteaux les mieux exposés.
Ainsi la zone géographique s’étend sur le territoire de 23 communes, partagées entre le sud-ouest du département du Tarn-et-Garonne et une frange nord-ouest du département de la Haute-Garonne.
La zone géographique bénéficie d’un climat océanique à influence méditerranéenne. Les hivers sont relativement doux. Le printemps marque une nette élévation des températures et l’été est caractérisé par un ensoleillement important et des températures élevées. La pluviométrie annuelle oscille en moyenne entre 650 millimètres et 700 millimètres. Elle est régulièrement répartie le long de l’année, excepté au printemps, caractérisé par un pic de pluviométrie important. Les vents dominants sont les vents d’ouest. Océaniques, ils apportent des formations nuageuses et des précipitations. Un peu moins fréquent, le vent d’Autan est un vent chaud et sec venant du sud-est.

Source: https://sud-selections.com/

DÉLIMITATION DE L’APPELLATION

La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration et l’élevage sont assurés sur le territoire des communes suivantes :
– département de la Haute-Garonne : Bellesserre, le Burgaud, Lagraulet-Saint- Nicolas ;

– département de Tarn-et-Garonne : Beaupuy, Beaumont-de-Lomagne, Belbèse, Bouillac, Bourret, Comberouger, Cordes-Tolosannes, Escazeaux, Faudoas, Gariès, Labourgade, Lafitte, Larrazet, Mas-Grenier, Montaïn, Saint-Sardos, Savenès, Sérignac, Verdun-sur-Garonne, Vigueron.

AIRE DE PROXIMITÉ

Aucune

CÉPAGES PRINCIPAUX

syrah N, merlot N, cabernet franc N, tannat N

– Les vins rouges proviennent de l’assemblage de raisins ou de vins dans lequel les 2 cépages principaux sont obligatoirement présents dans une proportion minimale de 60% ; dans l’assemblage, la proportion du cépage syrah N est la plus importante et est inférieure ou égale à 80% ;
– Les vins rosés proviennent de l’assemblage de raisins ou de vins dans lequel 2 cépages sont obligatoirement présents. Dans l’assemblage, la proportion du cépage syrah N est la plus importante.

RENDEMENTS MAXIMAUX

Le rendement butoir est fixé à 63 hectolitres par hectare

VINS ET CARACTÉRITIQUES ŒNOLOGIQUES

– Pour l’élaboration des vins rosés, l’utilisation des charbons à usage œnologique est autorisée, pour les moûts et vins nouveaux encore en fermentation, dans la limite de 20% du volume de vins rosés élaborés par le vinificateur concerné, pour la récolte considérée, à une dose maximale de 60 grammes par hectolitre ;

– Les techniques soustractives d’enrichissement sont autorisées pour les vins

rouges et le taux maximum de concentration partielle par rapport aux volumes mis en œuvre est fixé à 10 % ;
– Les vins ne dépassent pas, après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total de 13%.

Outre les dispositions ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques oenologiques, les obligations figurant au niveau communautaire( UE) et dans le code rural et de la pêche maritime.

CARACTÉRISTIQUES VITICOLES

a) – Densité de plantation
– Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 4 000 pieds à l’hectare. Elles ne peuvent présenter un écartement entre les rangs supérieur à 2,50 mètres. L’écartement entre les pieds sur un même rang est supérieur ou égal à 0,90 mètre.

b) – Règles de taille
Les vignes sont taillées selon les techniques suivantes :
– taille Guyot simple, avec un maximum de 10 yeux francs par pied, dont 8 yeux francs maximum sur le long bois et un courson portant au maximum 2 yeux francs ;
– taille Guyot double à 2 demi-baguettes, nommées localement « tirettes », avec un maximum de 8 yeux francs par pied ;
– taille en cordon bi-latéral, chaque bras portant au maximum 3 coursons à 2 yeux francs maximum.
Le nombre de rameaux fructifères de l’année par pied, au stade phénologique dit « nouaison » (stade 27 de Lorenz) est inférieur ou égal à 8 pour le cépage tannat N et à 10 pour les autres cépages.
L’irrigation peut être autorisée.

AUTRES CARACTÉRISTIQUES

L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser l’unité géographique plus grande « Sud-Ouest ».
Les dimensions des caractères de l’unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, à celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.

Dernière modification du cahier des charges : 09 décembre    2011

Il faut sauver l’AOC Saint-Sardos!

LE 18/03/2024 PAR LES5DUVINDANS ACTUALITÉCOOPÉS DE QUALITÉCOUP DE GUEULESUD-OUEST