Il existe une relation parent / descendant avec la mondeuse blanche. Il est proche génétiquement du cépage italien freisa.
HISTOIRE
Le viognier est un cépage du nord du Rhône et il est probablement originaire de Condrieu et d’Ampuis. Sa présupposée origine dalmate a été réfutée par Jancis Robinson et. al., The Wine Grapes. Il apparaît dans la littérature en 1781 et son nom pourrait venir du mot viorne mais son étymologie est incertaine.
CARACTÉRISTIQUES VITICOLES
C’est un cépage de débourrement précoce donc le gel peut être problématique. Il pousse traditionnellement sur des sols acides mais il s’adapte aussi aux régions plus chaudes mais il a tendance à perdre certaines de ses caractéristiques organoleptiques. Ses grappes sont compactes avec des petits grains à la peau épaisse, résistant ou botrytisme et à la pourriture grise. Il produit souvent des jus élevés en alcool et bas en acidité.
DISTRIBUTION DU CÉPAGE EN FRANCE
Le viognier était en voie d’extinction fin des années 1960 car les clones de l’époque étaient particulièrement susceptibles à la coulure et les rendement étaient très bas. En France en 2009, on n’en recensait que 14 hectares (35 acres) alors qu’aujourd’hui, il y en a 4 395 hectares (10 869 acres). Le peu de vignes restant se trouvaient sur les rives escarpées du Rhône juste au sud de Lyon sur les terrasses granitiques de Condrieu et dans l’amphithéâtre de Château-Grillet juste au sud. Il doit sans doute sa survie aux producteurs du Languedoc et de Californie qui surent améliorer le matériel génétique de la plante et réduire la coulure. Aujourd’hui, ce cépage est en pleine renaissance et il faut souvent partie des assemblages de l’appellation Côte Rôtie. Le cépage est autorisé dans les appellations Côtes du Rhône, Côtes du Rhône-Village et Lirac. Il est aussi largement planté dans le Languedoc mais les vins sont souvent lourds et manquent de fraîcheur.
DISTRIBUTION DU CÉPAGE DANS LE MONDE HORS DE FRANCE
L’appellation Blagny est réservée aux vins secs tranquilles rouges élaborés sur le territoire des communes suivantes du département de la Côte-d’Or : Meursault et Puligny-Montrachet en Bourgogne.
HISTOIRE
L’apparition de la vigne en « Côte de Beaune » remonterait, d’après une étude réalisée par Pierre FORGEOT, au IIème siècle avant Jésus-Christ. A partir du XVème siècle, les vins dits « de Beaune » gagnent toute l’Europe. Ils sont l’image de marque du Duché de Bourgogne, à son apogée. Ce sont des vins rouges, les « pinots vermeils », peu tanniques et capiteux, les seuls capables de voyager. Au XVIIIème siècle, le négoce-éleveur se développe dans la région bourguignonne, donne aux vins de Bourgogne une image nouvelle et organise leur large diffusion à l’échelle européenne. La « Côte de Beaune » alimente en « vins fins » les maisons de négoce beaunoises, qui tiennent une grande part du marché. Le petit hameau de Blagny, situé en limite des communes de Meursault et Puligny- Montrachet apparaît dans l’histoire au Moyen-Âge. Il a pour origine une dépendance de l’abbaye cistercienne de Maizières, située à quelques kilomètres, à l’est. S’il reste peu de témoignages de cette grange, la toponymie en a gardé le souvenir, sous les traits du « chemin des moines », reliant Blagny à la plaine. A la révolution française, Maizières disparaît, confisquée puis vendue comme bien national, et ses possessions sont dispersées. Mais au début du XIXème siècle, les vins de « Blagny » apparaissent parmi les « crus » les plus cotés de « Puligny ». Jullien, dès 1816, le Docteur Lavalle, en 1855, puis Danguy et Aubertin, en 1892, en font état. Enserré entre les grands noms de « Meursault » et « Puligny », célèbres pour leurs grands vins blancs, « Blagny » se réserve une part de notoriété avec les vins rouges produits autour du hameau. Ces vins sont tout naturellement reconnus en appellation d’origine contrôlée « Blagny », en 1937.
Depuis le XVIIIème siècle, les vignobles et leurs facteurs de qualité sont largement étudiés et nombre d’auteurs fournissent, pour la Bourgogne, des classifications de « crus », dont le classement effectué par le Comité de viticulture de l’arrondissement de Beaune, en 1860, constitue un aboutissement. Sur le territoire des communes de la « Côte », chaque « climat » (nom d’usage, le plus souvent un nom de lieudit) planté en « cépage fin » est classé sur une échelle de qualité. En 1943, une liste de « climats » pouvant bénéficier de la mention « premier cru » est reconnue au sein du vignoble de « Blagny ».
Appellation d’origine contrôlée réservée uniquement aux vins rouges, « Blagny » dispose d’un encépagement qui repose essentiellement sur le cépage pinot noir N. Les vignes sont conduites selon les usages en vigueur dans la « Côte de Beaune », avec notamment des densités de plantation supérieures à 9 000 pieds par hectare. L’usage est d’élever les vins pendant au moins 8 mois.
Le vignoble couvre, en 2008, une superficie d’environ 5 hectares (12,5 acres), pour une production moyenne annuelle de 165 hectolitres (4 360 US gallons).
CLIMAT ET SOLS
La zone géographique se situe dans le vignoble de la « Côte de Beaune », relief rectiligne s’allongeant sur environ 25 kilomètres (15,5 mi) selon une direction générale nord- est/sud-ouest. Ce relief d’origine tectonique sépare les plateaux calcaires des « Hautes Côtes », à l’ouest, d’une altitude comprise entre 400 mètres et 500 mètres (1 310 et 1 640 pi), et la plaine de Bresse, à l’est, fossé d’effondrement tertiaire dont l’altitude, au droit de la « Côte », avoisine 250 mètres (820 pi). Elle correspond ainsi au territoire des communes de Meursault et Puligny- Montrachet, au sud de la ville de Beaune, dans le département de la Côte-d’Or, en Bourgogne. Blagny est un hameau dont le territoire se partage entre les deux communes. Il est situé au cœur du versant principal, où il occupe un petit replat calcaire, ponctué d’anciennes carrières. Les parcelles délimitées pour la récolte des raisins occupent un ressaut en amphithéâtre, aux pentes douces, couronné par des bois. Elles sont situées à mi- hauteur, sur le front de la « Côte », entre 300 mètres et 380 mètres (985 et 1 245 pi) d’altitude, autour du hameau de Blagny. Leur exposition générale fait face au soleil levant. Le substrat est constitué principalement de marnes (calcaires argileux) de l’étage Oxfordien (Jurassique supérieur) et, dans la partie basse, de calcaires de la « Dalle nacrée » du Callovien (Jurassique moyen). Le substrat marno-calcaire du versant est masqué par des épandages mêlant des éboulis à des argiles et limons, issus de l’altération du sous-sol et des reliefs sus-jacents. La nature et l’épaisseur des épandages dépendent de leur position sur le talus. Très pierreux et peu épais en haut de versant, ces épandages sont un peu plus développés sur le replat (quelques décimètres à 1 mètre / 3,3 pi).
Les sols sont peu évolués, très carbonatés et peu épais. Sur marne, ils peuvent être lourds, argileux et leur drainage est alors assuré grâce à la pente. Sur la « Dalle nacrée », ils sont très caillouteux mais facilement pénétrés par les racines. L’alimentation hydrique est alors assurée par l’humidité interstitielle du calcaire altéré, dont l’action de drainage est extrêmement efficace en période humide. Le climat est océanique frais, perturbé par des influences continentales ou méridionales conduites par l’axe Rhône-Saône. La « Côte », à l’est du massif du Morvan et des plateaux de Bourgogne, bénéficie d’un abri climatique lui assurant un avantage thermique ainsi qu’un déficit pluviométrique notable pour la région, propice à la viticulture de qualité. La situation particulière de la zone géographique apporte une certaine fraîcheur, liée à l’altitude relative, largement compensée par l’ensoleillement favorisé par l’ouverture du paysage, et l’effet d’abri contre les vents d’ouest et du nord. Le site, en amphithéâtre, emmagasine une chaleur importante pendant la belle saison, expliquant la présence d’une flore spontanée à affinités méditerranéennes.
DÉLIMITATION DE L’APPELLATION
La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins sont assurés sur le territoire des communes suivantes du département de la Côte-d’Or : Meursault et Puligny-Montrachet.
– Les techniques soustractives d’enrichissement (TSE) sont autorisées pour les vins rouges dans la limite d’un taux de concentration de 10 % ; – L’utilisation de copeaux de bois est interdite
– Après enrichissement, les vins ne dépassent pas le titre alcoométrique volumique total de 13,5 % ; Outre les dispositions ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques œnologiques, les obligations figurant au niveau communautaire et dans le code rural et de la pêche maritime.
CARACTÉRISTIQUES VITICOLES
a) – Densité de plantation – Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 9000 pieds par hectare, avec un écartement, entre les rangs, inférieur ou égal à 1,25 mètre et un écartement, entre les pieds sur un même rang, supérieur ou égal à 0,50 mètre ; – Les vignes peuvent être plantées en foule sous réserve de respecter la densité minimale à la plantation, et un écartement entre les pieds, supérieur à 0,50 mètre.
b) – Règles de taille Les vins proviennent des vignes taillées selon les dispositions suivantes :
Les vignes sont taillées avec un maximum de 8 yeux francs par pied : – soit en taille courte (vignes conduites en cordon de Royat, cordon bilatéral, gobelet et éventail) ; – soit en taille longue Guyot simple.
La période d’établissement du cordon est limitée à 2 ans. Durant cette période, la taille Guyot double, avec un maximum de 5 yeux francs sur chaque long bois, est autorisée.
La taille Guyot simple peut être adaptée avec un 2ème courson permettant d’alterner d’une année à l’autre la position de la baguette.
Quel que soit le mode de taille, les vignes peuvent être taillées avec des yeux francs supplémentaires sous réserve qu’au stade phénologique correspondant à 11 ou 12 feuilles, le nombre de rameaux fructifères de l’année par pied soit inférieur ou égal au nombre d’yeux francs défini pour les règles de taille.
AUTRES CARACTÉRISTIQUES
a) – Le nom de l’appellation d’origine contrôlée peut être complété par la mention traditionnelle « premier cru ». Le nom de l’appellation d’origine contrôlée peut être suivi des dénominations géographiques complémentaires (climats) suivantes selon les dispositions fixées dans le cahier des charges pour les vins susceptibles de bénéficier de la mention
PREMIERS CRUS
– « Hameau de Blagny », – « La Garenne ou sur la Garenne » ;
– « La Jeunellotte » ; – « La Pièce sous le Bois » ;
– « Sous Blagny » ; – « Sous le Dos d’Ane » ;
– « Sous le Puits ».
Le nom d’un climat pouvant être associé à la mention traditionnelle « premier cru » est porté immédiatement après le nom de l’appellation d’origine contrôlée et imprimé en caractères dont les dimensions ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, à celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.
b) – L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser le nom d’une unité géographique plus petite, sous réserve : – qu’il s’agisse du nom d’un lieu-dit cadastré ; – que celui-ci figure sur la déclaration de récolte.
Le nom du lieu-dit cadastré est imprimé en caractères dont les dimensions ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, à la moitié de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée. c) – L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser l’unité géographique plus grande « Vin de Bourgogne » ou « Grand Vin de Bourgogne ».
d) – Lorsque le nom de l’appellation d’origine contrôlée est suivi de la dénomination géographique complémentaire « Côte de Beaune », cette dénomination géographique complémentaire est inscrite immédiatement après le nom de l’appellation d’origine contrôlée sans mention intercalaire. Elle est imprimée en caractères identiques, de même forme, même dimension et même couleur que ceux composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.
e) – L’indication du cépage est interdite sur l’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée. f) – Lorsque l’indication de l’année de récolte figure sur l’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée, la totalité des raisins utilisés pour l’élaboration de ces vins a été récoltée pendant l’année considérée.
Dernière modification du cahier des charges : 19 décembre 2011
VIGNOBLES DU LYONNAIS
PRÉSENTATION GÉNÉRALE DE LA RÉGION VITICOLE
Dispersé sur 49 communes du département du Rhône, à l’ouest et au sud de Lyon, le vignoble des » Coteaux du Lyonnais » est adossé aux monts du Lyonnais, une région de basse montagne appartenant aux contreforts du Massif central. La zone géographique de l’appellation couvre une zone très étendue, de 30 km de large d’est en ouest sur 40 km de long du nord au sud autour de la ville de Lyon.
L’aire d’appellation se situe entre le Beaujolais et la vallée du Rhône ; elle est délimitée par :
Les vallées de la Turdine et de l’Azergues, aux confins des vignobles du Beaujolais au nord
Le Rhône et la Saône, à l’est
Les Monts du Lyonnais, à l’ouest
La vallée du Gier, au sud.
HISTOIRE
La viticulture du Lyonnais date d’au moins 45 av. J.C. , en témoigne la découverte en 2008 d’une villa viticole gallo-romaine à Saint Laurent-d’Agny.
Au Moyen Âge, les congrégations religieuses commencent à cultiver la vigne et des cépages « vitis vinifera », apportés par l’abbé Gausmar, prieur de Savigny, pendant les Croisades . Les Coteaux du Lyonnais deviennent la principale région viticole du département.
Outre la Révolution, c’est la révolte des Voraces à Lyon, dans les années 1840, qui reste gravée dans les mémoires. Ce soulèvement des canuts commença dans un cabaret sur les pentes de la Croix-Rousse, où le traditionnel pot d’un litre est ramené à un contenu de 46 cl.
En 1880, après le phylloxera, le vignoble des Coteaux du Lyonnais est replanté en gamay. La distinction est faite entre le Beaujolais et le Lyonnais grâce à Monsieur Nicolas, le Conseiller Général et Maire de Saint Pierre la Palud en 1952. Six cantons du Lyonnais reçoivent l’appellation VDQS (Vin De Qualité Supérieure).
Ces vins portent la marque « Fédération des syndicats des vins du lyonnais ». Les viticulteurs regrettent cependant que le mot « coteaux », plus représentatif de leur terroir, ne figure pas dans cet intitulé. Grâce à Edgard Pisani, Ministre de l’agriculture à l’époque, ils obtiendront satisfaction. Un nouveau décret donne alors naissance à la dénomination Coteaux du Lyonnais.
1956 voit la création de la cave coopérative de Sain Bel sous l’impulsion de Gustave Levrat, Conseiller Général du canton. La production diminue de moitié pour atteindre 7 000 hectolitres. En 1984, c’est obtention de l’AOC Coteaux du Lyonnais après 12 ans de démarches.
On recense 20 caves particulières et une cave coopérative qui produisent 14 000 hectolitres de vin dont 90% sont vendus localement.
Source: https://www.lyoncapitale.fr/
CLIMAT ET SOLS
Le vignoble des Coteaux du Lyonnais se situe à la jonction entre trois grandes influences : océanique, continentale et méditerranéenne.
En été, les accents méditerranéens sont les plus dominants. Le temps peut être sec et chaud, avec des températures parfois très élevées. Les vignes exposées à l’est bénéficient du meilleur ensoleillement. En hiver, les reliefs sont plus ouverts aux aléas climatiques de type océanique et continental. Cela limite l’implantation de la vigne à 550 mètres d’altitude et l’exclut des expositions nord. La meilleure situation se trouve généralement au niveau des plateaux, plus protégés des mouvements d’air océanique et des courants continentaux. La dualité de ce climat entraîne des écarts de température relativement importants en fonction du rythme des saisons.
Issus de l’altération des roches de différentes formations (hercyniennes, jurassiques, quaternaires) les sols sont légers, sableux et de nature variée.
Les vignes sont plantées sur un sous-sol essentiellement composé de granites et de roches métamorphiques. Cela n’empêche pas les terroirs des Coteaux du Lyonnais d’être très diversifiés. Trois zones majeures forment le vignoble et se distinguent selon les différents types de sols qui les composent. Au nord, sur la zone de Sain Bel, les sols sont issus de l’altération du granite et des roches métamorphiques. Au sud, la vallée de la Turdine se compose de sols principalement sableux. Enfin, sur les flancs des Monts d’Or, les sols sont plus profonds, argilo-calcaires et argilo-siliceux.
Source: https://www.coteaux-du-lyonnais.com/
PRINCIPALES RÉGIONS VITICOLES
Le vignoble du Lyonnais ne comporte qu’une AOP, Coteaux du Lyonnais.
CÉPAGES PRINCIPAUX ET STYLE DE VIN
Vins rouges et rosés: cépage gamay noir à jus blanc. Vins blancs : cépage chardonnay
76 % de la production se fait en vin rouge, 14% en vin rosé et 10% en vin blanc
Les vins des « Coteaux des Lyonnais » sont servis traditionnellement en « pot lyonnais » de 46 centilitres dans les cafés-restaurants de la ville de Lyon au nom typique de « bouchons lyonnais ».
L’appellation Cabardès est réservée aux vins secs tranquilles rouges et rosés élaborés sur le territoire de certaines communes du département de l’Aude.
HISTOIRE
Les Romains ont introduit la vigne, un siècle avant notre ère, en Septimanie et sur les pentes de la Montagne Noire. Après la chute de l’Empire romain et la succession des Wisigoths, Francs, Burgondes et Arabes, il faut attendre l’an mil, pour que le vignoble connaisse un nouvel essor grâce aux moines bénédictins et notamment ceux de l’Abbaye de Montolieu.
Au XVIIIème siècle, avec le développement de l’industrie textile, des mégisseries et des mines, la pratique de la double activité favorise l’éclosion de petites propriétés à côté de grands domaines. La culture de la vigne conquiert cependant une place prépondérante dans l’économie de la région, en 1850, avec l’arrivée du chemin de fer.
Un temps menacée par le phylloxéra, l’oïdium et le mildiou, la production connaît un développement important qui conduit, au début du XXème siècle, à une surproduction et à la crise viticole de 1907, qui pousse le midi de la France affamé à la révolte, mais aussi à une nouvelle organisation professionnelle.
Le Syndicat du Cru « Cabardès », est fondé en 1946 par M. Joseph Génie. Tenant compte des particularités climatiques et pédologiques de la zone géographique, les producteurs ont alors mis en valeur la meilleure adéquation entre situation viticole et cépages, au profit de l’authenticité des vins. Ils ont tout à la fois développé un encépagement reposant sur des cépages dits « atlantiques », cabernet franc N, cabernet sauvignon N et merlot N, accessoirement cot N et fer N et un encépagement reposant sur des cépages dits « méditerranéens », grenache N, syrah N et cinsaut N.
Les producteurs ont ainsi préservé l’histoire, confirmé leurs savoir-faire et accentué la notoriété et la qualité des vins, permettant à ceux-ci, après leur accession en appellation d’origine vin délimité de qualité supérieure en 1973, d’être reconnus en appellation d’origine contrôlée « Cabardès » par le décret du 12 février 1999.
En 2009, le vignoble, d’une superficie de 450 hectares, produit 20 000 hectolitres élaborés par 25 caves particulières (80 % de la production) et 3 caves coopératives qui regroupent 30 adhérents.
L’appellation d’origine contrôlée « Cabardès » se décline en vins rouges, production essentielle (85 % de la production) et en vins rosés.
CLIMAT ET SOLS
Adossé à la Montagne Noire dominé par le Pic de Nore (1 211 mètres), la zone géographique se présente comme un balcon incliné en pente douce vers la vallée de l’Aude avec une vue imprenable sur le massif pyrénéen. Sur 20 kilomètres de long et 12 kilomètres de large, la zone géographique se compartimente au gré des ruisseaux descendant de la Montagne Noire, entre le Lampy, à l’est, et les collines le séparant de la région du « Minervois », à l’ouest. La zone géographique repose sur des formations géologiques variées, conséquence de la surrection des Pyrénées, et qui sont représentées par, du nord au sud :
– des formations de schistes et de gneiss du socle primaire, à l’origine d’un relief accidenté d’une altitude supérieure à 350 mètres. – des causses calcaires du Tertiaire formant un relief tabulaire d’une altitude comprise entre 350 mètres et 200 mètres.
– des molasses du Tertiaire reposant sur un relief collinaire sont l’altitude est comprise entre 200 mètres et 100 mètres, et qui sont recouvertes, localement,par les hautes et moyennes terrasse du Fresquel datées du Quaternaire. Dans ce contexte géologique diversifié, l’aire parcellaire précisément délimitée pour la récolte des raisins classe les parcelles présentant des sols variés mais toujours caillouteux : – sur les formations anciennes siliceuses de la Montagne Noire, les sols sont caillouteux à matrice argilo-sableuse lorsqu’ils sont développés sur schistes ou se décomposent en arènes granitiques sur les gneiss; – sur les causses calcaires, les sols sont rouges, caillouteux, alternant avec des sols plus marneux ; – sur les molasses, les sols sont sablo-limoneux à gréseux ; – enfin, sur les terrasses anciennes, les sols sont caillouteux, lessivés et bien drainés. La zone géographique bénéficie d’un climat de transition périméditerranéen à influences atlantiques. Ceci se traduit principalement par une sècheresse estivale atténuée. Cette période de déficit hydrique, caractéristique du climat méditerranéen, ne dure ici habituellement que du 15 juillet au 10 août (moyenne sur trente ans), et permet ainsi aux sols de conserver une bonne réserve hydrique. Le climat de la zone géographique comprend 2 gradients climatiques : – d’est en ouest, un gradient traduisant l’éloignement de la Mer Méditerranée et l’approche du « seuil de Naurouze », limite du climat océanique et qui assure une augmentation de la nébulosité et de la durée du cycle de la vigne ; – du sud au nord, un gradient altitudinal allant de la vallée du Fresquel, limite méridionale de la zone géographique, vers les hauteurs de la Montagne Noire, gradient surtout thermique et qui se traduit par des vendanges de plus en plus tardives.
La zone géographique s’étend ainsi, au cœur d’un paysage de polyculture, sur le territoire de 18 communes du département de l’Aude
DÉLIMITATION DE L’APPELLATION
La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins sont assurés sur le territoire des communes suivantes du département de l’Aude : Alzonne, Aragon, Conques-sur-Orbiel, Fournes-Cabardès, Fraisse-Cabardès, Les Ilhes, Lastours, Montolieu, Moussoulens, Pennautier, Pezens, Sainte-Eulalie, Ventenac-Cabardès, Villanière, Villardonnel, Villedubert, Villegailhenc, Villemoustaussou.
Source: https://www.aop-cabardes.fr/
DÉROGATION SUR LA DÉLIMITATION DE L’APPELLATION
L’aire de proximité immédiate, définie par dérogation pour la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins, est constituée par le territoire des communes suivantes du département de l’Aude : Arzens, Bagnoles, Berriac, Bouilhonnac, Bram, Brousses-et-Villaret, Cabrespine, Carcassonne, Caux-et-Sauzens, Cuxac- Cabardès, Limousis, Malves-en-Minervois, Mas-Cabardès, Raissac-sur-Lampy, Roquefère, Sallèles-Cabardès, Salsigne, Saint-Martin-le-Vieil, Trassanel, Trèbes, Villalier, Villegly, Villesèquelande.
PRINCIPAUX CÉPAGES
cot N, grenache N, fer N, cinsaut N, syrah N, cabernet-sauvignon N, merlot N, cabernet franc N
cLes vins sont issus des cépages suivants : – cépages principaux : cabernet franc N, cabernet-sauvignon N, grenache N, merlot N, syrah N ;
– cépages accessoires : cinsaut N, cot N, fer N.
Les vins proviennent d’un assemblage dans lequel : – la proportion des cépages cabernet franc N, cabernet-sauvignon N et merlot N, ensemble ou séparément, est supérieure ou égale à 40 % ; – la proportion des cépages grenache N et syrah N, ensemble ou séparément, est supérieure ou égale à 40 %.
RENDEMENTS MAXIMAUX
Le rendement butoir est fixé à 60 hectolitres par l’hectare.
CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES
Plusieurs foulages successifs de la vendange sont interdits. L’utilisation de copeaux de bois est interdite. Pour l’élaboration des vins rosés, l’emploi des charbons œnologiques, seuls ou en mélange dans des préparations, est interdit. Outre les dispositions ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques œnologiques, les obligations figurant au niveau communautaire et dans le code rural.
CARACTÉRISTIQUES VITICOLES
Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 4 000 pieds à l’hectare. L’écartement entre les rangs ne peut être supérieur à 2,50 mètres.
Chaque pied dispose d’une superficie maximale de 2,5 mètres carrés. Cette superficie est obtenue en multipliant les distances d’inter-rang et d’espacement entre les pieds sur un même rang. Les vignes sont taillées en taille courte à coursons :
– pour les vignes conduites en gobelet, avec un maximum de 12 yeux francs par pied, chaque courson portant un maximum de 2 yeux francs ; – pour les vignes conduites en cordon de Royat, avec un maximum de 10 yeux francs par pied, chaque courson portant un maximum de 2 yeux francs.
Les cépages cabernet franc N, cabernet-sauvignon N, cot N, fer N, merlot N et syrah N peuvent être taillés en taille Guyot simple ou double avec un maximum de 10 yeux francs par pied dont 8 yeux francs maximum sur le long bois et au plus 2 coursons portant un maximum de 2 yeux francs. L’irrigation peut être autorisée conformément aux dispositions de l’article D. 645-5 du code rural et de la pêche maritime.
AUTRES CARACTÉRISTIQUES
– Toutes les indications facultatives sont inscrites, sur les étiquettes, en caractères dont les dimensions, aussi bien en hauteur qu’en largeur, ne sont pas supérieures au double de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.
– L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser l’unité géographique plus grande «Languedoc». – Les dimensions des caractères de cette unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, à la moitié de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.
Dernière modification du cahier des charges 23/09/2016
FRONTON AOP
Vins de Bourgogne
L’APPELLATION
.L’appellation Fronton est réservée aux vins tranquilles rouges ou rosés élaborés sur le territoire de certaines communes des départements de la Haute-Garonne et du Tarn-et-Garonne.
HISTOIRE
L’historique du vignoble est intimement lié à celui de la cité de Fronton qui fut, au début du XIIème siècle, administrée par l’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de- Jérusalem (ancien Ordre de Malte), suite à des donations faites par différents seigneurs. A. Escudier (Histoire de Fronton et du Frontonnais, 1905) fait état d’une donation à l’Ordre en 1122, par Pons Bernard de Benque, Alamande son épouse et Payen, de l’église de Fronton et de tout ce qui en dépendait, se réservant la septième partie de la vendange. Le vignoble de « Fronton » est donc déjà bien établi en ce début de XIIème siècle. Dès cette époque, les vins sont particulièrement bien soignés et traités. Les archives communales de Fronton font état de nomination annuelle de « huict prudhommes pour procéder à la visite et vérification du vignoble du consulat de Fronton ». Ainsi, chaque quartier est visité et les prudhommes vérifient le niveau de maturité des raisins. Le rapport verbal est présenté à l’Assemblée consulaire, qui statue sur le choix du jour où peuvent débuter les vendanges. Le ban des vendanges est annoncé aux habitants par le crieur public.
En 1470, Aymerie de Senergues, prieur de l’Abbaye de la Daurade de Toulouse, octroie une charte de coutumes à ses sujets et autorise tous les serfs plantant de la vigne à revendiquer leur affranchissement et le droit de propriété sur les terres défrichées de Villaudric.
Au XVIIème siècle, les deux paroisses de Fronton et Villaudric se disputent la suprématie du territoire. Le vignoble atteint son apogée au XVIIIème et XIXème siècles, lorsque les vins sont expédiés dans toute l’Europe via le port de Bordeaux. Ainsi P. Galet précise (Cépages et vignobles de France, 1962) : « Le vignoble de Fronton et celui de Villaudric sont depuis longtemps les vignobles les plus réputés de la Haute- Garonne parce que ces vignobles étaient proches de Villemur, point d’embarquement des vins sur le Tarn, vins qui étaient dirigés par voie fluviale jusqu’à Bordeaux. »
Le phylloxéra touche le frontonnais en 1878. Le cépage négrette N, anciennement dénommée localement « le négret », constitue la base de l’encépagement du vignoble avant le phylloxéra. Il est largement replanté après la crise phylloxérique, mais avec le greffage, le plant est sujet à la coulure et plus sensible à la pourriture grise. Les vignerons, attachés à ce cépage historique, ont su par leur ténacité, s’adapter et maintenir la tradition de la culture de ce cépage. Le vin de négrette N manquant généralement d’acidité, on lui adjoint fréquemment la vendange de cépages plus tardifs.
L’appellation d’origine Vins Délimités de Qualité Supérieure « Villaudric » est reconnue par jugement du Tribunal civil de Première Instance de Toulouse le 28 juillet 1944. Elle s’étend alors sur 6 communes du département de la Haute- Garonne. Un an plus tard, le 31 juillet 1945, l’appellation d’origine Vins Délimités de Qualité Supérieure « Fronton » ou « Côtes de Fronton » est reconnue, avec une zone géographique comprenant 15 communes des départements de la Haute-Garonne et du Tarn-et-Garonne. En 1970, conscients de leurs histoires et usages communs, les hommes des deux appellations d’origine contrôlées se fédèrent en un seul syndicat. Ainsi, l’appellation d’origine contrôlée « Côtes du Frontonnais » est reconnue par décret le 7 février 1975, avec deux dénominations géographiques : « Fronton » et « Villaudric ». Trente ans plus tard, l’appellation d’origine contrôlée « Côtes du Frontonnais » est reconnue en appellation d’origine contrôlée « Fronton » par décret du 31 août 2005.
En 2008, une superficie de plus de 1700 hectares est exploitée par plus de 110 producteurs, répartis en 40 chais de vignerons indépendants, 1 cave coopérative et 2 négociants-vinificateurs. La production se répartit approximativement entre un tiers de vin rosé et deux tiers de vin rouge.
CLIMAT ET SOLS
La zone géographique de l’appellation d’origine contrôlée « Fronton » se situe à une vingtaine de kilomètres au nord de Toulouse, sur les terrasses d’alluvions anciennes du Tarn, déposées sur le substrat molassique tertiaire au cours des différentes glaciations du quaternaire. Les parcelles précisément délimitées pour la récolte des raisins sont réparties sur les 3 niveaux géomorphologiques de la basse, moyenne et haute terrasse du Tarn, excluant la basse plaine du Tarn ainsi que les sols développés sur les molasses oligocènes apparaissant au sud et à l’ouest de cette zone.
Les alluvions, provenant du Massif Central, sont caractérisées par leur richesse en éléments siliceux, graves et sables, et par l’absence de calcaire. La basse terrasse, située à une altitude moyenne de 130 mètres, présente des sols de nature hétérogène, où se mêlent limons, sables plus ou moins grossiers et argiles, irrégulièrement répartis.
L’altitude de la moyenne terrasse varie entre 130 mètres et 160 mètres. Les sols présentent une altération et un lessivage plus important que sur la basse terrasse. Enfin, la haute terrasse, terrasse la plus ancienne et la plus réduite en surface, culmine à 200 mètres d’altitude. L’érosion ayant entraîné les éléments les plus fins, les sols y sont riches en graviers et galets.
Ainsi la zone géographique se répartit sur 20 communes, partagées entre les départements de la Haute-Garonne et du Tarn-et-Garonne. Le paysage présente une topographie globalement plane. Les variations de paysage sont le fait de buttes peu marquées, des talus entre les terrasses et des versants peu accentués créés par les ruisseaux affluents du Tarn.
Le Frontonnais présente un climat océanique à influence méditerranéenne. Les hivers sont relativement doux. Le printemps marque une nette élévation des températures et l’été est caractérisé par un ensoleillement important et des températures élevées. La quantité annuelle des précipitations oscille en moyenne entre 650 millimètres et 700 millimètres. Elle est régulièrement répartie le long de l’année, excepté au printemps, caractérisé par un pic de pluies important. Les vents dominants sont les vents d’ouest. Océaniques, ils apportent des formations nuageuses et des précipitations. Un peu moins fréquent, le vent d’Autan est un vent chaud et sec venant du sud-est.
La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration et l’élevage sont assurés sur le territoire des communes suivantes : – département de la Haute-Garonne : Bouloc, Castelnau-d’Estrétefonds, Fronton, Saint-Rustice, Vacquiers, Villaudric, Villematier, Villemur-sur-Tarn, Villeneuve-lès- Bouloc
Cot N, negrette N, gamay N, fer N, cinsaut N, syrah N, merille N, cabernet franc N, cabernet-sauvignon N
– cépage principal : négrette N ; – cépages accessoires : cabernet franc N, cabernet-sauvignon N, cinsaut N, cot N, fer N, gamay N, mérille N, syrah N, négret pounjut N, bouysselet B ;
– la variété à fin d’adaptation suivante : marselan N
Modifications du 14 avril 2025
Règles de proportion à l’exploitation
La proportion du cépage négrette N est supérieure ou égale à 51 % de l’encépagement ( précédemment 50 %).
Les proportion pour les cépages syrah (40 %) , cot (25 %), fer (25 %), cabernet franc (25 %), cabernet sauvignon (25 %), gamay (15 %), cinsaut N et mérille N (5 %) sont supprimées.
La proportion du cépage marselan N est inférieure ou égale à 5%.
La proportion de chacun des cépages négret pounjut N et bouysselet B est inférieure ou égale à 10%
Modifications du 14 avril 2025
Assemblage des cépages
La proportion de chacun des cépages négret pounjut N et bouysselet B est inférieure à 10 % de l’assemblage final.
Le cépage accessoire marselan N au titre des variétés à fin d’adaptation est assemblé dans la limite de 10 % de l’assemblage final.
Modifications du 14 avril 2025
RENDEMENTS MAXIMAUX
cot N, negrette N, gamay N, fer N,cinsaut N, syrah N, merille N, cabernet franc N, cabernet-sauvignon N
VINS ET CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES
– Pour les vins rouges, les techniques soustractives d’enrichissement sont autorisées et le taux maximum de concentration partielle par rapport aux volumes mis en œuvre est fixé à 10 %. – Pour l’élaboration des vins rosés, l’utilisation des charbons à usage œnologique est autorisée chez le vinificateur, exclusivement sur les moûts issus de presse et vins nouveaux encore en fermentation et dans une proportion qui ne peut être supérieure à 20% du volume de vins rosés élaborés par le vinificateur concerné, pour la récolte et la couleur considérée.
Les vins ne dépassent pas, après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total de 13 %. Outre les dispositions ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques œnologiques, les obligations figurant au niveau communautaire ( UE) et dans le code rural et de la pêche maritime.
CARACTÉRISTIQUES VITICOLES
a) – Densité de plantation. Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 4 000 pieds à l’hectare, avec un écartement entre les rangs de 2,50 mètres maximum, et un écartement entre les pieds sur un même rang de 0, 80 mètre minimum. b) – Règles de taille. Les vignes sont taillées, soit en taille courte à coursons (gobelet, cordon de Royat unilatéral ou bilatéral), soit en Guyot simple ou Guyot double (dénommée localement « tirette »), et avec un maximum de 12 yeux francs par pied. Quelle que soit la technique de taille utilisée, et à compter du 1er juin, le nombre de rameaux fructifères par pied, ne peut être supérieur à 10. L’irrigation peut être autorisée.
Afin de préserver les caractéristiques du milieu physique et biologique qui constituent un élément fondamental du terroir :
– Obligation d’enherbement des tournières L’enherbement permanent du contour des parcelles (tournières et espaces inter parcellaires non plantés ou non cultivés) est obligatoire. Cette obligation ne s’applique pas en cas de remise en état des tournières notamment suite à l’érosion, ou à des phénomènes climatiques exceptionnels.
Le désherbage chimique des tournières est interdit.
– Interdiction du désherbage chimique en plein des parcelles de vigne Le désherbage chimique total des parcelles est interdit.
– Enherbement des vignes Sur au minimum un inter-rang sur deux, la maitrise de la végétation, semée ou spontanée, est assurée par des moyens mécaniques ou physiques.
– Interdiction du paillage plastique dans les vignes La mise en place d’un paillage plastique à la plantation est interdit.
Modifications du 14 avril 2025
AUTRES CARACTÉRISTIQUES
L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser l’unité géographique plus grande « Sud-Ouest ». Cette unité géographique plus grande peut également figurer sur les prospectus et récipients quelconques. Les dimensions des caractères de l’unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, à celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.
Dernière modification du cahier des charges : 14 avril 2025
Ratification des modifications par l’Union Européenne le 01/08/2025
PICPOUL DE PINET AOP
Source: non identifiée
L’APPELLATION
L’appellation Picpoul de Pinet est réservée aux vins blancs secs tranquilles. La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins, sont assurés sur le territoire des communes suivantes du département de l’Hérault: Castelnau-de-Guers, Florensac, Mèze, Montagnac, Pinet, Pomerols.
HISTOIRE
Le cépage piquepoul B, bien implanté dans un de ses sites de prédilection, et qu’Olivier de SERRES, en 1608, cite parmi les cépages nobles de qualité sous le nom de «Pique-Poule blanc», présente la faculté de s’égrener facilement et l’usage est de disposer des «plateaux» sous les souches afin de récupérer les grains très mûrs. Le 11 décembre 1945 un arrêté classe le «Piquepoul de Pinet» dans la catégorie «vins blancs du Languedoc et le 26 novembre 1954 les vins blancs de la zone géographique sont reconnus en appellation d’origine vin délimité de qualité supérieure «Picpoul de Pinet». En 1960, le projet fédérant quinze appellations d’origine vin délimité de qualité supérieure historiques du département de l’Hérault et de l’Aude, aboutit avec la reconnaissance de l’appellation d’origine vin délimité de qualité supérieure «Coteaux du Languedoc», le nom de «Languedoc» s’imposant comme porteur des valeurs historiques et culturelles de cette viticulture millénaire.
Les producteurs de l’appellation d’origine vin délimité de qualité supérieure «Picpoul de Pinet» adhèrent à ce projet, en 1984. Lors de la reconnaissance de l’appellation d’origine contrôlée «Coteaux du Languedoc», en 1985, l’usage du nom de «Picpoul de Pinet» est maintenu, avec la possibilité de compléter le nom de l’appellation d’origine contrôlée par la dénomination géographique complémentaire «Picpoul de Pinet» (vins blancs issus du seul cépage piquepoul B).
Le savoir-faire viticole s’exprime dans le choix des lieux d’implantation du vignoble en ne retenant que les parcelles situées en pente douce, présentant des sols à bon régime hydrique, sans contrainte à l’enracinement.
Ce savoir-faire viticole s’exprime également dans le choix des modes de conduite en favorisant, pour un cépage vigoureux et peu productif, la taille courte, avec un mode de conduite traditionnel en gobelet ou cordon de Royat, la maîtrise de la production avec un rendement modéré, une densité à la plantation supérieure à 4 400 pieds par hectare, et un niveau de maturité des raisins élevé dans le respect des usages.
Enfin, le savoir-faire viticole s’exprime dans les dispositions rigoureuses de transport de la vendange qui permettent de préserver la qualité de ce cépage à pellicule fine, et dans la mise en œuvre d’un pressurage direct d’une vendange protégée, pour préserver la finesse aromatique et l’équilibre des vins.
Afin de conserver la diversité patrimoniale de ce cépage emblématique de la zone géographique, les producteurs ont mis en place un conservatoire des clones qui sert de base à toute la sélection des plants.z
Le «Picpoul de Pinet» est un vin blanc issu du seul cépage piquepoul B, parfaitement adapté au milieu naturel de l’aire géographique. En effet, ce secteur reçoit peu de précipitations, mais les sols profonds et drainants, couplés aux influences marines humides, favorisent la maturation optimale de ce cépage tardif, ce qui permet l’expression d’arômes floraux et fruités, avec des notes d’agrumes et une pointe minérale, associés à une pointe d’acidité qui démarquent le Picpoul de Pinet des autres vins blancs de la région.
CLIMAT ET SOLS
La zone géographique est située en bordure de l’Étang de Thau, à proximité de la Mer Méditerranée, de chaque côté de la «Via Domitia», entre les communes d’Agde, de Pézenas et de Sète.
Les formations géologiques et pédologiques datées du Crétacée et Pliocène dessinent des reliefs doux descendant en pente douce vers l’étang et exposés généralement au nord-ouest/sud-est. Le vignoble s’étage des bords de l’étang jusqu’à 100 mètres d’altitude. Sur le plateau il est continu, tandis qu’il est imbriqué entre pinèdes et garrigues dans la partie septentrionale de la zone géographique.
La zone géographique bénéficie d’une pluviométrie annuelle faible particulièrement durant l’été. La température annuelle moyenne est élevée. Les masses d’eau environnantes jouent un rôle déterminant en modérant les écarts de température: la proximité de la mer et de l’Étang de Thau réduit les amplitudes thermiques annuelles et quotidiennes, les brises maritimes limitent les hausses de températures diurnes estivales. La flore naturelle spontanée témoigne de ce milieu maritime chaud, avec des bosquets de pins et chênes verts ou kermès qui parsèment le paysage.
La vocation viticole de l’aire géographique de l’Appellation «Picpoul de Pinet» est attestée dès l’époque romaine, comme en témoigne des vestiges de «villas» gallo-romaines.
Ce vignoble, proche des ports antiques d’Agde et de Sète est l’un des vignobles historiques des bords de la Méditerranée. Baptisé «Vignoble de la Marine» ou «La Marine», il est connu dès l’antiquité pour ses vins blancs.
DÉLIMITATION DE L’APPELLATION
La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins, sont assurés sur le territoire des communes suivantes du département de l’Hérault: Castelnau-de-Guers, Florensac, Mèze, Montagnac, Pinet, Pomerols.
Source: https://languedoc-wines.com/
DÉROGATION SUR LA DÉLIMITATION DE L’APPELLATION
L’aire de proximité immédiate, définie par dérogation pour la vinification et l’élaboration des vins, est constituée par le territoire des communes suivantes du département de l’Hérault: Agde et Marseillan.
PRINCIPAUX CÉPAGES
piquepoul blanc B
RENDEMENTS MAXIMAUX
Rendements est fixé à 66 hectolitres par hectare (Le rendement butoir est fixé à 72 hectolitres par hectare). Modifications du 9 décembre 2024.
CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES
L’utilisation de copeaux de bois est interdite.
L’utilisation des charbons à usage œnologique, seuls ou en mélange dans des préparations, est interdite. Les vins sont obtenus par pressurage direct avec ou sans macération préalable de la vendange entière. La macération préalable de la vendange entière est réalisée sur une vendange protégée par un inertage.
CARACTÉRISTIQUES VITICOLES
Densité minimale des vignes à la plantation: 4 400 pieds par hectare;
Les vignes ne peuvent présenter un écartement entre les rangs supérieur à 2,25 mètres;
Chaque pied dispose d’une superficie maximale de 2,25 mètres carrés.
Les vignes sont obligatoirement palissées.
– Sur tous les inter-rangs, la maitrise de la végétation, semée ou spontanée, est assurée par des moyens mécaniques ou physiques
Le paillage plastique est interditle.
Le désherbage chimique des tournières est interdit
La charge maximale moyenne à la parcelle des parcelles irriguées est fixée à 8500 kilogrammes par hectare (préalablement 7500 kilos / ha). . Modifications du 9 décembre 2024.
AUTRES CARACTÉRISTIQUES
L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser l’unité géographique plus grande «Languedoc». Les dimensions des caractères de cette unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, à la moitié de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.
Toutes les mentions facultatives dont l’utilisation, en vertu des dispositions communautaires, peut être réglementée par les États membres, sont inscrites dans des caractères dont les dimensions ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, à la moitié de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.
Dernière modification du cahier des charges : 9 décembre 2024
SABLE DE CAMARGUE AOP
Source: non identifiée. En jaune les Sables de Camargue
L’APPELLATION
L’appellation d’origine contrôlée « Sable de Camargue » est réservée aux vins tranquilles « gris » et « gris de gris » élaborés sur le territoire de certaines communes des départements de l’Hérault, du Gard et des Bouches-du-Rhône.
HISTOIRE
Connus déjà au XIVème siècle, les vignobles de Sables se trouvent mentionnés dans de nombreux documents et archives, notamment sur des lettres patentes de Charles VI en 1406 et Charles VII en 1431. Après des vicissitudes diverses, ces vignobles de Sables ont connu un renouveau actif à partir de la fin du XIXème siècle.
Lors du concours général agricole de Paris de 1897 est déjà mentionné « Exploitation de Vignobles de Sables ».
L’Appellation d’Origine Simple « Vin des Sables » a ensuite été revendiquée sans interruption de 1961 à 1973, puis remplacée par le « Vin de pays des Sables du Golfe du Lion » réglementé par l’arrêté ministériel du 26 juillet 1973. Le décret du 7 avril 1982 en précise la délimitation et les conditions de production.
L’arrêté du 26 octobre 2011 reconnaît le changement de nom en IGP « Sable de Camargue ».
L’originalité de la production repose sur une production exclusive de vins gris, production majoritaire, et gris de gris.
En 2019, 174 000 hectolitres de vins « gris » et « gris de gris » ont été mis sur le marché par une entreprise récoltant et vinifiant sa production et celle de 12 producteurs non vinificateurs, une cave coopérative, 11 caves particulières et 3 négociants vinificateurs, sur une superficie en vigne de près de 2 800 hectares.
CLIMAT ET SOLS
La zone de production de l’AOC « Sable de Camargue » s’étend sur 14 communes littorales des départements de l’Hérault, du Gard et des Bouches-du-Rhône. Les vignes sont exclusivement cultivées sur les sols sableux et calcaires du delta du Rhône, issus d’apports fluviatiles, marins et éoliens, et sur le cordon littoral associé. Ceux-ci constituent un sol original très homogène pratiquement dépourvu d’argile et de limons dont la fraction sableuse est supérieure ou égale à 80% de la masse.
Le vignoble est situé à une moyenne de 1 mètre au-dessus du niveau de la mer, dans un environnement caractéristique de la Camargue ou alternent lagunes littorales et marais salants.
L’alimentation en eau douce des vignobles est assurée par une nappe de quelques centimètres qui est maintenue en équilibre hydrostatique avec la mer, les lagunes et les canaux. Ces derniers, appelés roubines, forment un réseau périphérique autour du vignoble, qui permet de maîtriser conjointement le niveau et la salinité de la nappe phréatique.
Reliés à des pompes, ils assurent une double fonction : – en période non végétative, où la hauteur des précipitations excède généralement celle de l’évaporation, les pompes installées sur les roubines évacuent les eaux de drainage vers le milieu naturel tout en maintenant le niveau d’eau à une cote légèrement en-dessous du niveau de la mer ; – en période végétative, où la hauteur de l’évapotranspiration excède généralement celle des précipitations, les roubines sont maintenues à une cote d’environ +10 cm NGF légèrement positive. Elles constituent un véritable « joint hydraulique » latéral avec le milieu naturel généralement salé. Les roubines limitent ainsi la « fuite » de la lentille d’eau douce située au sommet de la nappe phréatique du vignoble et alimentée essentiellement par les précipitations, vers le milieu naturel.
Le climat de la zone géographique résulte d’un équilibre local remarquable. Climat méditerranéen qui donne de magnifiques journées ensoleillées et de longues périodes de sécheresse, il est modéré par l’influence des différentes masses d’eau (mer, lagunes, marais salants) qui déterminent une hygrométrie élevée et régulent les températures. La quantité annuelle des précipitations est généralement inférieure à 600 mm. Le vent se caractérise par un régime de brises marines et de mistral l’été et un vent d’Est l’hiver, déterminant dans la construction de la côte en déplaçant en permanence les sables d’apports rhodaniens, marins et éoliens.
DÉLIMITATION DE L’APPELLATION
La récolte des raisins, la vinification et l’élaboration des vins ont lieu dans l’aire géographique approuvée par l’Institut national de l’origine et de la qualité lors de la séance du comité national compétent du 5 septembre 2019. Le périmètre de cette aire englobe le territoire des communes suivantes, sur la base du code officiel géographique de 2020 :
– Département de l’Hérault : Frontignan, La Grande-Motte, Marseillan, Mauguio, Palavas-les-Flots, Sète, Vic-la-Gardiole, Villeneuve-lès-Maguelone ; – Département du Gard : Aigues-Mortes, Le Grau-du-Roi, Saint-Laurent-d’Aigouze, Vauvert, Saint Gilles ;
– Département des Bouches-du-Rhône : Saintes-Maries-de-la-Mer.
Source: https://www.vin-sable-camargue.com
DÉROGATION SUR LA DÉLIMITATION DE L’APPELLATION
L’aire de proximité immédiate, définie par dérogation pour la vinification et l’élaboration des vins, est constituée par le territoire de la commune suivante du département du Gard : Aimargues.
PRINCIPAUX CÉPAGES
cabernet franc N, cabernet-sauvignon N, carignan N, cinsaut N, grenache N, grenache gris G, merlot N, chardonnay B, clairette B, grenache blanc B, marselan N, muscat d’Alexandrie B, roussanne B, sauvignon B, syrah N, ugni B, vermentino B, viognier B.
a) – Les vins « gris » sont issus des cépages suivants :
– cépages principaux : cabernet franc N, cabernet-sauvignon N, carignan N, cinsaut N, grenache N, grenache gris G, merlot N ;
– cépages accessoires : chardonnay B, clairette B, grenache blanc B, marselan N, muscat d’Alexandrie B, roussanne B, sauvignon B, syrah N, ugni B, vermentino B, viognier B.
b) – Les vins « gris de gris » sont issus du seul cépage grenache gris G.
Les vins « gris » proviennent des seuls cépages grenache gris G ou grenache N ou sont issus d’un assemblage dans lequel : – sont présents au moins deux cépages principaux ; – la proportion des cépages principaux est supérieure ou égale à 70% ; – la proportion de l’ensemble des cépages carignan N, cinsaut N, grenache N, grenache gris G, grenache blanc B, marselan N, muscat d’Alexandrie B, syrah N, ugni B, vermentino B est supérieure ou égale à 55%. Les vins « gris de gris » sont issus du seul cépage grenache gris G.
RENDEMENTS MAXIMAUX
Le rendement butoir est fixé à 90 hectolitres par hectare.
CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES
Les vins présentent un titre alcoométrique volumique naturel minimum de 11 %.
L’utilisation de charbons à usage œnologique est autorisée pour les moûts et vins nouveaux encore en fermentation dans la limite de 20% du volume de vins élaborés par le vinificateur concerné, pour la récolte considérée.
CARACTÉRISTIQUES VITICOLES
a) – Densité de plantation Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 4 000 pieds à l’hectare. Ces vignes présentent un écartement entre les rangs inférieur ou égal à 2,50 mètres. L’écartement entre les pieds sur un même rang est supérieur ou égal à 0,80 mètre. Chaque pied dispose d’une superficie maximale de 2,50 mètres carrés. Cette superficie est obtenue en multipliant les distances d’inter-rang et d’espacement entre les pieds sur un même rang.
b) – Règles de taille
Les vignes sont conduites en gobelet ou en cordon de Royat. Les vignes sont taillées en taille courte avec un maximum de 8 coursons par pied et un maximum de 2 yeux francs par courson.
Les cépages cabernet franc N, cabernet-sauvignon N, chardonnay B, sauvignon B, syrah N, peuvent être taillés en taille « Guyot simple » avec un maximum de 12 yeux francs par pied : – dont 8 yeux francs maximum sur le long bois et 1 ou 2 coursons de rappel portant un maximum de 2 yeux francs ;
– dont 10 yeux francs maximum sur le long bois et 1 courson de rappel portant un maximum de 2 yeux francs.
L’irrigation peut être autorisée conformément aux dispositions de l’article D. 645-5 du code rural et de la pêche maritime.
AUTRES CARACTÉRISTIQUES
–
Le nom de l’appellation d’origine contrôlée peut être complété par la mention « primeur » ou « nouveau » pour les vins répondant aux conditions particulières fixées pour cette mention dans le présent cahier des charges.
Dernière modification du cahier des charges : 10 mai 2022
CRÉMANT DE LIMOUX AOP
Source: non identifiée
L’APPELLATION
L’appellation Crémant de Limoux est réservée au vin mousseux de qualité blanc et rosé élaboré sur le territoire de certaines communes du département de l’Aude dans la région du Languedoc-Roussillon.
HISTOIRE
Au IIème siècle avant Jésus-Christ, avec la conquête de la Gaule du sud par les Romains, s’organisent, autour de la Via Domitia, viticulture et commerce du vin. Mais dès le IIIème siècle, les envahisseurs vont se succéder dans la région du Languedoc qui entre alors dans une longue période désorganisée.
Par la suite, la réhabilitation du vignoble et le développement du patrimoine viticole sont l’œuvre du clergé et plus particulièrement, au Moyen-Âge, des moines, comme ceux de l’Abbaye de Saint-Hilaire, en limouxin. Ces moines de Saint-Hilaire vont étudier et développer les techniques de culture de la vigne et les techniques de vinification. Ils vont produire un vin mousseux, qu’ils mentionnent dans leurs écrits dès 1531, et qui est ainsi considéré comme le premier vin mousseux élaboré dans le monde. Ils vont développer les cépages les plus adaptés parmi lesquels le mauzac B et vont progressivement maîtriser la technique d’élaboration des vins mousseux.
Les « blanquetières » (nom donné aux terrasses où poussait le mauzac B. dont la face inférieure des feuilles est couverte d’un duvet blanc) de mauzac B se développent alors.
La seconde fermentation en bouteille plus sûre est développée parallèlement à la méthode de la prise de mousse par le procédé qualifié de « méthode ancestrale ». Fort de cette particularité géographique qui place « Limoux » au cœur de confluences climatiques différentes, un vignoble original a été implanté avec des cépages originaux par rapport au reste du vignoble du Languedoc comme le cépage mauzac B, particulièrement adapté, dont la fraîcheur, a permis l’élaboration de vins mousseux réputés.
Une ordonnance de Monseigneur l’Intendant du Languedoc, en date du 23 juillet 1688, vient ainsi conforter leur protection devenue nécessaire et précise : « faisons différences à toutes personnes de quelle qualité et condition qu’il soit d’entrée ou faire entrée de jour ny de nuit dans la présente ville de Limoux, aucune sorte de vin ou vendange étrangère à peine de 100 livres d’amende… »
Le développement de la seconde fermentation en bouteille avec l’appellation d’origine contrôlée « Blanquette de Limoux » assure la notoriété de la région. Cette production de vins mousseux devient le symbole du vin festif, avec l’implication des producteurs dans la perpétuation de la tradition ancestrale du carnaval de Limoux où les « fecos »( participants masqués du carnaval, à l’égal des personnages vénitiens) continuent de manier le sarment du bout des doigts avec une gestuelle particulière venue du fond des âges.
L’implantation de cépages apportant plus d’arôme et de fraîcheur, comme les cépages chenin B et chardonnay B réputés pour leur qualité en matière d’effervescents est la suite logique de l’évolution qualitative et technique. Elaborés à partir du cépage traditionnel mauzac B, avec les cépages chenin B et chardonnay B, puis à concurrence de 10% avec le cépage pinot N, les vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée « Crémant de Limoux » ont trouvé leur propre identité à côté de la production historique reconnue sous l’appellation d’origine contrôlée « Limoux » complétée par la mention « Blanquette de Limoux », au point que ces deux appellations d’origine contrôlées cohabitent, en 2009, à parité de production avec quelques 25000 hectolitres de production chacune.
CLIMAT ET SOLS
Blotti au sud du département de l’Aude, le vignoble de l’appellation d’origine contrôlée « Crémant de Limoux » est implanté autour de la cité du même nom, le long de la vallée de l’Aude et de ses affluents. La zone géographique fermée, au sud, par les contreforts des Pyrénées audoises, à l’ouest, par les monts du Chalabre, du Razès et, à l’est, par les Corbières, s’ouvre vers le nord sur la région de Carcassonne par la vallée de l’Aude.
Deux zones de relief sont présentes : – au nord, un paysage de collines et de replats au modelé doux, avec un vignoble dense installé entre 100 mètres et 250 mètres d’altitude ; – au sud, un paysage accidenté, aux pentes fortes, sur lesquelles les parcelles de vigne sont implantées à des altitudes plus élevées comprises entre 300 mètres et 500 mètres. La géologie est complexe, mouvementée et très compartimentée suite aux fractures générées lors de l’orogénèse des Pyrénées. La nature des roches-mères est très variée et, sur les pentes, les formations superficielles colluviales qui en sont issues donnent des sols très favorables à la vigne. Les parcelles précisément délimitées pour la récolte des raisins présentent : – essentiellement des sols développés sur molasse, d’origine détritique, hétérogènes (sables, graviers, argiles) et érodés sur le haut des versants ; – dans la partie méridionale de la zone géographique, des sols développés sur calcaire et argiles du Sparnacien, caractérisés par une forte teneur en argile rouge ; – plus rarement, des sols développés sur alluvions anciennes reposant sur des terrasses en position de plateau par rapport aux vallées.
La zone géographique présente la particularité d’être à la confluence d’influences climatiques diverses, océaniques, méditerranéennes, et pyrénéennes. Dans ce
contexte, la géomorphologie et les variations climatiques confèrent à ce territoire une richesse originale qui s’exprime par les paysages et la biodiversité.
Ainsi, la zone géographique, qui s’étend sur le territoire de 41 communes, peut être divisée en 4 unités géographiques distinctes. L’unité géographique dite « Méditerranéenne », la plus précoce, est située au nord-est de Limoux, avec un climat chaud mais tempéré par des influences venant de la mer Méditerranée. Le vignoble est établi entre 100 mètres et 250 mètres d’altitude. Il bénéficie d’un bilan thermique élevé et de précipitations annuelles moyennes comprises entre 550 millimètres et 650 millimètres, avec une contrainte hydrique estivale élevée.
L’unité géographique dite « Autan », calée entre les deux massifs montagneux des Corbières et du Chalabrais, protège le vignoble des flux d’est et d’ouest. Ce dernier, implanté autour de la cité de Limoux, bénéficie ainsi d’un climat chaud et sec, tempéré par la présence de la rivière Aude. Implanté à une altitude comprise entre 100 mètres et 200 mètres d’altitude, il reçoit des précipitations annuelles moyennes d’environ 550 millimètres à 600 millimètres, avec une contrainte hydrique estivale élevée. La récolte est précoce mais légèrement plus tardive que celle de l’unité géographique dite « Méditerranéenne ».
L’unité géographique dite « Océanique », située à l’ouest de la ville de Limoux, est très ouverte aux flux d’ouest. Les influences océaniques y sont prédominantes contribuant à plus d’humidité et à des températures modérées. L’exposition des parcelles, la nature des sols, et notamment la profondeur et la réserve hydrique, sont des facteurs déterminants. Les précipitations annuelles moyennes sont de 750 millimètres. Le vignoble est implanté à une altitude comprise entre 200 mètres à 300 mètres. La maturité est plus tardive.
L’unité géographique dite « Haute-vallée », s’appuie sur le piémont des Pyrénées, dans la partie la plus au sud de la zone géographique. Elle est plus humide et plus froide. Avec des vignes implantées à une altitude atteignant 500 mètres sur les expositions les plus ensoleillées, des précipitations annuelles moyennes d’environ 750 millimètres, ce secteur se caractérise par un printemps tardif et un mois de septembre frais. La maturité est tardive et le choix des cépages devient déterminant.
Sous cette palette de mésoclimats, le vignoble partage l’espace avec un milieu forestier diversifié et dense où se mêlent végétation méditerranéenne, représentée par le chêne vert et l’olivier, et végétation océanique, composée principalement de feuillus.
DÉLIMITATION DE L’APPELLATION
La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration, l’élevage et le conditionnement des vins sont assurés sur le territoire des communes suivantes du département de l’Aude : Ajac, Alet-les-Bains, Antugnac, Bouriège, Campagne-sur-Aude, Cassaignes, Castelreng, Cépie, Conilhac-de-la-Montagne, Couiza, Cournanel, Coustaussa, La Digne-d’Amont, La Digne-d’Aval, Espéraza, Fa, Festes-et-Saint- André, Gaja-et-Villedieu, Gardie, Ladern-sur-Lauquet, Limoux, Loupia, Luc-sur- Aude, Magrie, Malras, Montazels, Pauligne, Peyrolles, Pieusse, Pomas, Roquetaillade, Rouffiac-d’Aude, Saint-Couat-du-Razès, Saint-Hilaire, Saint- Polycarpe, La Serpent, Serres, Tourreilles, Villar-Saint-Anselme, Villebazy et Villelongue-d’Aude.
Les vins sont issus des cépages suivants : – cépage principal : chardonnay B ; – cépages complémentaires : chenin B, mauzac B et pinot noir N.
La cuvée (assemblage de vins de base) destinée à la prise de mousse répond aux dispositions suivantes
Vins blancs
– La proportion de l’ensemble des cépages chardonnay B et chenin B est comprise entre 60% et 90% . – La proportion du cépage chardonnay B est supérieure ou égale à 30% ;
– La proportion du cépage chenin B est supérieure ou égale à 10% ; – La proportion de l’ensemble des cépages
mauzac B et pinot noir N est inférieure ou égale à 40% ; – La proportion du cépage mauzac B est inférieure ou égale à 20%.
Vins rosés
– La proportion de l’ensemble des cépages chardonnay B et chenin B est comprise entre 60% et 90% ; – La proportion du cépage chardonnay B est supérieure ou égale à 30% ;
– La proportion du cépage chenin B est supérieure ou égale à 10% ; – La proportion du cépage pinot noir N est supérieure ou égale à 15%,
– La proportion du cépage mauzac B. est inférieure ou égale à 20%
RENDEMENTS MAXIMAUX
a) – Les vins de base destinés à l’élaboration des vins mousseux susceptibles de bénéficier des mentions « blanquette de Limoux » et « méthode ancestrale » sont obtenus dans la limite de 100 litres de moûts pour 150 kilogrammes de raisins mis en œuvre.
b) – Le rendement butoir est fixé à :
Vins rouges : 60 hectolitres par hectare
Vins blancs tranquilles : 60 hectolitres par hectare
Vins mousseux susceptibles de bénéficier de la mention « blanquette de Limoux » et vins mousseux susceptibles de bénéficier de la mention « méthode ancestrale » : 70 hectolitres par hectare
c) – Les vins mousseux susceptibles de bénéficier de la mention « blanquette de Limoux » ou de la mention « méthode ancestrale » sont obtenus dans la limite d’un rendement de 87 hectolitres à l’hectare. Ce rendement correspond à la production totale des parcelles revendiquées. Tout dépassement de ce rendement fait perdre à la totalité de la récolte le bénéfice de l’appellation d’origine contrôlée.
d) – Les vins de base destinés à l’élaboration des vins mousseux susceptibles de bénéficier des mentions « blanquette de Limoux » et « méthode ancestrale » sont obtenus dans la limite de 100 litres de moûts pour 150 kilogrammes de raisins mis en œuvre.
CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES
ÉLABORATION DES VINS
Vins tranquilles
Les vins blancs sont issus des 3 cépages, seuls ou assemblés, chardonnay B, chenin B, mauzac B. Ce sont des vins amples et gras aux familles d’arômes complexes évoquant l’ananas, les amandes grillées, la noisette, la vanille et la réglisse.
Les vins rouges proviennent de l’assemblage de raisins, de moût, de vins en fermentation, ou de vins issus d’au moins 3 cépages.
Les vins tranquilles ne dépassent pas, après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total de 13 %.
Outre les dispositions ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques œnologiques, les obligations figurant au niveau communautaire( UE) et dans le code rural et de la pêche maritime.
Vins mousseux
Les vins rouges proviennent de l’assemblage de raisins, de moût, de vins en fermentation, ou de vins issus d’au moins 3 cépages.
Les vins bénéficiant de la mention « méthode ancestrale » développent des arômes délicatement fruités de pomme mûre et une saveur sucrée. La robe est généralement jaune pâle avec des reflets verts et des bulles très fines, moyennement persistantes.
Les vins bénéficiant de la mention « blanquette de Limoux » sont essentiellement élaborés, à partir du cépage mauzac B, par seconde fermentation en bouteille.
a) – L’utilisation de copeaux de bois est interdite ;
b) – Les vins mousseux bénéficiant de la mention « méthode ancestrale » ne font l’objet d’aucun enrichissement ;
c) – Les vins mousseux bénéficiant de la mention « blanquette de Limoux » ne dépassent pas, en cas d’enrichissement du moût, et après dégorgement, le titre alcoométrique volumique acquis de 13 %.
d) – Les sites de pressurage doivent répondre à des critères relatifs à la réception de la vendange, aux installations de pressurage et aux pressoirs, au chargement des pressoirs, au fractionnement des jus, et à l’hygiène, tels que fixés dans le cahier des charges.
RENDEMENTX MAXIMAUX
CARACTÉRISTIQUES VITICOLES
a) – Densité de plantation
Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 4000 pieds par hectare. Ces vignes ne peuvent présenter un écartement entre les rangs supérieur à 2.50 mètres. Chaque pied dispose d’une superficie maximale de 2,50 mètres carrés. Cette superficie est obtenue en multipliant les distances d’inter-rang et d’espacement entre les pieds sur un même rang.
b) – Règles de taille Les vignes sont taillées selon les dispositions suivantes :
Cépages chenin B et mauzac B
Les vignes sont taillées en taille courte avec un maximum de 6 coursons à 2 yeux francs maximum ou un maximum de 5 coursons dont 4 coursons à 2 yeux francs maximum et 1 courson à 4 yeux francs maximum.
Cépage chardonnay B
es vignes sont taillées : – soit en taille courte avec un maximum de 6 coursons à 2 yeux francs maximum ou un maximum de 5 coursons dont 4 coursons à 2 yeux francs maximum et 1 courson à 4 yeux francs maximum ; – soit en taille Guyot simple avec un maximum de 8 yeux francs sur le long bois et 2 coursons maximum à 2 yeux francs maximum.
Cépage grenache N
Les vignes sont taillées en taille courte avec un maximum de 6 coursons à 2 yeux francs maximum.
Cépages cabernet franc N, cabernet- sauvignon N, cot N, merlot N, syrah N
Les vignes sont taillées : – soit en taille courte avec un maximum de 6 coursons à 2 yeux francs maximum ; – soit en taille Guyot avec un maximum de 6 yeux francs sur long bois, après ébourgeonnage, et 2 coursons maximum à 2 yeux francs maximum.
Ensemble des cépages (complentation)
Les vignes sont taillées : – soit en taille Guyot simple avec un maximum de 8 yeux francs sur le long bois et 2 coursons maximum à 2 yeux francs maximum ; – soit en taille courte avec un maximum de 6 coursons à 2 yeux francs maximum ou un maximum de 6 coursons dont 5 coursons à 2 yeux francs maximum et 1 courson à 4 yeux francs maximum.
c) – Irrigation
L’irrigation peut être autorisée.
d) – Récolte
Les vins blancs tranquilles et les vins mousseux sont issus de raisins récoltés manuellement.
e) – Transport de la vendange
Pour les vins mousseux susceptibles de bénéficier de la mention « blanquette de Limoux » ou de la mention « méthode ancestrale » : – Les « palox » ne contiennent pas plus de 350 kilogrammes de raisins ; les autres récipients de transport de la vendange ne contiennent pas plus de 35 kilogrammes de raisins ;
– Tous les récipients de transport de la vendange disposent d’une protection en
cas de pluie ; – Le délai s’écoulant entre la cueillette du raisin et le pressurage est le plus court possible ; en aucun cas ce délai ne peut être supérieur à 24 heures.
AUTRES CARACTÉRISTIQUES
–
Pour les vins mousseux de qualité et les vins mousseux de qualité de type aromatique :
a) – Toutes les opérations de la production, de la récolte des raisins jusqu’au dégorgement, ou à l’élimination du dépôt, sont réalisées dans la zone géographique.
b) – Les vins mousseux bénéficiant de la mention « blanquette de Limoux » sont élaborés par seconde fermentation en bouteille. Le tirage en bouteilles de verre dans lesquelles s’effectue la prise de mousse s’effectue après le 1er décembre qui suit la récolte.
La durée de conservation en bouteilles sur lies est supérieure à 9 mois.
c) – Les vins mousseux bénéficiant de la mention « méthode ancestrale » sont élaborés par fermentation unique. Cette fermentation débute en cuve. La prise de mousse se fait uniquement en bouteille à partir du moût partiellement fermenté. Le tirage en bouteilles dans lesquelles s’effectue la prise de mousse ne peut avoir lieu qu’à partir du 1er décembre qui suit la récolte.
Le délai de conservation en bouteilles sur lies ne peut être inférieur à 2 mois.
d) – Le conditionnement des vins est réalisé dans la zone géographique compte tenu du processus d’élaboration avec une prise de mousse réalisée en bouteilles.
e) – Les vins élaborés par seconde fermentation en bouteille sont mis en marché à destination du consommateur à l’issue de la durée minimale de 9 mois de conservation en bouteilles sur lies après tirage. – Les vins bénéficiant de la mention « méthode ancestrale » sont mis en marché à destination du consommateur à l’issue de la période de 2 mois de conservation en bouteilles sur lies.
a) – Les mentions facultatives dont l’utilisation, en vertu des dispositions communautaires peut être réglementée par les Etats membres sont inscrites, sur les étiquettes, en caractères dont les dimensions, aussi bien en hauteur, en largeur qu’en épaisseur, ne sont pas supérieures au double de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.
b) – L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser l’unité géographique plus grande . Les dimensions des caractères de cette unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, à la moitié de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.
Dernière modification du cahier des charges : 17 décembre 2011
LIMOUX AOP
Les appellations. Crémant de Limoux et Limoux ont la même délimitation
L’APPELLATION
L’appellation Limoux est réservée aux vins blancs et rouges, aux mousseux de qualité et aux vins mousseux de qualité de type aromatique élaborés sur le territoire de certaines communes du département de l’Aude en Languedoc-Roussillon.
HISTOIRE
Au IIème siècle avant Jésus-Christ, avec la conquête de la Gaule du sud par les Romains, s’organisent, autour de la Via Domitia, viticulture et commerce du vin. Mais dès le IIIème siècle, les envahisseurs vont se succéder dans la région du Languedoc qui entre alors dans une longue période d’instabilité.
Par la suite, la réhabilitation du vignoble et le développement du patrimoine viticole sont l’œuvre du clergé et plus particulièrement, au Moyen-Âge, des moines, comme ceux de l’Abbaye de Saint-Hilaire, en limouxin. Ces moines défrichent, cultivent et deviennent maîtres dans l’art d’élaborer des vins et des liqueurs de qualité. Le vignoble limouxin va conquérir les coteaux et prospérer, donnant des vins réputés pour leur qualité et leur diversité, comme en témoigne cette note extraite de l’ouvrage « Les plants de vigne de l’Aude en l’an XIII »: « Dans l’arrondissement de Limoux, on cultivait 40 qualités de ceps. Ces 40 espèces se cultivent dans toutes les communes de l’arrondissement. Mais à Limoux, la culture était plus parfaite… ».
Les moines vont étudier et développer les techniques de culture de la vigne et les techniques de vinification. Ils vont produire un vin mousseux, qu’ils mentionnent dans leurs écrits dès 1531, et qui est ainsi considéré comme le premier vin mousseux élaboré dans le monde. Ils vont développer les cépages les plus adaptés parmi lesquels le mauzac B et vont progressivement maîtriser la technique d’élaboration des vins mousseux.
Durant le Moyen-Âge, le développement du commerce ouvre des débouchés pour tous les vins, blancs, clairets, rouges ou pétillants. L’histoire rapporte une pratique originale de cette époque, « la vente au rameau », qui consiste, pour le vendeur à pendre un rameau sur sa porte, de laurier ou d’olivier selon qu’il s’agit d’un « vin de Blanquette » ou d’un vin rouge.
Au XVIème siècle, le « vin de Blanquette », qui doit son nom au cépage mauzac B, dont le dessous des feuilles présente un fort duvet blanc, s’élabore avec les cépages mauzac B et clairette B. La fermentation alcoolique est freinée naturellement dans les caves par la fraîcheur apportée par la proximité des reliefs pour donner un vin avec sucres fermentescibles résiduels, peu alcoolisé et effervescent.
Au cours des années 1870, un important négoce se développe autour d’entreprises comme les « maisons » Babou et Guinot, exclusivement tournées vers l’élaboration de vins mousseux avec la généralisation de l’achat de vendanges. A la même époque, se réalisent les premières ventes hors du territoire national et à l’exportation.
La seconde fermentation en bouteille plus sûre est apprivoisée en parallèle de la prise de mousse par le procédé qualifié « méthode ancestrale ».
Au XIXème siècle, le vignoble de « Limoux » est entièrement planté sur les rampes les plus élevées des coteaux et est destiné à la production de vins tranquilles secs et de vins mousseux.
En 1929, les producteurs fondent le « Syndicat de défense du cru Blanquette de Limoux ».
Les vins mousseux sont reconnus, dès le 18 février 1938, en appellation d’origine contrôlée « Blanquette de Limoux » et « Blanquette Méthode Ancestrale ».
Les vins blancs secs reconnus ultérieurement, en 1959, sous le nom de « Limoux nature » sont en fait les vins de base destinés également à la production des vins mousseux mais non utilisés à cette fin. Initialement élaborés essentiellement à partir du cépage du mauzac B, ils suivent l’évolution de l’encépagement des vins mousseux tout en perdant le terme « nature ».
Les vins rouges sont reconnus en appellation d’origine contrôlée plus tard, en 2004 bien que la production de vin rouge soit majoritaire sur la zone de production. Cette reconnaissance tardive de vins rouges originaux, alliant et combinant, dans ce milieu naturel particulier, des cépages « atlantiques » et « méditerranéen », a été en fait retardée par la notoriété des vins blancs secs et mousseux et non par un déficit qualitatif ou une absence d’originalité.
En 2009, le vignoble couvre une superficie de 1 700 hectares. La production de vins mousseux est d’environ 40 000 hectolitres, dont 80% de vins produits sous la mention « Blanquette de Limoux » et 20% sous la mention « méthode ancestrale ». La production de vins tranquilles est d’environ 10 000 hectolitres dont 60% de vins blancs.
Cette production est élaborée par 2 caves coopératives et 50 producteurs dont certains sont également acheteurs de raisins.
CLIMAT ET SOLS
Blotti au sud du département de l’Aude, le vignoble de l’appellation d’origine contrôlée « Limoux » est implanté autour de la cité du même nom, le long de la vallée de l’Aude et de ses affluents. La zone géographique fermée, au sud, par les contreforts des Pyrénées audoises, à l’ouest, par les monts du Chalabre, du Razès et, à l’est, par les Corbières, s’ouvre vers le nord sur la région de Carcassonne par la vallée de l’Aude.
Deux zones de relief sont présentes : – au nord, un paysage de collines et de replats au modelé doux, avec un vignoble dense installé entre 100 mètres et 250 mètres d’altitude ; – au sud, un paysage accidenté, aux pentes fortes, sur lesquelles les parcelles de vigne sont implantées à des altitudes plus élevées comprises entre 300 mètres et 500 mètres.
La géologie est complexe, mouvementée et très compartimentée suite aux fractures générées lors de l’orogenèse des Pyrénées. La nature des roches-mères est très variée et, sur les pentes, les formations superficielles colluviales qui en sont issues donnent des sols très favorables à la vigne.
Les parcelles précisément délimitées pour la récolte des raisins présentent : – essentiellement des sols développés sur molasse, d’origine détritique, hétérogènes (sables, graviers, argiles) et érodés sur le haut des versants ; – dans la partie méridionale de la zone géographique, des sols développés sur calcaire et argiles du Sparnacien, caractérisés par une forte teneur en argile rouge ; – plus rarement, des sols développés sur alluvions anciennes reposant sur des terrasses en position de plateau par rapport aux vallées.
La zone géographique présente la particularité d’être à la confluence d’influences climatiques diverses, océaniques, méditerranéennes, et pyrénéennes. Dans ce contexte, la géomorphologie et les variations climatiques confèrent à ce territoire une richesse originale qui s’exprime par les paysages et la biodiversité.
Ainsi, la zone géographique, qui s’étend sur le territoire de 41 communes, peut être divisée en 4 unités géographiques distinctes.
L’unité géographique dite « Méditerranéenne », la plus précoce, est située au nord-est de Limoux, avec un climat chaud mais tempéré par des influences venant de la mer Méditerranée. Le vignoble est établi entre 100 mètres et 250 mètres d’altitude. Il bénéficie d’un bilan thermique élevé et de précipitations annuelles moyennes comprises entre 550 millimètres et 650 millimètres, avec une contrainte hydrique estivale élevée.
L’unité géographique dite « Autan », calée entre les deux massifs montagneux des Corbières et du Chalabrais, protège le vignoble des flux d’est et d’ouest. Ce dernier, implanté autour de la cité de Limoux, bénéficie ainsi d’un climat chaud et sec, tempéré par la présence du fleuve l’Aude. Implanté à une altitude comprise entre 100 mètres et 200 mètres d’altitude, il reçoit des précipitations annuelles moyennes d’environ 550 millimètres à 600 millimètres, avec une contrainte hydrique estivale élevée. La récolte est précoce mais légèrement plus tardive que celle de l’unité géographique dite « Méditerranéenne ».
L’unité géographique dite « Océanique », située à l’ouest de la ville de Limoux, est très ouverte aux flux d’ouest. Les influences océaniques y sont prédominantes contribuant à plus d’humidité et à des températures modérées. L’exposition des parcelles, la nature des sols, et notamment la profondeur et la réserve hydrique, sont des facteurs déterminants. Les précipitations annuelles moyennes sont de 750 millimètres. Le vignoble est implanté à une altitude comprise entre 200 mètres à 300 mètres. La maturité est plus tardive.
L’unité géographique dite « Haute-vallée », s’appuie sur le piémont des Pyrénées, dans la partie la plus au sud de la zone géographique. Elle est plus humide et plus froide. Avec des vignes implantées à une altitude atteignant 500 mètres sur les expositions les plus ensoleillées, des précipitations annuelles moyennes d’environ 750 millimètres, ce secteur se caractérise par un printemps tardif et un mois de septembre frais. La maturité est tardive et le choix des cépages devient déterminant.
Sous cette palette de mésoclimats, le vignoble partage l’espace avec un milieu forestier diversifié et dense où se mêlent végétation méditerranéenne, représentée par le chêne vert et l’olivier, et végétation océanique, composée principalement de feuillus.
DÉLIMITATION DE L’APPELLATION
La récolte des raisins, la vinification, l’élaboration et l’élevage des vins, la récolte des raisins, la vinification, l’élaboration, l’élevage des vins et le conditionnement des vins mousseux, sont assurés sur le territoire des communes suivantes du département de l’Aude : Ajac, Alet-les-Bains, Antugnac, Bouriège, Campagne-sur- Aude, Cassaignes, Castelreng, Cépie, Conilhac-de-la-Montagne, Couiza, Cournanel, Coustaussa, La Digne-d’Amont, La Digne-d’Aval, Espéraza, Fa, Festes-et-Saint-André, Gaja-et-Villedieu, Gardie, Ladern-sur-Lauquet, Limoux, Loupia, Luc-sur-Aude, Magrie, Malras, Montazels, Pauligne, Peyrolles, Pieusse, Pomas, Roquetaillade, Rouffiac-d’Aude, Saint-Couat-du-Razès, Saint-Hilaire, Saint-Polycarpe, La Serpent, Serres, Tourreilles, Villar-Saint-Anselme, Villebazy et Villelongue-d’Aude.
cot N, chardonnay B, grenache N, chenin B, syrah N, cabernet-sauvignon N, merlot N, cabernet franc N, mauzac B
Les vins sont issus des cépages suivants : – cépage principal : chardonnay B ; – cépages complémentaires : chenin B, mauzac B et pinot noir N.
La cuvée (assemblage de vins de base) destinée à la prise de mousse répond aux dispositions suivantes :
Vins blancs
– La proportion de l’ensemble des cépages chardonnay B et chenin B est comprise entre 60% et 90% . – La proportion du cépage chardonnay B est supérieure ou égale à 30% ;
– La proportion du cépage chenin B est supérieure ou égale à 10% ; – La proportion de l’ensemble des cépages mauzac B et pinot noir N est inférieure ou égale à 40% ; – La proportion du cépage mauzac B est inférieure ou égale à 20%.
Vins rosés
– La proportion de l’ensemble des cépages chardonnay B et chenin B est comprise entre 60% et 90% ; – La proportion du cépage chardonnay B est supérieure ou égale à 30% ;
– La proportion du cépage chenin B est supérieure ou égale à 10% ; – La proportion du cépage pinot noir N est supérieure ou égale à 15%,
– La proportion du cépage mauzac B. est inférieure ou égale à 20%
RENDEMENTS MAXIMAUX
a) – Les vins de base destinés à l’élaboration des vins mousseux susceptibles de bénéficier des mentions « blanquette de Limoux » et « méthode ancestrale » sont obtenus dans la limite de 100 litres de moûts pour 150 kilogrammes de raisins mis en œuvre.
b) – Le rendement butoir est fixé à :
Vins rouges : 60 hectolitres par hectare
Vins blancs tranquilles : 60 hectolitres par hectare
Vins mousseux susceptibles de bénéficier de la mention « blanquette de Limoux » et vins mousseux susceptibles de bénéficier de la mention « méthode ancestrale » : 70 hectolitres par hectare
c) – Les vins mousseux susceptibles de bénéficier de la mention « blanquette de Limoux » ou de la mention « méthode ancestrale » sont obtenus dans la limite d’un rendement de 87 hectolitres à l’hectare. Ce rendement correspond à la production totale des parcelles revendiquées. Tout dépassement de ce rendement fait perdre à la totalité de la récolte le bénéfice de l’appellation d’origine contrôlée.
d) – Les vins de base destinés à l’élaboration des vins mousseux susceptibles de bénéficier des mentions « blanquette de Limoux » et « méthode ancestrale » sont obtenus dans la limite de 100 litres de moûts pour 150 kilogrammes de raisins mis en œuvre.
CARACTÉRISTIQUES ŒNOLOGIQUES
ÉLABORATION DES VINS
Vins tranquilles
Les vins blancs sont issus des 3 cépages, seuls ou assemblés, chardonnay B, chenin B, mauzac B. Ce sont des vins amples et gras aux familles d’arômes complexes évoquant l’ananas, les amandes grillées, la noisette, la vanille et la réglisse.
Les vins rouges proviennent de l’assemblage de raisins, de moût, de vins en fermentation, ou de vins issus d’au moins 3 cépages.
Les vins tranquilles ne dépassent pas, après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total de 13 %.
– Outre les dispositions ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques œnologiques, les obligations figurant au niveau communautaire et dans le code rural et de la pêche maritime.
Vins mousseux
Les vins rouges proviennent de l’assemblage de raisins, de moût, de vins en fermentation, ou de vins issus d’au moins 3 cépages.
Les vins bénéficiant de la mention « méthode ancestrale » développent des arômes délicatement fruités de pomme mûre et une saveur sucrée. La robe est généralement jaune pâle avec des reflets verts et des bulles très fines, moyennement persistantes.
Les vins bénéficiant de la mention « blanquette de Limoux » sont essentiellement élaborés, à partir du cépage mauzac B, par seconde fermentation en bouteille.
a) – L’utilisation de copeaux de bois est interdite ;
b) – Les vins mousseux bénéficiant de la mention « méthode ancestrale » ne font l’objet d’aucun enrichissement ;
c) – Les vins mousseux bénéficiant de la mention « blanquette de Limoux » ne dépassent pas, en cas d’enrichissement du moût, et après dégorgement, le titre alcoométrique volumique acquis de 13 %.
d) – Les sites de pressurage doivent répondre à des critères relatifs à la réception de la vendange, aux installations de pressurage et aux pressoirs, au chargement des pressoirs, au fractionnement des jus, et à l’hygiène, tels que fixés dans le cahier des charges.
RENDEMENTS MAXIMAUX
CARACTÉRISTIQUES VITICOLES
a) – Densité de plantation
Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 4 000 pieds par hectare. Ces vignes ne peuvent présenter un écartement entre les rangs supérieur à 2.50 mètres. Chaque pied dispose d’une superficie maximale de 2,50 mètres carrés. Cette superficie est obtenue en multipliant les distances d’inter-rang et d’espacement entre les pieds sur un même rang.
b) – Règles de taille Les vignes sont taillées selon les dispositions suivantes :
Cépages chenin B et mauzac B
Les vignes sont taillées en taille courte avec un maximum de 6 coursons à 2 yeux francs maximum ou un maximum de 5 coursons dont 4 coursons à 2 yeux francs maximum et 1 courson à 4 yeux francs maximum.
Cépage chardonnay B
Les vignes sont taillées : – soit en taille courte avec un maximum de 6 coursons à 2 yeux francs maximum ou un maximum de 5 coursons dont 4 coursons à 2 yeux francs maximum et 1 courson à 4 yeux francs maximum ; – soit en taille Guyot simple avec un maximum de 8 yeux francs sur le long bois et 2 coursons maximum à 2 yeux francs maximum.
Cépage grenache N
Les vignes sont taillées en taille courte avec un maximum de 6 coursons à 2 yeux francs maximum.
Cépages : cabernet franc N, cabernet- sauvignon N, cot N, merlot N, syrah N
Les vignes sont taillées : – soit en taille courte avec un maximum de 6 coursons à 2 yeux francs maximum ; – soit en taille Guyot avec un maximum de 6 yeux francs sur long bois, après ébourgeonnage, et 2 coursons maximum à 2 yeux francs maximum.
Ensemble des cépages (complentation)
Les vignes sont taillées : – soit en taille Guyot simple avec un maximum de 8 yeux francs sur le long bois et 2 coursons maximum à 2 yeux francs maximum ; – soit en taille courte avec un maximum de 6 coursons à 2 yeux francs maximum ou un maximum de 6 coursons dont 5 coursons à 2 yeux francs maximum et 1 courson à 4 yeux francs maximum.
c) – Irrigation
L’irrigation peut être autorisée.
d) – Récolte
Les vins blancs tranquilles et les vins mousseux sont issus de raisins récoltés manuellement.
e) – Transport de la vendange
Pour les vins mousseux susceptibles de bénéficier de la mention « blanquette de Limoux » ou de la mention « méthode ancestrale » : – Les « palox » ne contiennent pas plus de 350 kilogrammes de raisins ; les autres récipients de transport de la vendange ne contiennent pas plus de 35 kilogrammes de raisins ;
– Tous les récipients de transport de la vendange disposent d’une protection en
cas de pluie ; – Le délai s’écoulant entre la cueillette du raisin et le pressurage est le plus court possible ; en aucun cas ce délai ne peut être supérieur à 24 heures.
AUTRES CARACTÉRISTIQUES
–
Pour les vins mousseux de qualité et les vins mousseux de qualité de type aromatique :
a) – Toutes les opérations de la production, de la récolte des raisins jusqu’au dégorgement, ou à l’élimination du dépôt, sont réalisées dans la zone géographique.
b) – Les vins mousseux bénéficiant de la mention « blanquette de Limoux » sont élaborés par seconde fermentation en bouteille. Le tirage en bouteilles de verre dans lesquelles s’effectue la prise de mousse s’effectue après le 1er décembre qui suit la récolte.
La durée de conservation en bouteilles sur lies est supérieure à 9 mois.
c) – Les vins mousseux bénéficiant de la mention « méthode ancestrale » sont élaborés par fermentation unique. Cette fermentation débute en cuve. La prise de mousse se fait uniquement en bouteille à partir du moût partiellement fermenté. Le tirage en bouteilles dans lesquelles s’effectue la prise de mousse ne peut avoir lieu qu’à partir du 1er décembre qui suit la récolte.
Le délai de conservation en bouteilles sur lies ne peut être inférieur à 2 mois.
d) – Le conditionnement des vins est réalisé dans la zone géographique compte tenu du processus d’élaboration avec une prise de mousse réalisée en bouteilles.
e) – Les vins élaborés par seconde fermentation en bouteille sont mis en marché à destination du consommateur à l’issue de la durée minimale de 9 mois de conservation en bouteilles sur lies après tirage. – Les vins bénéficiant de la mention « méthode ancestrale » sont mis en marché à destination du consommateur à l’issue de la période de 2 mois de conservation en bouteilles sur lies.
a) – Les mentions facultatives dont l’utilisation, en vertu des dispositions communautaires peut être réglementée par les Etats membres sont inscrites, sur les étiquettes, en caractères dont les dimensions, aussi bien en hauteur, en largeur qu’en épaisseur, ne sont pas supérieures au double de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.
b) – L’étiquetage des vins bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée peut préciser l’unité géographique plus grande «Languedoc». Les dimensions des caractères de cette unité géographique plus grande ne sont pas supérieures, aussi bien en hauteur qu’en largeur, à la moitié de celles des caractères composant le nom de l’appellation d’origine contrôlée.
Dernière modification du cahier des charges : 17 décembre 2011
MOSELLE AOP
L’APPELLATION
L’appellation Moselle est réservée aux vins tranquilles blancs, rouges et rosés élaborés sur le territoire de certaines communes des départements Meurthe-et-Moselle et de Moselle.
HISTOIRE
L’histoire des vins de Moselle remonte à l’époque romaine, la cité de Trèves ayant joué un rôle moteur dans l’expansion de la vigne le long des cours d’eau principaux en France, en Allemagne et au Luxembourg ainsi que dans la région de Metz. Déjà au Moyen-Âge, les trois noyaux viticoles actuels de la Moselle française, le Val de Metz, le Val de Seille et le Val de Sierck, bénéficient d’une belle renommée grâce au clergé (abbayes de Sainte-Glossinde, Gorze, Rettel) qui y implante les plus beaux vignobles. L’évêque de Metz joue, notamment, un rôle primordial, à Vic-sur-Seille, où il plante en 1231 un vignoble similaire à celui du Val de Metz. Au cours de l’Epoque Moderne, la bourgeoisie s’empare peu à peu du vignoble messin et le fait prospérer en l’étendant sur la Côte de Moselle. Jusqu’à la Révolution, ces vins fins et « clairets », élaborés à partir des cépages pinot et auxerrois, confinés dans les versants calcaires du Jurassique, sont des plus appréciés.
La crise du phylloxéra et l’annexion de la Moselle par l’Empire allemand touchent très durement le vignoble mosellan. Mais paradoxalement, sa quasi-destruction au XIXème siècle et au début du XXème siècle lui permet alors d’affirmer une réelle originalité et de se démarquer de ses voisins allemands et luxembourgeois en développant un encépagement diversifié : pinot noir N, pinot gris G, auxerrois B, müller-thurgau B, pinot blanc B, riesling B, gewurztraminer Rs et gamay N.
Le vignoble mosellan privilégie la conduite du feuillage en palissage haut, ainsi qu’un espacement important des pieds entre eux. Les vendanges sont manuelles, et les raisins sont transportés avec précaution jusqu’aux installations de vinification.
Les « Vins de Moselle » sont reconnus en appellation d’origine vin délimité de qualité supérieure par arrêté du 9 août 1951, puis sous le nom de « Moselle » par arrêté du 13 avril 1995. D’abord gérée par 2 syndicats, créés en 1949, la viticulture mosellane se fédère autour du Syndicat des Viticulteurs de Moselle dès 1987. Les producteurs mosellans commercialisent leur production essentiellement par vente directe à des particuliers, restaurateurs ou cavistes. L’accession en appellation d’origine contrôlée en 2010 traduit la forte implication des producteurs dans une production de qualité et reconnue pour son originalité.
CLIMAT ET SOLS
La zone géographique se situe au nord-est du territoire français, où elle occupe un relief caractéristique de cuesta dont des vallées adjacentes présentent des coteaux exposés à l’est et au sud. Elle s’étend sur 19 communes des départements de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle. Les fronts de côte sont constitués de couches dures de calcaire, de grès ou de dolomie. Les pentes des coteaux sont marneuses, plus tendres, déblayées par l’érosion puis recouvertes de produits de colluvionnement provenant des fronts de côte sus-jacents. Par endroit, des placages discontinus d’alluvions anciennes de la Moselle sont localisés sur la partie inférieure des versants.
Les sols sont à dominante argilo-calcaire et comportent des éléments grossiers relativement abondants. Les parcelles, précisément délimitées pour la récolte des raisins, s’inscrivent dans un paysage caractérisé par un vignoble de coteau reposant sur des cuestas de l’est du Bassin Parisien :
– la Côte de Moselle et son avant-côte, ainsi que les plus amples versants des vallées rentrantes associées, caractérisant le Pays Messin ; – la Côte Infraliasique qui s’étire du nord au sud en deux ensembles disjoints, le secteur de Sierck, à proximité de la frontière luxembourgeoise, et Vic-sur-Seille, au sud de Château-Salins, – la Côte de Lorraine qui ne représente qu’une faible partie du secteur de Sierck (relief du Stromberg.). Le vignoble mosellan est un vignoble septentrional, soumis à une influence climatique continentale tempérée, responsable de gelées parfois destructrices et d’un ensoleillement favorable l’été. Cette influence est cependant atténuée par l’ouverture de la zone géographique aux flux océaniques d’ouest, pluvieux mais moins froids, et surtout fortement influencée par les caractéristiques orographiques locales que sont les cuestas. Ces dernières, dont les fronts sont majoritairement boisés, forment un écran protecteur favorisant un ensoleillement relativement élevé (1 600 heures par an à Metz), une quantité annuelle de précipitations assez faible ( de l’ordre de 1 000 millimètres à 1 200 millimètres (39,4 et 47,2 po) sur le plateau lorrain, contre environ 800 millimètres sur les versants viticoles), et de bonnes conditions d’arrière-saison.
La récolte des raisins, la vinification et l’élaboration des vins sont assurées sur le territoire des communes suivantes : – dans le département de Meurthe-et-Moselle : Arnaville – dans le département de Moselle : Ancy-sur-Moselle, Ars-sur-Moselle, Contz-les- Bains, Dornot, Féy, Haute-Kontz, Jussy, Lessy, Lorry-Mardigny, Marange- Silvange, Marieulles, Novéant-sur-Moselle, Plappeville, Rozérieulles, Scy- Chazelles, Sierck-les-Bains, Vaux, Vic-sur-Seille
AIRE DE PROXIMITÉ
L’aire de proximité immédiate, définie par dérogation pour la vinification et l’élaboration des vins, est constituée par le territoire des communes suivantes du département de Moselle : Ay-sur-Moselle, Berg-sur-Moselle, Lorry-lès-Metz, Malling, Marsal, Montigny-lès-Metz, Moulin-lès-Metz .
CÉPAGES PRINCIPAUX
Müller-Thurgau B, riesling B, gamay N, pinot noir N, gewurztraminer, Rs, ipnot ris G, Pinot Blanc B, Auxerrois B.
a) – Les vins blancs sont issus des cépages suivants : – cépages principaux : auxerrois B, müller-thurgau B, pinot gris G ;
b) – Les vins rosés sont issus des cépages suivants :
– cépage principal : pinot noir N; – cépage accessoire : gamay N.
c) – Les vins rouges sont issus du seul cépage pinot noir N.
– Les vins blancs sont issus d’un seul cépage principal ou d’un assemblage de raisins ou de vins.
– Dans le cas des vins blancs d’assemblage :
– La proportion de chacun des cépages auxerrois B et pinot gris G est comprise entre 30% et 60% dans l’assemblage. – La proportion du cépage gewurztraminer Rs est inférieure ou égale à 10 % dans l’ assemblage.
– Les vins rosés sont issus du seul cépage principal ou d’un assemblage de raisins ou de vins dans lequel la proportion du cépage principal est supérieure ou égale à 70% 70%%.
RENDEMENTS MAXIMAUX
Le rendement butoir est fixé à :
– 73 hectolitres par hectare pour les vins blancs
– 66 hectolitres par hectare pour les vins rosés
– 60 hectolitres par hectare pour les vins rouges.
Tout traitement thermique de la vendange faisant intervenir une température supérieure à 40°C est interdit, s’il est suivi d’une séparation immédiate des phases liquides et solides ; L’utilisation de copeaux de bois est interdite. Les vins rouges ne dépassent pas, après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total de 12,5% ; Les vins rosés et blancs ne dépassent pas, après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total de 12%, à l’exception des vins blancs issus exclusivement du cépage müller-thurgau B dont le titre alcoométrique volumique total ne dépasse pas 11 %. Outre les dispositions ci-dessus, les vins doivent respecter, en matière de pratiques oenologiques, les obligations figurant au niveau communautaire et dans le code rural et de la pêche maritime.
CARACTÉRISTIQUES VITICOLES
Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 5 000 pieds par hectare. L’écartement entre les rangs ne peut être supérieur à 2 mètres. L’écartement entre les pieds sur un même rang est compris entre 0,80 mètre et 1,30 mètre.
Les vignes sont taillées, soit en taille courte (cordon de Royat double ou unilatéral), soit en taille Guyot simple ou Guyot double, avec un maximum de : – 17 yeux francs par pied et 9 yeux francs par mètre carré de surface au sol pour les vins blancs et rosés ; – 12 yeux francs par pied et 6 yeux francs par mètre carré de surface au sol pour les vins rouges.
Le nombre de rameaux fructifères de l’année par pied, après floraison (stade phénologique 23 de Lorenz), est inférieur ou égal à 10 pour les cépages noirs et à 12 pour les cépages blancs, gris et rose.
Les vins sont issus de raisins récoltés manuellement.
AUTRES CARACTÉRISTIQUES
– Le nom de l’appellation d’origine contrôlée peut être complété par l’une des dénominations en usage suivante, selon les dispositions fixées dans le cahier des charges : pinot gris ; Müller-Thurgau. – L’emploi de deux ou plusieurs dénominations en usage sur une même étiquette est interdit.
– L’indication d’une dénomination en usage est inscrite sur les étiquettes en caractères dont les dimensions, aussi bien en hauteur qu’en largeur, sont inférieures au deux tiers de celles des caractères du nom de l’appellation d’origine contrôlée.
Dernière modification du cahier des charges : 14 décembre 2011
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