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ARGENTINE

DESCRIPTION DU PAYS

Flag of Argentine
Source: https://en.wikipedia.org/

Les Argentins sont des gens qui parlent l’espagnol, s’habillent comme des Italiens, se conduisent comme des Français  et pensent qu’ils sont Anglais.

« Caminito » (« Petite route »), rue de La Boca, à Buenos Aires. SOURCE: https://en.wikipedia.org/wiki/Buenos_Aires#/media/File:Caminito_Buenos_Aires_Argentina.jpg

PRÉSENTATION DU PAYS

Le vignoble s’étend entre  les 22° et 46° de latitude sud sur une distance  d’environ 1700 kilomètres du nord au sud et sur une superficie de 215 173 hectares  dont 198 224 hectares sont des variétés nobles (source : Wines of Argentina avril 2019) et produit  6175 millions d’hectolitres  par an (2018). Le pays compte 1320 domaines viticoles dont 370 font des vins de qualité internationale. C’est le 8ème producteur mondial de vin et il exporte environ 60% de sa production de vin en bouteilles. Les rouges constituent 58% de la production, les blancs 18% et les rosés 24%. Les provinces de Mendoza et de San Juan représentent 87% de la production du vignoble argentin. La viticulture argentine est une viticulture d’altitude qui se fait dans les principales régions entre 600 et 2300 mètres d’altitude sauf en Patagonie où les altitudes sont mois élevées. En novembre 2010 le vin fut déclaré comme la boisson nationale par décret exécutif ce qui en fait l’unique pays au monde à s’enorgueillir ou  à se désoler de ce statut et sa consommation par capita n’est que de 26 litres par an alors qu’elle était de 90 litres en 1977.

HISTOIRE

Comme partout en Amérique et en Amérique du Sud, la culture de la vigne Vitis Vinifera est une des  conséquences    de la colonisation de cette partie du monde par les Espagnols au 16ème siècle et l’arrivée des missionnaires qui s’ensuivit. C’est en 1556 que les premières vignes furent plantées près des monastères pour produire le vin de messe par le père Juan Cedrón quand des boutures furent amenées dans la vallée Centrale du Chili de la région de San Juan et de Mendoza de l’autre côté des Andes en Argentine. Ces boutures furent  le précurseur du groupe de  variétés connues  Criolla Chica qui sera l’épine dorsale de l’industrie vinicole argentine pendant les 300 ans. Alors que l’industrie vinicole argentine naissante  se centralisait dans la partie ouest du pays parce qu’elle avait besoin de l’altitude des Andes pour produire des raisins de cuve de bonne qualité, la colonisation du  pays se développait à l’est. Le transport du vin  d’ouest en est était long et mit pendant longtemps  un frein à la croissance de l’industrie viticole  qui ne se développa  pas avant l’achèvement le 25 mai  1885 du ligne  chemin de chemin fer qui reliait la ville de Mendoza à Buenos Aires.

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TIBURCiO BENEGAS; SOURCE: Domaine Public

Don Tiburcio Benegas, gouverneur de la province de Mendoza et propriétaire du domaine viticole El Trapiche, contribua au financement et à la réalisation de la construction, convaincu que, pour que l’industrie viticole argentine survive, il lui fallait un marché. Un peu avant la finalisation de la ligne ferroviaire  en 1881, de larges projets d’irrigation virent   le jour dans la région de Mendoza préparant ainsi  le terrain qui allait permettre  le développement intensif de la viticulture. Cette période coïncida avec l’arrivée de nombreux  immigrants qui  échappaient au fléau du phylloxéra qui ravageait les vignobles de leur pays  et ils apportaient avec eux leur expertise et leurs connaissances en matière de viticulture et de vinification.   En 1910, 70% de domaines et 83% de la production étaient dans les mains des émigrants Européens. Avec l’aide du botaniste Français Aimé Pouget, sous contrat avec le gouvernement argentin, les premières variétés françaises firent leur apparition en Argentine.  En 1920, les Argentins buvaient 62 litres de vin par capita par an dont 80% étaient consommés par les émigrants eux-mêmes.  La production et la consommation allaient croitre de 2-4% par an durant les années 1950 jusqu’à ce qu’elle explose en 1972-1973  et le vignoble s’étendait alors sur 350 000 hectares et la consommation par capita était de 90 litres en 1977 (97 litres à Buenos Aires). Mais, fin des années 1970 et en début des années 1980, la situation économique de l’Argentine, alors sols la férule de la dictature militaire,  se détériora et l’inflation galopante qui atteignit 5000% mis l’économie à genoux. La consommation de vin chuta d’une manière drastique et de nombreux vignobles furent arrachés y compris des vieilles vignes de malbec et les producteurs se concentrèrent sur les variétés  les plus prolifiques comme les criollas et la bonarda. La production des concentrés de raisins s’accrût si  bien que, dans les années 1980, 25% de la production viticole était destinés aux concentrés. L’ancrage du peso avec le dollar américain  en 1992 sous le gouvernement de Menem parvint à stabiliser la situation  et  les consommateurs purent voyager et se goûter aux vins d’autres pays et il ne pouvait que constater le décalage immense qui existait entre les productions étrangères et al leur  ce qui les amenait à consommer plus de bière et de boissons non alcoolisés. Un changement de paradigme était devenu essentiel et c’est sous l’impulsion de Nicholás Catena, de Susana Balbo, Roberto de la Mota  et de Julio Viola  entre autres que ce changement allait  se mettre en marche. Les meilleurs terroirs furent sélectionnés, les rendements considérablement réduits et les techniques de vinification modernes introduites dans les chais. Parallèlement, l’industrie viticole argentine allait se doter d’infrastructures de marketing dignes d’un grand pays viticole. En début des années 1990, le renouveau était en marche et les investisseurs et les consultants accoururent. La nouvelle Argentine vitivinicole étaient née.

LE DÉCOUPAGE VITICOLE DE L’ARGENTINE

L’Argentine se divise en 4 grandes régions viticoles: North, Cuyo, Atlantic (Atlantique) et Patagonia (Patagonie) qui  sous-divisées en 12 sous-régions viticoles (Jujuy, Salta, Catamarca, Tucumán, La Rioja, San Juan, Mendoza, La Pampa, Neuquén, Rio Negro, Chabut, Buenos-Aires  )  elles-mêmes découpées en 100 Geographical Indications (Gis) dont aucune n’est reconnue  en Europe. 

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LES PRINCIPAUX CÉPAGES ARGENTINS

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Pendant longtemps l’Argentine a abreuvé son marché intérieur avec les variétés traditionnelles criolla et  cereza, deux variétés dont il est difficile d’évaluer la qualité tellement les rendements étaient excessifs et pendant une dizaine d’années, les grands producteurs durent faire des vins différents pour le marché intérieur et celui des  marchés internationaux pour habituer les consommateurs locaux aux nouveaux styles de vin.
Aujourd’hui, le grand cépage rouge de l’Argentine est le malbec et c’est ce cépage  qui a mis le pays sur la carte viticole du monde. Les assemblages bordelais sont aussi d’une très grande qualité et surpassent souvent les purs malbecs même s’ils n’ont pas les caractéristiques voluptueuses de ce dernier.
C’est encore le pedro-gimenez (diffèrent du pedro gimenez espagnol) qui domine l’encépagement pour les blancs  suivi de près par les variétés de torrontés.  La région nord de Salta  est l’épicentre de la production du torrontés, un   cépage autochtone de très bonne qualité   mais dont la  dimension aromatique intense peut surprendre les palais européens. De même pour la  bonarda, c’ est un autre cépage aromatique rouge  de belle qualité surtout quand on dompte ses caractéristiques organoleptiques qui  peuvent s’apparenter à une bombe de fruit.

CLIMAT ET SOLS

Le climat est semi-aride avec environ 250 mm de pluie par an, les amplitudes thermiques entre le jour et la nuit sont importantes et dans certaines parties de l’Argentine en altitude le climat  est continental avec des étés chauds et des hivers froids. Le climat est sec et il n’existe pas ou peu de maladies cryptogamiques. Les vignobles sont irrigués principalement souvent par gravité avec l’eau qui provient  de la fonte des neiges des Andes par un système de canaux qui s’inspire largement de celui établi par les Incas avec une qualité d’eau d’une grande pureté car les régions sont très faiblement industrialisées. ​
Une grande majorité des vignes  sont franches de pied mais l’Argentine n’est pas exempte de phylloxéra contrairement au Chili. L’irrigation par gravité semble un moyen de contenir le phylloxéra mais il est difficile de contrôler les rendements même si l’on utilise l’irrigation par sillons (furrow irrigation).  Dans les nouvelles régions viticoles, l’irrigation ne se fait aujourd’hui par goutte à goutte.
​Les sols sont majoritairement alluvionnaires et sableux qui recouvrent des substrats d’argile, de graviers et de calcaire. En Patagonie, dans la région de Neuquén et de Rio Negro, ils contiennent une proportion importante de craie. La proximité des Andes leur confère souvent aussi une dimension colluviale importante.

LE PETRUS ARGENTIN ?

Le vin de Jean Claude Berrouet, régisseur au château Pétrus pendant quarante ans

MATHIAS RICCITELLI DU DOMAINE ÉPONYME

Un producteur  exceptionnel  de malbec dans  la prestigieuse région de Luján de Cuyo


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LE VIGNOBLE DE LUNA AUSTRAL

Un vin de garage tout en biodynamie en partenariat avec Álvaro Espinoza du domaine d’Antiyal au Chili